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 Lewis Graham // I eat you more elegantly than drinking wine

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Lewis Graham
MessageSujet: Lewis Graham // I eat you more elegantly than drinking wine   Mar 20 Sep - 21:59







× Lewis Graham ×


× Physique



Graham c’est clairement pas un type avec lequel t’as envie de te retrouver en tête-à-tête.
Tu saurais pas vraiment expliquer pourquoi mais tout chez lui te donne envie de prendre tes cliques et tes claques et de te tirer très très loin, très très vite. En général tu le vois même pas quand il est là et pourtant t’as la chair de poule ; il suffit de sentir son souffle brûlant dans ton cou pour que ton instinct de survie s’emballe. Il est là, derrière toi - et sa présence suffocante te glace le sang.
Faut dire que franchement Graham c’est pas l’archétype du mignon petit garçon. Il a même une silhouette carrément pas nette. Il se meut avec une nonchalance insolente, mais t’as sans cesse l’impression qu’il va te sauter dessus pour te bouffer tout cru. Graham, ça peut pas être une personne, que tu te dis glacé en voyant luire deux points rouges dans la pénombre ; c’est pas une personne non, c’est une bête.
Et de la bête il a pas mal d’attributs. Les sourire carnassiers qu’il adresse aux proies qu’il s’apprête à déchiqueter dévoilent deux rangées de crocs horriblement pointus. Ses yeux aux pupilles larges brillent d’une inquiétante lueur écarlate ; et si il enlève ses gants en cuir, tu pourras sans doute plus détacher ton regard de ses griffes puissantes et abominablement effilées. Mais le plus angoissant chez lui ça reste sans doute ses étranges oreilles velues et pointues qui frémissent au moindre petit bruit ; et puis y’a aussi cette queue touffue, toute noire, qui s’agite frénétiquement quand quelque chose bouge dans les fourrés. Il pourrait les cacher, Graham, ces trucs-là. Mais on dirait qu’il a renoncé depuis longtemps à la normalité. En lui, c’est un peu la bête qui a gagné.
Et c’est en bête qu’il bande ses muscles lorsque il perçoit au loin les bonds gracieux d’une biche s’enfuyant dans les bosquets ; c’est en bête qu’il arcboute son corps athlétique en position d’attaque – et c’est alors un mètre quatre-vingt de nerfs tendus et de force qui, tapis dans l’ombre, épie patiemment le moment opportun. Tu clignes des yeux une seconde, et il a déjà bondi en hurlant à la mort.
Endormi pourtant il semble presque mignon Graham  –avec ses longs cils frémissants, sa chevelure en bataille ou s’entremêlent confusément des épis noirs et blancs et ses petits soupirs de louveteaux, on pourrait presque le prendre pour un animal innocent. Il en a trompé plus d’un, Graham. Mais quand brille la pleine lune, la nature reprend ses droits : et sous les rayons argentés de l’astre, c’est désormais un loup noir, immense et aux crocs saillants qui te fixe de son regard rouge ardent. Un énorme monstre incontrôlable et affamé.
Et là, t’as intérêt à courir vite.
Très, très vite.

 



× Mental



Avec Graham faut être prudent. Il est imprévisible, violent, agressif. Tu sais jamais vraiment ce qui se passe dans son crâne mais il pense sans doute pas à des petites histoires sympa où tout le monde est heureux et gentil.
Graham il peut te sauter dessus à tout instant pour te faire la peau si tu dis le mot de trop. Il prend pas spécialement plaisir à être violent mais la vie lui a appris qu’un être vivant c’est toujours un être qui va potentiellement chercher à te descendre tôt ou tard. Alors mieux vaut être trop prudent que pas assez.
Le mieux avec lui c’est encore de s’écraser : il est extrêmement fier Graham, et il supporte mal qu’on contrarie son petit ego. C’est un mâle alpha après tout.
Graham aime se battre et montrer au monde entier à quel point il est balaise : y’a que pendant les bagarre où il a vraiment l’air comblé. La peau craque, le sang gicle, les viscères se déversent en un immonde flot clapotant et rouge – mais lui il est heureux, et il sourit, et il rit même. Au fond de lui y’a un bizarre instinct qui prend son pied rien qu’en reniflant la lourde puanteur du sang frais.
Et il en a tellement honte, Graham. Tellement, tellement honte. Il tire à bras le corps les petits bouts d’humanité encore enfouis tout-au-fond de lui. Mais la bête est plus puissante. La bête c’est une ombre – noire, immense, implacable - qui l’écrase de tout son poids, de toute sa force. La bête elle est toujours là, dans les tréfonds de son inconscience, à l’épier avec ses grands yeux ardents. Et lorsque la lune brille, Graham il peut plus lutter contre elle. Alors il s’abandonne - et la sauvagerie et la brutalité reprennent le dessus dans leur forme la plus primaire. Plus rien n’existe, plus rien ne compte – sauf cette soif de sang, cruelle et destructrice, qui lui ravage les entrailles. Tuer. Déchirer. Briser. Massacrer. Encore et encore, jusqu’à plus soif. Des nuits durant cette horrible litanie tourne à n’en plus finir piégée dans les volutes inconscientes de son esprit bestial.
Et il se réveille hagard au milieu du carnage. Les yeux vides, les mains rouges, il a pas beaucoup de choix le Graham. Il peut pleurer et se morfondre, ou se relever et essayer de rester digne, un peu.
Au fond Graham il est pas méchant. Il est même plutôt gentil. C’est juste que sa lutte perpétuelle avec l’autre partie de lui-même l’épuise. Il en peut vraiment plus Graham de s’accrocher à des micros bouts d’espoir.
Alors il se laisse tout simplement aller en espérant vaguement ne pas finir par se faire complétement bouffer.



× Histoire



Londres, 1888.

La tamise roule ses eaux sales le long des docks grisâtres de Tower Hamlet. Une odeur poisseuse de pêche pourrie emplit l’air dense de la nuit tombante. Au loin, un chien aboie vaguement.
Un gamin sale traîne le long des quais. Ses cheveux noirs tombent en bataille sur son front crasseux. Il compte d’une main incertaine les quelques pièces qu’il a ramassé à l’occasion. Clairement pas de quoi nourrir un homme.
Sur l’eau noirâtre du fleuve glissent déjà les rayons fantomatiques de la lune. Le garçon frémit et hâte le pas.
Il remonte les rues crasseuses de Tower Hamlet en faisant à l’occasion quelques détours pour éviter les types louches qui traînent de ci de là. La nuit se faufile insidieusement entre les bâtiments. Derrière les maisons, des ombres morcelées dansent sur les pavés grisâtres. Le gamin claque des dents – pourtant, il ne fait pas si froid.
« C’est à cette heure-ci que tu te pointes ? »
Le corps du garçon s’affaisse sous la violence de la claque qu’il vient de se prendre. Il l’avait pas vu venir, celle-là – pourtant d’habitude il arrive plus ou moins bien à esquiver les coups de son patron. Depuis le temps, il connaît par cœur sa gestuelle – la façon qu’il a de lever lourdement sa main droite, ses soupirs de bœuf quand il abat furieusement son bras, les roulements comiques de ses gros yeux humides dans ses orbites – oui, il ne connaît tout ça que trop bien, le gamin.
Sonné, l’enfant se frotte la joue. Il balbutie quelques phrases incompréhensibles pour tenter de s’excuser mais son gros employeur menace déjà de lui en recoller une. Alors le garçon baisse les yeux et se faufile vite fait à l’intérieur du bâtiment.
Du plus loin qu’il se souvienne, Lewis a toujours travaillé dans cette auberge  miteuse de Whitechapel. Apparemment, le tenancier l’a trouvé à moitié mort dans une ruelle pas très loin, alors qu’il n’était même pas assez âgé pour formuler une phrase correcte. L’homme l’a recueilli et depuis qu’il sait marcher Lewis travaille dans son établissement histoire de « payer sa dette » comme le lui répète à longueur de journée son gros patron. « Si je ne t’avais pas trouvé tu serais crevé comme un rat à l’heure qu’il est » qu’il lui assène au moins trois fois par jour. Alors Lewis fait de son mieux pour contenter celui qui l’a recueilli. Il nettoie les chambres, cuisine, fait le service ; il travaille sans compter, se lève très tôt et se couche très tard ; il ne prend presque jamais de repos et se tue à la tâche même quand il est malade. Il se dit qu’il doit bien ça à l’homme qui l’a sauvé, après tout.
Il y a beaucoup de choses à faire ce soir. Lewis remonte les manches de sa chemise noire de saleté et astique, décrasse, lave et cure pendant plusieurs heures sans lever une seule fois le nez. Il n’entend même pas le tenancier s’approcher de lui en douce, et sursaute violemment en sentant la pression de sa main massive sur son épaule.
« Hé petit… Tu devrais t’arrêter un instant… »
Lewis hausse un sourcil. Il n’est pas habitué à ce que son patron lui parle aussi gentiment. En fait, il trouve ça même vraiment suspect. Il pose son chiffon sur une table et attend, craignant que quelque chose ne lui tombe dessus.
« J’aurais un service à te demander mon garçon… Tu sais le type qui est arrivé hier… Il veut te voir là, ce soir. Dans sa chambre. »
Lewis écarquille les yeux et lâche sans réfléchir :
« Moi ? Mais pourquoi ? »
Le garçon plaque immédiatement ses deux main sur sa bouche. L’aubergiste déteste qu’on lui répondre. Lewis ferme les yeux, attendant la gifle – mais elle ne vient pas. A la place, le tenancier lui tapote à nouveau l’épaule ; pour un peu, Lewis jurerait qu’il essaye de se montrer gentil.
« Oui oui, toi. Vas-y maintenant, il t’attend. »
Lewis, bouche-bée, dévisage un instant le visage aux traits rudes de celui qui l’a adopté. Il ne comprend pas pourquoi l'aubergiste lui demande une telle chose, et sur un ton aussi amical qui plus est – mais en tout cas, ça ne lui dit rien de bon. En plus, le type qui le demande, là, il le sent vraiment pas. Il l’a croisé hier alors qu’il était en train d’astiquer les tables de la salle commune et il lui a paru vraiment suspect. Quand leur regard à tous les deux se sont croisés, Lewis n’a pas pu s’empêcher de frissonner.
Mais le tenancier se fait pressant :
« Allez, vas-y maintenant ! C’est bon, je finirai ça moi-même. Dépêche-toi un peu ! »
Lewis cligne des yeux et quitte lentement la pièce. Une peur froide et terrible lui tord les entrailles ; il ne veut vraiment pas y aller, non, il ne la sent pas du tout, cette histoire-là. Mais entre ça et la volée de coups qui l’attend s’il refuse de faire ce qu’on lui a demandé, il ne sait pas vraiment ce qui est le pire.
Quand même, il décide de faire un détour par la cuisine. Sur la table traîne un petit couteau. Lewis s’en saisit et le glisse dans une des poches de sa chemise. Mieux vaut être trop prudent que pas assez.
Il monte lentement le vieil escalier grinçant de l’établissement. Ses jambes vacillent un peu plus à chaque nouvelle marche. Il doit s’agripper à la rampe pour ne pas tomber.
Il traverse le couloir en tremblant. Il fait sombre. L’atmosphère croupie lui pique le nez. La chambre du type est tout au bout. Plus Lewis avance et plus il a l’impression que la porte à laquelle il doit frapper s’éloigne dans le noir.
Une goutte de sueur froide glisse lentement dans son dos alors qu’il s’apprête à toquer sur le panneau de bois mangé par les vers. Il n’a sans doute jamais ressenti aussi pressement l’envie de fuir. En déglutissant, il finit par toquer trois fois contre la porte.
Aucune réponse. Lewis baisse le bras et attend dans la semi-obscurité, priant silencieusement pour que personne ne lui ouvre.
Mais la porte finit par s’entrebâiller sans que personne ne semble avoir touché à la poignée.
La chambre est plongée dans le noir. Seule une petite bougie projette faiblement sa lumière sur les murs couverts de mousse. Lewis plisse les yeux et ose faire un pas.
« Bon-bonsoir ? On m’a dit que vous vouliez me voir… Et ben euh… Je suis là maintenant… »
Pas un bruit. Le cœur de Lewis s’emballe. Y a-t-il vraiment un être humain dans cette chambre ? Pourtant, le garçon sent bien une présence… Mais l’ombre est trop forte et il ne distingue rien.
Il ose faire un pas de plus. Maintenant, il est tout-à-fait entré dans la pièce – mais son occupant ne se montre toujours pas.
« Euh… Si vous n’avez pas besoin de moi… Je vais redescendre, j’ai des choses à faire… Je suis déso… »
La porte derrière lui claque brusquement. Lewis pousse un hurlement. Quelqu’un – ou quelque chose – vient de le saisir par les épaules et l’a plaqué violemment contre un mur. Épouvanté, le gamin tente de se dégager de toutes ses forces – mais on le tient fermement par les poignets.
« Arrêtez ! Lâchez-moi ! Au secours !! » Hurle-t-il à plein poumons.
Mais la voix de Lewis faiblit lorsque sent un souffle brûlant dans son coup. Il se rend compte soudainement que l’homme qui vient de l’attraper dégage une odeur affreuse – une odeur monstrueuse, une odeur de mort.
« Ne me faites pas de mal, je vous en prie », sanglote à présent le gamin. Il est désormais sûr qu’il va mourir. Il le sait, sa vie s’arrête ici, dans cette chambre.
   La poigne de l’homme se resserre. Le garçon sent ses doigts s’engourdir. Le souffle de son agresseur lui est insupportable. Alors, dans un ultime effort désespéré, Lewis parvient à lever le genou et à asséner un coup dans le ventre de l’attaquant. Celui-ci le lâche immédiatement en poussant un hurlement à glacer le sang. Lewis se dégage de son étreinte et se jette sur le côté. Où est la porte ? Où est-elle ? Il ne voit rien du tout et dans son effroi trébuche sur un coin de table.
Lewis roule sur le sol. La table se renverse. La bougie posée dessus tombe à terre.
« Il faut que je m’en aille, il faut que je m’en aille ». À, tâtons, il essaye de se relever, mais une énorme main surgit de l’obscurité, l’agrippe par le col et le jette violemment à l’autre bout de la pièce. Sonné, le garçon se frotte vaguement le crâne. Quelque chose de chaud et d’humide coule le long de sa joue. Avant qu’il ne puisse même songer à se relever, l’homme a déjà fondu à nouveau sur lui.
La flamme de la bougie coule sur le parquet en bois de la chambre. L’obscurité de la pièce est désormais déchirée par de petites flammes rouges et orange qui tressautent frénétiquement sur le sol.
Lewis aperçoit enfin le visage de son agresseur. Il ne peut s’empêcher de hurler à nouveau. L’homme qui l’agrippe n’a rien d’humain. C’est une bête. Un véritable monstre. Ses énormes yeux rouges observent Lewis avec une fixité effroyable.
En pleurant, Lewis tente à nouveau de repousser la créature ; mais celle-ci plaque violemment sa gigantesque main sur la gorge du garçon et commence à la serrer. Le garçon suffoque. Un filet de bave coule le long de son menton. Alors que sa vision commence à se troubler, il croit voir se dessiner un rictus horrible sur les lèvres de son agresseur.
La créature ouvre une gueule béante où luisent deux rangées de dents effroyablement pointues – des dents sales, jaunes ; des dents, le gamin le sait, qui ont déjà déchiqueté la chair de nombreux êtres vivants avant lui – et maintenant, c’est à son tour d’y passer.
Brusquement, la bête se jette sur lui.
Une douleur insoutenable explose au niveau du cou de l’enfant. Le monstre a enfoncé ses crocs dans sa chair. Lewis frissonne en sentant l’humidité horrible du sang qui se déverse le long de son épaule et de son torse. La terreur atténue le supplice de la morsure.
Soudain, sa vision s’éclaircit. Il distingue désormais tout très nettement. Le visage effroyable de son attaquant, la pièce miteuse, les flammes qui grandissent de plus en plus contre les murs. Profitant de cet instant de lucidité, il glisse une main dans l’une des poches de sa chemise. La bête le tient toujours fermement, et ses dents ravagent sa chair.
Lewis dégaine brutalement le couteau qu’il a dérobé plus tôt à la cuisine et l’enfonce dans un des yeux énormes de son agresseur.
Le monstre le lâche immédiatement en poussant un nouveau cri de souffrance abominable. Mais grâce aux flammes qui courent désormais le long des poutres, Lewis voit clair. Il se précipite en direction de la porte, tourne la poignée d’une main tremblante et s’enfuit à toute jambe.
Des gens sont sortis de leur chambre. Ils ont entend des cris, des bruits de lutte, et ils ont senti une drôle d’odeur. En voyant un épais filet de fumée noire s’échapper de la dernière pièce du couloir, ils comprennent immédiatement ; tout le monde cherche désormais à s’enfuir. Partout, ça hurle, ça court et ça se bouscule. Lewis manque de tomber dans l’escalier alors que les clients se ruent en direction de la sortie. Au rez-de-chaussée, le patron crie lui aussi en agitant les bras. « Que se passe-t-il ? Que se passe-t-il bon sang ? LEWIS ! LEWIS !! »
Mais le garçon ne lui répond pas. Plus rien ne compte désormais pour lui : il n’a qu’une idée en tête, fuir d’ici le plus loin possible. Il ne peut pas, il ne veut pas rester une seconde de plus.
Malgré les clients apeurés, il parvient à gagner la sortie, ouvre la porte, et s’éloigne en courant à toute vitesse dans les rues sombres.


Lewis est tombé très malade.
Dans l’hospice où il a été accueilli, on pensait qu’il ne vivrait pas plus de quelques jours. L’aumônier lui donnait trois nuits, tout au plus. Lewis délirait ; il vomissait le moindre aliment qu’on tentait de lui faire avaler. Sa fièvre refusait de baisser et la plaie dans son cou ne cicatrisait pas. L’odeur affreuse qu’elle dégageait faisait grimacer même les religieuses. « Il va mourir, c’est sûr ».
Et puis brusquement son état de santé s’était stabilisé. Lewis s’était calmé. Il avait arrêté de hurler des heures durant des suites de mots sans logiques. Mais il restait pâle et refusait de s’alimenter.
« Non, je n’ai pas faim… » Murmurait-il en repoussant les assiettes de soupe qu’on lui apportait.
En fait, il n’avait pas envie de soupe. Il n’avait pas envie de nourriture.
Lewis allait mieux physiquement mais il ne se sentait pas bien. Il avait moins de fièvre et pourtant il était perturbé, agité. Il se demandait s’il n’était pas en train de devenir fou. Oui, il avait le sentiment qu’il sombrait petit à petit dans la folie. D’ailleurs ici tout le monde le prenait pour un dingue. « Si jeune et déjà bon à interner... ». Personne n’avait cru à son histoire quand on lui avait demandé à quoi était due sa blessure dans le cou. « C’est un chien enragé qui t’a mordu, hein ? » « Non, non ! » répondait alors Lewis en pleurant. « C’était un homme, non, un monstre ! Avec des yeux rouges, et des crocs comme ça !… Des crocs énormes… » Les religieuses secouaient la tête et s’éloignaient du lit du gamin en parlant à voix basse. « Si jeune, ah, si jeune et déjà bon à interner… »
Lewis n’allait pas bien. Il faisait des rêves confus et tortueux dont il ne se souvenait jamais. Il avait de longs moments d’absence et ne parvenait plus à se concentrer. Surtout, il refusait toujours de manger quelque chose. Pourtant, il avait faim - non, il mourrait littéralement de faim, ça lui ravageait les entrailles cette faim, la nuit ça le réveillait violemment, il mouillait ses draps à force de baver des heures et des heures durant.
Mais rien ne lui faisait envie. Les religieuses lui apportaient toujours de la soupe, parfois du pain dans les bons jours – et rien que d’en sentir l’odeur, ça lui donnait envie de vomir.
Oui, Lewis était en train de devenir fou. Il croyait entendre distinctement les voix des cohortes d’ouvriers marchant dans la rue ; il croyait sentir vraiment les odeurs se dégageant de la cuisine au sous-sol ; il croyait discerner clairement le visage des religieuses dans l’obscurité, alors qu’elles discutaient à l’autre bout de la pièce. Il croyait tout entendre, tout voir, tout sentir – et ses hallucinations perpétuelles l’épuisaient autant qu’elles le tétanisaient. « Elles ont raison, je vais finir à l’asile… Je suis fou, je suis fou » pensait-il en se prenant violemment la tête entre les mains.
Parfois dans ses délires, il pensait distinguer les silhouettes floues des religieuses en train de se pencher au-dessus de son lit. Et il tendait les mains, comme mû par une sorte de pulsion incontrôlable ; et il espérait, vaguement, les atteindre au cou, et déchiqueter leur gorge blanche dissimulée derrière leur mouchoir. Puis il se réveillait brusquement, seul, trempé de sueur.
Lewis ne comprenait pas ce qu’il lui arrivait.
Il se surprenait parfois à lorgner durant de longues minutes sur les sœurs, la bouche grande ouverte et l’estomac agité par de violents gargouillis. Il se giflait alors, à la fois terrorisé et dégoûté de lui-même. Que pouvait-il bien se passer, à la fin ? Qu’est-ce qui ne tournait pas rond, chez lui ?
Les jours passaient et Lewis refusait toujours la soupe des religieuses. À chaque fois que l’une d’entre elles s’approchait de son lit pour lui apporter le bol, il humait goulûment l’air, décelant derrière le fumet écœurant du bouillon clair l’odeur suave et délicieuse du corps de femme – ce corps doux et caressant, aux courbes pleines et délicieuses… Succulentes… Appétissantes…
Et à chaque fois il sursautait, comme s’il s’éveillait brusquement d’un mauvais rêve. Il se répugnait.
Des nuits entières il se retournait sur sa couche inconfortable. Il commençait à comprendre. À se rendre compte. Mais il ne pouvait pas l’accepter. Cela lui glaçait le sang rien que de l’envisager.
Il pensa à se jeter du haut de la fenêtre pour en finir au plus vite. Mais il n’y parvint pas. Il était trop lâche pour ça.
Mais sa faim se faisait de plus en plus pressante, de plus en plus douloureuse. Les instants de rêveries cruelles du jeune homme se prolongeaient. Amaigri, avide, il sentait sa volonté faiblir un peu plus chaque jour.
Un soir que la lune projetait ses rayons nébuleux sur les draps grisâtres de son lit, Lewis se glissa hors de sa couche.
L’hospice fut réveillé en sursaut par des hurlements abominables. Dans les couloirs de l’établissement, les cris des sœurs paniquées raisonnaient en une sorte de litanie funèbre. Une nonne avait été agressée dans la cour. Ses vêtements en lambeaux laissaient entrevoir des plaies profondes, comme si un animal sauvage l’avait cruellement griffé. « Il y a un loup ! Il y a un loup dans la cour ! » Hurlait-elle terrifiée.
Le lendemain, les religieuses ne trouvèrent personne dans le lit de Lewis.


Il se passa beaucoup de choses cette année à Londres. La population jasait, passablement inquiète. Les journaux se vendaient comme des petits pains tandis que le sang frais coulait à flot sur les pavés.
La confusion était grande et les spéculations allaient bon train.
Au bout d’un an, Lewis fut rassasié. Il n’était plus le petit garçon apeuré qu’on avait recueilli à l’hospice. Il se sentait désormais sale, immonde, monstrueux. Ces douze derniers mois, il n’avait pu retenir sa folie meurtrière, cet instinct cruel qui accaparait tout son être pendant des nuits entières. À présent, il reprenait ses esprits doucement, comme lorsqu'on s’éveille après un mauvais rêve.
Il ne pouvait plus rester dans cette ville. Alors il partit.

Il erra pendant de longues années. Il visita de nombreux endroits. Il se battit souvent. Il rencontra des gens comme lui et de rage et de dégoût il les massacra – c’était un peu une façon de se venger de lui-même et de l’atrocité qu’il était devenue.
Il s’imposa de nombreuses fois auprès des créatures sauvages. Il rejoint des meutes, les domina et les quitta aussi brusquement qu’il les avait conquises. Il chassa et dévora, renonçant petit-à-petit à cacher cette part de lui dont il était si écœuré.
Il voyagea beaucoup. À, la fin, il allait au hasard, sans vraiment réfléchir. Il se glissait secrètement dans les cales des bateaux et dans les derniers wagons des trains. Il attendait juste que la vie le quitte.
Il ne savait pas vraiment où il était ni depuis combien de temps il vagabondait quand il aperçut un jour la silhouette accidentée d’un château se détachant comme une ombre sur le bleu du ciel. Sans savoir vraiment pourquoi, il sentit soudainement l’irrépressible envie de s’approcher du bâtiment.
Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas eu envie de quelque chose, Graham.
Arrivé devant les portes de la Magical Academy, il hésita un instant. Quelque chose allait sûrement merder, c’était sûr et certain.
Il haussa les épaules. Après tout, il n’avait plus rien à perdre.
Et Graham entra.





Quelques Infos

Âge Quelques 200 ans
Sexe Masculin
Orientation « Ça te regarde, bouffon ? »
Groupe Lycans
Pouvoir Lycantropie
Alignement Loyal mauvais
Familier//


Comme tous les lycans, Lewis possède des sens bien plus développés que les humains et une force extraordinaire - et ce, même lorsqu’il n’est pas transformé. Il ne peut en revanche pas se changer en loup à volonté : il faut pour cela que la pleine lune brille. Exposé aux rayons lunaires, Lewis se transforme alors en un loup gigantesque (environ deux mètres au garrot) et perd toute humanité. Il n’est plus qu’une bête sauvage mue uniquement par son instinct. Il est alors possible de l’arrêter grâce à des objets en argent, qu’il craint comme la plupart des lycans.


Et derrière l'écran ?

Pseudo Ika
Âge 21 ans
Disponibilité Je peux passer tous les jours \o
Un petit mot ? Merci Keru de m’avoir convaincu" de m’inscrire après des mois de stalking ! Et merci au staff de m’avoir laissé un délais supplémentaire pour cette fiche orz

© Halloween × CICI

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Pouvoir: Manipulation du sucre et autres vitamines. Communion totale avec la nature
Items:
Statut: Célibataire
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Syria
MessageSujet: Re: Lewis Graham // I eat you more elegantly than drinking wine   Ven 23 Sep - 12:54

Bienvenue à la Magical Academy

J'espère que tu t'amuseras parmi nous

Après lecture, rien ne cloche sur ta fiche si ce n'est ton âge, j'ai un peu tiqué parce que d'ordinaire les lycans ne vivent pas aussi longtemps mais bon, toutes les créatures magiques sont différentes =).

Tu es officiellement validé et rajouté au groupe des Lycans

Je te souhaite de futurs bons rp

_________________

Merci pour les roses, Raphael, Arcaz, Lara, Shana, Angel, MayLyn, Yogi, April, Elena, Yogi, Akihito, Soudo, Zoldik, Shiruku, Rin et Alice ♥


Merci pour les baisers, Aurore, Sirë, Lara, Hanabusa, Maylyn, Elena, Tensa, Leona, Yogi, Akihito, Shiruku, Zoldik, Rin, Miyuki et Aoi ♥
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