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 Le mystère de la nature (Privé)

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Syria
MessageSujet: Le mystère de la nature (Privé)   Dim 25 Sep - 12:00


Le mystère de la nature




Syria et [Unknow]



L'ardent soleil frappe contre les vitres en apportant sa cruelle chaleur au sein des salles de classes où les corps souffrent de la divine puissance  d'Hélios. Les nuages d'un blanc immaculé ne sont présents que pour décorer le ciel d'un bleu vif, aucune goutte de pluie ne vient ternir leur pureté.  Une légère brise d'air frais traverse le parc aux couleurs chatoyantes sans emmener de réel réconfort aux âmes égarées, toutes écrasées par la force du dieu solaire.  La canicule a atteint son apogée en ce jour d'été indien et l'imprudent osant s'aventurer au dehors est irrémédiablement terrassé par ces folles températures.

Les corps s'amassent dans le bâtiment en espérant échapper au doigté phénoménal du frère de Séléné, déesse de la lune.  Les murs et les couloirs ne sont que des boucliers dérisoires devant son extraordinaire pouvoir sur le jour . Un sourire carnassier éclaire son visage olympien et un terrible éclat de rire s'échappe de sa gorge dans un jeu cruel dont les humains, ces créatures dites inférieures à ses yeux sont les premières victimes.

Les chants d'oiseaux n'osent plus emplir le parc de leur mélodie enchanteresse, les gosiers assoiffés et devant supporter la sécheresse avec un courage hors du commun.  Les feuilles des arbres perdent de leur éclat vert tandis que les fleurs multicolores baissent la tête comme pour espérer que le sol pourrait leur donner cette fraicheur tant attendue.  Les racines semblent vouloir s'échapper de leurs massifs propriétaires en vivant au grand jour.

Les rares ombres disponibles sont emplit de dizaines d'animaux de tout poils, plumes et autres cornes. Les volatiles ont la chance de se dissimuler sous l'épais feuillage tandis que les rongeurs se reposent au sein même des troncs. Cerfs, renards, loups et autres mammifères s'amassent aux pieds des arbres majestueux sans aucune forme d'animosité ou de chaine alimentaire, tous souffrant du sadisme divin.  

Au loin, le petit cours d'eau, ressource indispensable à la forêt, est quasiment à sec sous l'effet du jeu cruel du dieu soleil s'écharnant depuis quelques jours.  La nature parait presque se métamorphoser en un désert aride digne du Sahara si ce n'est la présence animale inhabituelle qui la distingue du paysage de sable africain.

Une fine silhouette se détache soudain de ce paysage sans vie propre. Toute de blanc vêtue, elle avance avec la grâce d'une danseuse, les pieds effleurant à peine l'herbe sèche.  La légèreté du tissu effleure à peine l'atmosphère chatoyante pour s'en imprégner avec une infinie douceur.

Les longs cheveux couleur de neige descendent magnifiquement dans son dos dans une coiffure lissée à la perfection sans aucun artifice,  se tenant droit à la manière d'une cascade au débit impressionnant.  Une robe aussi immaculée que ces étranges mèches se repose sublimement sur un corps à la fois frêle et des plus attrayants. Une peau mate accueille des lèvres délicieusement rosées, une poitrine ronde et généreuse dissimulée sous le tissu et des jambes fines entièrement imberbes. De légères chaussures de type ballerine dénotent l'unique touche de couleur avec cette teinte bleu ciel et  le nœud fin entourant ses chevilles comme l'accessoire des danseuses étoiles.

Une douce aura s'échappe d'elle avec une infinie innocence. Entre ses mains, une bassine vide se balance joyeusement.  Sur son  passage, les miracles se succèdent dans un spectacle éblouissant. Les fleurs retrouvent force et santé, leurs pétales multicolores éclatant en plein soleil comme pour mieux provoquer le dieu Hélios, leur ancien bourreau. Les racines reprennent de la vigueur tandis que les feuilles redeviennent d'un vert vif.

Des dizaines de nouvelles fleurs et plantes aux multiples couleurs naissent à chacun de ses pas pour créer un tableau d'une extraordinaire beauté qu'aucun peintre n'aurait pu reproduire. La sécheresse de l'herbe s'estompe pour redonner sa teinte verdoyante aux brins retrouvant le sourire sous cette puissante canicule.

Arrivant au cours d'eau quasiment mis à sec, elle se contente de le regarder avec candeur. Comme vaincu par cette simple créature sans même qu'elle ne lève le petit doigt, le frère de Séléné abandonne la partie comme forcé de reconnaitre la puissance infinie de sa jeune adversaire. Après tout, les autres dieux ne disent-ils pas qu'elle serait son enfant tant elle respire la nature et le respect envers cette dernière ? Comment pourrait-il prodiguer du mal à sa fille spirituelle alors qu'elle vénère le monde que lui aime tant alors que les humains ne songent qu'à le détruire le plus souvent ?

Un flot humide coule soudainement à la surface de la petite rivière tandis que la fillette tend doucement l'un de ses doigts gracieux vers elle. L'eau revient prendre possession des lieux dans une douce délivrance. Les plantes aquatiques et autres habitants à écailles s'engorgent à nouveau de vie après des jours de désespoir.

Remplissant sa bassine en s'agenouillant, elle se relève avec précaution pour tourner les talons et avancer lentement, se concentrant pour qu'aucune goutte salvatrice ne lui échappe. La force incommensurable de l'eau elle-même semble se calmer comme entièrement dévouée à cette étrange petite fille. Son poids s'affaisse comme pour mieux la soulager d'un fardeau normalement lourd pour des muscles aussi frêles.

Après quelques minutes, elle arrive enfin vers les nombreux animaux amassés à l'ombre. Leurs yeux brillent d'un fol espoir et se relèvent péniblement lorsqu'elle dépose son présent au milieu d'eux sans aucune peur. Omnivores et carnivores se précipitent volontiers sur cette eau tant désirée.  La lapant avec mille plaisirs, leurs gosiers assoiffés ne sont plus qu'un mauvais souvenir au lointain.

S'asseyant sans présenter le moindre signe de terreur ou de stress à l'idée de se retrouver au milieu d'une faune fière et sauvage, l'enfant sourit tendrement. Après des jours d'absence dû à une légère fièvre, elle a tant attendu ce moment, ressentant en son cœur la souffrance de ses amis. Enfin guérie, elle se sent comblée à l'idée de pouvoir les voir sourire en leur vouant un amour infini.

La bassine se vide très rapidement et tendant seulement le doigt, elle se remplit de  nouveau dans un miracle insoutenable pour les plus fervents croyants qui ne pourraient jamais accepter qu'un être au physique aussi étrange puisse détenir de telles possibilités.

Aidant elle-même à faire boire les créatures les plus affaiblies comme les lapereaux ou les renardeaux et autres bébés volatiles, ses gestes sont empreints d'une douceur sans fin et les petits animaux se laissent faire sans dégager aucune méfiance. S'entaillant légèrement la jambe, elle laisse même les loups et renards se nourrir de son sang pour qu'ils récupèrent de leur force après tout ce temps sans quasiment rien à se mettre sous la dents. Aucune souffrance ne lui est donnée, les canidés respectant infiniment cette offrande et ne désirant blesser en aucun cas celle qu'ils adorent par dessus tout.

L'imprudent voyageur s'égarant dans le coin pourrait penser qu'elle va être dévorée d'un instant à l'autre en compagnie des plus petits dont les carnivores sont habituellement friands dans une chaine alimentaire dite "normale".

Qui est donc cette mystérieuse fillette aussi proche de la faune et de la flore qu'aucun être ne pourrait l'espérer, même dans les rêves les plus fous ?
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Lyo Hiroshi
MessageSujet: Re: Le mystère de la nature (Privé)   Dim 25 Sep - 14:20

Les yeux clos, se tenant debout en équilibre sur une branche paraissant bien trop fine pour le soutenir, Lyo avait littéralement la tête dans les nuages. En réalité, l'arbre en haut duquel il était perché n'était pas si haut que ça, mais suffisamment pour qu'une fois les yeux fermés, quand il n'avait pour témoin que l'immensité du ciel, il pouvait être ou il voulait...

Là, il était à la cime d'un arbre au milieu de la forêt tropicale.
Hmm non, fait trop chaud, plutôt au sommet de l'Himalaya...

Le vent, curieux de voir un homme à l'allure si frêle ne pas décoller sous ses assauts, s'engouffrait sans gêne sous son t-shirt pour en agiter énergiquement chaque fibre tandis que sa veste s'accrochait désespérément à ses bras écartés.

Soudain lassé du climat montagnard, le jeune équilibriste ouvrit les yeux et s'abandonna à la gravité, se laissant valser en arrière pour entamer une chute dont l'issue logique pour le commun des mortels était l'exposition morbide de sa matière grise sur le sol.
Mais soyons honnêtes, nous sommes à Magical Academy, le berceau de l'inconcevable, et Lyo n'était pas du genre à se laisser faire par les modestes effets de la pesanteur.

Les quelques secondes de chute qui le séparait du sol lui semblèrent délicieusement interminables. Ces brefs instants étaient presque les seuls où il laissait la pesanteur se défouler sur son corps, et il prenant un malin plaisir à lui donner l'espoir qu'elle parviendrait à l'accompagner jusqu'en bas.

Parce que la pesanteur est rancunière. Elle ne peut tout bonnement pas laisser un jeune gringalet se rire de sa toute puissante emprise sur l'univers entier !  
Elle que seuls quelques êtres gazouillants plus ou moins pourvus d'ailes peuvent se vanter de défier !
Elle qui nous maintient prisonniers de l'étreinte terrestre !  
ELLE QUE TOUT HOMME A UN JOUR RÊVÉ DE BRAVER !!

*Respiration haletante du narrateur*
...
*silence pesant*

Lyo, lui s'en foutait pas mal de la pesanteur.

Alors qu'il s'approchait du sol à vive allure mais dans le plus grand des calmes, il inversa graduellement l'effet de la gravité sur son corps pour ralentir sa chute tout en vrillant sur lui-même. Ses mains touchèrent alors le sol en premier, rapidement suivies par le reste de son corps, ses jambes s'arquant avec souplesse dans un élégant tourbillon de feuilles desséchées.

Il tint la pose un instant, un genoux au sol, puis se redressa sous une pluie de feuilles virevoltantes.

Soyons clair, tout ceci n'était pas fondamentalement nécessaire, mais même quand il n'y avait personne dans les parages, il avait le sens du spectacle. L'effet en aurait été bien amoindri s'il n'avait pas mis toutes ces feuilles mortes ici...

Lyo soupira. Puis il enfila ses gants de travail en toisant les feuilles mortes éparpillées d'un regard accusateur.
*Bon... pensait-il alors, ca valait l'coup... mais faut que j'recommence du coup...*

Il ramassait son râteau lorsque son regard distrait vagabonda jusqu'à un pan d'herbe étonnamment luxuriant. Chaque parcelle de terre qu'il avait foulé en cette ardente journée criait la sécheresse, agonisant sous les assauts ininterrompus d'un soleil meurtrier.  
Curieux, il abandonnait son outil pour mener l'enquête tandis que dans son dos, les feuilles mortes finissaient de s'entasser tranquillement autour du râteau alors laissé au sol, comme guidées jusqu'à lui...

Il suivit alors la piste sans se presser, prenant le temps d'apprécier chaque brin d'herbe criant de vie qu'il foulait, chaque fleur dont il ignorait l'espèce sur laquelle son regard se posait... Mais cette atmosphère paisible empruntée à un rêve devint lugubre à la seconde ou les yeux se posèrent sur une scène qui lui glaça le sang.

A quelques mètres de lui se tenait une fillette cernée de prédateurs dont il les imaginait déjà se repaitre de sa jeune chair...

Loups, lapins, renards, hirondelles, fouines... Lyo ne vit que des hyènes et des vautours.

Sans même que le moindre de ses neurones n'ait le temps d'emmètre la plus faible des impulsions électriques, son corps tout entier s'était élancé dans une course enragée, le sol s'affaissant de crainte sous chacun de ses pas.  
A mi-course, pris d'un bref éclair de lucidité, il s'extirpa de sa veste pour se l'enrouler autour du bras avant de se jeter sur la créature qui lui sembla la plus grosse. La bête s'avérait être un loup. Un loup qui lui parut gigantesque lorsqu'il roula avec lui au sol dans un sanglot poussiéreux, et qui, bien qu'affaibli, pris tout de suite le dessus pour surplomber le jeune humain de toute sa masse bestiale.

Ses crocs teintés de sang se plantèrent férocement dans sa veste autour du bras que Lyo lui avait présenté. Et alors qu'il sentait la mâchoire du monstre se resserrer autour de son avant-bras comme une tenaille autour d'une brindille, il fit un geste désordonné en direction de la demoiselle qu'il espérait en vie. Il scanda alors d'un ton trop fanfaron pour un jardinier don le bras s'apprête à être broyé :

"Hé ! J'me charge du loup ! Occupe toi du lapin !"
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Syria
MessageSujet: Re: Le mystère de la nature (Privé)   Dim 25 Sep - 17:41


Le mystère de la nature




Syria et [Lyo Hiroshi]



Les gosiers assoiffés se repaissent enfin de l’eau salvatrice d’espoir. Encore affaiblis par ces derniers jours de canicule sèche, les lapereaux, renardeaux, louveteaux et autres bébés volatiles ne peuvent se soulager d’eux-mêmes si bien que la mystérieuse enfant aux cheveux de neige doit les porter délicatement entre ses mains pour leur donner ces gouttes synonymes de délivrance.

S’entaillant légèrement les jambes, la fillette laisse le sang s’écouler doucement sur sa peau mate. Les babines carnivores s’en approchent lentement avant de se régaler de cette boisson d’hémoglobine dont ils sont cruellement privés depuis le début du jeu sadique du divin Hélios.

Sans lui prodiguer le moindre mal, ils se nourrissent de ce petit flux sanguin avec une douceur inhabituelle des animaux sauvages et indomptables. Pourtant, le calme s’installe en eux et leurs instincts que les scientifiques disent naturels sont comme réfrénés par la tendre présence de la demoiselle bronzée.

Autour d’eux, les fleurs multicolores naissent à l’infini, les feuilles retrouvent leur vert vif et l’herbe reprend vie. La santé des racines est enfin au beau fixe et les sourires se dessinent sur les museaux ou les becs des animaux jouissant de l’eau après des journées des plus ardentes.

Donnant soins et amour aux tout-petits et laissant les adultes carnivores se rassasier de quelques centilitres de sang, l’enfant ferme les yeux pour tomber en phase de repos et de détente. Les regards non-informés pourraient croire à une vive situation de danger si bien que la scène ne peut en être qu’irrémédiablement perturbée par un virulent élément déclencheur.  

Une fine silhouette s’élance soudainement et un vif mouvement d’air oblige la petite à entrouvrir légèrement les pupilles. Un corps inconnu torture le sol sous la lourde impulsion de sa course endiablée avant de sauter sur un loup à la puissante musculature. Lui jetant sa veste dessus, il tente d’immobiliser la force brute de l’animal en l’étouffant à moitié sous l’épais tissu.

Surpris dans son délicieux repas, le canidé se débat violemment, ses crocs tentant de mordre celui ayant osé s’en prendre à lui. Ses dents se plantent sur l’avant-bras de l’étranger dans un pur instinct défensif. Poussant des grognements de rage, il semble prêt à rentrer dans une rage folle, accompagné de tous ses amis carnivores, renards et autres loups vivement tendus et à une seconde de bondir aider leur compagnon mais sans doute pas pour ce que le commun des mortels pourrait croire.

-Hé ! J'me charge du loup ! Occupe-toi du lapin !

L’ordre claque à la manière d’un fouet dans une atmosphère de panique. Les yeux clos de l’enfant papillonnent sous l’effet de la surprise. Les mots aux sonorités inconnues résonnent en son esprit sans qu’elle ne puisse en saisir instantanément le sens.

Son esprit en récupère enfin la compréhension et ses cils sursautent de nouveau sous ces termes graves et directs. Comment est-ce que les humains « se chargent » des animaux ? Ne sont-ils pas des plus barbares comme le prouvent ces trop nombreuses photos de tortures, de corps ensanglanté et de combats contre ces papiers mystérieux qu’ils nomment « argent » ou encore ces chasseurs fiers de leurs rares trophées qu’ils exhibent sans honte de leur massacre d’animaux en voie de disparition.  

Jamais ses amis ne lui feront le moindre mal et elle leur offre bien trop d’amour pour qu’ils aient même l’idée. Une tendre aura s’échappe d’elle dans une personnification de l’innocence et de la candeur comme une déesse vénérée de la nature.  

N’est-ce pas la petite fille que ces animaux sauvages tentent de protéger par-dessus-tout ? Hormis le combattant, tous les autres se sont regroupés autour d’elle dans un bouclier défensif des plus pertinents.

Le corps tremblant sous l’impulsion d’un rythme cardiaque infernal, la demoiselle sent un violent haut-le-cœur lui remonter au travers de la gorge. Retenant tout juste sa nausée, elle laisse sa respiration s’endiabler malgré elle dans une danse frénétique.  

Que fait un homme ici dans ce parc si salvateur pour elle alors que toutes les autres âmes se sont amassées au sein des bâtiments pour espérer échapper à la  terrible sécheresse du frère de Séléné, la déesse de la lune ?

Ne pouvant plus se contenir, elle file derrière le tronc majestueux de l’arbre pour y déverser sa nausée dans un bruit des plus reconnaissables, l’un des seuls que son corps ose émettre. Ses membres frêles s’agitent dans un ballet inimaginable, un tremblement qu’elle est incapable de réfréner.  Son cœur et sa respiration s’emballent alors que les souvenirs reviennent en flash en ses pensées torturées.

Toujours à moitié dissimulée derrière son arbre, elle tend doucement l’un de ses doigts et dans la seconde, le loup baigne dans le calme. Abandonnant sa proie, il relâche la pression sur l’avant-bras lesté d’une veste et revient s’assoir auprès de la petite fille. Bougeant doucement la tête, il bénéficie d’une douce caresse sur sa tête de la part de l’enfant si bien qu’un son semblable à un

Inspirant et expirant avec lenteur, la fillette est debout en gardant toujours les yeux los, refusant de les ouvrir sur le monde alors qu’il est évident qu’elle n’est pas atteinte de cécité au vu de ses gestes précis et coordonnés. Bien sûr, les personnes aveugles développent infiniment leurs autres sens pour se mouvoir et autres, l’enfant semble en faire autant mais un étrange instinct murmure à l’inconnu qu’elle n’est pas atteinte d’un tel handicap, elle se l’inflige volontairement.

Tout en caressant tendrement le loup victime d’une attaque surprise, elle lève ses cinq doigts libres et sans que ses lèvres ne s’entrouvrent, une voix d’enfant résonne dans l’atmosphère dans une sonorité insolite. Les mots s’enchainent avec mille difficultés et la prononciation est des plus faussée tandis que la grammaire suit le même chemin biscornu.

Ses doigts dansent dans une grâce voluptueuse pour dessiner une langue des signes des plus incompréhensibles pour l’esprit des mortels. Ils s’agitent légèrement pour peindre ses pensées dans un spectacle de toute beauté.

-Nachon pas noucher loup…N’animaux n’amis n’à Sisi…Sisi nonnait chang pou loups ni noles…Pas mal…n’avaient besoin…
(Le garçon n’a pas à toucher le loup…Les animaux sont les amis de Sisi…Sisi donnait son sang aux loups et aux autres…Cela ne faisait pas mal…Ils en avaient besoin…)

Diverses curiosités subsistent autour de l’enfant. Sa bouche demeure close mais des mots parviennent bien à l’esprit du jeune homme bien qu’ils soient imparfaits. Le phénomène de la ventriloquie ne peut être détenu par une demoiselle aussi jeune alors comment expliquer son discours même au sein d’une école aussi spécifique que la noble Académie ? En temps habituel, la langue des signes n’est connue que de ses initiés et autres traducteurs alors comment est-il possible que l’étranger puisse la comprendre même avec des mots déformés ?

L’individualité ne semble plus exister au creux de sa jeune vie puisque aucun pronom personnel n’a été usité dans ses propos. Seule l’utilisation du « Sisi » permet de deviner qu’elle parle bien d’elle mais à la troisième personne du singulier. Il est raconté que certain acteurs non-modestes aiment en user comme prétendument l’imperator César mais la naïveté baigne tellement la fillette qu’il est évident que cette déviation du langage n’est certainement malmenée à la volonté de prétention mais bien d’une terrible perte d’identité.

L'une des questions les plus pertinentes serait de demander la cause de ses tremblements incessants ? En effet, la fillette semble agitée par une vive terreur au point de se terrer derrière son bouclier animal et l'ombre gigantesque de l'arbre. Obligée de s'exprimer, elle en est pourtant répugnée alors que la présence même du garçon lui tord violemment les entrailles pour qu'un nœud des plus violents torture son petit ventre et qu'elle s'en rende physiquement malade mais l'a t-il compris ainsi ou a t-il mis sa nausée sur le compte d'une quelconque pathologie enfantine ?

Se faisant obéir sans difficultés des habitants de la forêt, un insondable mystère entoure cette petite à la chevelure immaculée. Quels liens possède-t-elle avec ces bêtes normalement sauvages ? Les carnivores réclament attention et caresses, les bébés sont câlinés avec amour après qu’elle en ait pris quelques-uns dans ses bras.

Qui est donc l’enfant aux cheveux de neige et aux yeux volontairement clos ?
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Lyo Hiroshi
MessageSujet: Re: Le mystère de la nature (Privé)   Mar 27 Sep - 18:57

Le danger.

Voilà une notion bien subjective quand on y pense. Certains s'affolent à la vue d'une araignée. Certains se jettent dans des bâtiments en flamme. Dans les deux cas, un dénominateur commun subsiste : la peur. Celle-ci est en étroite collaboration avec la conception du danger, et même là ou danger il n'y a pas, la peur peut exister. Tout est une question de gestion, d'organisation de la peur. De l'effroi déraisonné à la flegme la plus impertinente, la réaction face à une situation donnée est toujours le résultat d'une complexe alchimie cérébrale ; une équation imbuvable à quatorze inconnues qui se retrouve la plupart du temps torchée au stylo rouge par votre cerveau après de multiples tentatives de résolution rationnelle...

Ici, Lyo se trouvait dans un cas de figure un peu à part. Il s'était jeté comme un forcené sur un loup pesant bien deux fois son poids, et ce n'est pas qu'il n'avait pas peur, non. Cette information a bien fait mine de se propager l'espace d'un instant, mais s'est rapidement pris les pieds dans le tapis avant même d'entrer dans la salle d'examen.

Ainsi se retrouvait-il. Allongé sous une masse de fourrure remplie de muscles, des dents aiguisées comme des lames de rasoir savamment enfoncée dans la protection qui s'était improvisé autour du bras.
La pression de sa mâchoire était telle qu'il ne craignait pas tant pour son avant-bras criblé de dents que pour les os friables s'y abritant farouchement. Une telle étreinte aurait suffi à concasser son squelette si elle avait durée une poignée de secondes de plus.  

Notre jeune audacieux luttait. Son bras entenaillé commençait à s'engourdir sous la pression tandis que son visage se fendait d'un rictus de douleur, la peur commençant doucement à se concrétiser. Il allait se résoudre à réduire la tête du canidé en marmelade lorsque l'étau se desserra. Il cru d'abord à un bref instant de faiblesse qu'il fallait exploiter, mais le loup libéra l'homme en prenant le temps de lui labourer les cuisses de ses pattes arrières.  
Et c'est sous le regard stupéfait d'un Lyo encore tout endolori que la bête rejoignait la belle effarouchée, se postant devant elle, l'air guilleret...

Il se leva alors en se frottant l'avant bras, sa veste en lambeaux finissant de se décomposer au sol alors qu'il analysait la scène d'un œil méfiant.  

Et pour la première fois alors, son regard se posait sur l'objet de sa présence ici, cette fille.
Jeune, chétive, mignonne, et surtout à moitié cachée derrière un monstre aux babines encore jonchées des fibres de sa veste.

Du peu qu'il parvint à distinguer derrière cet amas de bestialité docile, la demoiselle semblait être en proie à une panique que seule la présence d'un loup s'apprêtant à se repaître de ses entrailles aurait pu provoquer. Sauf que là, le loup, c'était Lyo...
Et tandis que son pas félin foulait le sol d'émeraude en direction des deux compères, il fut surpris par une voix enfantine se propageant tel un écho entre les arbres. Son regard fit rapidement le tour des lieux en quête du propriétaire de ces mots à la fois si doux et inquiétants.

Il n'eut pas l'occasion de se demander à cet instant si une fraction de ces paroles célestes avaient atteint une partie réceptive de son cortex cérébral en ébullition, ou si c'était juste l'instinct, mais il su qu'un lien unissait ces deux créatures au-delà des apparences. Il s'enquit alors d'atteindre la bête en tendant doucement le bras vers elle, approchant sa main de son museau en s'accroupissant à son niveau en signe de reddition.

"Doucement bonhomme, gentil... pas croquer la main... regarde j'suis sympa..." bredouilla-t-il en imaginant déjà deux rangées de dents se rabattre sur ses doigts.
Il fixait alors le loup avec un sourire pseudo-confiant pendant qu'il aventurait sa main au dessus de sa tête pour le flatter entre les oreilles, s'adressant alors à lui comme il se serait adressé à sa maîtresse qu'il examinait du coin de l'œil.  

"Enchanté, moi c'est Lyo." s'annonça-t-il d'un ton jovial.

Il sentait que la fillette souffrait de sa présence mais il ne pouvait se résoudre à tourner les talons pour l'en soulager. Et quoi que le jeune homme pouvait lui évoquer, il savait qu'une approche directe ne ferait qu'envenimer les choses. Aussi continuait-il de s'entretenir avec le loup en considérant la fille du coin de l'œil d'un faux air distrait.

"Tu m'dois une veste p'tit père... bon c'était ma veste de fonction, j'suis jardinier... Ouais, j'plante des fleurs, je ramasse des feuilles mortes, ce genre de chose. Te moque pas d'moi c'est plutôt cool..."
Il pencha alors la tête sur le côté avec un sourire amical, posant un regard transcendant de bienveillance sur la belle aux yeux clos.

"C'est qui ta copine ?"
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Syria
MessageSujet: Re: Le mystère de la nature (Privé)   Mer 28 Sep - 0:23


Le mystère de la nature




Syria et Lyo Hiroshi



La peur s'insinue sournoisement entre les entrailles torturées d'une enfant à la cécité volontaire. Se relevant avec brusquerie, son corps gracieux pareil à celui d'une danseuse se meut pour se glisser derrière le bouclier protecteur d'un arbre au tronc majestueux.

Un violent haut-le-cœur remonte aux bords de ses lèvres rosées qu'elle retient de justesse avant de se laisser submerger par une seconde cruelle attaque. Le son caractéristique d'une nausée foulant le sol résonne dans l'ombre fourvoyant de la forêt.

Ses muscles tendus se relâchent dans des tremblements incontrôlables comme pris dans un séisme d'origine inconnue tandis que son cœur s'emballe dans un rythme dangereusement infernal. Le diable lui-même pourrait danser sur son cœur aux valves paniquées, cascades ensanglantées dans un débit extrême. Sa respiration se chevauche sur une partition de peur, chacune de ses inspirations et expirations lui coûtant un effort extraordinaire.

L'instinct aussi aiguisé que le poignard d'un lanceur de couteaux professionnel, un loup féroce se jette en avant pour défendre la petite fille au péril de sa vie. Une jeune silhouette a pourfendu son honneur en attaquant le premier, il ne fera que payer le prix défensif. Personne n'approchera l'enfant que tous chérit tant sans son accord.

Qu'il se fasse entrainer dans une pseudo guérilla humaine-animal, le carnivore y est indifférent comme de son premier croc mais ses neurones  poussés à leur paroxysme de protection lui hurlent de dissuader toute approche de la demoiselle. Que lui soit touché, blessé ou mourant, qu'importe  mais il ne laissera personne la toucher sans un ordre contraire de sa part.

Ses dangereuses canines s'enfoncent dans le tissu épais d'une veste noire protégeant dérisoirement un monceau de chair nommé avant bras. Ses griffes tranchent le sol dans une violence inouïe, venant parfois frapper la peau délicatement fragile de son adversaire terrien pour y faire couler quelques éclats sanguins excitant de plus belle ses envies carnassières envers celui ayant osé s'approcher de celle qu'ils adorent par dessus tout.

Des grognements rauques et sauvages s'échappent de sa gorge avec toute la dignité du carnivore qu'il est naturellement. Ses yeux sont comme révulsés dans une lueur de folie dévastatrice mais ô combien bénéfique au fond puisque seul son désir de bouclier vivant l'anime en ces secondes déterminantes.

Le jeune homme se bat avec une audace hors du commun face au canidé dont les muscles sont cent fois supérieurs aux siens gringalets.  Ses lèvres dessinent un rictus de douleurs incommensurables tandis qu'en ses yeux clairs, l'expression de la peur la plus pure commence à prendre forme dans une ombre malfaisante éclatant d'un rire démoniaque.  

À l'instant-même où le loup va planter son croc mortel dans la fragile carotide de son rival, un doigt frêle se tend dans sa direction et la pression monstrueuse de ses pattes se réduit sur la poitrine labourée de diverses coupures et hématomes du garçon.

Lui jetant un dernier coup d'œil mi déçu mi méprisant en prenant le soin de délicatement lui entailler une dernière fois les cuisses, l'animal se délaisse de sa proie pour retourner s'assoir aux côtés de la petite fille debout sous le regard stupéfait de l'humain attaquant.

Gémissant langoureusement comme une bête blessée après une terrible bataille au cours de laquelle il aurait bien failli perdre la vie, le carnivore récupère vite de son énergie lorsque la demoiselle pose une main rassurante sur sa tête qu'elle caresse avec mille douceurs. La bougeant à la manière d'un chien réclamant un câlin, il obtient les faveurs désirées de l'enfant et un son presque semblable à celui d'un ronronnement lui échappe dans une joie inégalable.

Ses cinq doigts encore libres s'agitent avec grâce et sans qu'elle n'entrouvre les lèvres, une voix enfantine résonne dans l'atmosphère dans une grammaire faussée et une prononciation des plus aléatoires notamment les sons [R] et [d] vite relégués aux oubliettes au profit de sons muets ou à la surabondance du [n].

Les yeux perçants peuvent déceler la langue des signes sans toutefois en saisir le moindre sens sans la présence de cette étrange voix ne pouvant être qu'artificielle au vu des lèvres toujours closes de l'enfant alors que ses phalanges dansent sous les soubresauts violents de son corps encore en proie à la panique.

Un lien particulier et normalement impossible naturellement semble s'être crée entre ces animaux sauvages dont de vifs carnivores avec l'enfant aux cheveux de neige au point qu'elle offre volontairement quelques gouttes de son sang pour ceux en ayant privé ces derniers jours de par l'intensité de la canicule les empêchant même de chasser.

Sans que ses yeux ne daignent s'ouvrir sur le monde, ses muscles se tendent violemment lorsqu'elle sent son instinct se mettre brusquement en branle. Le parfum naturel du jeune homme parvient à ses narines, il ose se rapprocher !

Relâchant ses caresses sur le loup, elle s'en détourne quelques secondes le temps de s'agenouiller et de déverser un nouveau haut-le-cœur sur l'herbe rêche.  Toussant à s'en étouffer, elle a tout juste la force de tendre le doigt en direction de l'animal alors que celui-ci grogne férocement en direction de l'inconnu.

Ses envies défensives lui dictent de protéger la demoiselle quitte à lui sauter à la gorge pour la seconde fois mais le geste de cette dernière l'arrête dans son élan sans aucune brusquerie ou quoi. Même de dos, elle connait très bien la bête et sait que sans son ordre silencieux, le canidé n'hésitera pas à massacrer le jeune humain s'il estime la mettre en danger.

Continuant à gronder instinctivement, il se plante devant lui en arquant les pattes comme prêt à bondir, retenu tout juste par le geste de l'enfant. Résigné à obéir, il le laisse approcher sa main bien que celle-ci soit légèrement prise par la peur et même s'accroupir en signe d'abdication.  Posant sa paume sur la tête de l'animal, il engage la conversation avec ce dernier d'une manière tout à fait naturel comme s'il était tout à fait habituel de discuter avec un carnivore.

- Doucement bonhomme, gentil... pas croquer la main... regarde j'suis sympa...Enchanté, moi c'est Lyo. Tu m'dois une veste p'tit père... bon c'était ma veste de fonction, j'suis jardinier... Ouais, j'plante des fleurs, je ramasse des feuilles mortes, ce genre de chose. Te moque pas d'moi c'est plutôt cool... C'est qui ta copine ?

Instinctivement, le loup grogne mais se laisse faire grâce à la demande silencieuse de la petite fille à la chevelure immaculée. Son regard envers le garçon le confirme d'ailleurs, il semblait lui dire clairement que sans elle, il n'aurait pas hésité à lui trancher la gorge pour avoir osé lui faire si peur.

Néanmoins, le calme revient prendre possession de son âme sous l'impulsion des caresses et de l'aura tendre de la demoiselle. Comme s'il en comprenait parfaitement le sens, il hoche la tête face aux propos du garçon et sur ses babines semble presque s'étirer un sourire amusé à l'évocation de son métier.

Tournant la tête dans tous les sens comme à la recherche de quelque chose, il finit par ouvrir grand la gueule pour dévoiler ses crocs, l'une de ses pattes tentant maladroitement de les désigner avant de tirer délicatement le tissu blanc de la robe de la petite fille. Répétant son manège à plusieurs reprises, il regarde sévèrement le terrien comme vexé de ne pas se faire comprendre.  Un éclair de lucidité peut alors traverser l'esprit de ce dernier dans un tonnerre de compréhension. Comme il s'est présenté, l'animal en fait de même en mimant son nom : Croc-blanc comme le titre du célèbre roman de Jack London publié au début du siècle dernier.

Une fois certain que l'humain ait compris son nom, le canidé tend doucement sa patte vers ce dernier comme pour la serrer en guise de politesse bien qu'il en soit incapable physiquement puisqu'il est dépourvu de pouces mais le contact de son membre avec le bras du jeune homme marque clairement son intention.

Tirant sur la robe de la fillette en poussant des gémissements langoureux semblables à des pleurs, celle-ci finit par pousser un soupir silencieux en se relevant lentement. Tendant le doigt en direction de quelques oiseaux, elle agite les neuf autres dans un dessin incompréhensible au commun des mortels. Pourtant, les volatiles semblent comprendre cet étrange langage puisqu'ils s'envolent immédiatement. Le loup lèche doucement la main de la demoiselle comme pour la remercier de quelque chose et elle répond à son amour par de tendresses caresses et câlins sans jamais craindre la moindre réaction carnivore.

Après quelques oiseaux, la bande de petites bêtes à plumes revient en tenant entre leurs pattes réunies une sorte de grand mouchoir en tissu rouge. Se posant sur le sol, ils révèlent une sorte de boite de teinte transparente en forme de diamant où une petite cache dissimule une sorte de petite porte. De par la clarté de l'objet, il est possible d'y distinguer un amas de quelques billets et pièces japonaises.

Le loup se dresse sur ses deux pattes pour déposer une sorte de baisers mouillés sur la joue de l'enfant en remerciement et la lèche même avant d'attraper l'espèce de tirelire factice entre ses doigts et la laisser tomber aux pieds du jeune homme avant de s'assoir, la tête dressée en signe de fierté.

Comme acculée devant le geste tendre de son animal fétiche, la fillette n'a d'autres choix que de laisser ses doigts danser pour exprimer ses mots silencieux dans sa langue des signes sans que ses lèvres ne puissent s'entrouvrir bien que ses tremblements ne  s'atténuent aucunement.

-Les chous n'à Sisi...Chlow Blanc n'a pas chous...nalows Sisi n'a lonne les chiens pour vesle nachon...Sisi li pawlon n'a nachon pou cha...Chlow Blanc né voulait léfenle Sisi...Sisi n'aime n'aussi fleuws,  Sisi pas voulu faiwe mal n'au monchieu narlinier...
(Ce sont les sous de Sisi...Croc-Blanc n'a pas de sous...alors Sisi donne les siens pour la veste du garçon...Sisi dit pardon pour ça...Croc-Blanc voulait défendre Sisi...Sisi n'a pas voulu faire du mal au monsieur jardinier...)

Les joues rouges et les yeux clos, la demoiselle est un symbole de pureté et de naïveté en précisant candidement qu'évidemment son loup ne possède pas d'argent contrairement à elle. L'animal en question tourne la tête vers lui et lui adresse un regard entendu, sachant pertinemment combien ces quelques économies sont importantes pour sa maîtresse mais ayant dégradé un bien matériel, il se doit de le réparer à sa manière et même s'il ne l'avait pas demandé, il sait que l'enfant l'aurait fait tout de même, se sentant responsable de tous les habitants à plumes ou à poils du parc. Respirant la candeur, elle est toute adorable à proposer son argent pour  rembourser un vêtement dont elle n'a aucune idée de la valeur.

S'inclinant même en signe de pardon, tous les animaux l'imitent comme pour s'excuser collectivement au nom de leur camarade, même le nommé Croc-Blanc en fait de même. Si eux regardent le jardinier droit dans les yeux comme le veut la coutume de la franchise, l'enfant évite la confrontation visuelle en laissant clos son mystérieux regard. Pourtant, il est clairvoyant qu'elle n'est pas aveugle vu  ses gestes précis envers ses amis de la faune, elle sait tout de suite où ils se trouvent comme elle l'a prouvé en tendant le doigt vers les oiseaux quelques minutes auparavant.

S'exprimant en langue des signes et ayant un lien particulier avec les bêtes sauvages, quels autres mystères entourent la petite fille et qu'est qui se cache derrière ses paupières fermées ?
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Lyo Hiroshi
MessageSujet: Re: Le mystère de la nature (Privé)   Mar 11 Oct - 13:02

La confiance est un joyaux. Un lien dont la structure cristalline est taillée, façonnée par le temps jusqu'à atteindre la solidité du diamant. Mais aussi résistant puisse-t-il être, la constitution d'un diamant le rend fragile pour qui sait en déceler les failles.
Mais entre le loup et la fille, nous n'étions pas en présence d'un diamant. L'œil averti d'un homme ayant pu percevoir l'allégorie de cette confiance aurait été confronté à un minerai hybride méconnu dans cette dimension ; un monolithe titanesque dénué du moindre plan de clivage.

Lyo avait perçu ce monolithe. S'il ignorait l'origine d'une telle force, il en découvrait peu à peu la consistance.

Son visage se décorait peu à peu d'un subtile métissage entre amusement et ébahissement en assistant à la sérénade à laquelle s'adonnaient les deux acolytes. Un tel spectacle ne devrait plus le surprendre en ces lieux emprunts de magie. Pourtant, il demeurait presque hébété devant ces deux forces de la nature. Son regard allait et venait de l'un à l'autre sans jamais pouvoir s'y attarder plus d'une seconde sans que son attention ne soit dérobée, tant-tôt par la danse des doigts de la jeune fille, tant-tôt par comportement du loup, qui semblait presque s'humaniser de seconde en seconde.

Il lui avait tendu une pate, que Lyo s'était empressé de saisir, répondant au sourire qu'il avait deviné sur ses babines en enchérissant d'une franche papouille sous l'oreille gauche de la bête.
En débit de l'équarrissage mutuel auxquels tous deux avaient échappé sans que l'un ne se doute que l'autre aurait pu – et pouvait toujours - l'étriper sans mal, le beau et la bête s'accordaient maintenant une confiance fragile, mais convenable compte tenu des circonstances. Mais derrière cette naïve camaraderie entre les deux nouveaux potes inter-espèces, Lyo savait qu'il devait l'intégrité de masse osseuse à la jeune demoiselle encore dissimulée, et dont le moindre regard vers elle était soumis à l'approbation du loup.

Malgré ce masque d'insouciance que la mort elle-même n'aurait su briser, Lyo appréhendait avec inquiétude le comportement de la jeune fille dont les tourments ne semblaient guère s'apaiser.  
Il s'apprêtait à s'adresser directement à elle lorsque les doigts de la demoiselle entamèrent un nouveau ballet incompréhensible pour le jeune homme qui, subjugué par l'activité animale l'entourant, ne vit que tardivement le petit pécule que contenait une boite alors à ses pieds.  
Il suffit au garçon d'un rapide recoupement entre bon sens et interprétation des mots qui avaient retentit pour comprendre que la fillette pensait avoir une dette envers lui, qu'elle escomptait éponger ainsi.

Même s'il avait pensé qu'elle lui était redevable d'un façon quelconque, jamais il ne l'aurait lésé du moindre bien.

Il fut d'abord un peu décontenancé par le regard insistant de la faune locale, faisant un tour d'horizon pour se voir cerné par ces petits yeux perçants. Il eut débord l'intention de refuser tout catégoriquement, mais par peur de se faire picorer les yeux – parce que les oiseaux sont réputés pour se vexer facilement, c'est connu - il se ravisa.
Toujours accroupis, un coude posé sur le genou, il farfouilla machinalement dans la boite au sol à la recherche de la pièce à la moindre valeur.

Jusque là courbé, il se redressa en brandissant un unique yen, faisant virevolter la pièce avant de la ranger dans sa poche.

"Impeccable, c'est pile ce que ma veste m'a coûté !" inféra-t-il alors avec conviction alors qu'il finissait de nouer le mouchoir rouge autour de la boite pour la présenter à l'assemblée des banquiers volatiles.

Lyo découvrait peu à peu l'étendue de la relation qu'elle avait avec son environnement, mais le mystère l'entourant ne se dissipait qu'avec peine.
Il posait alors son regard sur la belle ingénue dont l'expression avait quelque peu changé. Il fit quelques pas nonchalants en appréciant la flore d'un œil attentif avant de revenir dans sa direction, son corps alerte ne trahissant pas le moindre signe d'hostilité. Il s'adressa ainsi directement à elle pour la première fois, s’évertuant à éroder la muraille métaphorique qui se dressait entre eux.

"Sympa c'que tu fais... formula-t-il d'un ton riant en désignant la verdure éclatante du regard, tu m'apprends ?"
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Syria
MessageSujet: Re: Le mystère de la nature (Privé)   Sam 15 Oct - 10:29


Le mystère de la nature




Syria et Lyo Hiroshi



Aussi pure que le plus beau des diamants, la confiance se peint avec magnificence entre l'enfant à la chevelure de neige et le loup aux instincts carnivores. Plus solide que les plus précieuses des pierres, elle éclate en un amour sublime à rendre fou les scientifiques du monde animal. Aussi gentille puisse-elle être parfois, toute bête a sa part de sauvagerie que l'homme peine à reconnaître en sa propre âme.

Un simple petit doigt tendu dans sa direction a suffi à déchirer ses féroces boucliers de défense venu au secours que lui et ses amis de la faune chérissent par dessus tout. Le moindre geste de ce corps frêle serait-il capable d'arrêter les assauts sauvages d'esprits carnivores que l'odeur du sang a tendance à décupler  Pourtant, si la peau du jeune homme présente quelques égratignures et coupures au léger flot d'hémoglobines, les animaux restent parfaitement  impassibles.

Revenant aux côtés de sa jeune maitresse, le loup pousse un grognement de mécontentement pour la forme, histoire de se rebeller contre son instinct lui ordonnant d'offrir le mal à celui ayant osé terroriser celle qu'il adore. Le calme revient s'imprégner en son âme lorsque la fillette tourne lentement sa tête aux yeux clos vers lui pour lui adresser un doux sourire.

Tous les dresseurs, éleveurs et autres experts le diront : certains animaux peuvent être apprivoisés mais personne ne peut se vanter d'établir une telle confiance envers la sauvagerie, le dompteur lui-même ne tourne-il jamais le dos à ses bêtes ? Ils auront beau s'apprécier mutuellement, l'instinct peut l'emporter sur toute affection. Une fois lancé à l'attaque, il est quasiment impossible d'arrêter un animal si ce n'est par des moyens artificiels comme le terrer au sein d'un endroit clos ou des seringues puissantes administrées par balle.

Pourtant, il a suffi d'un simple geste de l'enfant pour que le canidé se calme instantanément.  Aucune once de crainte ne s'échappe de l'étrange petite fille. Ses doigts caressent doucement la tête réclamante d'affection du loup. Gémissant presque à la manière d'un chien, il se gorge de son amour pour s'imprégner du calme ordonné silencieusement.

Ses yeux déterminés se posent lentement sur le jeune homme avant que la colère ne s'atténue peu à peu sous l'effet des gestes apaisants de la demoiselle. Après quelques temps, il se détache d'elle pour se diriger vers son adversaire humain. L'examinant sous toutes les coutumes grâce à son flair, il finit par s'assoir devant lui avant que ses babines ne se retroussent en une sorte d'étrange sourire.

Dévoilant ses crocs étincelants, il les désigne en tendant une patte maladroite vers eux avant de tirer légèrement sur le tissu blanc de la robe de la petite fille. L'extraordinaire manège opère plusieurs fois et le museau de l'animal semble dessiner une moue profondément vexée à l'idée de ne recevoir aucune réaction. La compréhension file enfin vers l'esprit du garçon pour l'éclairer sur la signification du numéro du canidé. Son nom se dessine sous ses mimes intelligents : Croc-Blanc comme le célèbre héros du roman éponyme de Jack London.

L'ébauche d'un rictus de joie se peint sur ses lèvres et il tend la patte devant  l'inconnu pour lui présenter son salut, s'humanisant ainsi de plus en plus malgré lui. La saisissant poliment, ce dernier se permet même une caresse discrète sur son oreille gauche mais aucun des deux n'est dupe sur cette camaraderie bancale. La confiance instaurée est aussi fragile que du verre, prête à éclater au moindre signe jugé provocant.

Bien sûr, une amitié inter-espèces est toujours possible mais le jeune humain n'est pas idiot, il sait très bien qu'il doit la vie sauve à la calme intervention de la fillette, sans quoi le loup carnivore n'aurait pas hésiter à le déchirer pour avoir osé approcher celle qu'il adore. Il est parfaitement conscient que le canidé veille au grain en compagnie des autres animaux réunis autour de la demoiselle. Non pas que le loup ne soit pas sincère dans ses salutations respectueuses, au contraire, mais s'il devait choisir entre ce nouveau camarade et l'enfant aux mèches enneigées, il n'hésitera pas une seconde à trahir cette franche poignée de mains à pattes.

Le joyau de la confiance étincelle de plus belle entre le carnivore et la demoiselle. Tirant légèrement sur sa robe blanche, il semble vouloir communiquer avec elle sans avoir le pouvoir de lui donner des signes verbaux. Pourtant, elle hoche la tête comme si ses oreilles percevaient à la perfection le langage silencieux de son ami.

Effilant ses doigts en direction d'un groupe d'oiseaux voletant autour d'elle, elle les fait danser avec grâce en silence avant que les ailes ne battent vivement dans l'atmosphère. En quelques minutes, une scène que ni Molière ou aucun autre auteurs de théâtre et de cinéma n'auraient jamais pu imaginer tant elle est invraisemblable s'opère.

Les volatiles reviennent en tenant entre leurs pattes un mouchoir blanc où repose une boite de la même teinte fermé par un nœud rouge. Le prenant délicatement entre ses mains, la fillette l'ouvre avec l'une d'entre elles tandis que l'autre agite ses cinq doigts encore libres pour exprimer le fil de ses naïves pensées.

Se portant garante d'une dette imaginaire envers la veste abimée du garçon à cause de son loup, elle se propose de lui redonner de l'argent tiré de son propre pécule. Si au départ, le jeune homme avance un geste de refus, ne désirant sans doute pas diminuer les quelques sous d'une enfant, il se ravise bien vite sous les regards houleux des animaux postés autour de la demoiselle. Non pas qu'ils soient haineux ou autre mais son instinct lui souffle qu'il les vexerait profondément s'il osait offenser leur maitresse si bien qu'il laisse le loup emmener la petite boite dans sa gueule  pour la déposer à ses pieds.  

S'agenouillant sur le sol, il ouvre délicatement la tirelire improvisée avant de farfouiller légèrement à l'intérieur.  Après quelques secondes, il en sort une unique pièce qu'il laisse virevolter entre ses doigts pour que toute la faune la remarque bien avant de la fourrer dans sa poche et refermer le contenant à l'aide du délicat nœud couleur du sang.

-Impeccable, c'est pile ce que ma veste m'a coûté !

Haussant légèrement les sourcils, la petite fille tend légèrement le doigt en direction d'un renard. Percevant instantanément le message silencieux, l'animal roux attrape le petit objet entre ses babines pour le rapporter à sa maitresse. Le rouvrant lentement, elle plonge deux doigts à l'intérieur. Le son d'un remue-ménage caractéristique parmi les quelques pièces résonne dans l'atmosphère.

La petite lève alors la tête en direction du jardinier de l'établissement. Bien que ses yeux soient toujours clos, une étrange expression se dessine sur ses traits mats comme une note de déception et une moue enfantine vexée. Calculant rapidement quelques pièces et billets, elle les jette avec délicatesse aux pieds du garçon avant de laisser ses doigts s'emporter dans sa scène de chaton mal éveillé.

- Sisi né lèle n'aveule volonlaiwement mais ché nomler ché chous...Sisi chait pas nombien na valait veche monchieu Liyo mais pas n'une pièche...Sisi nonnait pas nagent n'ichi mais chait n'habits pas noulent pas nun yen...Chlow Blanc n'a abimé veche, Sisi nomme chous... Monchieu Liyo n'a chous...Sisi n'en n'auwa noles paw cha maman ni mawwaine... (Sisi est peut-être volontairement aveugle mais elle sait encore compter ses sous...Sisi ne sait pas combien valait la veste de Monsieur Lyo mais ce n'est pas qu'une pièce...Sisi ne connait pas l'argent d'ici mais elle sait que les habits coûtent plus qu'un yen...Croc-Blanc a abimé la veste, Sisi donne les sous...Monsieur Lyo aura ses sous...Sisi 'en aura d'autres par sa maman et sa marraine... )

Se faire prendre pour plus bête que soi est extrêmement désagréable, quelques soient la personne victime et l'arnaqueur. La fillette ne fait pas exception, se sentant comme vexée que le jeune homme ait cherché à la duper sur son honnêteté à vouloir rembourser un bien ne lui appartenant pas comme le lui ont appris ses bonnes manières et voilà que cet humain ment ! Le mensonge est banni de son monde, comment pourrait-elle l'utiliser ? Même si ses économies semblent maigres au vu de quelqu'un d'actif dans le monde du travail, la somme est largement rondelette pour une adolescente de son âge.

Ignorant la valeur réelle d'un vêtement tout en sachant qu'il coûte bien plus qu'une unique pièce, elle a lancé à terre un cumul bien plus impressionnant que le véritable prix de la veste. Plus de dix mille yens reposent sur l'herbe pour être offerts en remboursement soit environ 87€ dans la monnaie européenne. Si l'intention du nommé Lyo est de bonne augure au départ, vouloir épargner quelques sous de la tirelire sans offenser la propriétaire, il a voulu essayer de l'arnaquer même s'il ne la pense sans doute pas plus idiote qu'elle ne l'est mais pour une préadolescente en train de grandir et dont la confiance en soi est très fragile, l'idée demeure mauvaise. Si les plus grands mentent aux jeunes, le monde tourne de plus en plus mal.

Certes, les adultes aiment bien arnaquer les enfants avec ces histoires du Père Noël, de la cigogne, de la petite souris et de la naissance dans les choux ou les roses mais bluffer sur l'honnêteté sincère d'une demoiselle est comme une partie de poker mal commencée avec les pires cartes en main et le manque de foi pour réussir à berner tous les joueurs présents. Il est parfois mal avisé d'essayer de profiter de la naïveté de quelqu'un.

Autour d'elle, les animaux se pressent pour lui offrir toute leur caresses à travers divers câlins et léchouilles qu'elle accepte avec mille plaisirs. Sa moue vexée s'éteint rapidement et un tendre sourire se dessine sur son visage bronzée.

Soudainement, ses muscles se tendent comme en alertes et son instinct lui hurle à pleins poumons que l'homme a osé s'avancer de quelques pas. Observant la faune parfaitement en forme après des jours de sécheresse et en dépit de ses efforts, il marque un léger arrêt pour finalement revenir dans sa direction. Si son corps n'émet aucun signal de danger ou autre, celui de la fillette bat à plein régime. Tendue à l'extrême, elle retient un nouveau violent haut-le-cœur lui montant au bord des lèvres.

-- Sympa c'que tu fais... tu m'apprends ?

Les mots aux sonorités étranges résonnent en ses oreilles sans qu'elle n'en attrape immédiatement le sens. La compréhension se glisse en son esprit après quelques secondes. Posant son regard clos sur le jeune homme avant de le laisser tomber sur les vaillantes fleurs multicolores, elle hausse légèrement les sourcils.

Levant l'un de ses doigts avec délicatesse, elle le tend en direction d'un parterre verdoyant et une multitude de plantes plus colorées les unes que les autres se matérialise en un instant dans un magnifique arc en ciel végétal.

Une racine grimpante l'attrape délicatement par la taille avant de la soulever à quelques mètres du sol sans qu'elle n'exprime aucune peur. Les racines des arbres reprennent vigueur sous l'effet de sa douce aura apaisante et Hélios lui-même semble se refroidir devant sa fille spirituelle. Les yeux clos, le tissu de sa robe blanche voletant légèrement et ses cheveux de neige, elle est presque semblable à un ange. Ses doigts gracieux enchainent leur danse connus d'eux seuls pour y peindre la magnificence de sa langue silencieuse, cette étrange voix enfantine résonnant en l'esprit du garçon sans qu'elle-même n'entrouvre ses lèvres délicates.

- Sisi fait cha noule cheule...Sisi chait pas n'appwenle cha...Cha vient nou cheul...Si Monchieu né nawlinié n'ichi...Sisi né nomme narlinièwe navé mazie...Zens n'on lit n'à Sisi né filleu Nélioch, choleil ni naluwe...Pas wai...Sisi né juche Sisi... (Sisi fait cela toute seule...Sisi ne sait pas apprendre ça...Cela vient tout seul...Si le monsieur est jardinier ici...Sisi est comme une jardinière avec de la magie...Des gens ont dit à Sisi qu'elle est la fille d'Hélios, le soleil...Ce n'est pas vrai...Sisi est juste Sisi...

Portée par la puissance infinie de la nature, l'aura cristalline de la petite magicienne éclate dans un feu d'artifice de pure innocence, pareille à un ange des plus parfaits comme le feu Lucifer. Qui est-elle donc ? L'enfant du divin astre solaire, celui du Diable comme certains le disent de leurs langues venimeuses et jalouses ou bien le résultat d'un quelconque mystère que très rares sont ceux à avoir percé le secret ?
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Lyo Hiroshi
MessageSujet: Re: Le mystère de la nature (Privé)   Sam 29 Oct - 12:08

La flore est le reflet même de la patience. Du bourgeon à l'éclosion, de l'arbuste au chêne massif, il peut s'écouler des jours, des mois, des années. Et dans un soucis d'éternelle constance, les fleurs jaillissent avec nonchalance au fil du temps, subissant sans broncher à l'activité destructrice de l'homme pour toujours renaître avec élégance et gratifier la verdure de ses nuances chromatiques.

Mais dans de rares circonstances impliquant la présence d'une illustre fillette à la renommée inégalée dans l'univers végétal, les fleurs pouvaient donner libre court à leurs pulsions d'impatience pour prendre leur revanche sur le temps.
Comme tirées d'une hibernation souterraine, la flore explosait avec grâce à la demande implicite de la demoiselle. Sous les yeux émerveillés du jeune homme s'épanouissait une multitude de fleurs débordantes de couleurs que le spectre lumineux lui-même peinait à honorer.

Alors que son regard vagabondait avidement sur ce banquet graphique, il suivit la courbe d'une racine se cambrant spontanément pour soustraire la petite dame à l'incrédulité du garçon en même temps qu'elle s'éloignait du sol. Il constatait alors que son visage redevenait paisible à la mesure qu'elle interagissait avec la vie l'entourant, si tant est que cette vie n'était pas humaine...

Lyo n'eut le temps de profiter du spectacle qu'un court instant avant que son regard ne se pose sur la somme rondelette qui gisait au sol sans défense et qui, soit dit en passant, surpassait de loin le coût de sa veste.

Il avait perçu la réaction amère de la demoiselle, et même s'il était bien loin d'avoir la moindre intention malveillante à son égard, il en était aussi loin de la détrousser ainsi pour flatter son égo.
Néanmoins conscient de sa probable réaction s'il avait fait part de son refus catégorique, il se planta devant l'amas de pièces et billets jonchant le sol pour le considérer du regard avec un mépris amusé.

Comme pour répondre à sa démonstration, il tendit le bras parallèlement au sol, sa main tournée vers le petit îlot de yens qui, comme soudainement privé de son attrait originel pour le sol, s'éleva pour rejoindre le creux de sa main sans faire d'histoire.
Alors qu'il garnissait les poches de son pantalon, son regard parcouru rapidement l'horizon pour chercher l'attention de la faune environnante avec l'espoir d'avoir suscité un brin d'intérêt à la demoiselle par leur biais.
Mais sans lui laisser le temps de manifester la moindre réaction, il parla.

Parmi les élucubrations qui avaient raisonné dans sa tête depuis cette fortuite rencontre, et dont le sens lui échappait pour la plupart, un mot – ou un nom – semblait revenir de façon relativement constante.

"Sisi... c'est ton nom, "Sisi" ? s'enquit-il de demander avant de poursuivre sans attendre de réponse, le ton mystérieux : Eh bien Sisi..."

Il fit un quart de tour sur lui-même en regardant aux alentours d'un faux air distrait, les mains dans les poches. Il fit durer cet instant de silence quelques secondes avant que son regard candide ne se pose à nouveau sur elle, ses lèvres s'étirant de son sourire coutumier.

"Est-ce que t'as faim ? Moi j'ai la dalle ! Allez, c'est moi qui régale !"

Il fit alors volte-face pour s'élancer d'un pas paisible et décidé en direction de la civilisation. Il ignorait encore si la fille allait le suivre. Même si elle avait vaguement élagué les méandres de broussailles énigmatiques qui entouraient sa personnalité, Lyo ne parvenait à en distinguer que quelques stries de lumière au travers des ronces et des hautes herbes. Il savait pourtant que cette barrière dissimulait un jardin florissant aux mille couleurs qu'elle se gardait bien d'arborer aux êtres pourvus de parole...
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