Partagez | 
 

 L'Éternel et la Battante

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
MessageSujet: L'Éternel et la Battante   Lun 24 Oct - 13:04

À nouveau, les rues de Nariyu recueillaient tes pas nostalgiques. Voilà bien deux semaines que tu t'étais éclipsé et n'avait aucunement fait acte de présence au sein de la Magical Academy; ni nulle part ailleurs dans cette ville coupée du monde. Le Soleil survole l'horizon, fige les nuages au garde à vous et cette voûte céleste nuancée par le splendide crépuscule te souhaite la bienvenue avec un tendre soulagement. Tu es toi aussi bienheureux de retrouver les flamboyants pavés de la cité; toi qui redécouvre sa beauté dans les moindres détails, étalant ton œillade embrasée sur chaque pavillon, décelant les reliefs de toutes les maisons avec une curiosité presque enfantine... Ton cœur devait bien s'enjouer lui aussi, puisqu'à l'idée de retrouver tes habitues paranormales, il vacilla jovialement, bien que modérément au final.

Un sourire prélassé avait trouvé refuge aux commissures de tes lèvres. Tu étais instigué d'un calme olympien et tout au plus relaxant, alors que tu t'enfonçais dans les ruelles hétérogènes de la ville. Tu recroisais quelques carrefours qui t'étaient familiers et ressassaient en toi une poignée de valeureux souvenirs. Tantôt frémissais-tu de volonté lorsque tu te rappelais l'attitude désinvolte d'un élémentaire enflammé, tantôt ne pouvais-tu plus que te sentir planer avec allégresse en te remémorant les courses folles au milieu du bourg avec une certaine Jorôgumo. D'ailleurs, il te tarde d'enfin lui revenir !

Seulement, trébuchant dans tes songes jusqu'à n'en plus finir, tu n'avais pas remarqué jusqu'où la bourgade t'avait perdu... Tu n'avais même pas réagi à la fraîche morsure d'un vent haletant contre ton échine, si bien que tu frissonnais de solitude bien trop tard. Alors tu perdis toute émotion, retournant à une perdition circonspecte en jaugeant l'endroit où tu t'aventurais prudemment : Une myriade d'arbres à en perdre le bout du monde scindait la réalité entre l'urbanité de la société et la candeur d'une nature sauvage. Tu ne savais absolument pas comment tu étais parvenu jusqu'à l'entrée de la forêt, ni comment tu as bien pu faire pour ne pas remarquer plus tôt que ton cheminement ne faisait aucun sens... C'était un contraste si brutal entre une joie espiègle et la réalisation de ta bêtise que tu préférais secouer vivement ta caboche, grognant, pestiférant contre toi-même et ta stupidité d'un jour... Tu admettais difficilement que dans l'euphorie d'un grand retour, tu n'avais pas pris la peine de faire attention aux environs.

Tu tournes le dos à la flore endormie, survivant à peine en sifflant agréablement grâce aux sinueux branchages de ses troncs imposants... Tu pensais commencer par deviner la carte de Nariyu en avisant les premiers signes de coordination qui se présenteraient à toi, mais il fallut bien qu'un autre élément perturbateur s'élance à l'encontre de ta détermination esquintée pour te dérober ta concentration. Une fine silhouette, lugubre dans l'ombre de la nuit se découvrant progressivement, profitait d'une allure subtile pour se faufiler à travers les sentiers oubliés du boisage, défiant ta curiosité dans un ultimatum pressant. Qui pouvait bien chercher l'isolement si tard... ? Le paranormal sévissait dans les rues de la ville, et tu avais déjà témoigné de bien assez de surprises pour savoir que tout comportement anormal était à appréhender; surtout à Nariyu.

Ton ambition te rattrape et sans que tu ne t'en rendes compte... Tu es déjà à la poursuite de cette personne. Tu te sens revitalisé par cette intrigue inédite, un peu comme si la vie tentait de se faire pardonner ce répugnant sentiment de perplexité. Dans ta course effrénée, tu soupirais presque d'amusement malgré le sérieux imprégnant ton expression, de laquelle ne ressortait rien d'autre qu'une aura de prudence. Une dizaine d'arbres plus tard, par quelque miracle que ce soit, tu retrouvas la fameuse présence que tu avais capturé de l'œil une dizaine de minutes auparavant. Tu calmes alors ton pas, récupères une respiration convenable, et tu fronces les sourcils plus sévèrement que jamais...

"... Pourquoi chercher à se cacher si loin... ?"

Deux âmes s'étaient confondues dans l'obscurité de la nature. Tu ne savais même pas quel danger tu pouvais t'apporter.
Revenir en haut Aller en bas
Féminin Messages : 143
Points : 670
Date d'inscription : 04/05/2016

Feuille de personnage
Pouvoir:
Items:
Statut: Célibataire
avatar
Yuuko Yamazaki
MessageSujet: Re: L'Éternel et la Battante   Lun 24 Oct - 16:03

L'Éternel et la Battante  
Un pas, suivit d'un autre. Mes mouvements s'enchaînent en cadence, presque trop parfaitement. Je parcours la ville d'un pas légèrement pressé, je sais où je vais. Ce besoin de m'isoler est bien trop fort pour oser l'ignorer. En ce début de soirée, le désir d'éloignement qui me tiraille m'a fait sortir de la Magical Academy. Trop de créatures se confondent, trop de pouvoirs rassemblés en un même lieu, tout cela finit par me mettre mal à l'aise. Depuis mon plus jeune âge, Père m'a formé à tuer des monstres et à présent, je dois vivre constamment à leurs côtés. J'ai conscience de ce que je suis, je ne vaux pas mieux qu'eux mais, ce soir, je dois m'esquiver. Ce n'est plus un désir, c'est une nécessité, pour leur bien-être et également pour le mien.

Vais-je réussir à cohabiter ? Combien de temps avant de finalement m'habituer ? Cette manière d'être continuellement sur le qui vive me fatigue et me donne l'impression de ne pas avancer. Quoi que je dise, quoi que je fasse, je suis et resterais toute ma vie une chasseuse.

Je ne prends pas le temps d'observer les alentours, je connais ce chemin, ces ruelles que j'ai déjà traversées. Je n'aime pas être distraite, mon esprit n'est pas tranquille et c'est ainsi que la probabilité de faire des erreurs augmente. Tout en marchant, je réfléchis au type d'entraînement à réalisé ce soir. La méditation me semble être la meilleure option afin d'apaiser mon esprit. S'il est embrumé cela risque de nuire à ma concentration, je ne serais plus capable ressentir et écouter. Nul besoin de posséder des sens surhumains pour être capable d'entendre une brindille se briser sous la pression d'un être vivant, de sentir une odeur portée par le vent ou même la sensation d'un regard insistant caché dans l'ombre.

Enfin, quelques arbres se dressent fièrement devant moi. Après cette longue promenade parmi les humains de cette ville je vais pouvoir goûter à la vie mouvementée des habitants de la forêt. Les gens se trompent en imaginant que tout est calme la nuit, pendant que les créatures obscures en profitent pour se balader en ville, les animaux nocturnes sortent de leur sommeil afin d'animer cet étendu recouverte de grands arbres plus ou moins imposant.

C'est partie, j'avance et m'enfonce dans ce lieu sinistre, ces brisements, ces craquements, je pense que je pourrais être effrayé si je ne connaissais pas déjà ce qui se cache dans le noir. Je garde un certain rythme, assez soutenu, traversé les bois à la tombée de la nuit n'est pas chose aisée, il faut éviter les obstacles : les branches, les racines, les buissons mais également le terrain qui peut se montrer traître par endroits. La terre est foulée par un grand nombre de ses visiteurs, à chaque fois, elle est différente de la précédente.

Je pourrais continuer longtemps à ce rythme si cet individu étranger ne restait pas sur mes talons. Comme le savoir ? Il est vrai que certains bruits peuvent être étouffés par la forêt mais parfois il suffit du craquement sur brindille résonnant sous un pas pressé, et là il ne s'agissait pas de moi. Alors, quelques pas plus tard je stop ma course et me retourne. Levant ma main droite au niveau de mon épaule, j'atteins une lanière, cette dernière fait partie d'une housse dans laquelle est rangé mon arme de prédilection. Je l'ouvre et de ma main gauche, sort délicatement mon katana qui, à première vu, paraît tout à fait banal et la laisse tomber au sol. Je tiens le fourreau au niveau de la base de la lame afin d'être capable de dégainer d'une simple pression du pouce sur la garde. Ma main droite est prête à dégainer si mon poursuivant se montre hostile à mon égard. Je fléchis un peu les jambes et me positionne de façon à réagir au moindre geste.

Sa voix s'élève dans les airs, masculine. Son ombre s'approche devenant un peu plus distincte.

- Pourquoi suivre une inconnue si loin ?

Les doigts de ma main droite frôlent la poignée de mon sabre, j'aime sentir le laçage tressé autour de celle-ci. Je ne connais pas encore les intentions de cet individu mais je me sens bien plus en sécurité d'avoir mes lames jumelles en main.

Je laisse le silence planer, si je ne brise pas ce silence, peut-être le fera-t-il ? Cependant si nous nous entêtons à répondre aux questions par d'autres questions, la nuit n'est pas prête de se finir.

- Faut-il être courageux ou imprudent pour suivre une personne aussi loin des sentiers ? Ai-je l'air si suspecte ?

Ma voix reste calme, neutre, comme toujours. Je n'ai pas peur mais éprouve une certaine méfiance envers quelqu'un qui à oser s'aventurer si loin dans le seul but de savoir pourquoi je viens ici.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
MessageSujet: Re: L'Éternel et la Battante   Mar 25 Oct - 10:28

Ta voix portait jusqu'aux entrailles du boisage, qui s'avérait tout aussi vivant; peut-être même plus; qu'une cité baignant dans la lumière du jour. C'était un pur condensé de fantaisie. L'hymne de l'obscurité résonnait à travers les feuillages, battait son plein entre les troncs déchus; jouait vicieusement sa cacophonie traumatisante en étendant son règne de terreur sur toute la forêt. Mais paradoxalement, le chant de la peur appelait à s'activer davantage plutôt qu'à aller se réfugier... Tu te sentais galvanisé par cette fusion entre prudence et intrigue mortelle. Il y avait cette essence unique à ce ténébreux climat qui confondait tous tes sens; une drôle d'atmosphère où personne n'aime se perdre, et où pourtant tout le monde adore ça. C'était un paradoxe ardemment descriptible, si bien que tu ne t'intéressais déjà plus à son analyse : tu le vivais, et c'est tout ce qui comptait. Chacun des attraits que ton faciès déployait se renfrognait mauvaisement, appréhensif, tu restais autant que possible aux aguets... Sans savoir que le premier chasseur amateur t'avait à sa portée.

Ton pas se freinait sauvagement entre deux brindilles; inconscient que tu étais, le tintamarre absurde que tu provoquais permettait de te localiser sur une dizaine de mètres aux alentours, tout du moins. Ton iris écarlate brûlait d'impatience, tes pensées fusèrent trop vite pour que la majorité soit captée. Tu avais déjà oublié l'Académie... Te voilà embarqué dans une aventure dont tu n'es même pas certain de revenir indemne. Cependant, tu progressais dans cette péripétie... Tu avais donc coupé net le fil de ta course puisque tu avais perdu la moindre trace de cette fameuse silhouette. On troqua l'apparence présomptueuse de cette inconnue pour la voix qui te confirmait une présence ici... Par optimisme, tu supposais qu'il s'agissait là de la même personne. Et alors que ton souffle reprit un rythme endiablé, silencieusement, tu reçus les questions d'une demoiselle. Cet air affreusement terne dans sa voix ne te laissait présager de rien... Tu n'avais pas l'opportunité de deviner quoi que ce soit d'une expression si machinale.

"J'ai cru comprendre que j'étais un peu des deux... Dans ce monde, j'ai appris en tout cas que tout le monde pouvait se faire douteux. Une personne qui fuit la cité quand la nuit tombe... Je préfère encore m'assurer qu'il ne se passe rien de mauvais, ici, et y perdre quelques morceaux plutôt que d'omettre un danger potentiel..."

... Tout était dit. Tu avais fait preuve d'une concentration hors norme pour ne ciller sous aucun prétexte durant ton monologue. Et maintenant qu'on savait pourquoi tu étais ici, il fallait s'élancer toujours plus loin... Ne jamais s'arrêter en si bon chemin. Tu avances d'un pas, puis d'un second; la rythmique de ta progression s'étant drastiquement ralentie -probablement pour ton bien- alors que tu défiais cette étrangère de pointer le bout de son nez au milieu de cette altercation. Tu rejoignais alors un semblant de centre au milieu d'une demi-douzaine d'arbres magistralement éloignés afin de créer l'unique enclave éclairée par la voûte céleste. Cette petite place frémissait de nature, l'herbe y ondulait sous l'effet du vent glacial, et le manteau de verdure que portaient les arbres sifflait un avertissement unique... Tu gisais au milieu de ce centre uniforme, et tu chassais d'un regard puissant la première qui oserait courageusement te faire face. Et pour rajouter à la provocation, tu gonfles un timbre de voix presque sévère et impératif...

"... Si vous vous montriez, qu'on puisse vérifier qui de nous deux a raison ? Je suis cartésien, je ne crois que ce que je vois. Alors s'il vous plaît, faîtes-moi ce plaisir, qui que vous soyez."

Et il ne fallait plus qu'attendre. Peut-être qu'on allait t'ignorer, ou peut-être qu'on allait répondre à tes attentes. Peut-être qu'on te ferait languir, peut-être que tu avais déjà vu ton interlocutrice sans même le savoir... Tout ce que tu sais, c'est que la balle est dans son camp. Les poings serrés, la droiture sereine et une impression de maîtrise totale -bien qu'illusoire- se lisant sur ton minois laissaient à croire que tu savais pertinemment ce que tu faisais. Il se révélait qu'en finalité, tu cherchais juste à t'attirer les foudres d'un danger hypothétique. Selon la manière dont il répondra, tu pourras déjà esquisser les premiers attraits de cette menace. Tu tiens vraisemblablement à l'analyser à tes risques et périls, mais... Ça tombe à pic.

Tu dois prendre goût au risque.
Revenir en haut Aller en bas
Féminin Messages : 143
Points : 670
Date d'inscription : 04/05/2016

Feuille de personnage
Pouvoir:
Items:
Statut: Célibataire
avatar
Yuuko Yamazaki
MessageSujet: Re: L'Éternel et la Battante   Mar 25 Oct - 13:39

L'Éternel et la Battante  
Fuir, une chose que je faisais à la perfection. En réfléchissant bien, je l'ai toujours fait, lors du déclenchement de mon pouvoir, enfant, je n'étais pas prête à affronter une telle puissance, si effrayante. Plus tard, j'ai fui ma vie, mon Père, ses projets et à présent je me fuis moi-même. Mon silence permet à la forêt de s'exprimer dans une douce mélodie portée par le vent. Mon corps se redresse et j'avance, dans le but de lui faire face. Il semble assez sûr de lui, je comprends la provocation et plonge dedans sans m'inquiéter.

J'entends le hululement d'un oiseau de l'ombre, éveillés, se tenant prêt pour la chasse, petits mammifères, petits rongeurs, serpents. Pour ma part je dirais qu'il est humain, évitons tout de même les conclusions trop hâtives, les monstres sont devenu des spécialistes pour se confondre avec les humains.

Mon katana toujours dans ma main gauche, je reste à l’affût. Voilà, je fais face à cet individu, je l'imite et me dévoile. J'ai opté pour une gestuelle et position naturelle, je me suis arrêté d'avancée, je préfère resté prudente, je ne sais rien de lui. Ma voix reste neutre, mon visage n’exprime rien et mon regard, s'il peut le voir, au travers de mes verres en quartz-rubis sont à l'instar de l'expression de mes traits, indifférent.

- À vous entendre, vous passeriez pour un protecteur du petit peuple mais je dois admettre que vous avez raison sur un point, je fuis.

Pourquoi le cacher ? Je ne suis pas lâche pour autant, respirer est un besoin naturel que tout être vivant ressent. De nous deux je parais être la plus suspecte, je suis armé et de ce que je peux observer, lui ne l'est pas. Enfin, il est relativement facile de dissimuler une petite lame dans une chaussure ou au niveau de la ceinture, je suis la mieux placée pour le savoir.

- Si cela peut vous rassurer, je n'ai aucunement l'intention de dévorer le cœur d'un animal sans défense, de retirer la totalité de son liquide vital à une quelconque victime et j'en passe... Je souhaitais simplement m'isoler.

Je faisais référence aux loups garou, aux vampires, les humains font une fixation là-dessus, ils créent des films, des histoires et les gens adorent. Honnêtement, réagiraient-ils de la même manière en apprenant qu'ils existent réellement ? Si les humains peuvent vivre en toute innocence c'est justement parce qu'ils sont ignorants.

Mon pouce gauche caresse la garde de mon sabre japonais, celle-ci contient une séparation nette au niveau de la jonction des lames. Le métal est un peu particulier, il permet aux katanas de rester unis tout en évitant d'être abîmé pour cause de frottement puisqu'il n'y en a pas. Quand elles sont connectés, mes lames jumelles ne font qu'une, jusqu'au moment où je me décide à les désassembler. Ses lames sont uniques.

- Je me permets de vous poser une question. Puisque vous m'avez suivi dans le but de vous assurer que je ne sois pas un danger potentiel, ce que je suis, vous devez certainement posséder quelque chose de particulier pour vous protéger.

Par là je ne parle pas seulement d'une arme mais plutôt d'un pouvoir ou une particularité. Ce serait vraiment très stupide pour un individu lambda de s'aventurer en terrain hostile, alors que la visibilité est affaiblie par le voile qu'est la nuit. Inutile d'essayer de paraître innocente, je préfère apparaître comme menaçante, dangereuse, au moins je suis certaine qu'avant de m'attaquer bêtement, les créatures y réfléchiront à deux fois.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
MessageSujet: Re: L'Éternel et la Battante   Ven 28 Oct - 10:48

Et on passe d'une tension palpable et redoutable à un climat de bonne entente en un rien de temps... La mélopée nocturne emporte dans son sillage la brume des hostilités, très vite doublée par la sérénité d'une conversation assagie. S'il restait malgré tout un soupçon de suspicion dans l'air, il n'y avait dès lors plus de quoi s'inquiéter du tout, pensais-tu. Tu te sentais béni par la clarté immaculée de la Lune, ainsi tu n'avais ni honte ni effroi à exacerber au sein de cette rencontre douteuse. Néanmoins, tu ne pouvais pas voiler la face de ta surprise bien longtemps : tu ne t'attendais pas à ce que ton interlocutrice cède à tes attentes aussi rapidement, en toute impudence. Ce que tu appréhendais encore moins... C'était tout bonnement elle. Ton visage explose de légèreté et se repose finalement sur ce semblant d'aura que la rouquine dégageait puissamment, malgré la plénitude inspirant le moindre de ses gestes.

Sur ce plancher naturel, enluminé grâce à la tendre attention d'un ciel pittoresque, vos deux regards se croisent presque. Tu reconnais la cascade rougeoyante aux atours presque parfaits découlant aux abords d'un visage raffiné et esquissé avec soin. De ses fines lèvres, tu captais ses paroles et interrogations en t'y centrant de plus belle. Mais tu ne t'empêchais pas de rassasier ta curiosité, d'un œil tout de même respectueux; n'abusons pas; et de recueillir autant de détails que l'obscurité rendait possible de distinguer. Vêtue assez librement pour sa mobilité, trop sobrement pour une personnalité extravagante; l'indice le plus accrocheur restait cet appareillage invraisemblablement qui faisait office de lunettes. Tu te trouvais un peu idiot de fixer le centre de ces énormes lentilles de rubis, parce que tu n'avais aucun réel moyen de savoir si tu croisais le blanc de son regard ou bien si la mire de ton œillade visait à côté.

Quoi qu'il en soit, le chant de Nyx prêtait à la relaxation de vos âmes fougueuses. Tu rabats tes pieds côte à côte, une main leste sur ta hanche tandis que l'autre pend patiemment aux côtés de ton flanc. Ta droiture s'incline et tu prends une posture toute somme décontractée, démontrant un excès de confiance que tu t'efforçais de mimer avec un réalisme exagéré. Tu n'étais pas un maître dans l'art du mensonge, bien loin de là, mais se parfumer d'arrogance est à la portée de tous. Tu supposais qu'ainsi, tu montrais à ta compagne d'un soir que tu n'avais pas froid aux yeux, afin de se prêter à l'idée de protecteur assuré qu'elle te taillait à vue d'œil.

"Allez savoir... J'ai bien assez de pouvoir pour m'assurer que tout se passe bien ici. À commencer par ce que nous partageons... La parole. Et la connaissance. Si vous n'attendiez rien de mauvais de cette soirée, pourrais-je savoir pourquoi vous traquiez cette solitude... ?"

L'intonation solennelle et ferme, tu esquivais avec brio ses questionnements pour en rajouter toi-même une couche. C'était irrespectueux, et tu en avais parfaitement conscience. Cette dernière ne manquait pas d'ailleurs de te réprimander avec ça. Tu n'aimais pas manquer aux exigences d'une femme, quelle qu'elle soit; tu allais à l'encontre de tes nobles principes. Mais en y réfléchissant, même en regrettant ces paroles de cette façon, tu parais hypocrite... Alors qu'importe. Dis-toi qu'il faut au moins confirmer l'identité et les ambitions de l'inconnue avant de s'inquiéter pour ton manque de courtoisie.

Ne m'en voulez pas. C'est pour notre bien à tous.
Revenir en haut Aller en bas
Féminin Messages : 143
Points : 670
Date d'inscription : 04/05/2016

Feuille de personnage
Pouvoir:
Items:
Statut: Célibataire
avatar
Yuuko Yamazaki
MessageSujet: Re: L'Éternel et la Battante   Ven 28 Oct - 14:29

L'Éternel et la Battante  
Le ciel m'appelle et mon regard se lève, obéissant et admiratif. Le souvenir de ces soirées où les étoiles dansaient au-dessus de nos têtes me reviens en mémoire. Ce manteau rendait la nuit moins sombre, plus accueillante. À cette époque je ne connaissais pas encore les monstres qui se cachaient dans les ténèbres, tout près de nous. L’ignorance est un cadeau que l'on a arraché des mains à l'enfant que jadis j'ai été. Je ne devrais pas quitter du regard cet étranger, son comportement ne me semble pas bien hostile, mais ne dit-on pas qu'il ne faut pas se fier aux apparences . J'ai envie, non ... J'ai besoin de me reposer. J'ai peur de devenir paranoïaque à force de voir sans cesse le mal partout.

À quoi joue-t-il ? Subitement, son attitude, non, plutôt sa posture, change. Ça sonne un peu faux. Je pivote mon corps d'environ quarante cinq degrés vers la droite et commence à bouger, un pas après l'autre, lentement. Après quelques pas je stop mon avancé et le regarde de nouveau en fronçant les sourcils. Mon katana toujours dans ma main gauche mais mon pouce ne titille plus la garde. Quelque clignement de paupière plus tard, je me décide enfin à laisser sortir quelques sons.

- Tant de question, ce n'est pas impoli de la part de quelqu'un se promène également seul dans le noir ? Attention, les monstres sont de sortie la nuit !

Je décide de laisser tomber le ton neutre qui habillait ma voix jusqu'à présent pour celui de la plaisanterie, cependant en ce qui concerne ma gestuelle, elle ne change pas, toujours précise, contrôlé. C'est ironique en un sens, j'ai presque envie de me confier à cet inconnu, de toute façon si je le tu après... Enfin, ce n'est pas encore à l'ordre du jour, si je peux dire. Je lève un peu mon bras gauche et pointe le pommeau de mon sabre en direction de l'homme. L'emblème de la famille Yamazaki est gravé dessus, même s'il n'est pas connu dans le monde dit normal, dans celui des chasseurs il l'est assez. Cependant, ce n'est pas pour lui montrer que je fais ça, juste pour le pointer du doigt en quelque sorte.

- Les mots ne pourraient guère vous être utile si je décidais de venir vous trancher de ma lame.

Pourtant, je ne compte pas vraiment m'en servir pour le moment, j'abaisse alors mon bras, faisant demi-tour, revenant sur mes pas afin de reprendre ma place d'origine. Marcher m'aide à réfléchir, d’où le fait que je me promène souvent par-ci par-là. Je ne plaisantais pas bien sûr mais je ne vais pas dire à quelqu'un que les pires cauchemars existent et se promènent parmi les humains.

- Si vous voulez vraiment le savoir, je vis entourer de beaucoup de monde et parfois c'est difficile de ne pas avoir envie de les tuer.

Comme dans toutes les familles j'imagine. Là, il ne s'agit pas tout à fait de ça mais ceci peut expliquer cela. Je présente toujours les choses à ma façon, je choisis mes mots afin de donner ma propre vérité. Après libre aux gens de traduire à leur manière. Et puis, je n'ai rien à cacher, ma posture ne montre aucun signe d'animosité, enfin....

- Vous devriez tout de même vous méfier, on ne sait jamais, je suis peut-être un monstre …

Mon visage reprend sa neutralité tandis que je m'avance d'un pas vers lui. Et puis un deuxième réduit de nouveau la distance entre nous. Je provoque, je cherche à connaître ses véritables intentions et tous les moyens sont bonnes. Cherche-t-il à m'embrouiller et me faire baisser ma garde ? Est-il honnête ? J'ai du mal à déchiffrer tout ça. L'index de ma main droite vient caresser délicatement le pommeau, je sens la gravure sous ma peau, elle me rappelle qui je suis.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
MessageSujet: Re: L'Éternel et la Battante   Sam 29 Oct - 11:59

Il fallait croire que tu ne laissais pas la demoiselle indifférente. Du moins parvenais-tu à irriter sa curiosité. Il y avait un changement dans son approche, un petit rien, une étincelle limpide qui semblait attiser son sens de l'intrigue. Dans un sens, tu étais assez fier de ton absurde jeu d'acteur. Le décor devait beaucoup compter; il faut dire qu'un portrait d'assurance dépeint au milieu d'un paysage obscur devait inspirer une multitude d'images différentes... Peut-être donnais-tu l'impression de régner en absolution sur les ténèbres du boisage. Peut-être avais-tu l'air de t'y immiscer sans craindre le danger, comme si ce danger t'évitait autant que possible. La vérité, c'est que tu n'as pas du tout confiance en toi; encore moins en tes actes. Tu n'avais aucun moyen de savoir quel effet émanait de tes décisions, et tu ne pouvais même pas savoir si tu réussissais à mettre au point ta petite ruse de comptoir... Ton esprit bataillait sur tous les fronts. Tu en devenais fou. Tu avais peur, et c'était excitant. Tu étais fier, mais trop modeste pour l'avouer. Tes réflexions se tordaient dans un torrent de confusion...

... Heureusement qu'une voix fluette, pourtant lourde de sérieux et imposant un charisme ombrageux est là pour te rappeler à la raison. Tu avais déjà du mal à tenir la droiture, c'en était risible. Alors pour mieux discuter avec la rousse, ton attitude impétueuse disparaît au détriment de ce que tu espérais en retirer; c'est-à-dire pas grand chose finalement; et tu croises les bras en inclinant un regard perçant et attentif. En fait, tu n'avais guère besoin de mimer la moindre arrogance pour être le faucon scrutant sa paisiblement proie... Comme si le monde tenait à ce que tous tes sens se prêtent à l'écoute de la belle, un silence d'or envahit soudainement la forêt et atténua le chant chaotique de la faune nocturne. Même la brise, indépendante et bravant tous vos préjugés, finit par se taire. Même l'obscurité tend à mettre en avant quelques détails que tu n'avais jusque-là pas remarqué... À commencer par l'arme que possède la demoiselle. Celle-ci le pointait vers toi à mesure qu'elle déroulait sa langue pour diverses menaces, si bien qu'avec l'œil observateur de la Lune, tu pouvais percevoir les contours soignés d'une esquisse dont le sens t'échappait encore.

Ses paroles néanmoins, te revenaient difficilement... À tel point que tu en rehaussais une arcade, franchement déconcerté. Que cherchait-elle à te faire comprendre ? Pour quoi est-ce qu'elle tenait à se faire passer, concrètement... ? "Justement parce que les monstres sont de sortie, je préfère venir faire une ronde." La fille se subtilisait à l'endroit, n'ayant cesse de se déplacer d'un pas ou deux à gauche, puis à droite... Et enfin, c'est directement à toi qu'elle vient. La semelle de ses bottes écailleuses glissaient habilement sur l'herbe gelée, et bientôt vous ne pouviez plus compter que quelques mètres d'écart. Si elle osait t'affronter de la sorte, en cherchant à t'éloigner par la puissance de la présomption... Il n'en était rien. Tu renfrognes tes airs, déterminé, et tu serres le poing ballant en avançant d'un pied toi aussi... Tu pourrais avoir peur. C'est tout à fait ton genre, après tout. Tu es aussi humain qu'il t'est donné de l'être. Mais il fallait faire preuve de logique...

... Et pour une fois, ton mental ne te lâchait pas. Tu réfléchissais brièvement, mais comme il fallait. Et tu déploies ton analyse afin de mieux percuter la femme, dans l'espoir de la pousser à la sincérité la plus totale... "Tuez-moi si l'envie vous chante. Je reviendrai pour mieux vous comprendre quoi qu'il advienne. Mais de toute manière, il n'y aura pas à aller jusque-là..." Un pas supplémentaire, et tu te glisses légèrement plus près de ton interlocutrice. "Parce que je sais que vous ne le ferez pas. Si vous aviez pour simple intention d'attenter à mes jours, vous l'auriez déjà fait. La façon dont vous tenez votre arme le prouve. Vous restez aux aguets. Votre apparence ne trompe pas. Qui plus est, elle permet même d'avancer que vous n'avez rien d'un monstre, que ce soit d'apparence ou d'attitude... Vous doutez. Vous vous méfiez de moi plus que je ne me méfie de vous. Un monstre est sans cœur, sans peur. Il n'aurait pas hésité à me traquer pour m'abattre dès qu'il aurait entendu ma voix. Tandis que vous... Vous cherchez à prolonger la conversation. Vous faîtes durer. J'irai même jusqu'à dire que vous êtes curieuse..."

Et finalement, tu te rapproches une ultime fois pour faire entièrement face à la rouquine. Tes pupilles carmines brûlent, sans aucune ambition. Elles vivent, s'animent et observent la protagoniste sous toutes ses coutures. Elles patientent. "Je me trompe... ?"

Non, tu ne penses pas.
Revenir en haut Aller en bas
Féminin Messages : 143
Points : 670
Date d'inscription : 04/05/2016

Feuille de personnage
Pouvoir:
Items:
Statut: Célibataire
avatar
Yuuko Yamazaki
MessageSujet: Re: L'Éternel et la Battante   Lun 31 Oct - 22:52

L'Éternel et la Battante  
Je me perds. Mes actions, mes paroles, tout ça ne rime à rien, ce n'est pas moi. Je dois me reprendre, depuis quand je fais la causette et étale ce que j'ai sur le cœur ? Tout cela est nouveau pour moi, une personne essaie vraiment de me comprendre alors que j'ai du mal, moi-même, à le faire. Est-ce la manière dont il parle ou peut être l'environnement ? L'atmosphère régnant dans ses bois n'a rien de rassurant. Je respire cette fraîcheur qui emplit mes voies respiratoires. Je sens l'humidité de la nuit tomber sur ma peau avec délicatesse et acharnement. Je suis habitué au froid, je ne le crains pas et j’apprécie même. Dans ce genre de moment mystérieux, la flamme dormant silencieusement au plus profond de moi s'éveille, danse et tourbillonne. C'est à la fois effrayant et exaltant.

J'ai l'impression d'être mise à nu, c'est très déstabilisant, même si je ne veux pas le montrer. Cela n'a rien à voir avec l'environnement, l’atmosphère ou quoique ce soit d'autre, il est simplement très doué dans son observation. C'est incroyable, moi qui croyais que mettre un masque suffisait à rendre les choses imperceptibles. Père se trompe depuis le début, il existe des individus capables de comprendre autrui malgré les artifices. J'avoue être impressionné. Inutile de continuer à porter ce masque de neutralité que je porte en permanence sur moi. Comment le retirer ? Je crois qu'avec le temps j'ai oublié.

- Non, cela me coûte de le dire mais vous ne vous trompez pas vraiment.

Sauf peut être en ce qui concerne les monstres. Ils agissent tous de manières différentes. Plusieurs facteurs jouent, leurs âges, leur éducation, leur histoire. Les plus jeunes ne savent pas contrôler leurs instincts, ils sont sauvages, irréfléchis et bien souvent stupides, ils se croient devenus tellement fort qu'ils en oublient que, comme tout un chacun, ils possèdent leurs faiblesses. Bien sûr leurs ennemies les connaissent, ils ne sont pas assez prudents. C'est ce qui cause leur perte. Je le sais que trop bien.

- Les monstres ne sont pas sans cœur.

Je ne suis pas sans cœur et pourtant je suis un monstre. Je ne les défends pas, je les déteste mais je sais aimer aussi. D'ailleurs bon nombre d'entre eux vivent à l’académie... Je ne sais plus ce que je dis. Tout est tellement contradictoire. Je me surprends à sourire légèrement, j'ai l'impression que les traits de mon visage se sont détendu. Je me reprends, cela ne dur qu'un instant.

- Je suis curieuse...

Il y a tant de question, tant de mystère.

- Mais … Vous l'êtes aussi …

La distance nous séparant n'est plus très longue. Je le fixe, l'observe, je ne suis pas très doué pour analyser les gens, mon domaine de compétence reste le combat. Ce que je viens d'affirmer n'est que supposition contrairement à lui, je ne suis pas sur de ce que j'avance.

- En ce qui concerne la conversation ... Je ne suis pas vraiment doué donc … pour la prolonger...

Je sais qu'il ne suffit pas de faire de longue phrase pour prolonger une conversation, l'attitude joue beaucoup j'ai l'impression.



Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
MessageSujet: Re: L'Éternel et la Battante   Sam 5 Nov - 11:51

La Battante répondait de bon train, étrangement, et ne faisait part que de si peu d'informations... C'était un peu comme si elle tentait de relever le voile du mystère qui s'est effrité juste après tes analyses. Tu as mis le doigt sur autant de points sensibles qu'elle en demeure abstraite, scindée entre son stoïcisme implacable et l'intrigue dont elle se délecte au fil de votre conversation. Tu semblais gagnais un peu d'intérêt, malgré son manque extrême d'émotivité... Mais tu ne lui en voulais. Il est des natures qui sont infiniment plus éprouvantes sous couvert de mystère, puisque c'est qui convie le monde à tenter de découvrir l'origine de ces personnalités. Il y a sûrement toute une multitude de raisons pour que ton interlocutrice continue de s'intéresser à toi. Peut-être y en a-t-il autant pour justifier qu'elle ne tienne pas à baisser sa garde. Encore plus afin d'expliquer pourquoi ces réponses si brèves et concises... Surtout celle qui brisait ta logique manichéenne.

"Si vous pensez que tous les monstres ne sont pas sans cœur, c'est que nous n'avons pas la même définition d'un monstre... Être différent n'a rien de monstrueux. Être puissant, étrange; appartenir au paranormal, être capable de prouesses incroyables... Tout ça n'a rien de monstrueux. Il n'y a de monstrueux que l'esprit qui s'en accommode pour faire le mal autour de lui. De mon point de vue, c'est ça, un monstre..."

Un léger silence profilait en succédant à tes paroles, alors que ton raisonnement laisse à réfléchir.Tu y crois dur comme fer, mais impossible de savoir ce qu'en pense la demoiselle. Et finalement, c'est peut-être mieux ainsi, qui sait... Tu préfères encore t'excuser implicitement, par un soupir détourné et navré, avant que tu ne ravives un sourire amoindri, la mine courtoise. Tu n'avais plus de raison apparente pour narguer aussi impunément la méfiance de ta camarade nocturne, alors autant plaire à sa curiosité. Tu n'as rien à y perdre, tu en es certain. Ainsi tu croises habilement les bras avant de poser un pied devant. "Je m'appelle Hyosuke Kazutaka. Ce qui me permet d'être aussi assuré, c'est de savoir que je serai toujours là pour réparer les torts des uns et des autres. Et quelque chose me dit que j'aurai besoin d'un peu plus d'une éternité pour y parvenir..."

Par là, tu entendais qu'il te sera bien ardu de mener à bien ton objectif. Il paraît si facile de dire qu'on est un héros, mais les responsabilités incombées par ce titre surpassent de loin l'entendement. Même un surhumain ne peut pas être entièrement un héros, car il y aura tôt ou tard des hauts et des bas qui prouveront que sa place est discutable. Mais le monde est fait de la sorte. Il y aura toujours des personnes pour vous contredire, et d'autres pour vous confirmer. Tu as l'impression que la demoiselle n'est pas avec toi; et en même temps, elle te figure si partagée que tu n'en sais trop rien... Alors tu ne te tracasses plus à la jauger, et voilà que tu lui accordes une courbette élégante et habile, avant de te relever aussitôt. "Enchanté. Maintenant, si ce n'est pas trop indiscret... Pourquoi chercher la solitude, dans cette forêt ? Ce n'est ni l'endroit ni l'heure pour une activité habituelle... Que comptais-tu faire ?"

Tu ne connaissais même pas son nom que tu la questionnais de nouveau sur ses intentions. C'est vrai qu'elle n'avait pas non plus pris la peine de t'accorder plus de détails que ça, sur les raisons de sa venue si douteuse au sein du boisage. Tu n'es pas si bien placé que ça pour en parler ainsi, mais tu le faisais pourtant. Il le fallait bien, de toute manière. Et elle savait qu'au final tu n'étais là que pour justement vérifier, donc tu avais déjà mérité cette information-là. Parce que sous ton masque d'amabilité, tu es encore légèrement éhonté et tu n'oses pas lui poser des questions plus personnelles que celle-ci. Tu lui forçais déjà tant la main que tu t'octroyais assez de remords pour la soirée. Ta galanterie s'avère posséder un sacré double tranchant, visiblement...

La symphonie de Nyx reprenait son cours. Le vent bataillait dans les feuilles et les broussailles, de concert avec l'orchestre des criquets et des quelques hululements faisant écho jusqu'à l'horizon. L'ombre n'était plus menaçante; elle se faisait en fait accueillante et tu t'y sentais à l'aise. Tu n'avais pas l'impression d'être en danger, et tu espérais pouvoir transmettre cette naïve mais Ô combien réconfortante émotion à ta partenaire.

Dans cet océan d'obscurité, un cœur bat. Les Ténèbres ne sont au final qu'un organisme en manque d'attention.
Revenir en haut Aller en bas
Féminin Messages : 143
Points : 670
Date d'inscription : 04/05/2016

Feuille de personnage
Pouvoir:
Items:
Statut: Célibataire
avatar
Yuuko Yamazaki
MessageSujet: Re: L'Éternel et la Battante   Sam 14 Jan - 20:37

L'Éternel et la Battante  
Sa définition du monstre est bel et bien différente de la mienne. Oui, j'en suis certaine, ses paroles me le prouvent, nos définitions ne sont pas les mêmes. C'est normal après tout, chaque individu, si je puis dire ainsi, pense et interprète à sa manière. Malgré sa façon de voir les choses autrement, je reste un monstre, même de son point de vue.

En temps normal je ne quitterais jamais quelqu'un du regard, surtout si je ne suis pas certaine d'être en sécurité, cependant, cette fois je fais une exception et baisse les yeux sur mon arme. Je me souviens de toutes les fois où j'ai dû la nettoyer. Entretenir une lame est toujours important pour l'utilisateur, de cette manière elle reste en bon état, si jamais le métal venait à s’abîmer alors la résistance et la précision seraient affectées. Pourtant ce qui retient le plus mon attention sont les marques de sang à chaque fois que j'ai dû la sortir de son fourreau. Ce liquide vital, d'un rouge vif, s'écoulant le long de la lame, reste gravé dans ma mémoire et ma lame en sera à jamais imbibée.

- En effet, nous ne possédons pas la même définition d'un monstre...

Inutile de s'étaler plus longtemps sur le sujet. Peu importe ce que l'on me dit je ne changerais certainement jamais d'avis, c'est ainsi que je me vois et il en va de même pour les autres.

Je ne sais pas si c'est très intelligent de ma part mais je me décide à opter pour une posture un peu plus détendue, je reste toujours méfiante et prête à agir si je me sens en réel danger. Bien que se soit toujours le cas d'ailleurs, pourtant j'ai confiance en mes capacités et je sais que même si je parais moins sur mes gardes, je n'aurais aucun souci pour réagir rapidement.

- Yamazaki Yuuko …

Et comme toute Japonaise ayant reçu une bonne éducation, je m'incline poliment, mes gestes sont gracieux et l'ont peut voir que cela fait partie de moi. Père m'a façonné de façon à ce que je sois une bonne tueuse mais également une jeune femme bien élevée. Il tenait à ce que je présente bien, il était très vieux jeux.

Une éternité ? C'est sur qu'a lui tout seul il lui faudra plusieurs vies pour sauver ce monde. En me redressant tout à l'heure, j'ai reposé mon regard, caché derrière mes lunettes, sur lui et depuis, je le fixe attentivement. Il me pose encore cette même question et je me lasse un peu, je soupir doucement.

- Je t'ai déjà donné mon nom, c'est suffisant. Tu n'as pas besoin d'en savoir davantage.

Pour le moment. Je fais vraiment trop suspecte peut-être, sinon il n'insisterait pas autant. Je n'ai pas non plus envie de lui dire que je vis auprès de monstre et que j'avais besoin de m'isoler. Il tient un beau discours mais je passerais pour une folle s'il apprenait qui sont ceux que je nomme comme ça.

Le vent vint doucement taper dans mon dos, ramenant quelque mèche de cheveux vers l'avant, flottant et dansant au gré de la brise. J'ai envie de fermer les yeux et d'apprécier cet instant agréable, cette caresse fraîche m’apaise. Je ne peux malheureusement pas le faire, je dois rester attentive à ce qui m’entoure.

- Est-ce vraiment important ? Ni l'endroit, ni l'heure ? Ça c'est toi qui le dis, en ce qui me concerne, je trouve que le lieu est approprié et l'heure aussi.




Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: L'Éternel et la Battante   

Revenir en haut Aller en bas
 

L'Éternel et la Battante

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Murmure Éternel. Fini.
» Sera maître, celui qui se sait éternel apprenti [PV]
» Floette-Éternel / Floette-Eternal-Flower
» [Officiel] Nicodemus, L'Eternel Vagabond.
» L'Art du Combat ... [ Nuage de Flamme ] // End.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Magical academy  :: La Ville de Nariyu :: Ailleurs-