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 Eline Ainval

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Eline Ainval

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Féminin Messages : 7
Date d'inscription : 27/04/2017

Feuille de personnage
Pouvoir: Don de nature
Statut: Célibataire

MessageSujet: Eline Ainval   Sam 26 Mai - 22:59







× Eline Ainval ×


× Physique


S'il y a une chose dont on peut être sûr, c'est que ma centaine d'années, je ne la fais absolument pas ! J'ai plutôt l'apparence d'une jeune femme d'une vingtaine d'années, dans la fleur de l'âge, toute fraîche. Bon, le seul souci... c'est que je fais dix-huit centimètres. Cela vous étonne ? Regardez pourtant mon dos. Eh oui ! Je suis une fée. Une petite fée que vous pourriez écraser si facilement. Mais ne vous leurrez pas, je ne suis pas en sucre. Ma peau est très claire, et parfois même elle a tendance à être presque translucide. Mon teint de porcelaine rougit très facilement sous le coup de la colère, de la gêne, ou même d'un coup de soleil.

Mes traits juvéniles accueillent des lèvres fines et rosées qui s'étendent très souvent en un léger sourire. Ils s'ornent de sourcils et de cils bruns qui viennent souligner mes grands yeux en amande si particuliers. Le gauche oscille entre le bleu et le vert, tandis que le droit arbore une couleur clairement dorée. Ces yeux vairons m'ont longtemps apporté moqueries et critiques – en plus de mon caractère bien trempé. Mon nez fin est droit, mes épaules fines et mes clavicules saillantes. Mon buste s'entoure d'une chevelure immense et noire, d'abord raide avant de finir en boucles jusqu'à mes genoux. Ces mèches d'un noir corbeau trouvent dans la lumière quelques reflets bleutés qui me rappellent la couleur du ciel de nuit éclairé par la lune.

Mon petit corps gracile est bien proportionné, avec une poitrine peu développée et une taille bien marquée. Mes poignets sont fins et mes mains minutieuses. Mon style vestimentaire est classique, quoique agrémenté de quelques accessoires et fioritures en tous genres. Je crée mes vêtements toute seule, ayant appris à coudre. À ma ceinture, je porte toujours sur mon flanc gauche une bourse de toile, fermée par un cordon avec des pompons blancs aux extrémités, dans laquelle je mets toujours quelques graines de fleurs pour les faire pousser dans des jardinières esseulées. Sur ma hanche droite, une minuscule sacoche dans laquelle je peux placer, avec deux fioles toujours remplies d'eau, d'autres fioles qui contiennent, elles, un onguent, du poison – bien que je déteste cela, mais on ne sait jamais.

Il est rare pour moi de porter des bijoux, même si j'ai dans mon armoire quelques colliers, bagues et bracelets. En guise d'ornement, je trouve que mes ailes sont parfaites. Rapides, leur armature noire forme un réseau de veines sombres sur leur membrane translucide.



× Mental


Comment et à quoi je pense ? Waw, on est pas finis là. Bon déjà, vous le remarquerez sans doute assez rapidement, mais je pense à la vitesse de la lumière. Je suis plutôt hyperactive. Je bouge tout le temps, je dors peu, j'ai besoin de sortir, d'expérimenter moi-même, de voyager. On me dit souvent de m'asseoir, de me tenir un peu plus tranquille. Ou même que j'importune les gens à toujours poser des questions et leur tourner autour. Car en effet, je suis d'une curiosité maladive. J'ai besoin d'apprendre comme j'ai besoin de respirer, de boire et de manger : cela m'est totalement vital. Une journée sans apprendre, c'est une journée perdue, morne, inutile.

Je suis plutôt espiègle, j'aime faire des petites farces aux gens que j'aime bien. D'ailleurs en règle générale, ils me le rendent bien ! Très affable, je suis un moulin à parole. Demandez-moi de me présenter en pensant que je vais donner mon nom, mon prénom et mon lieu de vie, et je risque de vous raconter toute ma vie. Ah mais... attendez, ne fuyez pas trop vite enfin ! Je n'ai pas fini de vous répondre.

Bon, je vous rassure, il y a quand même des moments où je suis très calme. Quand je dors par exemple. J'adore dormir. Déjà ça repose, on est seul avec soi-même. Et puis c'est une porte ouverte à des voyages encore plus extraordinaires que ceux que l'on peut effectuer dans la réalité. J'ai une imagination débordante, alors je fais souvent des rêves magnifiques avec des paysages que je regrette de ne pouvoir revoir par la suite. Il est rare que je fasse des cauchemars mais lorsque cela arrive, j'ai beaucoup de mal à me calmer. Et encore plus à me rendormir, même après plusieurs jours.

L'autre moment où vous pouvez constater que je suis calme, c'est lorsque je lis, ou quand je suis plus généralement dans une bibliothèque. Il m'arrive de voleter un peu partout, mais je ne parle plus que très peu, à voix basse, lentement. Et, plongée dans un livre, il faut savoir m'en tirer si vous attendez quelque chose de moi. Je peux aussi être apaisée lorsque je m'occupe de fleurs. Enfin, je suis très calme et concentrée lorsque les gens autour de moi vont mal.

Je suis aisément consternée par la souffrance des gens et mon empathie est grande, alors je ressens sans trop de mal les sentiments des personnes. J'aime aider ces dernières dès qu'il m'est possible de le faire. D'ailleurs, je déteste me sentir inutile. J'exècre cette part d'impuissance en moi.

Bon, j'ai beau être une petite fée toute mignonne adorable, il me faut vous dire que mes colères peuvent être monumentales. J'ai autant d'épines qu'une rose et j'aime lacérer le cœur de ceux qui me font mal avec. Mais pas d'inquiétude, il en faut beaucoup pour arriver à ce point-là ! J'aime être gentille, faire plaisir autour de moi.

Ma soif de connaissances ne s'assouvit jamais et, par mes voyages j'ai énormément appris sur la vie, les cultures que l'on trouve à travers le monde, et les plantes aussi. J'ai appris à soigner et à tuer avec les plantes. À concocter des recettes médicinales et des poisons. Je n'aime pas faire usage de ces derniers, mais ils peuvent somme toute s'avérer très pratiques.



× Histoire


J'étais à peine née lorsque ma famille fut délogée de l'endroit où elle vivait, un endroit quelque part en France que je n'ai pu connaître que bien plus tard, alors que le paysage n'avait plus rien à voir avec les récits que ma mère m'en faisait pour m'endormir étant petite. Cet exil a par ailleurs été très dangereux pour elle qui venait de me donner la vie, mais s'est terminé sans accroc notoire et avec un grand soulagement. Où ont-ils pu se poser enfin ? Eh bien dans un endroit qui les a acceptés, qui leur a donné le refuge dont ils avaient tant besoin après des décennies à fuir de maison en maison. La Magical Academy. Oui, c'est bien une école, mais aussi l'abri de nombreux êtres dotés de capacités impressionnantes et de races fantastiques très variées.

Je dois avouer que le début de ma vie a été plutôt idyllique. J'ai deux frères et deux sœurs, tous plus grands que moi. Mes parents sont en vie, bien portants et bienveillants à l'égard de tous. On a pu trouver ici d'autres êtres comme nous, devenus nos amis, qui nous ont aidés à nous intégrer. Finalement installés, on a pu débuter notre nouvelle vie. Suite aux épreuves que mes parents avaient dû vivre depuis longtemps, ils nous ont plus chéris que jamais, subvenant à tous nos besoins, cédant à certains de nos désirs. Très tôt j'émis le désir de sortir de la maison mais ma mère, trop protectrice, me l'interdisait et me tenait férocement à l’œil lorsqu'elle me surprenait à tenter une évasion. Les seuls moments où je pouvais sortir étaient quand elle désirait que je l'accompagne quelque part pour réunir de quoi cuisiner, ou bien pour qu'on se promène toutes les deux.

Le soir, elle me bordait dans mon petit lit et me lisait une histoire – le plus souvent sur les aventures de sa longue vie – ou me chantait une petite chanson de sa  douce voix qui me berçait. J'avais déjà de petites ailes qui me permettaient de voler tant bien que mal et lorsque j'atteins l'âge des vingt ans, elles commencèrent à grandir un peu plus chaque année. C'est d'ailleurs à partir de cet âge que mes parents m'autorisèrent enfin à m'aventurer seule dans l'immensité de l'académie. Alors je rejoignais régulièrement mes amis et on jouait ensemble. Mais l'âge pris engendrait un changement de mentalité. Nous grandissions, nous nous chamaillions et parfois certains se moquaient de moi et de mes yeux particuliers.

D'abord, c'était plutôt gentiment. Mais assez vite, cela devint récurent et lourd. Je commençais à ne plus traîner avec eux, à me mettre un peu en colère quand ils osaient me faire des remarques. Je leur donnais, sans m'en rendre compte, toutes les armes pour qu'ils continuent à me blesser. Et ils ne se privaient pas. Même les plus anciens me regardaient bizarrement. Et puis j'étais la petite qui rêvassait tout le temps au lieu de s'occuper des fleurs ou autre, qui avait été surprotégée et qui, n'étant sortie seule que tardivement, ne connaissait rien à la vie.

C'était presque vrai, entre ce que ma mère me disait – et ne me disait pas également – et la réalité, il y avait parfois un monde. Et puis je ne retenais pas toujours les leçons que la vie quotidienne m'enseignait : comment se comporter devant telle ou telle personne, devant telle ou telle créature que je croisais, bref ! j'attirais parfois des ennuis à mon entourage par mon ignorance et mon manque de concentration. Tout cela contribuait fortement au jugement péjoratif que les autres portaient sur moi.

Ainsi je finis par passer la plupart de mon temps seule, m'isolant alors que mes frères et sœurs s'amusaient avec les autres. Un jour que je m'étais enfuie pour la énième fois, je m'étais aventurée vers la grande bibliothèque de la Magical Academy. Un monde nouveau s'ouvrait à moi. J'avais été subjuguée par les tonnes de bouquins minutieusement rangés, provenant de partout, traitant de tout. Je n'avais, les premiers mois, pas osé en ouvrir un seul, me contentant d'effleurer leurs dos de mes petites mains, m'asseyant sur les étagères, à côtés des piles qui attendaient d'être rangées. Parfois même, je m'octroyais en ce lieu calme, en ce sanctuaire protecteur, une petite sieste au milieu du bourdonnement des conversations chuchotées.

Puis je tentais d'en lire un. Un gros, dont le titre m'avait interpellée. Mais je n'arrivais pas à le soulever. Alors je me suis contentée de plus petits, d'abord avec des images, puis avec moins d'images. Ma maman m'avait appris à lire, aussi je m'amusais beaucoup. Je m'étais faite amie avec la bibliothécaire et souvent je lui demandais conseil sur un livre ou un autre, ou même sur des mots que je ne comprenais pas. Elle était gentille, bienveillante et un jour, alors que je me demandais à voix haute ce qu'était le monde hors de l'académie, elle me demanda de ne pas bouger et partit dans les rayons un moment. Elle en revint, toute satisfaite, et posa sous mes yeux un énorme livre qui faisait trois ou quatre fois ma taille.

Lorsqu'elle l'ouvrit, mon cœur fit des bonds comme jamais. Il y avait là, dessinées dans les moindres détails, des cartes du monde, des pays, même de certaines villes. Beaucoup d'informations, des pages entières rédigées dans une écriture que je ne comprenais pas encore. Elle m'expliqua certaines choses, les continents, les océans. Les peuples, tous ces peuples si différents. Elle me montra des photos de monuments imposants et si beaux ! Le soir, retournant à tire d'aile dans la forêt pour rejoindre ma famille, je leur parlais de tout cela, de mon envie de visiter ces lieux enchanteurs. Ils rirent un peu, arguant que ce n'était que rêve et que tout ce monde hors des murs de la Magical Academy était un réel danger pour nous, les fées.

Un peu déçue, j'allais me coucher. Mais rien ne put m'enlever ces images de la tête, j'en rêvais toutes les nuits. Je n'avais qu'une envie, partir. C'est à mes trente ans je je me décidais. J'allaisparcourir le monde, découvrir des tas de choses ! J'avais soif d'apprendre et ce n'était pas en restant enfermée ici que j'allais acquérir toutes ces connaissances. Je rassemblais quelques affaires, de quoi manger. Puis je partais. Au début, cela me fut difficile de m'en aller, de m'éloigner du château. Il semblait, par je ne sais quel sort, vouloir me retenir. Résistant, je finis par partir. Je ne restais pas à Nariyu, je voulais vraiment aller le plus loin possible.

Je me rendis en premier lieu en Amérique. Pendant cinq ans je voyageais entre le Canada et les États-Unis. Je me posais où je pouvais, me nourrissais comme je le pouvais, volant la plupart du temps sur les étalages. Je me déplaçais principalement la nuit et lorsque je trouvais un coin de verdure, je m'y établissais pour étudier les plantes qui m'étaient inconnues. J'allais dans les maisons, partout où je pouvais trouver des livres, où je pouvais m'instruire. Puis, à quarante ans, je décidais de partir vers le sud car j'avais lu qu'il s'y trouvaient des monuments incroyables dont les secrets n'avaient pas été découverts, des constructions fabuleuses à explorer, une faune et une flore qui m'étaient encore inconnues.

J'y découvris des choses absolument prodigieuses. Mes connaissances en herbologie s'accrurent considérablement. J'appris à soigner, à tuer. Dans un carnet à ma taille je marquais ce que j'apprenais, mes recettes, mes découvertes, mes expériences. Les plantes sont des outils indispensables à ma vie quotidienne, ne serait-ce que pour les connaissances qu'elles m'apportent ou pour leur praticité au quotidien, en cuisine ou ailleurs.

Le plus difficile, dans ces années d'errance, fut pour m'habiller. Je devais confectionner moi-même mes vêtements car je n'aimais pas voler. Alors oui, dans les temps les plus difficiles, je me vêtais de pétales de fleurs. Et non, ce n'était pas très pratique. Fort heureusement, c'était dans des moments où je ne croisais personne. Un jour arriva où, bien qu'adorant l'Amérique du sud, je me décidais à bouger encore. J'atteignais à ce moment-là ma cinquantième année et je voulais absolument voir l'Asie.

Je savais que là-bas, j'y trouverais de quoi assouvir ma soif de connaissances sur les plantes. Et je ne m'étais pas trompée. Entre la Chine, l'Inde, le Japon et la Corée, je restais une quinzaine d'années dans le secteur, à me nourrir de savoir. Je ne savais plus où donner de la tête. La médecine que j'appris différait de celles que j'avais déjà acquises et même, j'apprenais d'autres techniques que les plantes pour soigner.

Mais au final, je voulus repartir. Il me restait tant à voir ! L'endroit que je voulais visiter le plus, c'était la France. Alors j'y suis allée. Pendant deux ans j'ai erré sur le chemin, m'arrêtant pour me reposer ou pour apprendre, encore et toujours apprendre. Il me plaisait de voir combien les cultures différaient d'un endroit à un autre, même lorsqu'ils étaient géographiquement proches. J'assistais aussi parfois à la cruauté humaine. Ah ça... ça me déchirait le cœur à chaque fois. Je crois que ce voyage m'aura fait gagner en sagesse, c'est indéniable. En France, je commençais par voyager au sud. Là, je découvris encore tellement de plantes, de manières de s'en servir ! Je vécus en Provence pendant au moins sept ans, me dissimulant dans les greniers, dans les étables, partout où je pouvais. J'appris quelque peu le dialecte provençal, tout comme j'avais appris d'autres langues.

Ici, plus qu'ailleurs dans le monde, j'appris à cuisiner. Beaucoup, énormément même ! Mon recueil de recettes était devenu énorme. La culture du sud de la France me manquerait beaucoup par la suite. Pourtant, il me fallut partir de nouveau. Cette fois-ci, ce qui me décida, c'est que je manquai de me faire remarquer plus d'une fois. Je ne pouvais plus rester. Alors je montais vers la capitale qui fut mon refuge. Là, alors que je visitais pendant quelques semaines, je tombais sur un endroit qui me fit chaud au cœur. Une immense bibliothèque. Oui, c'est bien là que j'ai vécu pendant vingt-cinq ans.

Le jour, j'observais. J'observais les gens qui allaient et venaient dans les rangs, qui s'asseyaient, se plongeaient dans les bouquins. Je regardais ceux qui travaillaient, qui écrivaient. Je m'étais logée sous le toit qui était si haut ! Et la nuit, lorsque plus personne ne restait en ce lieu magnifique, je m'en donnais à cœur joie. Les premiers jours, bien que je me contentais d'observer de haut, je survolais la grande surface et les étages – qui étaient au nombre de trois – sans toucher à rien. Au bout de deux semaines, assurée que vraiment personne ne venait, je volais rapidement entre les étagères, me faisais des courses contre moi-même, je m'amusais comme une folle. Puis j'osais toucher les livres. Je crois bien les avoir tous lus, à la lueur de la lune ou bien d'une chandelle artisanale lorsque la nuit était trop noire, créée avec des restes de cire que les humains avaient utilisée et une mèche que j'aimais conserver le plus longtemps possible.

La grandeur de l'endroit en fit un refuge parfait pour moi et je tenais à en prendre grand soin. Ainsi, je m'amusais, lorsque je ne lisais pas, à nettoyer autant que possible la poussière accumulée au-dessus des étagères. J'essayais de réparer avec les moyens du bord les livres abîmés. Mais surtout, je prenais soin des plantes qui décoraient les salles et les fenêtres. J'avais bien vite remarqué que personne n'y faisait vraiment attention et certains pots étaient vides, sans doute parce que la plante y était morte. Mais il y en avait tellement que je ne pus m'en occuper en une seule nuit. Et puis je me fis la réflexion que peut-être ces gens trouveraient cela bizarre que des plantes poussent en quelques heures seulement. Alors, prenant mon mal en patience, je plantais des graines et m'occupais de ces fleurs comme un humain l'aurait fait.

En plusieurs mois, l'espace était totalement fleuri et cela le rendait bien plus accueillant. Ainsi, pendant un temps vraiment très long, je ne me permettais pas de sortir de la bibliothèque. Paris était grand, j'avais un peu peur de me perdre, et même la nuit les gens sortaient, ce qui me faisait craindre de me faire voir. Mais il me fallait prendre l'air et je commençais par m'aventurer dans les alentours, élargissant au fil des mois mon périmètre de promenade. Sur mon passage, je faisais pousser les fleurs, je regardais la vie qui se déroulait sans relâche dans les rues pavées. Dans la bibliothèque, à force de récolter quelques souvenirs de mes promenades, je m'étais construit sous les toits une vraie petite maison où, avec un mobilier dépareillé de poupées, je prenais le thé, mangeais, dormais confortablement.

Il y avait dans une rue non-loin de là une couturière qui faisait de très beaux habits. Sous les toits, une ouverture tout juste plus grande que moi me permettait de m'introduire dans son atelier et j'aimais beaucoup la regarder travailler, avec minutie. Mes vêtements commençaient à se faire vieux et je n'avais plus rien pour les rafistoler. Une nuit donc, à l'abri des regards dans l'ombre, je fis le tour de l'atelier pour trouver, dans un panier brun, les chutes de tissus. Grâce aux précieux conseils de ma mère – qu'elle m'avait donnés bien avant mon départ – je m'étais faite un sommaire nécessaire à couture avec des aiguilles qui m'avaient parfois servi d'armes et des ciseaux qui, avouons-le, coupaient mal. Mais c'était tout de même très bien et j'empruntais, en plus du tissus, quelques longueurs de fils. Ainsi pouvais-je aisément, avec tout cela, me confectionner deux tee-shirts, un pantalon, une petite robe, et même une jupe ! Rester pieds nus ne me dérangeait en rien puisque je volais presque à chacun de mes déplacements.

Lorsque je devais laver mes habits, je le faisais la nuit, dans le lavabo des toilettes de la bibliothèque. Ma vie en France était paisible, et pour rien au monde je ne voulais quitter ce pays. Un jour, je me levais avec la ferme conviction qu'il me fallait aller à un endroit bien particulier. Le lieu de ma naissance. Comptant faire l'aller-retour en deux ou trois jours pour profiter de l'endroit, j'y allai en volant tranquillement, passant par la campagne. Ce n'était pas si loin que cela puisqu'en une demi-journée tout juste j'y étais.

Mais je repartis bien vite, dépitée. L'endroit n'avait absolument plus rien de ce que mes parents avaient connu. Les champs étaient des immeubles, les arbres des pierres et des lampadaires. Les trois plantes qui se battaient en duel faisaient peine à voir. J'étais en colère. La cruauté de l'Homme était trop importante. Je pensais à Paris, à la bibliothèque. Oui, elle aussi avait sans doute été construite sur des fleurs qui s'éveillaient au soleil... quelle déception. Avant de m'en retourner, je passais dans les rues à toute vitesse, faisant fleurir autour de moi tout ce que je pouvais. Dans les pots, dans les rues, mon pouvoir faisait tout refleurir. En sortant, je plantais deux graines aux portes du village bétonné. Avec quelques forces, j'aidais à la croissance nouvelle de ces deux arbres. J'espérais que les humains en prendraient grand soin jusqu'à ce qu'ils grandissent et deviennent de vrais arbres – car en l'état des choses, je ne pouvait pas faire apparaître plus que deux jeunes pousses vertes.

Le village était de nouveau verdoyant et c'était tellement plus joli, plus respirable ! Satisfaite, je pris quelques heures de repos car un tel effort m'avait épuisée. Puis je suis retournée à Paris. Le temps passa, long mais si doux. Les saisons se succédaient et un jour, ayant lu l'intégralité des livres de cette bibliothèque, je me dis qu'il était temps pour moi de repartir. À la Magical Academy ? Que nenni ! Je voulais, avant cela, retourner faire un tour en Provence. Les derniers livres que j'avais lus en parlaient si bien que je n'avais qu'une envie : retrouver ce petit coin de paradis.

Emportant en balluchon mes maigres affaires, je descendis de nouveau vers le sud pour retrouver le soleil et la nature. Après plusieurs jours de vol, j'y arrivais enfin. Ici aussi, les immeubles avaient poussé et l'asphalte avait été répandu. Mais ici, je trouvais beaucoup plus de verdure, de nature sauvage. Le paysage était sublime. Je me suis établie dans une ferme, pas très loin d'un joli village de montagne. Ici aussi, je réussis à trouver de quoi lire, encore et encore. Je n'aurai pas assez d'une vie pour lire tous les livres de cette terre, et c'est bien mon plus grand regret !

Comme sur Paris, je cherchais de quoi coudre de nouveaux vêtements, en prévision de l'hiver – car il faisait bien plus froid dans une ferme que dans une bibliothèque – mais aussi des saisons qui allaient suivre car mes habits ne tiendraient sans doute pas. Pendant neuf ans je restais là, dans le sud de la France, m'habituant au dialecte de ces gens que je retrouvais avec plaisir. Ici, la nature étant un peu plus sauvage, il m'était plus aisé de m'en occuper en passant inaperçue. Je ne refrénais pas une seule fois mes envies de fleurs et de verdure, sauf lorsque l'hiver dictait sa rude loi. J'aimais aussi m'occuper un peu des bêtes que je côtoyais quotidiennement.

Inspirée par ce paysage de campagne, je me confectionnais des vêtements plus pratiques avec des pantalons un peu serrés et des tee-shirts à manches courtes. J'avais réussi à me faire une veste qui me tenait bien chaud, et pour l'hiver des chaussettes hautes. Ainsi parée, je jouais dans la neige. Pour manger, je trouvais dans la nature environnante tout ce qui me fallait : des plantes, des fleurs comestibles, des fruits et légumes de saison, bref, de tout ! C'était la belle vie.

Mais à l'approche de ma centième année de vie, je ressentis le besoin de retourner aux sources. À la maison. Ma vraie maison. Avec mes parents, mes deux frères, et mes deux sœurs. Ils me manquaient terriblement et jusqu'ici je me le cachais pour pouvoir profiter de mon périple. Mais je savais désormais, que l'ayant fait une fois, je pourrais toujours le refaire, toujours retourner à des endroits qui m'ont plus, où j'ai tant appris. Durant toutes ces années de cavale, j'avais étendu mon don à de nombreuses plantes que je pourrais faire voir, goûter, offrir à mes proches. Désormais, il fallait que je partage tout cela. Et aussi, il fallait que je retourne à la bibliothèque de l'académie, qui me manquait tant. J'avais hâte de retrouver tout cela !

Alors, prenant mes affaires dans un baluchon sur mon dos, je dis au revoir au sud de la France. Sur le chemin du retour, je m'arrêtais souvent et parfois longtemps : pour reprendre des forces, visiter un endroit inconnu en prenant mon temps, être paresseuse le temps de quelques mois avant de repartir. Je mis presque soixante-cinq ans à voyager comme cela avant d'arriver à Nariyu. Ah je m'en rendais compte maintenant, mais cette ville m'avait bien manqué ! Je voyais au loin le château qui m'appelait. Il m'attirait et cette sensation, qui m'avait été si désagréable à mon départ, me portait cette fois comme si rien ne comptait plus que de rentrer à la maison. Mais je m'aperçus que quelque chose clochait. Nariyu, le château... il y avait autre chose. Tout était si différent. Tout avait changé. Je ne reconnaissais que peu de choses. Et pourtant, hors de question de repartir, je visiterais plus tard.

Et j'avançais. Je ne craignais qu'une chose : que mes yeux ne soient encore une fois sujets aux moqueries. Mais j'avais grandi, et eux aussi d'ailleurs. Alors il n'y avait rien à craindre. Dans la forêt de la Magical Academy, alors que je me dirigeais en volant vers ma maison, je rencontrais un petit être tout à fait sympathique. Un écureuil qui faisait ma taille me regardait singulièrement. Je m'arrêtais quelques instants et il finit par m'accompagner, me portant sur son dos. Oui, je vous présente Ronsard, un écureuil roux tout à fait gentil et qui m'accompagne désormais dans la plupart de mes déplacements. Me laissant au pied de l'arbre où ma famille vivait, je pris une grande inspiration. Il était temps de réapparaître. Je vous passe les émouvantes retrouvailles. Pendant des jours et des jours je n'avais de cesse de parler de mon voyage, de tout ce que j'avais vu.

Ma mère semblait effarée à l'idée que j'ai pu vivre avec des humains à proximité. Mais au final, elle se sentait bien mieux maintenant que j'étais rentrée en un seul morceau. Et moi aussi, à vrai dire. On est si bien à la maison !




Quelques Infos

Âge Cent soixante ans
Sexe Féminin
Orientation Hétéro
Groupe Créatures
Pouvoir Don de nature
Familier Ronsard, un bel écureuil roux de dix-huit centimètres


Description de ton Pouvoir

Eline est capable de maîtriser la croissance des plantes. Elle peut faire pousser de nombreuses fleurs et des arbustes sur son passage. Néanmoins, du fait de sa petite taille, son pouvoir n'est pas très grand. Elle sera donc incapable de faire pousser un arbre entier. Elle pourra y faire pousser des branches – avec un peu de difficulté s'il s'agit d'un arbre imposant – mais ne pourra effectuer son processus de croissance complet. Mais une utilisation trop intensive de ce don la fatiguera et la forcera à se reposer de longues heures si nécessaire.

Elle peut également redonner de la vigueur à une plante en mauvaise santé, voire redonner vie à une plante morte. Néanmoins, elle verra alors sa peau se fendre plus ou moins conséquemment et subira des maux de tête plus ou moins violents suivant la taille et la rareté de la plante. Elle est évidemment bien incapable de redonner vie à un arbre.


Et derrière l'écran ?

Pseudo Keru, Louve
Âge Vingt ans
Disponibilité Un peu tous les jours dans la mesure du possible
Un petit mot ? Bwaaaaaaah

©️ Halloween × CICI

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Ren

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MessageSujet: Re: Eline Ainval   Sam 26 Mai - 23:25

Et une fiche validée une !
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Eline Ainval
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