Partagez | 
 

 Les mots du silence

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Féminin Messages : 74
Points : 150
Date d'inscription : 31/03/2016
avatar
Abigail Rosenbach
MessageSujet: Les mots du silence   Mar 27 Déc - 1:34



♦ Les mots du silence ♦
♦ Abigail Rosenbach et Keru ♦

Le soleil frappait sur le crâne de la demoiselle qui se tenait sur un banc. Ses cheveux roses brillaient au soleil, des gouttes d'eau se trouvaient sur les mèches qui se posaient doucement sur ses épaules. Elle parcourait une feuille blanche du regard, laissant parfois la mine d'un crayon de bois glisser sur le doux papier qui était posé sur un support en bois. Ses prunelles roses avaient une lueur de bonheur à l'état pur, et le sourire qui ne quittait pas ses lèvres le prouvait. Elle était plongée dans l'esquisse d'un dessin qui l'inspirait. Elle relevait quelques fois la tête, fixant le sol quelques secondes avant de rebaisser le regard. Elle paraissait absolument passionnée par ce qu'elle faisait, tant sa concentration se lisait sur son visage aux traits fins. Elle était seule à cette lisière de la forêt.
Seule ? Pas tout à fait. En réalité, elle ne regardait pas dans le vague lorsqu'elle relevait son beau minois. Son regard ne se baladait pas uniquement sur les feuilles, mais sur une chose en particulier. Un petit animal qui se trouvait sur le sol, fièrement installé au milieu d'un petit tas de feuilles mortes. Le poil gris clair de la petite bête luisait lui aussi au soleil, se faisant quelque peu remarquer sur la couleur orangée des feuilles. Il regardait son amie d'un oeil tant amusé qu'impatient. Il prenait la pose pour que sa compagne puisse le dessiner sous son meilleur angle. Il avait les yeux fixés sur elle, et elle le regardait de temps à autres. Ils étaient bien tous les deux, comme dans leur petite bulle. Tout semblait si parfait pour eux, comme s'ils étaient complémentaires. Et ils l'étaient.
Leur tranquillité était évidente. Ne serait-ce que par le temps qu'elle passait à dessiner les moindres détails de son animal, qu'elle connaissait par coeur. C'était presque comme si elle immortalisait un animal qui allait disparaître bien que Jingle ne le quitterait pas. Le soleil montait peu à peu pour atteindre son zénith, et la demoiselle n'avait toujours pas bougé. Si ce n'est le mouvement de son poignet qui dansait au dessus de la feuille, passant d'un bout à l'autre du papier en créant un dessin harmonieux et presque vivant. Mais, alors que tout était si parfait, alors que l'instant était idyllique, quelque chose perturba la demoiselle et son animal de compagnie. Elle était en plein dessin lorsqu'une odeur lui vint aux narines, l'arrêtant dans son geste. Elle releva rapidement la tête.
Une senteur de bête mais aussi d'humain était présente dans l'air. Elle fit un léger signe des doigts, laissant tomber son crayon qui dégringola jusqu'au sol. La souris se glissa au pied du banc et elle récupéra son ami. Elle caressa doucement les poils de Jingle, lui apportant du réconfort. Mais en réalité, elle-même n'était pas aussi calme qu'elle voulait lui faire croire. Elle se mit debout, faisant voleter la feuille jusqu'au sol sans y prêter attention. Elle tenait contre elle sa boule de poils, avant de passer son regard sur tout ce qui l'entourait. Elle cherchait une présence, un mouvement, quelque chose qui pourrait lui prouver qu'elle n'était pas folle. Et le cadre forestier ne la rassurait pas, elle retombait dans un souvenir peu heureux. Comme par réflexe, elle cacha ses oreilles et sa queue, avant de balbutier :


Je ne sais pas qui tu es, mais montre toi...

Elle tremblait de tout son corps, elle craignait de se faire de nouveau agresser. Comme jamais, elle avait peur. Jingle, par de légers coups de langue sur ses doigts, la rassurait, lui transmettant un peu d'apaisement. Mais rien n'y faisait, elle avait peur.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Féminin Messages : 368
Points : 1326
Date d'inscription : 28/08/2014

Feuille de personnage
Pouvoir: Se transforme partiellement et intégralement en louve
Items:
Statut: Célibataire
avatar
Keru
MessageSujet: Re: Les mots du silence   Lun 27 Fév - 0:33

Les mots du silence
Keru – Abigail


Il faisait beau, il faisait chaud. Quelle jolie journée pour se promener ! Le soleil qui pleuvait entre les branchages denses de la forêt illuminait les feuillages d'un camaïeu de vert du plus bel effet et une très légère brise venait les faire chanter quelques joyeuses chansons que la nature composait ainsi pour les oreilles attentives. Le sol de terre fraîche était un tantinet moelleux et parsemé d'herbes et le chemin que Keru empruntait se trouvait bordé de buissons où s'agitait une vie bien dissimulée, à une échelle plus petite, tout aussi fascinante que ce dont grouillait le ciel au-dessus de la tête de la brune.

Elle errait un peu où bon lui semblait, où ses pas la menaient, où elle était attirée par un sentiment qu'aucun mot ne pourrait décrire. Elle se laissait aller au gré du vent et de ses chants heureux. Elle aimait parfois s'enquérir de la santé des fleurs qu'elle croisait, dont elle était habituée à la présence et à la vue. Elle s'arrêtait de temps à autres devant une toile d'araignée pour en voir la maîtresse travailler, ou devant un tronc d'arbre pour observer une jolie chrysalide craquante s'ouvrir sur un magnifique papillon qui laissait ensuite ses ailes sécher à l'air libre pendant quelques heures avant d'enfin s'envoler.

Mais en ce jour radieux et chaleureux, ses petites jambes la menèrent jusqu'à la lisière de la forêt, là où commençait le parc de la Magical Academy. Ce n'était pas la première fois qu'elle sortait de la forêt, mais elle craignait toujours de croiser du monde, d'entendre de trop près leurs rires et l'éclat de leurs voix qui la surprendraient. Même habituée à l'environnement – bien que ce ne soit pas dans son ensemble – elle n'arrivait pas à s'habituer à la présence d'autant de personnes. Alors généralement elle attendait, tapie dans l'ombre, qu'il y ait moins de gens ou même qu'il n'y ait plus personne.

Sa peur première était bien sûr de se faire rejeter et railler à cause de sa particularité, mais aussi de faire une quelconque erreur qui attiserait le courroux d'une personne dont le pouvoir serait – sans aucun mal – plus puissant que le sien. Prenant une inspiration profonde, elle se décida. Après tout, en une si belle journée, il ne pourrait rien lui arriver de mal, ainsi en avait-elle décidé. Elle prit son courage à deux mains et sortit d'entre les arbres pour continuer sa balade, marchant un peu plus à découvert.

Malgré le fait qu'elle ait caché ses attributs d'animal, elle écoutait attentivement pour tenter de noter le moindre bruit suspect qu'elle aurait pu entendre avec son ouïe d'humaine. Rien n'arriva qui aurait pu la faire fuir et elle s'aventura plus loin encore, un peu plus rassurée. Elle marchait doucement, tentant d'alléger au mieux son pas. Puis elle arriva à un endroit où, assise sur un banc, une jeune fille grattait un papier avec un crayon gris.

Elle avait l'air un poil plus jeune que la brune et ses cheveux étaient roses. Totalement absorbée par ce qu'elle faisait, elle ne vit pas Keru qui en profita pour l'observer de derrière un arbre. La brune la détaillait et aurait donné n'importe quoi pour regarder ce que dessinait cette demoiselle. Elle aperçut alors la petite souris qui ne bougeait pas, posée sur quelques feuilles mortes au sol. Sans doute le tout petit animal lui servait-il de modèle. La scène était attendrissante, jusqu'à ce que l'ambiance change du tout au tout.

La jeune fille s'était levée, plus qu'inquiète. Ce n'était que maintenant qu'elle les cachait que Keru remarquait ce qui faisait la particularité de la rose : ses oreilles de chat et une queue. Elle aussi était une semi-animale. Cachant ses attributs, elle intima à voix basse que la personne qui l'observait, cachée, se dévoile. Keru savait bien que c'était d'elle dont il s'agissait, il n'y avait personne d'autre autour. Elle n'osa d'abord pas bouger, sentant son cœur battre un peu plus intensément à chaque seconde. Puis elle se dit qu'après tout, étant en faute, il en allait de son devoir de se révéler.

Les mains légèrement tremblantes, elle avança alors un pied qu'elle posa délicatement au sol pour esquisser un pas et sortir de l'ombre vers la lumière qui l'éblouit presque. La brise s'était tue, laissant le terrain et ses occupantes planer sous une chaleur un peu plus accablante. La louve ne quittait pas son interlocutrice des yeux, un peu inquiète et tenta de se justifier pitoyablement.

« Je ne voulais pas... t'effrayer. Enfin non ! Je veux dire... je ne suis pas effrayante. Je n'aurais pas la prétention d'affirmer cela. Euh je... désolée. »


_________________
Merci pour cette magnifique rose Syria~
Keru s'exprime en ff0000 et pense en 990000
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://www.wattpad.com/user/Louve_K
Féminin Messages : 74
Points : 150
Date d'inscription : 31/03/2016
avatar
Abigail Rosenbach
MessageSujet: Re: Les mots du silence   Dim 12 Mar - 17:54

Elle ne se sentait pas rassurée. Certes, le soleil brillait de mille feux, le vent qui jouait dans les feuilles créait une symphonie en se mêlant au chant des oiseaux, et Jingle la rassurait comme il le pouvait. Il n'était pas beaucoup plus rassuré qu'elle, à vrai dire. Mais savoir que sa meilleure amie avait peur, cela le peinait. Aussi, il s'évertuait avec quelques difficultés – et pas des moindres – à rassurer sa jeune amie. Mais trop tard, celle-ci semblait bien partie pour fuir à toutes jambes si quelque chose de trop gros ou trop... Bizarre, ne surgissait des fourrés face auxquels ils se tenaient.

Cependant, envers et contre toute attente, elle commença à se calmer. Bien entendu, elle gardait ses attributs animaux bien camouflés sous ses vêtements. Elle n'allait pas se laisser aller au point de montrer ce qu'elle était à n'importe qui. Elle savait bien que si c'était un humain – bien qu'elle n'en sente pas l'odeur – et qu'elle se montrait, elle risquait de se faire taper sur les doigts. Et pas qu'un peu, elle le savait. Simple précaution, mais elle préférait tout de même éviter de prendre trop de risques. Et surtout, elle devait se calmer, au prix de n'importe quel effort, aussi gros soit-il.

Parce qu'elle tremblait, un peu, mais surtout que ses oreilles sur sa tête avaient de la peine à ne pas se redresser afin de capter tous les sons qu'elle pourrait entendre, et qu'elle n'entendait pas parce qu'elle avait plaquées ses oreilles sur son crâne. Ses yeux passaient d'un arbre à l'autre, rapidement, sans pourtant se tourner sur elle-même. Elle restait face à l'endroit où elle avait entendu du bruit, c'était certainement plus prudent. Alors qu'elle se disait qu'elle n'avait peut-être eu peur que d'un hybride de passage, et dont l'odeur était restée un peu dans l'air, quelque chose contraria ses idées.

La personne – car c'en était une – venait de décider, apparemment, de sortir de sa cachette. Une jolie jeune femme, d'une taille peut-être plus grande à la sienne, mais de peu. Elle remarqua aussitôt ses yeux verts qui s'accordaient avec une délicatesse certaine avec ses longs cheveux bruns. La Neko se détendit, sentant que la nouvelle venue n'avait pas l'odeur de quelqu'un de vraiment méchant. Et puis, c'était une femme, elle avait moins de craintes. Celle dont le nom était encore inconnu prit alors la parole, balbutiant comme si elle était gênée d'avoir été découverte par la Neko :

Je ne voulais pas... t'effrayer. Enfin non ! Je veux dire... je ne suis pas effrayante. Je n'aurais pas la prétention d'affirmer cela. Euh je... désolée.

Abigail ouvrit alors des yeux ronds, se détendant encore un peu plus. Une telle humilité ne pouvait montrer qu'une personne avec un cœur bon et pur, elle en était certaine. Alors, prenant appui sur l'extrémité du banc qu'elle contourna, elle s'avança vers la nouvelle venue, un sourire apparaissant peu à peu sur son visage enfantin. Elle se sentait un peu plus confiante. Elle ne dépassa pourtant pas une limite de deux mètres d'espace entre elles, ne voulant pas paraître trop intrusive ou bien l'effrayer. Elle se contenta alors de répondre, d'une voix qu'elle voulait douce et amicale :

C'est vrai que tu m'as fait peur, mais ce n'est rien... Ne t'en fais pas, je ne suis pas effrayante non plus, donc nous devrions probablement nous entendre.

Elle sourit gentiment, voulant sans doute se lier d'amitié avec cette jeune femme qui avait craint d'avoir effrayé la Neko. Elle abaissa l'épais tissu de la capuche de son gilet, dressant ses oreilles. Son geste n'avait rien d'anodin, elle se doutait simplement qu'il serait bien plus simple de discuter si elle entendait un tant soit peu. D'un geste de la main, elle invita la jeune demoiselle à se joindre à elle, tout en continuant de discuter :

Je m'appelle Abigail, et cette souris se nomme Jingle. Pardonne-moi si je te fais répéter des fois, je suis... Malentendante.

La demi-chatte préférait prévenir directement la jeune femme, afin d'éviter certaines questions. Elle ramassa son dessin, le rangeant dans un carnet qu'elle camoufla dans un sac.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Les mots du silence   

Revenir en haut Aller en bas
 

Les mots du silence

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» L'histoire en quatre mots
» Des mots (à deux)
» Au delà des mots...
» les mots par joelle
» Ces mots étranges, venus d'ailleurs ...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Magical academy  :: Le Château :: Au dehors :: Le Parc et la Forêt-