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 Le retour ? Non. Une renaissance - La reine araignée revient.

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Shiruku Haru

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Féminin Messages : 1875
Date d'inscription : 12/07/2015

Feuille de personnage
Pouvoir: Jorôgumo (Hybride araignée)
Statut: Célibataire

MessageSujet: Le retour ? Non. Une renaissance - La reine araignée revient.   Mer 22 Aoû - 15:13



 
 


   
× Shiruku Haru ×


    × Physique
   



Peu importe la situation, Shiruku se démarque sans peine du reste de la foule, ne serait-ce que par sa chevelure blanche étincelante ou par son maintien strict et noble en toute circonstance. De plus, Shiruku possède une taille légèrement supérieure à la moyenne de son genre, dépassant aisément le mètre soixante-dix, ajoutant à sa prestance naturelle. Loin de lui déplaire, cette carrure élancée convient tout à fait à ses délires de supériorité et sert parfaitement ses desseins les plus macabres, beaucoup de membres de la gente masculine étant attirés par ce genre de physique, atout de charme qu’elle n’hésite pas à déployer si cela se montre utile ou nécessaire.

Ainsi donc, les cheveux de Shiruku sont naturellement teintés d’un blanc laiteux immaculé et ce, depuis sa naissance. Parfaitement ordonnés et coiffés, ils sont la plupart du temps rassemblés en un épais chignon derrière sa tête, lorsqu’ils ne sont pas relâchés librement le long de ses épaules. Son front reste cependant dégagé en permanence et seules quelques mèches le long de ses tempes ont le loisir de se balancer librement. Ces pointes rebelles encadrent un visage mince et élégant, dont le teint pâle n’est perturbé que par des sourcils fins et noirs, trônant fièrement au-dessus de ses grands yeux en amande, luisants d’une intelligence malsaine et entourés de cils discrets et courts. Les iris de ces derniers, autrefois bruns foncés, presque sombres, sont désormais colorés d’un rouge sanguin, tandis que leur pupille et le reste de leur sclère sont désormais complètement noires.

Cette particularité est l’une des raisons qui font qu’elle ne regarde que très rarement ses interlocuteurs en face. (La seconde étant bien entendu qu’ils ne sont pas dignes d’un tel honneur !) Ses joues sont surmontées de pommettes discrètes qui ne dépareillent pas avec la finesse de son faciès. Au milieu de celui-ci, pointe un petit nez pointu et légèrement levé vers le ciel. Enfin, elle possède des lèvres pleines, sans être pulpeuses, rosées et luisantes, dont les commissures se dessinent en un sourire malicieux.

Le corps de Shiruku est, disons-le, superbe et semble avoir été taillé d’une seule pièce dans un bloc de marbre pur que rien ne semble pouvoir altérer, don bienfaisant conféré par son sang. Elle possède des courbes rondes et généreuses qu’elle sait parfaitement mettre en valeur sans être vulgaire. Une poitrine ferme et des hanches au galbe irréprochable qui ondulent à chacun de ses pas pourraient faire de la demoiselle une femme fatale, à bien des égards, si elle n’était pas entourée malgré elle de cette aura froide et inquiétante qui contraste avec le physique chaleureux dont elle est dotée. Cependant un dernier détail vient jurer avec le tableau presque idyllique dépeint ci-dessus.

En effet, outre la couleur particulière de ses yeux, sa peau, au-delà de sa pâleur, est parcourue de longues et fines stries rougeoyantes, comme de petites veines palpitantes disséminées un peu partout sur son corps mais qui se concentrent essentiellement au bout de ses membres, dans son cou et le long de ses tempes. Si elle parvient à les dissimuler temporairement grâce à des charmes magiques trouvés sur le marché noir, maquillages et subterfuges ne peuvent retenir au-delà de quelques heures la nature malveillante de ces cicatrices.

Pour ce qui est de l’habillement, là encore, Shiruku aime à se démarquer de la foule. Encore très attachée à un lointain passé à présent révolu, elle préfèrera aux tenues plus modernes  les épais kimonos traditionnels, tissés par ses soins, qui en plus, permettent plus facilement de dissimuler les huit pattes arachnéennes accrochées à son dos. Cependant, dans un souci d’adaptation, elle se force peu à peu à porter des habits un tantinet moins voyant, mais toujours dans le registre des vêtements amples, sa dernière trouvaille étant une longue robe noire, à la tranche et au décolleté ouverts dont les manches amples et pendantes lui rappellent les yukatas ancien qu’elle affectionne tant. Pour le reste, elle se contente de vieilles sandales en bois qu’elle porte en toute circonstance.

   



    × Mental
   



Shiruku possède une conception du monde bien particulière et un comportement qui peuvent, en conséquence, la rendre relativement difficile à aborder et à côtoyer.

Avec son attitude plutôt hautaine et supérieure, Shiruku ne cherchera réellement pas à s'intégrer. Elle a toujours un peu de mal à s’adapter tout à fait au mode de vie moderne et est parfois un peu dépassée par le temps, tiraillée entre deux époques aux mœurs radicalement différentes. De plus, son expérience lointaine avec l’espèce humaine la rend particulièrement réticente à tisser des liens avec ces derniers, sans qu’il s’agisse de les rabaisser ouvertement ou même d’en faire son repas de la journée. Cependant, bien qu’elle ne craigne plus ces derniers, elle évitera la plupart du temps une confrontation de ce genre, voulant éviter d’attirer l’attention sur elle inutilement.

En revanche, elle possède toujours une soif intarissable de savoir et de connaissance, qui sont encore les rares loisirs qui lui restent afin d’occuper sa morne existence. Aussi, elle sera moins réticente à l’idée d’échanger ses expériences avec un autre non-humain ou créature fantasmagorique, sans pour autant que son attitude suffisante ne s’efface.

Dans tous les cas, comme résumé plus tôt, Shiruku préfère se faire discrète et rester silencieuse conservant cette habitude d'observer, inlassablement, le monde qui l’entoure, toujours dans l’espoir de s’adapter, apprendre et surtout, survivre dans un monde où les bêtes fantastiques en tout genre n’ont plus leur place auprès des humains.

La solitude n’est pas un ennemi pour elle, après tout, elle n’est jamais vraiment seule, toujours accompagnée d’une myriade de petits gardiens, la suivant partout où elle va et prêts à agir au moindre de ses ordres. Les siècles d’errance lui ont également appris à se contenter de peu et saura se distraire de tout ce qui pourra prétendre être une possible source de divertissement, qui sache cependant rester digne de sa stature.

De même, à cause de cette envie irrésistible de savoir, Shiruku a tendance à être plutôt curieuse, bien que prudente et, si quelque chose venait piquer la curiosité de cette dernière, il se pourrait qu’elle se décide elle-même à sortir de son rôle de reine quelques instants pour côtoyer, un moment du moins, le commun des mortels.

De par ses origines anciennes, il peut également arriver à Shiruku d’être en décalage avec le monde d’aujourd’hui, se traduisant par des tics de langage, des trous de mémoire ou même encore, dans son attitude vis-à-vis des autres, estompant temporairement, le masque impassible qu’elle se bute à porter. Les retours à la normale ne sont pas toujours aisés et peuvent avoir des répercussions sur son humeur, la faisant alors passer du coq à l’âne en un instant.

Enfin, pour achever cette brève description, il est à notifier que Shiruku n’est pas un être cruel, du moins elle ne l’est plus. Lointain est le temps où elle tuait par plaisir et avarice. Désormais, elle se contente de rester indifférente, au mieux, quant au reste de la population terrestre lorsque cela n’entre pas dans ses plans où qu’elle estime un élément trop peu intéressant, voire insignifiant. Cependant, attention à ne pas la mettre en colère car alors, son courroux sera meurtrier, incontrôlable et sans appel.

Malgré tout, rassurez-vous, il n’est pas aisé de réveiller la force tranquille qui sommeille en elle, mais, à qui voudrait tout de même se risquer à titiller la petite bêbête, gardez bien à l’esprit que Shiru, aussi ferme et impressionnante puisse-t-elle paraitre, reste avant tout une mère aimante et attentive au moindre de ses enfants alors prenez garde, la prochaine fois que vous voudrez écraser une araignée.

Vous voilà prévenus.

   



    × Histoire
   



Shiruku est la dernière-née immortelle d'une grande couvée d'araignées centenaires dirigée par sa mère, une Jorôgumo âgée de plus d'un millénaire. Pourtant, son arrivée fut aussi soudaine que banale. En effet, sa respectable génitrice, au cours de son éternelle errance à travers le Japon, s'était éprise d'un samouraï qu'elle avait rencontré sur la route, comme une banale fermière. Pourtant d'abord décidée, à en faire son repas, elle ne put se résoudre à le dévorer alors qu'il s'offrait à elle, acceptant sa nature et la fin qui semblait l'attendre. Ils finirent ainsi par s'unir corps et âme au cours de la nuit, avec les rayons argentés de la lune pour seuls témoins. Ce crime charnel et monstrueux donnant ainsi naissance à notre jeune femme, le tout premier jour du printemps suivant. En effet, à la différence de ses frères et sœurs arachnéens, cette dernière naquit sous forme humaine, héritant ainsi malgré-elle des pouvoirs de sa mère.

Aussi belle et fragile que les pétales renaissants en cette saison, la bambine était déjà coiffée d’une fière tignasse d’un blanc laiteux presque translucide. Surpris, ses parents qui tout deux étaient bruns, décidèrent de la nommer Shiruku Haru, la Soie du Printemps. Ne pouvant vivre leur relation au grand jour, les deux amants s'étaient installés dans les boyaux profonds et labyrinthiques d'une grotte, au beau milieu d'une épaisse forêt, loin de tout village et de toute civilisation. Tel fut le prix de leur abject amour, rejetés à la fois pas les hommes et les esprits. Cependant, malgré la situation, la petite enfant passa la première année de son existence au milieu des toiles et des cocons, entourée et protégée par l'amour que lui portaient ses parents et ses nombreux frères et sœurs qui se comptaient par centaines. Cette enfant, si pure et si jolie représentant à leurs yeux la précieuse démonstration qu'humains et monstres pouvaient vivre ensemble.

Cependant, ce bonheur aussi insolite que merveilleux ne pouvait  hélas durer éternellement et vint le jour où tout ce petit monde si paisible s'écroula. Ce matin-là, la belle Jorôgumo était descendue à la rivière avec sa fillette pour faire sa toilette et ramener de l'eau pour le repas que le père était en train de préparer. Laissant Shiruku sur la berge, solidement emmitouflée dans un cocon de soie, la créature séculaire entama ses ablutions, plongeant nue jusqu'au milieu du petit cours d'eau. Émergeant quelques secondes après, elle étirait et agitait de tout leur long les membres arachnéens fins et légèrement velus qu'elle tenait habituellement dissimulés sous l'épais kimono laissé aux côtés de la jeune enfin qui babillait joyeusement. Ce qu'elle ignorait alors, c'est qu'elle était en ce moment même observée par le regard malveillant d'un chasseur en quête de gibier, attiré jusque-là par les couinements du bambin. À la fois effrayé et fasciné par le spectacle qui s'offrait à lui, il resta ainsi accroupi derrière un épais fourré durant de longues minutes jusqu'à ce que le maladroit craquement d'une branche sous son pied n'attire l'attention de la mère vers lui. Pris de panique l'homme s'enfuit, courant comme si tous les démons de l'enfer étaient à ses trousses... Ce qui était presque le cas.

En effet, la mère ne pouvait pas prendre le risque que sa présence soit révélée à d'autres et se lança immédiatement à la poursuite du fuyard, laissant sa fille sous la protection de sa couvée. De par nature plus forte et agile que ce dernier, il ne lui fallut pas longtemps pour le rattraper. Se jetant sur lui d'un bond magistral, elle l'écrasa au sol avant de lui briser la nuque d'une seule main, sans lui laisser la moindre chance d'appeler à l'aide. Haletante et encore sous l'effet de l’excitation procurée par sa traque, elle ne remarqua que trop tard la présence des deux autres hommes qui s'approchaient furtivement de ses flancs. Alertée par le sifflement bien distinct du métal fendant l'air, elle évita de justesse le coup mortel visant sa tête. Se retournant en un instant, elle transperça le thorax de l'imprudent d'un puissant coup de patte laissant le corps sans vie s'écrouler dans la boue. Elle voulut se retourner pour s'occuper du dernier assaillant mais ne fit face qu'à l'air filtrant entre les arbres. L'homme avait fui, profitant de la diversion créée par son compagnon. Épuisée, essoufflée et meurtrie, la Jorôgumo se laissa glisser au sol dans un profond soupir. Au moins, tout danger immédiat était écarté pour le moment mais elle savait que le répit ne serait que de courte durée.

En effet, la légende d'une succube mi femme mi araignée chassant l'homme comme du bétail ne pas tarda à se disperser comme une poignée de poudre jetée au vent et à faire le tour de toute la région pour finalement arriver jusqu'aux oreilles du Shogun local qui régnait sur les terres entourant l'épaisse forêt. Ne prêtant d'abord aucune attention aux élucubrations de la paysannerie, le puissant seigneur fut finalement suffisamment agacé que ces histoires ne lui reviennent sans cesse à chaque conseil. Afin de contenter sa cour et ses gens, il décida d'organiser une grande battue afin de purger les montagnes et les forêts de tous ces monstres et autres esprits malfaisants qui hantaient soi-disant les lieux. D’abord, la chasse ne devait durer qu’une journée, cependant, après la découverte dans des champs et des bois de plusieurs bêtes monstrueuses, le shogun, aussi stupéfait qu’intrigué de l’existence réelle d’esprits et de démons comme décrits dans les légendes, décida de prolonger la traque encore un temps, se découvrant dans le même temps une passion pour le massacre de non-humains.

Leur funèbre cortège les mena finalement jusqu'à la forêt abritant l'antre des araignées et le précieux foyer. Bien entendu, toute la famille fut rapidement consciente du danger qui se rapprochait inexorablement et, après quelques préparations hâtives, toute la couvée se mit en branle dans l’espoir d’échapper aux humains. Malheureusement, leur trop grand nombre et la taille de certaines arachnées ne leur permettait pas de passer inaperçus et ralentissait leur course à travers les épais sous-bois. Ainsi, alors que la nuit recouvrait lentement le ciel de son noir manteau, la lueur des torches de leurs poursuivants et les aboiements des chiens et de leurs maîtres se faisaient de plus en plus proches et oppressants et bientôt, les premières flèches commencèrent à s’abattre en une pluie mortelle sur les plus lentes d’entre-elles.

Aussi, dans l’espoir de protéger leur reine-mère et le précieux trésor qu’elle transportait entre ses bras, la horde d’arachnides fit volte-face avant de s’abattre en une marée grouillante et meurtrière sur les hommes du shogun, sous les supplications déchirantes de leur génitrice, emportée au loin par son jeune époux. Malheureusement, les humains étaient trop nombreux et trop bien équipés, protégés par d’épaisses armures et armés de sabres tranchants et de lances acérées. Dans un fracas de métal et de chitine rompue, frères et sœurs se brisèrent ensemble sur leurs remparts d’acier et, telle une machinerie infernale et inarrêtable, la horde humaine engloutit les dernières survivantes. Toutes périrent dans les flammes, empalées, brûlées, éventrées. Après avoir prélevé de glorieux butins de chasse sur les cadavres encore fumants, la cohorte de mort se remit inexorablement en marche, telle une meute de loups affamés et assoiffés de sang, en quête de leur ultime trophée.

Lorsqu’à nouveau, le danger se fit ressentir, vint le tour du jeune samurai de se sacrifier pour permettre à ses deux amours d’échapper au funeste destin qui les attendait, s’il ne restait pas pour leur laisser le temps de fuir. Il ne lui fut pas aisé de convaincre sa compagne, mais pour la survie de sa dernière enfant, elle accepta, à contrecœur, de le laisser partir. Après un ultime et profond baiser, ils tournèrent tout deux les talons, lui fier et déterminé, elle le visage en pleurs, chacun dans une direction opposée. Tandis que la mère de Shiruku s’éloignait le plus loin possible du combat, le rônin quant à lui alla aux devants de la troupe de soldats et défia directement le shogun sur son honneur, ce que celui-ci fut contraint d’accepter afin de préserver sa dignité devant ses hommes. Cependant, leur duel n’avait rien d’équitable, de par la différence de leurs équipements et l’aide sournoise apportée au seigneur pas ses gardes et, sans grande surprise le courageux samouraï finit par perdre le combat. Atrocement blessé et épuisé par les blessures, il s’écroula aux pieds de son adversaire, vaincu, sous les railleries de l’assistance. Cependant, devant son courage, et malgré le crime affreux de s’être allié à un monstre anthropophage, il fut décidé de lui laisser la vie sauve, au prix d’une vie de servitude ingrate. Après cette victoire facile, la troupe se remit en marche, bien décidée à exterminer la dernière trace d’engeance démoniaque de ces terres.

S'en suivit une interminable traque à travers la forêt, la mère, poursuivie par les soldats et leurs chiens, perdant peu à peu l’avance offerte par le sacrifice de tout ce qu’elle avait de plus cher. Même ses capacités surhumaines ne lui permettaient plus de distancer les braillards à ses trousses, toutes ses forces complètement usées après une nuit entière à fuir en portant son enfant. C'est une flèche lui traversant la cuisse qui la stoppa dans sa course. Éreintée, blessée et à bout de forces, la Jorôgumo s'écroula en larmes sur le sol. Après des siècles d'existence pacifique, tout le fruit d’une vie séculaire avait été réduit en cendres en une seule nuit par des êtres barbares qui se prétendaient être des hommes.

Cependant, il lui restait encore une chose, une unique et dernière raison de vivre, la petite Shiruku qui, toute enroulée dans un drap de soie, dormait à poings fermés malgré le vacarme environnant et l’odeur de chair brûlée qui planait dans l’air. Rassemblant le peu d'énergie qui lui restait, la mère se redressa lentement sur ses jambes, prenant appui sur une branche morte, reprenant péniblement sa marche. Les premiers pas furent si ardus et douloureux qu’elle faillit s’évanouir, mais sa volonté était plus forte. Trainant péniblement les pieds, alors qu'elle se vidait lentement de son sang, sa vue se brouillait peu à peu et l'espoir de sauver son ultime enfant, dernière représentante de sa  lignée, semblait de plus en plus lointain. C’est alors qu’elle déboucha sur une petite clairière, isolée au milieu de l’immense frondaison. En son centre se trouvait un tout petit sanctuaire de bois et de pierres, recouvert de mousse et d'herbe, abritant la statuette d’une divinité au nom depuis longtemps oublié.

À bout de souffle, la mère de Shiruku se laissa tomber devant le monument sacré. Là, les joues couvertes de terre et de larmes, elle pria, elle implora de toutes ses forces tous les dieux protecteurs de la terre, les suppliant non pas d'épargner sa vie, mais celle de sa fille, de son enfant trop jeune et innocente pour mourir maintenant. Lorsqu’elle fut à bout de souffle, elle leva les yeux vers le ciel, profond, majestueux, incrusté d'une infinité d'étoiles qui s’effaçaient lentement pour laisser place au puissant astre solaire qui teintait l’aurore d’une lueur rouge sang. C’était la dernière fois qu'elle contemplait sa beauté infinie. Les hurlements malveillants qui filtraient à travers les arbres la sortirent finalement de sa méditation. Prenant sa chère enfant dans ses bras, elle embrassa une dernière fois sa peau fine et douce. Elle déposa alors le bambin au pied de la statue, la couvrant de son voile de soie, lui adressant un dernier sourire.

Rassemblant ses ultimes ressources, elle s'engouffra avec rage dans la forêt à l'assaut des hommes qui la poursuivaient pour ainsi mettre fin à cette traque insensée. C’était son acte final en tant que mère et reine, futile et impuissant, pour protéger la dernière chose qui lui restait dans ce monde. Dans un ultime écho, des cris retentirent dans les tréfonds de la forêt avant de s'éteindre peu à peu, laissant place au pesant silence de la mort qui pourrait se repaître d'un festin de cadavres. Non loin de là, une toute petite chose sans défense gloussait innocemment sous un regard de pierre bienveillant.

Ce n'est que bien plus tard dans la matinée qu'un couple de fermiers se rendant dans cette même clairière pour y prier les divinités découvrirent la jeune enfant. Attirés par ses pleurs, ils la trouvèrent, allongée contre la statue, enrobée dans sa fine écharpe de soie. Les deux jeunes gens, incapables de concevoir un enfant, virent ce bébé tombé du ciel comme une réponse des dieux à leurs prières et décidèrent alors d'adopter la jeune enfant. Ils la prirent avec eux et l’emmenèrent dans leur village, s'occupant d'elle comme leur propre fille.

Les années qui suivirent, la jeune Shiruku passa une enfance paisible, loin de la forêt, du Shogun et des soucis d'une vie miséreuse. En effet, la jeune femme était gâtée plus que nécessaire par ses deux parents adoptifs qui se coupaient en quatre pour qu’elle ne manque de rien, malgré la famine qui s'abattait sur les terres avoisinantes et ses habitants. À cause d’un favoritisme, qui n'était pas au goût de tous, la jeune enfant se fit à son insu de nombreux ennemis au sein du village et surtout parmi les enfants. Cette hostilité à son égard se faisait d’autant plus forte que la couleur inhabituelle de ses cheveux et les huit petites excroissances le long de sa colonne vertébrale, que ses tuteurs pensaient être une malformation de naissance, faisaient naître une certaine suspicion envers elle, que certains traitaient déjà de monstre ou de sorcière.

Pourtant calme et solitaire de nature, elle était contrainte de rester seule, la plupart du temps enfermée chez elle, pour que les autres jeunes ne s'en prennent à elle. En effet, outre son corps et sa beauté déjà presque surnaturelle, la fillette semblait posséder un lien particulier avec les araignées qui n’avaient de cesse de peupler sa chambre, malgré tous les efforts déployés par les deux parents pour les en déloger. Cependant, leur présence ne semblait pas déranger la fillette qui, au contraire, se complaisait en leur compagnie et que l’on surprenait souvent à leur parler, se confiant à elles comme à un groupe d’amies. Cette complicité malsaine avec la vermine grouillante, qui ne faisait que se renforcer avec l’âge, lui valut d’être de plus en plus exclue par le reste du village qui ne manquait pas d’imagination pour lui trouver des surnoms tous plus dégradants les uns que les autres. Malgré cela, elle était heureuse, vivant dans le petit cocon d'amour que ses parents entretenaient avec soin et passion, la chérissant de tout leur cœur.

Un jour, alors qu'elle faisait sa promenade du matin, sur le chemin qui bordait les rizières presque toutes desséchées et stériles du village, attirée par des grincements stridents sur le bas-côté, elle trouva dans le fossé une araignée blessée. La petite bête, qui faisait tout de même la taille d’une main adulte, semblait avoir toutes les peines du monde à tenir sur ses huit pattes et se traînait pitoyablement sur le sol. Attristée par son sort et voyant en la créature blessée une potentielle nouvelle amie, la fillette alors âgée de quatorze ans se décida à la garder avec elle et à la rapporter secrètement à la maison. Très vite, un lien profond lia les deux êtres qui semblaient pouvoir se comprendre et communiquer parfaitement. Cachant sa partenaire de jeu dans le grenier, elle partageait avec elle eau et nourriture et bientôt, cette dernière acquit une taille incroyable. En effet, l'araignée dotée d'un appétit féroce avait, en quelques mois seulement, atteint la taille d'un gros chat et il devenait de plus en plus difficile à la jeune Shiruku de la garder enfermée dans la petite pièce sombre et de justifier les étranges bruits que percevaient ses parents durant la nuit.

A l'aube de son quinzième printemps, alors qu'elle revenait de la rivière après y avoir puisé de l'eau à la demande du couple, la jeune femme entendit des cris et des hurlements en provenance de son village. Prise d'un mauvais pressentiment, le cœur battant d'une étrange inquiétude, elle força le pas, jusqu'à finalement lâcher son seau, laissant le précieux liquide se répandre sur la terre sèche et craquelée, se mettant finalement à courir. C'est à bout de souffle et recouverte de sueur qu'elle put connaître la raison de tout ce chahut. Son amie, ne pouvant plus être contenue et poussée par la faim, s'était échappée de sa cachette, avait attaqué une des poules du village et déjà partiellement dévorée celle-ci avant de se faire surprendre par un groupe d’enfants. Elle était à présent acculée contre le mur d'une grange par les villageois qui lui jetaient des pierres et la menaçaient à l’aide de pieux et de fourches. En apercevant la jeune fille, celle-ci se mit à grincer désespérément dans sa direction, cherchant en vain à la rejoindre.

Devant la détresse et le danger qu’encourait sa seule et unique amie, Shiruku n'hésita pas longtemps et s'interposa entre l'araignée et les villageois, inconsciente du risque auquel elle s’exposait, les priant de ne pas lui faire de mal. Cependant, les hommes en colère étaient à présent sourds aux supplications de la jeune femme et, profitant même de l’occasion, c'est sans la moindre hésitation qu'on lui asséna un violent coup de poing qui la fit voltiger avant qu'elle ne s'écrase lourdement aux pieds de la foule de paysans en colère, la lèvre ouverte et gonflée de laquelle s'échappait un mince filet de sang. Reportant leur colère sur cette enfant maudite, qui venait de prouver son engeance malfaisante en défendant une monstrueuse créature, ils l'entourèrent alors avant de la rouer tour à tour de coups de pied et de poings, battant sa peau blanche et pâle qui ne tarda pas à virer au rouge et au marron, sous le regard impuissant de ses deux parents que des hommes tenaient à l’écart.

Recroquevillée sur elle-même, faisant rempart de son corps pour protéger son araignée, la jeune femme subissait les assauts incessants de ses bourreaux, laissant le sang recouvrir ses joues et lui brouiller la vue. Peu à peu, sa conscience quittait son corps tandis que tout le bas de son corps ne parvenait plus à lui obéir. Soudainement, elle fut prise de violents soubresauts, faisant s'écarter la horde de sauvages qui s'étaient agglutinés autour d'elle. Poussant des cris de douleur d’une intensité effroyable, la jeune fille se tordait sur le sol telle une possédée. Une terrible contraction dans la poitrine et le bas du dos lui donnait la sensation qu’on lui déchirait la chair et la peau à l'aide d'une pique. Enfin, dans un craquement d’os sinistre, huit longs appendices, semblables à des pattes, jaillirent de son dos, à l’emplacement des petites bosses qu’on lui avait découvert durant sa croissance.

Comme paralysée, outre les coups reçus, son corps lui semblait soudainement si lourd qu’elle se sentait incapable de bouger le moindre membre. Aussi, elle ne pouvait que rester là, sur le sol, baignant dans la boue et le sang, à attendre que les villageois décident de son sort. Cependant, ces derniers, bien que nombreux, n’étaient guère téméraires et n’osaient plus s’approcher de la créature gémissante qu’était devenue la fillette. Ils ne prêtaient même plus attention à l’énorme araignée qui saisit cette occasion pour s’éclipser. À bout de force, Shiruku finit tout de même par s’évanouir, plongeant dans un profond sommeil. Dans son rêve, elle se voyait aux côtés d’une femme nue, grande, belle, et surtout, qui lui ressemblait étrangement. Mais ce qui marqua vraiment la jeune enfant, ce fût les huit longs appendices articulés qui s’agitaient dans le dos de cette personne comme des serpents sans tête. Enfin, cet être aussi majestueux que monstrueux se retourna lentement vers elle, lui souriant tendrement, avant de disparaître dans un volute de poussière.

C’est à ce moment que l’enfant émergea de ses songes, bien plus tard dans la soirée. La vue encore assombrie, son premier réflexe fut d’appeler ses parents, mais elle n’eut pour seule réponse que le hennissement strident d’un cheval qui la fit sursauter. Prise d’une soudaine angoisse, elle se mit à scruter désespérément autour d’elle à la recherche d’un élément familier, en vain. Elle n’était plus au village. Elle comprit bien assez vite, en remarquant les barreaux qui l’entouraient, qu’elle était enfermée dans une grande cage et qu’elle s’éloignait lentement de son foyer. Paniquée, elle commença à s’agiter et à tirer sur les tiges de métal en appelant à l’aide, interrogeant les visages étrangers qui l’escortaient sur la raison de sa présence ici. Agacé par ses hurlements, un homme en armes vint alors à son niveau pour lui invectiver de se taire. L’adolescente restant sourde à son ordre, il lui asséna un violent coup sur la tempe à l’aide de la hampe de sa lance, qui eut cette fois-ci l’effet escompté, la replongeant dans un long coma, cette fois sans phantasmes.

Lorsque qu’elle se réveilla à nouveau, elle n’était plus dans sa cage. Elle n’était même plus en extérieur. Non, bien au contraire, elle était à présent enchaînée en hauteur, probablement contre un mur à en juger par la fraicheur qui enlaçait son dos nu, dans une pièce plongée dans le noir complet, à l’exception d’un coin allumé par un brasier rougeoyant, dont la lueur laissait entrevoir une lourde porte en acier. Bien que la position dans laquelle elle se trouvait attachée lui tirait douloureusement les épaule et les mollets, elle ne chercha pas à se débattre une nouvelle fois, bien trop épuisée et apeurée pour cela. Elle ne trouvait même plus la force de pleurer tant les récents événements l’avaient abattue. Elle chercha alors à se remémorer les dernières heures passées, sa journée à la rivière, les cris, les paysans en colère et cette… douleur. À cette pensée, tous ses muscles se raidirent soudainement. Que s’était-il passé à ce moment-là ? Elle sentait bien que quelque chose avait changé dans son corps, que quelque chose dans son dos, qui n’était pas là auparavant, s’agitait doucement. Malheureusement, l’obscurité et l’engourdissement ne lui permettaient pas bien de déterminer de quoi il s’agissait. Elle n’eut cependant pas le temps d’approfondir sa réflexion, brusquement interrompue par l’irruption de plusieurs hommes dans sa cellule.

Ils vinrent la délester de ses chaines avant de la traîner hors de la pièce humide. Pendant qu’on la tirer sans ménagement vers une destination inconnue, elle demanda à nouveau où elle se trouvait et pourquoi on l’avait enfermée. Ses geôliers l’ignorèrent simplement et on intima à ce « monstre » de se taire sous peine de la museler. Après de longues minutes de marche pénible à travers divers couloirs, le petit groupe s’arrêta finalement devant une autre porte. La pièce qu’elle abritait n’était guère plus accueillante, mais en son centre se trouvait un genre de large table. On poussa la fillette jusqu’à cette même table avant de la forcer à s’y allonger. Des liens furent à nouveau attachés à ses poignets et à ses pieds. Dans cette position, elle ressentait clairement un renflement le long de sa colonne vertébrale et, la salle étant tout de même plus lumineuse, profitant que ses gardes soient occupés, elle se risqua à jeter un coup d’œil. Ce qu’elle découvrit alors manqua de lui arracher un cri de frayeur. En effet, elle put cette fois-ci clairement observer, pour la première fois depuis les événements du village, les huit énormes pattes d’araignées qui raclaient le bois rugueux lui servant de support et qui s’agitaient plus vigoureusement au fur et à mesure que la peur emplissait le cœur de la petite enfant.

Remarquant sa soudaine agitation, deux hommes se rapprochèrent avant de se saisir prudemment des pointes mortellement acérées qui remuaient férocement avant de les lier entre elles à leur tour sur la table. Un troisième quant à lui vint appliquer un cataplasme sur le visage de la fillette durant de longues secondes, la forçant à respirer les effluves nauséabondes qui s’en échappaient. Le remède eut pour effet de l’apaiser et de l’engourdir, mais sans non plus l’endormir. Quelques instants plus tard, entrèrent deux autres personnes, l’un richement vêtu, le Shogun en personne, et l’autre plus modeste, mais transportant toute une panoplie d’objets métalliques pointus ou tranchants. Ils échangèrent quelques paroles indescriptibles avec les geôliers, puis le seigneur ressorti aussi sec, ne daignant même pas poser un œil sur la pauvre gamine, la laissant aux soins de son acolyte.

Dès lors, un véritable enfer débuta pour la petite Shiruku. Sortant une lame aiguisée de son attirail, l’étrange médecin s’approcha de sa « patiente » sous l’œil horrifié de cette dernière qui, incapable de bouger, ne pouvait que gigoter misérablement sur place. Il commença par lui sectionner le bout d’une de ses pattes chitineuses. La douleur fut si intense que la fillette hurla à s’en arracher les cordes vocales, alors que tout son corps semblait s’enflammer. Son bourreau quant à lui, semblait aussi excité qu’un enfant dans un magasin de friandises et entreprit d’inciser le corps de la pauvrette à divers endroits avec divers outils afin de tester ses résistances, ses réactions, étudiant scrupuleusement les membres arachnéens qui se tordaient violemment. Son petit jeu macabre dura des heures durant jusqu’à ce que, à bout de nerfs, sa poupée de chair ne s’évanouisse à nouveau. Elle fut alors détachée, avant d’être ramenée dans sa prison où elle fut jetée sans ménagement. Le corps couvert de plaies en tout genre, un membre arraché et les autres sectionnés en plusieurs endroits, la petite rampa péniblement jusque dans un coin de la pièce pour s’y recroqueviller en couinant comme un chiot battu.

Après de longues minutes encore à agoniser, elle parvint malgré tout à sombrer dans un sommeil fragile, trop affaiblie pour rester consciente. Elle rêva encore, mais pas de la femme de l’autre fois. Non. Cette fois-ci, c’était différent. Elle était dehors, dans la forêt, et glissait habilement entre les troncs et les branches. Bien qu’elle ne contrôlât pas véritablement ses mouvements, elle parvenait cependant à ressentir son environnement, le sol, l’air, les bruits et même certaines odeurs, comme si ce corps était le sien. Bondissant d’arbres en arbres, de feuillages en feuillages, elle se sentait légère, vivante, libre... Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin, et le réveil fut aussi brutal que désagréable. Après avoir été arrosée d’un seau d’eau froide, on la tira hors de sa cellule pour être conduite dans la même salle de torture que la dernière fois. À nouveau on l’attacha fermement et à nouveau, son bourreau était là, à l’attendre. Ce dernier jubila même en remarquant que les membres non-humains sectionnés commençaient lentement à se régénérer et à repousser, comme la queue d’un lézard. Il eut cependant l’air presque déçu que les ongles arrachés et les quelques entailles le long des bras n’aient pas cicatrisé, enfin, il avait déjà bien de quoi s’amuser avec ces extensions monstrueuses. Une fois la porte du cachot refermé, une seconde séance de torture commença et les cris de la fillette résonnèrent une fois de plus dans les couloirs sous-terrain du donjon.

Ce cycle infernal devint le quotidien de la jeune Shiruku. Dieu seul sait combien de lunes la jeune femme resta ainsi enfermée et malmenée et, entre supplices insupportables et rêves ésotériques, elle perdit peu à peu la notion du temps. Seuls ces fameux songes, dans lesquels elle pouvait s’enfuir loin de sa prison et de ses geôliers, lui permettaient de conserver un semblant de raison. Petit à petit, elle comprit qu’il ne s’agissait pas là de simple rêves, mais qu’elle transportait bel et bien son esprit dans un autre corps, très loin d’ici, sans qu’elle parvienne réellement à comprendre pourquoi ni comment. Cependant, au fur et à mesure qu’elle s’accoutumait à la douleur, son tortionnaire quant à lui, se lassait de ses petits jeux qui ne la faisaient presque plus réagir, si bien que leurs entrevues se faisaient de plus en plus sporadiques. Elle profitait alors de ses rares sorties pour respirer un air un tant soit peu moins vicié que celui de sa case et pour glaner quelques informations auprès de gardes un peu plus loquaces. C’est ainsi qu’elle apprit qu’elle se trouvait sous le château du Shogun local et que ce dernier, depuis sa traque d’il y a plusieurs années, s’était passionné pour la chasse aux monstres et collectionnait nombre de trophées et spécimens comme elle, qu’il faisait examiner par un soit-disant médecin, versé dans les arts occultes.

Après ces maigres révélations, Shiruku passa encore de nombreux mois enfermée et oubliée, perdant peu à peu l’espoir de revoir un jour la lumière du soleil. Bien que mal nourrie et maltraitée, son corps était lentement devenu celui d’une jeune femme et, malgré les cicatrices indélébiles sillonnant le feutre fin de sa peau, sa beauté et sa grâce transcendaient sa nature monstrueuse et nombre de gardes avaient déjà succombé à ses charmes sans pour autant oser l’approcher. Plus elle murissait, plus les hommes la craignaient et redoutaient qu’elle les maudisse, si bien qu’ils tiraient à la courte paille ou désignaient d’office l’un des serviteurs du château comme volontaire pour lui apporter sa ration de pain et d’eau. Et c’est ce qui arriva ce jour-là, alors que l’un des esclaves passait par là, il fut affligé de cette tâche sans même qu’il ait le temps d’ouvrir la bouche. De toute façon, il n’avait pas le choix. Descendant dans les boyaux humides des cachots, il parvint enfin devant la porte de notre la jeune femme. Cette dernière, entendant le verrou s’ouvrir, s’approcha naturellement pour recevoir sa pitance. L’homme d’un âge déjà mûr, recula d’un pas en déglutissant, repensant aux histoires tordues racontées par les geôliers au sujet de la créature retenue ici.

Cependant, lorsqu’il aperçut le visage de la « créature » et que leurs regards se croisèrent, il fut comme foudroyé, pétrifié sur place, laissant choir par-terre le dîner qu’il tenait dans ses mains qui se mirent alors à trembler. Ses yeux pleuraient d’eux-mêmes devant cette apparition sortie de l’obscurité, ce fantôme venu d’un temps qu’il pensait à jamais oublié. Qui était cette jeune femme qui ressemblait à s’y méprendre à sa bien-aimée, elle qui rayonnait de la même beauté irréelle, elle qui enfin, possédait les mêmes atouts monstrueux et pourtant si gracieux… Il savait pertinemment que son seul et unique amour n’avait pu survivre aux terribles événements qui les avaient séparés, mais il savait également qu’il ne s’agissait pas d’une apparition venue le hanter. Il ne pouvait donc s’agir que de la chair de sa chair, de son enfant qu’il croyait perdue en même temps que sa mère. Comme assommé, il tomba à genoux devant elle, qui le regardait d’un air consterné et interrogateur, tandis qu’il remerciait tous les dieux qu’il connaissait d’avoir exaucé ses prières. Gênée dans tous les sens du terme par une telle démonstration, elle aida l’étrange phénomène à se relever.

Une fois debout, il continua de la contempler pendant un moment encore, ses pleurs ne cessant d’inonder son visage et sa chemise crasseuse. Cependant, il dut reprendre rapidement ses esprits. En effet, maintenant qu’il avait pu revoir sa progéniture, il refusait de la laisser croupir dans sa cellule immonde ne serait-ce qu’une journée de plus. Elle fut d’abord réticente à le suivre, entretenant une crainte et une méfiance tenaces envers ses ravisseurs depuis le début de son enfermement. Voyant son hésitation, il saisit Shiruku par le poignet et l’entraîna à sa suite dans les couloirs des geôles. Heureusement, ses années de service à nettoyer l’endroit pour le compte du Shogun lui avaient permis d’apprendre et de retenir les tours de garde de la plupart des sentinelles et à connaître nombre de passages dérobés utilisés par les esclaves pour se rendre plus rapidement d’un coin à l’autre du château. La jeune femme quant à elle le suivait silencieusement, se demandant pourquoi cet homme était-il en train de l’aider. Cependant, sans s’expliquer pourquoi, elle sentait dans les tréfonds de son cœur qu’elle pouvait faire confiance à cet inconnu qui prenait lui-même un risque considérable en la faisant ainsi sortir de sa prison, bien que la destination finale lui restait encore inconnue. Torture, liberté ou même la mort, rien ne serait pire que de pourrir au fond d’une cage sombre et humide pour le restant de ses jours.

Se faufilant comme deux souris à travers les ombres, les deux évadés parcouraient le palais seigneurial prudemment, évitant gardes et servants en contournant les zones les plus éclairées. Il leur fallu de longues heures et maintes précautions pour finalement arriver dans une arrière-cour, nichée au milieu de sublimes constructions, preuves de la richesse des terres locales. Là, de l’autre côté de la petite étendue de graviers, le monde extérieur, l’air libre. Dernière entrave à leur escapade, une lourde herse en métal abaissée pour la nuit, empêchant quiconque de sortir sans déclencher le mécanisme relevant celle-ci. L’ancien samouraï hésitait, deux choix s’offrant à eux. Le premier serait d’attendre le petit jour que les grilles soient levées en espérant pouvoir sortir sans se faire prendre et le second consisterait à lever la grille par eux-mêmes, au risque d’attirer l’attention des gardes sur eux. De plus, la seconde option impliquerait également que l’un d’eux reste en arrière plus longtemps pour la maintenir ouverte, sans quoi, elle se refermerait immédiatement. Cependant, après réflexion, il ne restait qu’une seule alternative possible. En effet, Shiruku étant presque nue, le corps couvert d’un simple chiffon, il serait difficile, voire impossible pour elle de passer inaperçue du fait de sa morphologie… particulière. Même en la couvrant sous une bâche ou un drap épais, il lui serait impossible de dissimuler ses membres chitineux qui, hors de contrôle, gesticulaient doucement comme si ils étaient munis d’une conscience propre.

Ne s’offrait alors à eux que la seconde possibilité qui, bien que plus dangereuse et plus bruyante, permettrait au moins, si tout se passait bien, de faire s’évader la jeune femme. Après tout, le serviteur grisonnant qu’il était ne pouvait aspirer à une meilleur issue, peu importe ce qu’il adviendrait de lui par la suite. Après de courtes préparations, ils se mirent tout deux en action, profitant de l’obscurité. Shiruku se posta près de l’entrée, en attente d’un signal, et lui se dirigea vers les escaliers permettant d’accéder aux remparts, où se trouvait le mécanisme d’ouverture. Heureusement, aucun garde ne se trouvait à ce poste pour le moment, mais il fallait se hâter. Comme il le pensait, dès lors qu’il actionna la lourde manivelle, un crissement infernal de métal commença à résonner dans le silence nocturne. À peine quelques instants plus tard, l’alerte était donnée et une flopée de gardes s’approchaient à grands pas, torche et sabre en main. La lourde porte d’acier se levait lentement, trop lentement, mais bientôt, la jeune femme put se frayer un chemin et rejoignit le monde libre. Cependant, à chaque seconde, les hommes en armes se rapprochaient un peu plus et rapidement, le temps manqua à son courageux sauveur. Ce dernier, réalisant qu’il ne pourrait très probablement pas s’en sortir, entreprit un dernier acte pour sauver la demoiselle. Rassemblant ses dernières forces, il arracha le levier qu’il tenait entre les mains avant de le fracasser à plusieurs reprises contre l’appareillage de la grille, condamnant celle-ci à rester fermée.

Il eut juste le temps de se pencher à la muraille pour hurler à son enfant de fuir et de lui jeter un tout petit paquet avant que les gardes ne se jettent sur lui. La jeune femme lui supplia de le rejoindre, mais il était déjà trop tard, après bataille aussi courte que désespérée, l’ancien guerrier succomba, cette fois pour de bon. Lorsque sa tête fut jetée par-dessus la muraille, Shiruku su qu’elle serait la prochaine si elle ne partait pas maintenant. Sans hésiter plus longtemps, elle prit la fuite, disparaissant dans la nuit et laissant derrière elle les gardes, le shogun, la prison et le corps de cet inconnu qui a tout risqué pour elle, allant même jusqu’à sacrifier sa propre vie. Elle n’était pas vraiment triste, ni même désolée, sa longue incarcération ayant depuis longtemps occulté chez elle ce genre de considération humaine. Après tout, n’était-elle pas un monstre, un genre d’animal tout juste bon à servir les délires malsains d’un détraqué ? Malgré tout, sans vraiment qu’elle en prenne conscience, un vide se créa dans son cœur, comme une petite fissure invisible et discrète. Pour le moment, elle avait de toute façon d’autres soucis en tête que la pitié ou la reconnaissance, mais bien la question de sa propre survie.

En effet, elle se retrouvait à présent seule, quasiment nue, de nuit, dans un vaste monde extérieur dont elle ne connaissait presque rien. Elle avait froid et mourait de faim. Maintenant que l’adrénaline était redescendue, elle se sentait incroyablement fatiguée et sa tête dodelinait doucement d’une épaule à l’autre sans jamais parvenir à revenir à sa place initiale. Cependant, elle ne pouvait pas simplement s’arrêter au bord de la route pour dormir, le risque d’être rattrapée par les hommes du shogun était toujours présent et la peur d’être à nouveau soumise à la torture la motiva à continuer d’avancer. Au bord de l’inconscience, elle laissait ses pas la guider lentement vers une destination inconnue.

Après de longues heures de marche, le jour s’était levé et le soleil était déjà haut dans le ciel, faisant grimper rapidement la température. La pauvre enfant était à bout. À la faim grandissante et la fatigue s’étaient ajoutées la soif et la chaleur, portant un coup mortel à son corps déjà terriblement épuisé et meurtri. Soudain, elle se rappela du sachet en toile que lui avait jeté son libérateur avant de mourir et qu’elle tenait toujours serré dans sa main. Malgré sa taille ridicule, peut-être contenait-il un peu de nourriture, ne serait-ce qu’une miette. Hâtivement, elle ouvrit ledit colis mais fut rapidement déçue en découvrant qu’il ne contenait qu’un genre de fin bracelet tressé avec ce qui semblait être une mèche de cheveux dont certains étaient noirs comme une nuit sans lune et d’autres d’un blanc laiteux, comme les siens. Bien qu’intriguée et attirée par l’étrange aura qui se dégageait du petit charme, elle n’était guère plus avancée. Elle se laissa choir sur les genoux, désespérée et résignée à dessécher dans un talus comme une vieille charogne. Cependant, du coin de l’œil, elle repéra au loin la silhouette d’un bâtiment qui lui semblait étrangement familier de par sa forme, malgré le voile brumeux  qui embrouillait sa vue. Elle se releva péniblement et commença à s’en approcher lentement. Comme un chaton abandonné, son instinct l’avait finalement ramené chez elle.

Plus elle se rapprochait, plus ses doutes se confirmaient. Il s’agissait bel et bien de la grange commune du village dans lequel elle avait grandi. Comme si une force nouvelle lui avait été insufflée, elle se mit à courir, ignorant les plaies ouvertes sous ses pieds et la douleur dans tous ses muscles. Elle traversa le village en trombe, ignorant les regards effarés et les hurlements à son passage, pour se rendre directement dans le foyer qui était le sien avant son enlèvement. Sans hésiter, elle entra dans la vieille maison, affichant le même sourire enfantin et ravi que lorsqu’elle était toute petite. Cependant, après quelques minutes, personne encore n’était venu lui souhaiter la bienvenue, ni les bras accueillants de sa mère, ni le sourire bienveillant de son père. Personne. À bien y regarder, demeure elle-même semblait avoir été laissée à l’abandon depuis des années. Le sol et les meubles étaient recouverts de poussière et de crasse et un désordre certain régnait en ce lieu, comme si une véritable lutte avait eu lieu. Inquiète, Shiruku entreprit de fouiller chaque pièce, appelant ses deux parents, en vain.

Alors qu’elle commençait à sangloter, un croassement sinistre venant de l’extérieur attira son attention à la fenêtre. Regardant à travers le hublot, son cœur sembla manquer un battement devant le spectacle s’offrant à elle. Là, à quelques pas d’elle, dans le jardin où elle avait passé tant d’années, se balançaient doucement deux corps, pendus à la branche d’un vieil arbre. Les deux cadavres, pourris et secs comme des momies après avoir passé de longs mois ainsi, attiraient encore une multitude de bêtes en tous genres qui venaient se repaitre des quelques bouts de peau et de chair durs qui ne s’étaient pas encore détachés ou qui n’avaient pas encore été dévorés. Accroché au cou des deux condamnés, un écriteau décrivant leur crime, qui avait été d’accueillir et de protéger un monstre, une créature non-humaine, faisant ainsi injure à leur propre espèce. La jeune femme n’avait nulle besoin qu’on lui dise clairement de qui il était question. Lentement, elle se rendit dans le petit près, devant le cerisier supportant ce macabre fardeau, avant de s’effondrer en pleurs aux pieds décharnés de ceux qui étaient autrefois ses parents. Elle s’emplissait de colère envers elle-même, hurlant que tout était de sa faute, interrogeant les dieux sur leurs horribles machinations. Pourquoi fallait-il qu’elle soit née ainsi différente ? Pourquoi fallait-il que toutes les personnes la côtoyant meurent ? Pourquoi avait-elle hérité de cette malédiction, de ces… choses ?

Elle passa ainsi de longues minutes à se lamenter, à extérioriser tous les maux accumulés après tant de temps, si bien que le vide dans son cœur se changea en un véritable gouffre béant, d’où s’échappaient toute sa rancœur, sa colère et sa frustration. C’est à ce moment qu’arrivèrent le reste des habitants du village, qui ne semblaient guère heureux de la retrouver, rassemblés derrière elle avec les mêmes outils qui avaient servi à la molester le jour où elle avait été capturée. Une décharge traversa alors l’esprit de la jeune Shiruku. Qui d’autre qu’eux aurait pu prévenir les soldats de sa présence ? Qui d’autre encore aurait été capable de pendre deux des leurs par haine et par jalousie ? Qui d’autre qu’eux encore pouvaient être responsables de son malheur et de ses souffrance ? Qui à part ces gueux misérables, ces humains puants et dégénérés qui ne savent que mépriser les autres et ce, même si ils leur sont semblables ? Une rage bouillonnante se mit à vibrer dans le corps de Shiruku, une haine explosive, destructrice, incontrôlable.

À peine la meute beuglante avait-elle fait un pas de plus dans sa direction qu’elle se jeta sur eux dans un hurlement presque bestial. Une nouvelle force s’éveillait en elle, elle devenait plus rapide, plus forte, plus sensible. Ses membres arachnéens semblaient enfin obéir à sa volonté seule et ils perçaient, tranchaient et déchiraient peau comme chair, comme si il ne s’agissait que de corps en coton. De ses seules mains, elle brisait leurs os, ouvrait leurs carcasses répugnantes, laissant libre cours à ses pulsions les plus meurtrières. Sa folie dura encore des heures et ne prit fin que lorsque le seul souffle à briser le silence fut le sien. Haletante, couverte de sang rouge et chaud, elle contemplait de ses yeux vides le charnier nauséabond qu’était devenu le hameau. Soudain, un violent haut-le-cœur secoua sa poitrine, lui faisant vomir le peu que contenait son estomac, avant qu’elle ne tombe tout aussi subitement dans l’inconscience, s’écroulant sur place.

Cette fois là encore, elle fit l’un de ses étranges rêves, durant lesquels elle se trouvait transposée dans un corps qui n’était pas le sien mais qui toujours était le même. Cependant, la sensation était différente ce coup-ci, tout semblait beaucoup plus réel, tangible, mais également plus familier. Et, en effet, l’environnement qui se déroulait devant elle était le trajet qu’elle venait de parcourir quelques heures auparavant, trajet qui l’avait menée jusqu’ici, au village. Village qu’elle rejoignait d’ailleurs de plus en plus, toujours plus vite, jusqu’à déboucher sur la place centrale. Sa vision la rapprochait toujours plus d’elle, serpentant entre les cadavres jusqu’à ce qu’elle puisse se voir elle-même assoupie, baignant dans la boue et le sang. C’est lorsqu’elle n’était plus qu’à quelques centimètres de son propre visage qu’elle se réveilla en sursaut, remarquant la surprise qui l’attendait. En effet, juste devant elle se tenait une araignée, énorme, qui se distinguait de toutes par sa taille et sa forme. Bien qu’elle ait encore un peu grandi, Shiruku la reconnut  immédiatement, son amie, la dernière chose qui lui restait dans ce monde et qui, malgré la distance les séparant, ne l’avait finalement jamais quittée. Comme si il s’agissait d’un enfant, elle la prit dans ses bras pour la serrer contre sa poitrine, geste auquel la créature répondit par de petits grincements chitineux.

La crise de folie de la jeune femme semblait s’être calmée et cette dernière se sentait même plutôt détendue, si ce n’est la faim qui, à son tour, grognait dans les tréfonds de son être. Elle aurait volontiers exploré les maisons désormais vides pour chercher de quoi manger, mais ses jambes refusaient de lui obéir et la tête commençait à lui tourner. Comme si elle lisait en elle, sa compagne sembla prise d’une subite agitation, comme pour attirer son attention. Lorsque cela fut fait, elle se mit à sautiller autour de l’un des cadavres non loin de là. C’est lorsqu’elle prit ce dernier entre ses mandibules que Shiruku comprit ce qu’elle cherchait à lui faire comprendre. Sa première réaction fut un refus catégorique, mais après quelques minutes, la faim qui lui étreignait l’estomac se faisait de plus en plus douloureuse et la chair rose et sanguinolente devant elle lui paraissait de plus en plus appétissante. Finalement, après quelques hésitation, elle se laissa tenter et entreprit de ramper jusqu’à son « repas ». Après tout, il était question de survie et puis… N’était-elle pas un monstre désormais ? Manger les humains est bien ce que font les bêtes si c’est pour leur survie, alors, pourquoi pas elle ? Arrivée auprès de la carcasse, elle en détacha un bout de chair et, après un ultime déglutissement, le porta jusqu’à ses lèvres craquelées.

Contre toutes ses attentes, elle ne trouva pas cela si mauvais, au contraire. Cette pulpe chaude et grasse lui paraissait déjà infiniment meilleure que le pain rassis et l’eau croupie qu’on lui donnait lorsqu’elle n’était encore qu’un cobaye. Elle avala le morceau qu’elle tenait entre les mains et se resservit même une « part », cette gourmande. Lorsqu’elle eut mangé à sa faim, elle se sentit revivre, littéralement, comme si une vie nouvelle parcourait de nouveau ses veines et ses artères, emplissant son corps d’une vigueur nouvelle. Quelques minutes plus tard, elle pouvait à nouveau marcher et, bientôt, elle retrouvait sa surprenante vigueur. Elle n’était certes pas encore tirée d’affaire, mais pour la première fois depuis des lustres, elle se sentait plutôt en forme. Cependant, l’odeur macabre qui planait sur le village commençait à lui déplaire et le risque que des soldats la trouvent ainsi était toujours présent. Elle ne pouvait plus rester ici, si sa véritable nature venait à être colportée dans les villages voisins, nul doute qu’on lui réserverait un sort semblable à celui des villageois réduits en charpie autour d’elle. Puisqu’elle avait retrouvé l'usage de ses jambes, la jeune femme se mit en branle.

Elle commença d’abord par se laver le corps au puit, se débarrassant au mieux de l’odeur de carcasse et de sang séché. Une fois cela fait, elle rentra de nouveau dans ce qui avait été son foyer autrefois. Elle y rassembla quelque affaires, en particulier de quoi s’habiller. Son choix se porta sur le vieux kimono de sa mère adoptive qui,  bien que trop grand pour elle, lui permettait au moins de dissimuler à peu près correctement ses pattes, une fois repliées contre son corps. Elle prit également de quoi se rassasier quelques jours en fouillant dans les autres chaumières, bien que désormais, elle savait qu’elle ne craindrait plus la faim. Son dernier geste fut enfin d’offrir une sépulture décente à ses parents, qu’elle enterra grossièrement sous le même arbre où ils étaient pendus. C’était la seule chose qu’elle pouvait encore faire pour eux, les seuls à avoir jamais pris soin d’elle. En touchant son poignet, orné d’un étrange petit bracelet, elle se rappela cependant d’un courageux inconnu qui avait également tout risqué pour elle et dont le souvenir ne la quitterait jamais. Une fois ses dernières préparations terminées, elle se lança finalement sur les routes, accompagnée de sa fidèle amie, laissant derrière elle, sans un dernier regard, un long et douloureux passé.
 
   



 

   
Quelques Infos

    Âge Plus ou moins 500 années bien tassées
    Sexe Féminin
    Orientation Bisexuelle
    Groupe Autres
    Pouvoir Une Jorôgumo est, grossièrement, une Hybride araignée, exclusivement féminine, possédant donc toutes la capacités inhérentes à ce genre de créature
    Familier Une araignée géante mesurant à peu près la taille d'un gros chat (sans les pattes)

   

       
Description de ton Pouvoir

En tant que Jorogumo, une hybride-araignée pour simplifier les choses bien que ça ne soit pas tout à fait exact, Shiruku peut, basiquement alterner entre une apparence humaine et une forme arachnéenne, déclinable à plusieurs degrés :

Sous forme humaine, elle conserve ses pattes, qu'elle garde cachées dans son dos, elle possèdent une résistance et une force supérieur à celle des humains et elle-même est dotée d'une vigueur surhumaine, mais reste plus fragile.

Sous forme semi-humaine, ce sont ses jambes qui se transforment, ne gardant que le haut de son corps sous forme humanoïde, c'est ainsi que ses "pouvoirs magique", essentiellement le contrôle de toiles et d'araignées, est le plus efficace.

Sous forme bestiale, Shiruku se change donc intégralement en araignée, gagnant force et rapidité, mais perdant en agilité et en capacité de réflexion (grosso merdo, un mode furie)

Les pouvoirs de base comme tisser des toiles et contrôler ses enfants restent cependant communs aux trois formes. Reste à noter en revanche qu'elle ne se sert que très rarement de ses formes hybrides, trop fatigantes et peu discrètes pour être utilisées à la légère.
   


   
Et derrière l'écran ?

    Pseudo Shiruku (Shiru pour les intimes)
    Âge 21 ans, c'est fou ce que ça passe vite
    Disponibilité Parfois durant la journée mais la plupart du temps le soir et pendant les weekend
    Un petit mot ? Rien n'a changé, j'aime toujours les pizzas

   
©️ Halloween × CICI

 


Dernière édition par Shiruku Haru le Jeu 23 Aoû - 11:49, édité 5 fois
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Shiruku Haru

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MessageSujet: Re: Le retour ? Non. Une renaissance - La reine araignée revient.   Mer 22 Aoû - 15:15

Suite et fin (sincèrement navrée  Concentré )

Ainsi commença une longue, très longue errance à travers le pays, profitant de sa vigueur et de sa jeunesse pour découvrir et explorer un monde vaste et riche, poussée par une curiosité enfantine et une soif de connaissance qui semblait intarissable. Durant les premières étapes de son odyssée, elle évita un maximum les grands rassemblements humains, à la fois par hostilité et par crainte et voulant éviter que ses instincts primaires se révèlent à nouveau. Cependant, plus elle les observait, barbares sans pitié, seigneurs cruels et paysans immoraux, plus cette peur se changeait lentement en une haine féroce et tenace alors que dans le même temps, son corps vibrait d’une faim et d’un désir grandissants que la nourriture conventionnelle ne pouvait plus combler. Insatiablement, irrésistiblement, son sang de Jorôgumo la poussait malgré elle à se rapprocher de ces êtres méprisables. Ses premières victimes furent d’abord des voyageurs isolés et des paysans inconscients facilement contrôlables et aisément charmés, avant de leur faire connaître un funeste destin.

Shiruku prit rapidement goût à ce mode de vie et à son régime alimentaire anthropophage, d’autant que plus elle se nourrissait de chair humaine, plus elle sentait ses pouvoirs et sa force se développer, lui permettant petit à petit, au fil des années, de découvrir les possibilités étendues que lui offrait son corps. Son lien avec les araignées se renforça au point de pouvoir les contrôler en grandes nuées, elle parvenait également à produire elle-même une soie fine et résistante, avec laquelle elle tissa elle-même ses propres vêtements. Sa dernière découverte fut enfin la possibilité de changer son corps entier en une de ces créatures velues et chitineuses. Cependant, cette apparence lui faisant perdre tous ses moyens, elle préféra rapidement s’en passer afin de ne l’utiliser qu’en dernier recours ou encore lorsque le besoin se faisait sentir de pondre une nouvelle portée d’œufs. Lentement, le besoin de consommer la viande des hommes se changea en véritable ivresse, comme une addiction, ne parvenant plus à se passer de cette sensation de puissance inégalée qui la transcendait à chaque fois.

Alors que les décennies défilaient, son attitude changea radicalement. Elle ne chassait plus par nécessité, mais par plaisir, n’hésitant plus désormais à traquer ses futures victimes en plein cœur des villes, déguisée en sublime geisha. Cependant, cet excès carnassier eut également des répercussions physiques, transformant son corps proportionnellement à l’augmentation de ses pouvoirs magiques. La peau de son visage et de ses membres semblait se craqueler en de fines et longues gerçures rougeoyantes, tandis que l’iris de ses yeux, autrefois violacée, prit une teinte sanguinolente alors que le reste de sa cornée se colorait d’un noir profond. Enfin, son teint clair devint presque cadavérique. Malgré ces changements, elle conservait une beauté à la fois surnaturelle et malsaine, qui tranchait en brut avec cet aspect monstrueux, la différenciant une bonne fois pour toute des humains. Ne pouvant plus se montrer de jour, la nuit devint pour un temps son royaume, lui permettant encore de se mêler à la foule sans trop de difficulté.

Malheureusement, le temps évoluait rapidement et les hommes également. Les mœurs, les apparences et les coutumes changeaient inlassablement et il devenait de plus en plus difficile à la Jorôgumo de s’adapter et de passer inaperçue, coincée pour l’éternité entre deux époques. Cependant, avec l’âge vint aussi la sagesse. Elle parvint à force d’efforts à se contrôler et à limiter ses pulsions ne consommant de la chair humaine que lorsque le besoin s’en faisait sentir. S’éloignant de nouveau des grandes métropoles modernes, elle redevint peu à peu la voyageuse qu’elle avait été, observatrice discrète et silencieuse, gardienne de savoirs et de traditions anciennes et oubliées. Même sa répugnance envers cette race grouillante se mua lentement, pour devenir un genre de sentiment de supériorité profond, ne s’appliquant d’ailleurs pas qu’à l’espèce humaine mais également à tout le reste des créatures vivantes, ou non, qu’elle avait rencontré jusque-là. Telle une reine solitaire, elle errait sans but, accompagnée de sa suite à la multitude d’yeux attentifs et de sa compagne de toujours qui, comme elle, semblait ne jamais souffrir des affres du temps.

Cependant, vint un moment dans sa vie de souveraine nomade où elle fut fatiguée de voyager, d’aller et venir dans ces terres insulaires sans jamais vraiment pouvoir s’y lier. Elle prit alors la décision de s’installer, du moins pendant un temps, en un lieu où elle pourrait enfin se reposer paisiblement de sa longue existence, prendre le temps de penser à sa vie future et, peut-être, trouver un jour un remède à ce mal physique qui lui rongeait la peau. Naturellement, inlassablement ses pas semblaient vouloir la mener, comme autrefois, vers un nouveau foyer, une ville qu’elle avait déjà traversé au cours de ses voyages. Un lieu atypique, mystique, empreint d’une force magique particulière, omniprésente, où l’on pouvait, avec un peu de chance, croiser bon nombre de créatures, humaines et non-humaines. Tout cet environnement semblait graviter et s’articuler autour d’un même épicentre, un même lieu, invisible, secret, comme si toute chose surnaturelle devait un jour croiser son chemin.

Profitant de l’incroyable manne magique et humaine que constitue la cité portuaire de Nariyu, Shiruku, comme à son habitude, observe, écoute, apprend, attendant son heure pour sortir de l’ombre.
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Keru

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MessageSujet: Re: Le retour ? Non. Une renaissance - La reine araignée revient.   Jeu 23 Aoû - 12:09

Suite aux corrections demandées, te voilà validée !

Bon retour parmi nous, amuse-toi bien !

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Merci pour cette magnifique rose Syria~
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MessageSujet: Re: Le retour ? Non. Une renaissance - La reine araignée revient.   

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Le retour ? Non. Une renaissance - La reine araignée revient.
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