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 Dans la toile du paranormal, tout est lié ~ (Featuring Shiruku Haru)

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MessageSujet: Dans la toile du paranormal, tout est lié ~ (Featuring Shiruku Haru)   Lun 25 Avr - 14:58

La Magical Academy... Un établissement aux allures de bastion médiéval renfermant bien de quoi contrecarrer toutes les armées qu'on y rangerait en temps normal. Peuplé d'une myriade d'entités tout droit sorties de contes de fées; de mythes et légendes urbaines, d'autres créatures fantastiques et éblouissantes, bien que tout aussi dangereuses les unes que les autres; l'enfant qui sommeille en toi prend à tes multiples observations autant de gifles qu'il en faut pour lui arracher la joue. Le choc est puissant, mais tout de même contenu... Après ta funeste expérience et les explications de tes parents, tu n'avais, à vrai dire, que très peu de mal à croire à tout un Univers disposé pour des cas comme le tien. Si quelques notions résonnent encore tels des synonymes de "salades", "absurdités" ou encore "moqueries puériles"; tu es presque assuré qu'on te fit enfin part de la vérité. Le jour même avant ta discrète arrivée en ces lieux encore non descriptibles; là où une bribe de souvenir nous ramène; ton père t'avisait avec un soupçon de désarroi que ta mère traduisait, quant à elle, par la douce agonie de son bonheur habituel. Tu n'avais plus droit au baratin quotidien et saugrenu auquel tu ne pouvais couper chaque matin... Le malheureux couple tenait un tout autre discours à ton encontre.

-Nous avons été à la Magical Academy, ta mère et moi... Nous y étions bien obligés, puisque nos... "Pouvoirs", comme le folklore aime à les appeler, nous attiraient là-bas ensemble. Mais, rassure-toi... Ça n'a rien d'une forteresse maléfique et ridicule comme tu as pu en voir dans n'importe quelle fiction. Un bref silence servit à marquer une pause, avant que ta maternelle ne se motive à reprendre la parole; le timbre de voix moins professionnel et sec en émotions que le père. -... On a vraiment été terrifié par ce qui t'est arrivé. Mais, on savait que ça allait venir tôt ou tard... Tu tiens un peu de nous, j'ai bien envie de dire. Mais, toi... Tu as quelque chose de bien trop différent pour qu'on puisse le comprendre. Tu... Mon dieu, mais je.. Je...

... Avant qu'elle ne s'effondre en larmes, constatant du mortel double tranchant que ton don représente, tu te souviens que le mari l'avait chaleureusement accueillie dans ses bras, non sans essayer de réconforter sa dulcinée par quelques caresses attentionnées. Toi, tu étais affalé dans le canapé qui tenait le médiocre rôle de façade contre ces deux-là. Mais il ne te suffit de pas plus pour te déterminer à rejoindre le lieu-dit; curieux et équitablement apeuré par ton soi-disant talent, ce sont surtout les perles sentimentales qui ruisselaient le long du teint pâle de ta tendre mère qui t'ont poussés à t'exécuter. Depuis cette décision toute somme inconsciente et peu solidement justifiée, tu ne cesses de déglutir en te jugeant bête comme tes pieds... Dans quoi t'engages-tu, exactement ? D'innombrables couloirs labyrinthiques liés les uns autres par autant de détours inconcevables, certes; et peuplés d'anomalies ambulantes comme des sortes d'hybrides ou de mages aux pouvoirs toujours plus originaux... Mais sur quelle voie te guide ton éternel Destin ?

À l'heure qu'il est, ça ne fait même pas une journée depuis que tu as fugué du foyer pour explorer l'endroit. Ton instinct te susurrait avec justesse que tu faisais le bon choix, et une indirecte sensation de soulagement t'aidait à progresser davantage vers l'inconnu. Le visage faisant abstraction de tout sourire, tu n'étends qu'un rictus nerveux à celui qui t'a été accordé comme guide temporaire jusqu'à la chambre qui te sera accordée. Il semble ici qu'on anticipait ta venue sous tous ses angles... Preuve supplémentaire qu'un brin de spécial te particularise au plus profond de toi ? Non, non, c'est impossible... Tu n'es qu'un banal humain perdu dans les sillons du paranormal. Oublié dans les méandres d'une folie fantaisiste à laquelle tu te prêtes paradoxalement sans même te poser de question; comme si ta propre logique acceptait autant de faits sans broncher du tout. À vrai dire, tu n'avais pas d'autre choix...

... Sans véritable parlotte, on te conduisit jusqu'à l'internat après avoir transcendé une bonne dizaine de lugubres corridors seulement éclairés par les bougies entretenues par les occupants des lieux; après avoir gravi quelques escaliers au pavé granuleux et à la teinte basanée... La course fut brève, et c'était le but cherché. On t'abandonna aussitôt dans une énième copie d'allée encadrée par les murs qui longent et définissent le périmètre de l'endroit. On ne répondit à aucune de tes éventuelles interrogations, toi-même étant bien trop dépourvu d'attention pour te focaliser sur une question concise. Et finalement délaissé dans le semblant de pénombre qui couve l'endroit dans un climat d'attachante perdition, tu relâches ta valise sur le flanc de ton pied gauche. Faisant face à la porte de ce qui sera apparemment ta chambre désormais, tu plaques un poing à la violence démesurée contre le bois massif dans laquelle est taillée l'œuvre, alors que tu rapportes ton index et ton majeur jusqu'à l'extrémité de tes yeux pour pincer ta confusion. Dans le silence pesant qui s'étend sur toute la galerie, le coup maladroit que tu portes contre l'ouverture de ton appartement retentit comme le glas du fameux point de non-retour qui te met la boule au ventre. Englouti dans le bouleversement étouffé de tes pensées et réflexions, tu ne peux qu'exprimer une drôle de mélancolie par le plissement désemparé des commissures de tes lèvres...

... L'Ironie te ficelle une vie que tu ne veux peut-être même pas.
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Shiruku Haru

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MessageSujet: Re: Dans la toile du paranormal, tout est lié ~ (Featuring Shiruku Haru)   Lun 25 Avr - 18:59

Enfin, une autre journée touchait à sa fin, laissant peu à peu place à la nuit, au fur et à mesure que le soleil achevait sa course dans le bleu sombre de la mer, embrasant le ciel d'une ultime lueur pourpre et vive. Fatiguée et fourbue par une après-midi de... papillonnage, de gambade et de rêverie à l'ombre de l'un des nombreux arbres de l'immense parc entourant la Magical Académie, je traînais ma carcasse le long des couloirs de l'internat jusqu'à la chambre qui m'avait été désignée lors de mon arrivée. Croisant sans trop y faire attention élèves et professeurs d'un regard en coin et désintéressé, je restais cependant captivée par un petit groupe en particulier. En effet, deux surveillants encadraient un autre jeune homme portant avec lui une épaisse valise et semblaient le guider dans les méandres obscures que formaient les couloirs du bâtiment, seulement éclairés à la lueur de bougies murales accrochées à intervalle régulier. Sûrement un nouvel élève, un nouveau réfugié au sein de cette grande famille si disparate, haussant les épaules, je reprenais mon chemin jusqu'à mon «antre», traînant les pieds de lassitude et d'ennui.

Finalement arrivée à destination, je fouillais rapidement les plis de ma voluptueuse robe avant d'en sortir une clef que je glissais alors dans la serrure. Une fois entrée, je refermais la porte derrière moi d'un coup de talon avant de me diriger vers la salle de bain. Laissant glisser au sol mon épaisse tenue, je dénouais l'imposant chignon qui trônait à l'arrière de mon crâne, libérant alors une déferlante de cheveux qui tombèrent en cascade le long de mon dos, couvrant ce dernier presque jusqu'aux hanches. Prenant ensuite une rapide douche, dans le seul but de me délasser et faire disparaître les «nœuds» qui semblaient s'installer dans le creux de mes épaules. Une fois détendue, je m'extirpais de derrière le rideau de bain afin de sécher rapidement mon abondante chevelure et de m'enrouler dans une simple serviette de bain.

Ressortant de la salle de bain, je me dirigeais vers mon ultime objectif, mon lit. Les yeux mis-clos, je zigzaguais par instinct entre les piles de vêtements désordonnés qui traînaient autour de ce dernier jusqu'à atteindre l'amas de couettes et de coussins qui recouvraient ma couchette. Sans plus attendre, je m'effondrais comme une masse sur l'épais et confortable petit nid douillet. Fessier à l'air et cheveux en bataille, je sombrais peu à peu dans les bras de Morphée, un sourire de bienheureuse sur les lèvres... il n'y avait décidément ici que je me sentais vraiment à l'aise... Pourtant, à nouveau, un nouvel élément vint perturber mes projets, comme si le destin s'entêtait à vouloir m'offrir une vie active et pleine de rebondissements.

En effet, alors que je me pensais à l'abri de tout dérangement que ce soit, ayant jeté la machinerie démoniaque, produit de l'esprit tordu et dérangé de l'homme, que l'on appelle «réveil» par la fenêtre, j'étais extraite de force de mon petit confort, et de mon rêve de nouilles par la même occasion, lorsqu'un coup sec et retentissant dans la porte de ma chambre me fit bondir de surprise hors de mon lit, me faisant m'écraser au pied de celui-ci, ma chute heureusement amortie par l'épais jonchement d'affaires sales qui s'étalaient sur le sol. Encore ensuquée, je me redressais maladroitement sur mes deux jambes, frottant la douloureuse bosse qui poussait malgré tout sur mon front. Remettant d'aplomb la serviette de bain autour de ma poitrine, je me dirigeais d'un pas hésitant vers la porte. Après un moment d'hésitation, j'ouvrais finalement le battant de bois et me positionnais devant le seuil sur lequel... m'attendais déjà quelqu'un.

Levant un un regard encore embrumé et mal éveillé en direction du visage de l’importun qui venait de me réveiller en sursaut. A la lueur de la bougie qui siégeait sur le mur de ma chambre, je parvint à reconnaître grossièrement le garçon que j'avais croisé plus tôt dans le couloir et qui se faisait escorter par deux pions du dortoir, ces incapables s'étaient encore probablement trompés de chambre, sans doute trop empressés de retourner à leurs petites affaires. Profitant de ce léger instant de malaise, je plissais les yeux pour tenter de détailler un peu plus précisément la personne qui se tenait immobile en face de moi. De premier abord, rien de particulier, assez grand, me dépassant à vue de nez d'une bonne demi-tête environ, une silhouette svelte, une épaisse tignasse brune en bataille et un visage aux couleurs relativement pâles et  aux traits et aux dimensions à l'image du reste de son corps. Habillé de façon simple mais plutôt classe, il portait une simple chemise au blanc pur et au col desserré, elle-même recouverte d'un veston noir dépourvu de manches et d'une cravate de couleur identique, de même que son pantalon et que ses chaussures, faites dans un cuir sombre qui s'alliait fort bien avec le reste de son apparat, seuls ses yeux, d'une couleur rougeâtre et chaude, permettaient de le distinguer du reste des élèves, à la fois singuliers et attirants, mon regard semblant aspiré par ces deux rubis malicieux tandis que mes joues se teignaient discrètement d'une couleur similaire.

Frottant d'une main une de mes paupières engourdies et grattant grossièrement ma chevelure ébouriffée de l'autre, je laissais s'échapper un long bâillement en direction du jeune homme avant de laisser un nouveau silence gêné s'installer. Appuyée contre le cadre de la porte, je me décidais finalement à prendre la parole avant que cela ne devienne trop pesant, étant également pressée de m'enfouir à nouveau sous la couette et de reprendre mon rêve là où je l'avais laissé avant d'être dérangée par l'infortuné jeune homme.

« Huuum... excuse moi, mais je crois que... tu as dû te tromper de chambre, c'est ici que j'habite »

Me grattant à nouveau le sommet du crâne, je jetais un rapide coup d'œil au bagage qui reposait contre sa jambe.

« Tu... Tu es nouveau ici, n'est-ce pas ? Ce genre de chose arrive souvent ici, même ces idiots de surveillants arrivent à se perdre dans ces couloirs... un véritable labyrinthe  »

A la fois prise entre l'envie de retourner dévorer des nouilles en songes et en même temps apitoyée par la mésaventure du jeune nouveau, je restais indécise, coincée dans l'encadrure de la porte, tiraillée par deux choix... retourner sous la couette ou aider ce jeune homme au regard hypnotisant.
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MessageSujet: Re: Dans la toile du paranormal, tout est lié ~ (Featuring Shiruku Haru)   Mar 26 Avr - 0:02

Déboussolé, abandonné à ton propre malheur... Et bien, il figure que non. Le vitrail sur ta droite, au bout du couloir, s'adonnait à un jeu de lumière tamisé par le simple fait que l'Académie était actuellement plongée dans le doux crépuscule; et la faible lueur qui s'en dégageait déteignait sur toute l'allée, portant avec elle un sentiment de repos -absolument contraire au dépourvu dont ton esprit subissait le pénible courroux-. Les six carreaux de la gigantesque fenêtre, sûrement deux fois plus grande que la porte sur laquelle tu t'étais défoulé, faisaient office de loupe pour l'astre lunaire pointant déjà le bout de son nez avec une joviale nonchalance. Les rayons astraux paraissaient alors amplifier cette sensation de tranquillité au sein de l'établissement, sans pour autant apaiser les perdus comme toi. Alors que tu massais tes sinus via la pulpe de tes doigts, tu réfléchissais beaucoup trop à cet enchaînement de vérités ahurissantes pour quelqu'un d'aussi simple que toi. Décidément, tu te refusais à l'hypothèse que tu valais plus qu'un être banal...

... Bien loin d'être une mauviette, et de toute manière trop embarrassé par tes pensées, tu ignorais la douleur du coup dirigé contre la porte de ton soi-disant nouvel habitat tandis que ton souffle servait à expier les plus légers tourments qui cohabitent en toi. Hélas pour toi; ou plutôt pour elle; le tendre silence qui encensait l'internat fut achevé par l'apparition soudaine d'un esprit s'interrogeant sur un geste aussi brutal que le tien. Alors que tu finissais de te lamenter sur ton sort, la porte sur laquelle tu prenais appui s'ouvrit d'elle-même; et même de l'intérieur. La paume rabattue contre le bois de l'ouverture se retira aussitôt dans un mouvement éhonté, alors que toi-même fut surpris d'une nouvelle présence ici-même. C'est comme si tout à coup, tu oubliais tes tracas pour te focaliser sur ce brin de surprise qu'on t'apportait. La main qui réconfortait ton faciès engourdi s'était elle aussi échappée, alors que tes bras voguaient maintenant comme deux sacs sur tes flancs.

Le regard hébété, bien que soutenu par les traits nobles qui ne peuvent se détacher de ta triste personne, tu attribuas sans plus tarder ton œillade carmine à la vraisemblablement propriétaire des lieux dans une moue désolée. Si ta lassitude ainsi que ton épuisement moral perpétuaient leur manifestation au travers de fins traits parsemés le long de ton visage, la majeure partie de celui-ci était consacré à l'exprimation de tes bonnes manières. L'interlocutrice inédite se présentait à toi sous des conditions qui ne pouvaient te permettre d'agir autrement... Le premier détail, et le plus flagrant, fut l'intonation fluette et assoupie de sa voix. Le timbre féminin de ses paroles soulevait chez toi une gêne sans nom, doublée d'un ressentiment persiflant ton manque de bienfaisance. Trop centré sur ton mal-être, tu en as omis sottement la règle de contenance. Et tu te rattrapais tant bien que mal face à l'étrangère que tu venais dérangère au début de cette nuitée.

-... Veu-... Veuillez m'excuser pour le dérangement... Finis-tu par gentiment articuler, alors que ton premier réflexe fut d'exécuter une gracile courbette en avant pour le plaisir de la demoiselle. Les paupières innocemment closes, tu finis par les rouvrir à l'instant même où tu te redressais pour faire de nouveau pleinement face à l'éveillée. C'est ainsi que tu te rendis compte de l'apparat amoindri élu pour censurer les courbes de la belle. Une serviette de bain toute somme simpliste couvrait la fille alors qu'elle s'affalait contre la bordure de sa porte, supportant difficilement le manque de repos -assurément causé par tes bêtises- dans une position décontractée. Et bien que tu retenais un air désemparé, tu ne pouvais pas empêcher tes joues d'aller copier celles de la femme : une timidité atténuée faisait ressortir un teint rosi sur tes pommettes.

-... Euh.. Hum.. Geignis-tu en claquant silencieusement une main contre ta nuque, alors que tes iris écarlates sont détournés vers les autres portes du couloir... Oui, je viens tout juste d'arriver... Je suis vraiment désolé de vous avoir dérangé dans vos occupations.

Tu n'osais plus véritablement croiser le regard étranger de la Dame Arachnide, et te ravisais alors pour te concentrer sur les formalités. Une voix que tu as dégluti sensiblement, tu t'empares d'un timbre de voix déjà plus ouvert à la discussion, quoique légèrement plus expéditif. Tu ne voulais pas embêter la fille plus longtemps. Alors, tu lui lançais cette bête question, tes paroles semblant s'adoucir d'autant plus pour ne pas brusquer non plus l'interrogatrice...

-... Mais si ce n'est pas ma chambre, alors je ne sais plus où je suis. Ne savez-vous pas si une salle ailleurs... Est libre ?

Ta puérile vergogne veut t'emmener loin.
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Shiruku Haru

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MessageSujet: Re: Dans la toile du paranormal, tout est lié ~ (Featuring Shiruku Haru)   Mar 26 Avr - 15:45

Je ne serais donc jamais en paix... Du moins, cela semble s'avérer d'une complexité certaine depuis mon arrivée dans cette académie, ce lieu magique et enchanteur regroupant des êtres de toutes sortes et de tous horizons dans laquelle je menais depuis plusieurs mois une existence des plus agitée. Ce soir là, je rentrais d'une épuisante journée de vagabondage et de flâneries, ma principale et... seule activité dans cette école, me dirigeant d'un pas las et traînant vers la chambre que l'on m'avait attribué lors de mon inscription, mon cocon à moi dans lequel je pouvais me détendre sans craindre d'être découverte ou dérangée par qui que ce soit... du moins, c'est ce que je pensais...
En effet, sitôt à l’abri des regards, la porte de la chambre refermée sur les quelques regards indiscrets des autres résidents, je me décidais à prendre une bonne douche dans le but de me délasser. Une fois mes ablutions terminées, je m'enroulais dans une serviette de bain, direction mon petit lit et la montagne de coussins qui le recouvrait pour m'y écrouler, désireuse de finir ce que j'avais commencé plus tôt dans l'après-midi, ma sieste.

Seulement, à peine quelques instants après avoir fermé les yeux, un son retentissant, un choc, se fit entendre contre ma porte, me faisant bondir malgré moi hors des draps. Encore ensommeillée, j'ouvrais alors celle-ci, désireuse de connaître la raison de tout ce vacarme pour finalement tomber nez à nez avec un jeune homme, de toute évidence, nouvel arrivant au sein de l'académie, qui semblait s'être perdu ou tout du moins, s'était trompé de chambre. Lui expliquant le plus clairement possible la situation. Autant gêné et embarrassé de m'avoir réveillée que par ma tenue quelque-peu légère, je l'observais d'un œil amusé, sourcils haussés, tandis qu'il se fondait en excuses et courbettes, dans le but de se faire pardonner cette « intrusion ». Peu habituée à ce genre de réaction, je reculais d'un demi-pas vers l'arrière afin de toiser le jeune homme aux étranges coutumes avant d'éclater de rire, ne pouvant retenir un pouffement devant le ridicule de la situation.

Il me fallu bien deux ou trois bonnes minutes pour me calmer et retrouver une respiration un tant soi peu normale. Cela faisait un moment que je n'avais pas ri de la sorte et ces éclats de voix me firent le plus grand bien, en plus d'avoir eu pour effet de finir de me réveiller. Essuyant du dos de la main les larmes qui pointaient au coin de mes yeux, me tenant les côtes de l'autre, je me redressais tant bien que mal, prenant appuis contre le mur de la chambrée. Une fois pleinement calmée et remise sur pied, je réajustais la fine serviette enroulée autour de mon corps qui me servait de peignoir, celle-ci ayant glissé de quelques centimètre lors de ma prise de fou-rire, dévoilant un peu plus de ma peau fine et douce sur laquelle courraient encore quelques gouttelettes d'eau, dernières rescapées de ma récente baignade.

A présent plus disposée à échanger, je réfléchissais à un moyen de résoudre le problème du nouvel arrivant. Ses dires ayants confirmé mes interrogations, je me creusais les méninges en même temps que le cuir chevelu dans l'espoir que cela stimulerai les quelques neurones qui se prélassaient dans le peu de matière grise que contenait ma caboche. Malheureusement, bien qu'habitant dans ce bâtiment depuis bientôt un an, je ne m'étais jamais beaucoup tenue au courant des affaires de ce genre au sein de l'établissement et par conséquent, jamais je n'avais appris à réagir lorsque ce cas se présenterai à moi, ne sachant comment aiguiller le pauvre esper.

« Et bien... Je ne sais pas vraiment comment t'aider, toutes les chambres de cet étage sont occupées à ma connaissance et vu l'heure qu'il doit-être, la permanence est probablement fermée... »

Laissant un soupire s'échapper d'entre mes lèvres, je tâchais de trouver rapidement une solution au problème de mon interlocuteur, ne voulant pas le laisser poireauter devant ma porte pendant des heures. Je passais en revue dans mon esprit les quelques brides de souvenirs des maigres explications et indications dispensées lors de mon arrivée sans grand succès. N'ayant suivi presque aucun cours depuis le début de l'année, je ne pouvais compter que sur mes propres acquis pour le tirer de cette situation... acquis hélas fort insuffisants. Alors que je me perdais de plus en plus dans les méandres de ma mémoire, je fus rapidement rappelée à la raison lorsque des bruits de pas se firent entendre en provenance de escaliers. Ni une, ni deux, je saisissais le garçon aux yeux de braise par la manche, le tirant avec moi dans la chambre et refermais la porte derrière moi.

« Ce sont sûrement les surveillants qui viennent voir ce qu'il se passe, si ils découvrent que tu a fais du raffut dès ton arrivée, tu risques d'avoir de sérieux problèmes »

M'adossant contre le battant en bois, je soupirais à nouveau, je ne pourrais décidément pas passer une seule soirée tranquille... Observant le jeune homme qui n'avait guère l'air d'être dans son élément, je me demandais ce que j'allais bien pouvoir faire de cet opportun qui, après m'avoir réveillée en sursaut, se retrouvait à présent enfermé avec moi dans ma propre chambre... cerné par des piles de robes et de kimonos sales.

« Je... hum... ne fais pas attention au désordre s'il te plaît, je reçois rarement de la visite et hum... j'ai tendance à prendre mes aises... 
» me raclant la gorge, j'enchaînais rapidement « Quoi qu'il en soit, je ne sais pas comment tu t'es débrouillé... enfin, ce qui est fait est fait n'est-ce pas ? » Tendant alors une main en sa direction, un sourire amical sur les lèvres « Moi c'est Shiruku, Shiruku Haru... enchantée je suppose... et puis... cesse de me vouvoyer, je n'ai que 218 ans après-tout ! »


Dernière édition par Shiruku Haru le Mar 26 Avr - 17:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dans la toile du paranormal, tout est lié ~ (Featuring Shiruku Haru)   Mar 26 Avr - 16:52

Faisant ton possible pour reprendre une mine plus correcte, bien qu'exprimant ouvertement ton pressement pour délaisser la belle dans sa petite bulle. Éduqué dans les us et coutumes d'une famille se désirant plus respectueuse qu'autre chose, depuis ton arrivée tu ne fais que rompre chacun de tes principes avec un manque de vergogne presque insultant. Tu avais déjà horreur d'ennuyer le peuple dans son repos bien mérité; alors une demoiselle, en prime... Ton esprit pestait en silence, alors que dans celui qui ternit le fil de la discussion; l'éclat de joie dont fut éprise ton interlocutrice te surprit tout à coup. Pendant une poignée de minutes, tu fus clairement tourné au ridicule sous l'hilarité de la fille que tu avais apparemment amusé par tes manières un peu trop coincées. Un instant, tu écarquillais alors les yeux sensiblement pour la raviser dans sa folle jovialité... Et, à vrai dire, tu ne pouvais t'empêcher d'élargir un sourire éphémère sur tes fines lèvres opales.

On dit qu'avoir de l'humour, c'est savoir rire de soi-même. Alors constater l'amusement que tu inspires à la protagoniste finit par te satisfaire, dans un sens... Outre le devoir de porter le respect envers la gente féminine jusqu'au paroxysme, tu étais aussi pourvu de la tâche glorifiante qu'était celle de leur assurer une bonne humeur. Et bientôt, tu finis par abandonner les songes que tu encourais en comprenant que tu venais d'extirper l'étrangère de sa tranquillité pour les remplacer en fins soupirs aimables accompagnant la femme qui riait aux larmes. Tu riais avec elle, bien que plus secrètement et légèrement. Et, toujours un peu coincé par la barrière invisible dressée entre l'inconnue et toi, tu finis par contrebalancer une œillade encore éhontée lorsque son vêtement de fortune manqua bien de glisser au moment de se plier en quatre. Mais pour une fois, après le début de ce que tu accusais être ton calvaire infini, ton esprit s'allégeait... Une grande expiration sur ton flanc, ponctuée d'un sourire attendri par l'allégresse d'enjouer la dame; et tu te sentais déjà mieux. Comme déjà plus soulagé. Tu prouvais aussi de cette façon que tu ne le prenais pas mal du tout, assimilant même la réaction avec plaisir.

Mais le sérieux revint se mettre rapidement de mise après cet adorable écart octroyé par celle qui avait déjà effacée un peu de la pression qui jouait sur tes épaules. Sa réponse, quoiqu'évidente avec du recul, répandait la nouvelle d'une absence totale de lit disponible pour ton postérieur. Bien forcé d'accepter ce fait, tu te délestas à cette information un simple hochement de tête en guise de remerciement. Mais alors que tu t'apprêtais à trancher la scène pour partir sur quelques bons saluts... Le claquement de semelles bruissantes au fin fond du couloir te stoppèrent dans ton élan. Le regard perçant et avide de curiosité quant à l'auteur de cette marche lugubre, tu fixais la direction que des autorités mystérieuses empruntaient sans réagir davantage...

-... Mh. Merci quand même. Je pense que dans ce cas, je vais vous laiss-...

Quelques phalanges élancées, résolues à se saisir du manche de ta chemise immaculée s'emparent de ta présence en son entièreté et t'attirent dans l'antre de la Dame Arachnide, et partiellement tête-en-l'air à cause des arrivants, tu ne peux que te laisser guider par le geste. Dans un mouvement précipité néanmoins, tu t'agrippes à ta valise avant de comprendre ce qui t'arrive et de répondre à l'acte par un faciès tendu de part et d'autre par une faible émotion de surprise. Peu expressif ce soir, tu ne fais qu'étirer une moue perplexe envers la maîtresse des lieux, la teinte rosie de tes joues complaisantes à la mignonne tendresse qui se dévoilait auparavant dissipée pour laisser le teint pâle habituel de ton faciès reprendre l'avantage. Tu fixes alors sans mot dire, confus quant à la tournure des événements...

-... Vous savez, j'aurais simplement pu assumer ma bêtise. C'est moi qui vient vous gêner au début de la nuit, après tout... Souffles-tu à celle accrochée par ton attention. Mais, merci du coup de main, je suppose... La main qui rassurait ton cou par quelques frottements consternés relance aussitôt son entreprise, alors que tu avises le fameux bordel dénoncé par la belle du coin de l'œil sans juger vraiment. C'était une situation tout à fait compréhensible, après tout. Et c'est plutôt à toi que tu en veux, pour le moment... Le sourire plissé d'un air désavoué, persistant uniquement par nervosité; alors que les frontières de ton regard se délimitent lorsque tes paupières s'impliquent d'autant plus dans le visage déconcerté que tu tends à faire paraître.

Ton autre paume affairée à soutenir ton bagage, c'est donc celle plaquée sur ta nuque qui doit s'en détacher pour répondre à la politesse de Shiruku Haru. Si la voix de l'hybride sonnait déjà avec une chaleureuse délicatesse à tes oreilles, les syllabes composant son identité te paraissaient appropriés et bien attitrés pour cette dernière. Une fois l'ambiance plus paisible pour toi, ton analyse peut entamer. L'iris flamboyant de sa couleur surnaturelle, tu ne fais qu'aviser le minois relaxé de la belle dans ce premier temps -et tu fais bien, sinon tu ne serais pas aussi bien accueilli-. Une longue chevelure violacée, nuancée par quelques reflets aqueux définissant la coiffure débraillée de sa détentrice comme une sorte de cascade de rêve, alors que son regard se découvre colorée de la même façon que tes iris. Pourtant, ses yeux se font plus rassurants qu'autre chose, au vu des circonstances... Tu remarques d'ailleurs le timide grain de beauté pointillant sa pommette gauche. La finesse délimitant sa caboche fait finalement d'elle quelqu'un de ravissante; sa bouche rosie et pulpeuse surmontée d'un petit nez tout aussi svelte faisant de l'ensemble un lot qui n'a rien à envier à beaucoup d'autres. Et c'est cette personne te tend la main avec sympathie...

... Tu te dis tout bonnement que la première personne avec laquelle tu converses s'avère être quelqu'un d'excellent pour le rôle. Sans voir tout cela comme une sorte de jeu ou de travail d'envergure; tu aimes simplement l'idée de rencontrer quelqu'un qui aurait pu être bien moins amicale que quelqu'un d'autre. Celle-ci patiente alors pour ta réponse; l'âge qu'elle s'est attribuée ne t'étonnant même pas, au  vu de toutes les étrangetés démarquées jusqu'à maintenant -et toi-même étant probablement voué à une éternité bien plus imposante que la sienne-; et tu réceptionnes avec précaution la pulpe de ses doigts dans le creux de ta main. Une impression amusée se lit sans vraies lacunes dans ta gestuelle appliquée et tes mimiques faciales, alors que tu lui réponds tout aussi agréablement...

-... Mes façons de faire me poussent à embrasser le revers de mademoiselle. Alors, ne ris pas trop, veux-tu... ? Lui demandes-tu avec presque un air de défi, avant que tu n'exécutes tes paroles. Tu frôles sa peau satinée d'un baiser salutaire, dont le bruit si caractéristique retentit un bref instant dans la pièce enfermée. Tu reprends alors ta droite posture, abandonnant la main fébrile de Shiruku pour que la tienne regagne ta hanche dans une stature un peu plus décontracté.

-Je suis Hyosuke Kazutaka, enchanté. Et je ne pense pas pouvoir rivaliser, du haut de mes dix-neuf ans... Et encore désolé de me répéter avec ça; mais je suis vraiment navré de te déranger à une heure pareille. Par réflexe, tu inclines doucement ta caboche sur ta droite, dénudant un peu plus de ta peau  au niveau de ta clavicule. Mais, je ne vais pas pouvoir rester ici bien longtemps... Je dois aller trouver un endroit où me poser, annonces-tu finalement, plus assuré désormais. Que tu le veuilles ou non...

... Un insecte qui persévère en tentant d'échapper à la toile.
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Shiruku Haru

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MessageSujet: Re: Dans la toile du paranormal, tout est lié ~ (Featuring Shiruku Haru)   Ven 29 Avr - 23:00

Dans quoi me suis-je encore embarquée... alors que je pourrais être paisiblement occupée à quelques doux songes aux possibilités infinies, plongée dans un long sommeil réparateur, voilà qu'il fallait que j'entraîne avec moi un jeune homme dans ma chambre, piétinant par la même occasion mes espoirs d'écouler une chaude nuit de paresses. L’intrus en question, bien que victime des événements et jouant de malchance, nouvel arrivant de surcroît, avait eu le malheur de se perdre dans les dédales sans fin de l'académie, qui en ont piégé plus d'un, se retrouvant alors à une heure tardive sans chambre ni lit où se reposer après, probablement, une longue journée de voyage jusqu'aux portes de métal de l'école. Apparemment dépité pour une raison que j'ignorais, sans doute la fatigue ou une quelconque frustration, ce dernier n'avait rien trouvé de mieux que de se défouler à grands coups dans la porte de ma chambrée, me faisait bondir hors de mon sommeil, et de mon lit par la même occasion.

Désireuse de connaître l'origine de se tapage, j'ouvrais donc pour tomber nez à nez avec ce jeune sauvage, alors en proie à de grands troubles à mon apparition. Tandis qu'il s'exécutait à de moult pirouettes et lamentations dans le but de s'excuser, j'éclatais de mon côté en de vifs éclats de rire devant l'aspect burlesque de la situation, peu habituée à tant de considération de la part d'un inconnu. Une fois le calme retombé, je me trouvais enfin réveillée et disposée à entendre les misères de l'inconnu. Cependant, nous fûmes rapidement interrompus par des bruits de bas résonnants depuis la cage d'escalier de l'internat. De peur que ce soit l'un des surveillants chargés d'assurer l'ordre et la discipline au sein de l'établissement qui venait s'enquérir des raisons du raffut que nous venions de provoquer, je saisissais le garçon aux yeux rubis et l'attirais sans plus attendre dans ma chambre.

Ainsi, se trouvait en face de moi, debout, en plein milieu de la pièce, le jeune homme perdu qui ne demandait rien d'autre qu'un lit où dormir. Alors que je présentais rapidement, lui tendant une main amicale dans le but d'une poignée sans plus de fantaisies, voilà que ce dernier trouvait à nouveau le moyen de me surprendre. D'un air sûr de lui, le taquin, répondit alors en déposant un léger, bien que loin d'être désagréable, baiser sur le dos de ma peau alors frissonnante. Ne m'attendant pas à un tel assaut de la part d'un étranger, je retirais vivement ma main, ouvrant de grands yeux dont l'expression suffisait à traduire mon étonnement tandis que l’impudent garçon se redressait pour reprendre sa stature noble et fière qui lui allait étrangement bien pour un homme de sa carrure. Alors que je me surprenais à rosir discrètement, il se présenta à son tour. Je me trouvais donc en la présence de Hyosuke Kasutaka, âgé de dix-neuf années selon ses propres dires.

S'excusant à nouveau pour le dérangement, provoquant chez moi un nouveau soupire, il souleva le point important qui nécessitait réflexion... il lui fallait toujours trouver un lieu où passer la nuit en toute sérénité... Décidément, je me demande vraiment si je n'aurais pas dû le laisser dehors celui-là... je n'avais pas besoin de plus d'ennuis en ce moment ! Enfin, ce qui est fait, est fait, inutile de revenir là dessus. Toujours adossée contre le mur froid et dur, je me tapotais la tempe du bout de mes doigts à la recherche d'une solution appropriée à la situation. Bien que ne ressentant plus la présence d'une quelconque personne dans le long couloir derrière moi, il serait risqué de tenter une escapade jusqu'à l'accueil, probablement fermée de surcroît vu l'heu... mince... je n'aurais peut-être pas dû jeter ce réveil finalement... Il y avait bien entendu la possibilité de le laisser dormir ici même mais cela se révélait d'autant plus dangereux, en particulier pour lui, simple humain et cible potentielle de mes instincts les plus primaires que je ne parvenais pas toujours à garder sous le contrôle le plus total.

Cela s'avérait être plus compliqué que prévu ! Je maudirais le destin un bon millier de fois si ce... Hyosuke n'était pas si son enveloppe physique n'était pas si plaisante dans un sens. Alors que je le fixais depuis l'autre côté de la pièce, je me retrouvais à nouveau happée par son regard, la couleur des ses yeux si unique et pourtant similaire aux miens. Comme un insecte dans ma propre toile, je me trouvais prisonnière, sans même la volonté de m'en dégager. Je serais volontiers restée ainsi à me noyer dans l'ocre profond qui composait sa pupille mais pourtant, il me fallait rapidement m'extirper de son influence car au fur et à mesure que je sentais se resserrer l'étreinte de braise autour de mon cœur, se réveillait en moi un grondement, terrible, sauvage, brutal, un appel profond et ancestral qui a gouverné hommes comme bêtes depuis la nuit des temps, la faim. Secouant vivement la tête afin de conserver mes esprits, je me détachais avec difficulté de la puissante attraction et m'activais alors avec énergie. « Il... il faut se dépêcher, je t'aurais bien laissé dormir ici pour cette nuit mais cela va s'avérer... compliqué, je vais t'emmener jusqu'à l'accueil, en espérant que l'on y trouve quelqu'un » énonçais-je alors avec énergie « Laisse moi d'abord m'habiller ».

Sans guère plus de manières, je tirais sur le nœud qui maintenait le fragile équilibre permettant à ma  tenue improvisée de tenir en place, laissant ainsi glisser celle-ci le long de mes cuisses, alors qu'un léger picotement parcourait me parcourait l'échine sous l'effet du rapide changement de température, découvrant l'intégralité de la peau blanche et ferme qui recouvrait les courbes galbées et finement ciselées qui composaient mon corps mais aussi... les huit longs appendices propres à ma race que je tenais jusque là plaqués contre mon corps et que j'articulais à présent librement dans l'espace vide de la chambre comme pour les étirer, ne prêtant pas plus attention à la réaction du jeune homme qui après tout, devait lui aussi posséder un don pour intégrer la Magical Academy.

N'étant pas dotée d'un quelconque sens de la pudeur, m'exposer ainsi devant le jeune garçon était un acte tout aussi ordinaire et commun que de manger ou dormir. Ainsi découverte, je m’affairais au sol, retournant vestes et robes à la recherche d'un habit qui ne soit pas trop sale et que je puisse mettre sans porter plus encore préjudice aux règles d'hygiène les plus élémentaires que je foulais déjà lestement du pied. Trouvant finalement mon bonheur entre deux monticules d'affaires usagées, j'enfilais rapidement un ample kimono, pliant à nouveau mes pattes pour les dissimuler à la vue de tous. Une fois vêtue convenablement, je rassemblais d'un geste machinal l'abondante chevelure qui tombait le long de mon dos en un épais chignon et attachais le tout avec une lanière de soie, après tout, nul besoin de faire dans la démesure pour remplir cette pseudo-mission.

Ouvrant la marche, je me dirigeais vers la sortie afin de conduire mon hôte improvisé vers le dit accueil, pressant le pas tandis que je sentais les battements de mon cœur s'accélérer à chaque fois que je m'approchais de sa personne, humant presque avec désir l'odeur de sa peau et de sa chair à l'apparence si tendre. Mordant la partie inférieure de ma lèvre dans l'espoir de garder un brin de lucidité, j'ouvrais vivement la porte menant au couloir « V-vas-y, je t-t'en prie...dépêche toi... » soufflais-je alors que je haletais dans un bruissement qui se faisait de plus en plus sourd. Finalement, alors que Hyosuke s’apprêtait à sortir de la pièce, je m'interposais entre lui et le providentiel échappatoire que je refermais alors dans un claquement funeste... Trop tard... une fois de plus, la rage me consumait.

M'avançant à pas lourds et traînants en sa direction, je me disposais face au jeune homme, ne laissant qu'une fine barrière d'air entre nos deux corps, déposant mon front contre le poitrail de celui-ci « D-désolée... je n'ai pas réagis assez vite... il va y avoir... un changement de programme, je suis... désolée... je suis... »Interrompant mes paroles, je le projetais alors brusquement au sol comme si il ne s'agissait que d'un vulgaire ballotin d'herbe avant de venir m'installer au dessus de l'homme étendu au sol, les jambes disposée de chaque côté de ses flancs. Défaisant le col de mon kimono, je découvrais à nouveau le haut de mon corps jusqu'à la taille alors que mes pattes se dressaient en direction de la malheureuse proie telles des poignards aiguisés, prêts à le réduire en charpie au moindre mouvement. Déchirant sa chemise sans plus de difficulté, offrant son torse nu à ma vue, je relevais le visage en sa direction, les yeux à présent injectés de sang dans lesquels se mêlaient une faim avide ainsi qu'une profonde mélancolie, de fines gouttelettes aux arômes salés roulants contre mes joues luisantes de sueur « Je suis... un monstre... » ... « Pardonne moi »
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MessageSujet: Re: Dans la toile du paranormal, tout est lié ~ (Featuring Shiruku Haru)   Sam 30 Avr - 9:31

Qui pouvait imaginer une telle succession d'étapes aussi loufoques les unes que les autres dans la vie d'un simple bourgeois comme toi ? Marqué par une mort que tu n'as vraisemblablement pas eu l'occasion d'extérioriser; te voilà contraint de prendre sur toi du début à la fin, qu'il s'agisse de cette douleur ascendante terreur qui te tord le ventre rien qu'au rappel de ce funeste réveil, ou encore de ton origine surnaturelle te poussant à vivre reclus dans un semblant de lycée où tu auras éventuellement du mal à te fondre dans la masse. Ton "pouvoir", comme on pourrait le désigner, ne t'attire que des problèmes du début à la fin. Quel est l'avantage à revenir d'entre les morts, lorsqu'il ne nous reste que le souvenir des tourments sensationnels nous ayant justement poussés au décès ? Lorsque l'on ne se souvient plus de rien d'autre que ce qui nous perfore les boyaux, et dont le souvenir est si puissant qu'il suffirait d'un brin de conviction pour que le corps s'adapte à la sanglante pensée ?

Forcé de te taire de bout en bout, tu n'auras ni eu le temps de témoigner de ta propre expérience, ni eu celui d'exprimer l'horripilante émotion dérivée de mille autres néfastes pour le moral de tout homme qui se respecte... On se fiche bien de savoir ce que cela a pu t'infliger. Pour le reste, tu n'es qu'un individu lambda qui reviendra tôt ou tard. Et si tu es obligé de revenir, alors il n'y a pas à s'en faire pour toi... Voilà une sordide opinion, qui doit pourtant bien être celle de la foule. Du moins, en admettant qu'elle soit déjà au courant pour ton soi-disant don. Mais, ce fichu don... Quelle plaie... Toi qui pensais pouvoir te poser et réfléchir mûrement à la situation en arrivant là où cohabitent chaque représentant du paranormal, ce qui paraît tout de même être le lieu parfait pour la tâche, tu t'es même fait tromper par le Destin en cet instant concis. La folie de ce revirement de scène dans ta vie t'ayant secoué plutôt assez, toute la pression qui t'est incombée a bien finie par faire déborder un puissant dépit, symbolisé par ce poing pourfendeur de portes qui va te causer davantage de tort... Sans que tu n'en saches rien du tout. Tu affrontes la Fatalité, mais tu ne la prévois pas, après tout.

Et ainsi donc, c'est en bonne et due forme que tu te pousses encore à agir sous la coupe de la sérénité absolue; comme si de rien n'était et que tout allait bien dans le meilleur des mondes. Pour le plaisir d'une inconnue. Ta galanterie te perdra, mais il faut croire que tu n'apprendras rien sans exemple... Peut-être bien que le tendre minois de l'étrangère t'atteint sensiblement. Mais, au fond, qui ne serait pas frappé de quelque façon que ce soit par une beauté aussi adorable ? Évidemment que tu n'y coupais pas, bien que tu te maîtrises sans la moindre lacune. Disons plutôt que tu te plais à l'aviser de ton paisible regard écarlate. C'est au moins un détail qui t'apaise, dans ce monde de tarés. Et tu en as bien besoin. Si tu dois continuer à te taire quant à ta position sur le fil de tes périlleuses péripéties, tu peux au moins te soulager en te confiant aux mains aguerries d'une connaisseuse. Et chaque chose en son temps; le problème le plus actuel reste celui de ta chambre.

Te voici là, enfermé auprès d'une demoiselle à la tignasse violacée, à peine extirpée de son étreinte dans les bras de Morphée par ton coup mal avisé; celui-là même qui te condamne probablement à devoir traverser une nouvelle fois cette fastidieuse étape de ta nouvelle Destinée; en train de vous présenter et toi agissant tel un gentleman formé par les us et coutumes que le titre impose. Tu observais gentiment la belle du coin de l'œil pendant qu'elle se trémoussait en long et en large dans son appartement, étant quoi qu'il en soit forcé à attendre pour les sages consignes de la nonchalante Dame Arachnide. Un silence vint s'installer, bien loin de l'oppressant qui te menaçait de dépression dans le sombre couloir pavé et tapissé d'avant. Il s'agissait là plutôt d'une douce ambiance te berçant dans l'idée qu'on te conduira là où tu pourras poser ta tête pour ta première nuit au sein de la Magical Academy. Et pendant que tu détournais les yeux ici et là, ton observation dirigée par une enfantine intrigue, tu ne remarquais pas les œillades rendues insistantes par un envoûtement dont tu ne te désirais pas particulièrement être l'auteur qu'on t'adressait depuis l'autre salle.

Malgré tout, dans ta rotation visuelle, il a bien fallu à un moment ou à un autre que tu découvres les faits. Tournant lentement sur toi-même pour mieux analyser ton environnement provisoire d'un iris tranquille, tu ne t'attendais pas à ce que le manque de pudeur chez Shiruku soit d'une telle ampleur : la fille ne cherche pas à cacher ses formes dénudées lorsqu'elle cherche les vêtements sous-entendus dans sa promesse de s'habiller. Néanmoins, un détail bien particulier accrochait innocemment tes yeux sur elle, tandis que tes pommettes retrouvaient encore leur teinte de rouge honteux vis-à-vis des circonstances marquant l'inédite situation. Il fallait bien au moins ça pour vivre depuis plus de deux-cents dix-huit ans; ou encore plus bêtement, pour vivre dans l'Académie; mais tu ne t'attendais pas particulièrement à ce genre de vérité. Huit extensions divergeaient du centre de son dos; fines lames articulées et sûrement pourvues d'une carapace qui repoussera la pantoufle des arachnophobes du quotidien. Des pattes s'étendaient et se détendaient sans vergogne depuis la colonne de la demoiselle, agissant comme si elles étaient dotées de leur propre volonté. Ce n'est que maintenant que tu pouvais comprendre la teneur surnaturelle de la femme qui t'a accueillie. Tu soupires hors de ton nez un souffle surpris, bien qu'amoindri par diverses raisons...

... Ce n'était pas la chose la plus marquante que tu auras pu noter en arrivant jusqu'ici. En vérité, tu assimilais déjà cette différence comme quelque chose de tout à fait normal. Tu n'étais d'ailleurs pas le moins dégoûté du monde par cette drôle de découverte, dont tu finis quand même par détacher les yeux pour ne pas abuser du spectacle. Et puis, ta tête se centrait égoïstement sur ton besoin pressant de laisser surgir ton désir de parler. C'était la méthode la plus classique, mais Ô combien efficace pour te soulager des tressaillantes pensées encrées du noir caractéristique de la Mort en personne. Tu te retenais encore et toujours de sombrer dans un égocentrique mal-être, parce que tu voulais épargner ce pathétique spectacle à Haru -qui te rejoint finalement, lestement vêtue dans le même esprit décontracté avec lequel elle t'a ouvert sa porte-. Toutefois tu n'es pas dupe. Et alors que tu prononces ta marche d'un pas amoindri par l'inquiétude naissante quant à l'état soudainement bien écarté de celui dans lequel était la fille voilà peu, celle-ci te le fait mieux remarquer en bloquant la route qu'elle t'indiquait d'un tour de poignet.

Tu n'as même pas le temps d'assimiler ses mots timbrés par l'accent de la bestialité spécifique à son origine, que te voilà déjà projeté au sol. Tu n'as même pas compris la fausse étreinte à laquelle elle a donnée cours en plaquant son front contre toi; ses mains s'étant chargées de t'acculer contre la moquette de son seuil d'accueil. La porte s'est alors refermée aussi brusquement qu'elle avait été rouverte... Et l'œillade garnie d'une stupeur appréhensive, te voilà déjà pris en otage par les mêmes huit pics fixés il y a de cela quelques minutes. Shiruku s'était littéralement dévoilée pour permettre à ses extrémités de se tourner à ton encontre. Le regard ivre d'une faim insatiable; tu parviens pourtant à déceler le hurlement de tristesse qui y est étouffé, celui-ci se manifestant tant bien que mal par les cascades larmoyantes salissant les joues de l'affamée. Tout est allé si vite... Te voici exposé à un danger imminent qui te coûtera sûrement la vie; et le frisson de terreur te parvenant à l'idée de revivre ton talent une seconde fois te froisse salement l'échine. Les plis de ton visage se courbent dans une moue sérieuse de méfiance... Mais, tu es partagé en deux. Et la timide bataille démarquée par ton esprit ne donne pas même lieu d'être.

-... U-Un monstre... ? Non... Démarres-tu, alors que tu allèges ton visage par un rictus nerveux doublé de cette même lucarne rutilante avec laquelle tu pointes Shiruku délicatement depuis le début. Ce même détail qui t'a fait comprendre sa mélancolie te forçait à agir ainsi... En ta position, tu ne pouvais rien faire de plus qu'attendre. Tu détestais cette idée. Tu la haïssais, parce que personnellement, tu ne voulais pas revivre ce cauchemar de tourments... Un monstre agit sans ressentir... Par pure gratuité, ou désir de malveillance... Toi, un monstre... ? Ton état te contredit... Ajoutes-tu alors presque en murmures, ta voix se faisant miraculeusement encore suave pour tes éventuels derniers mots. Tu ne retiens pas tes mains d'agir aussi une dernière fois en cherchant les pommettes noyées dans les larmes de la belle, qu'importe comment elle pourrait interpréter le geste. Si tes paumes parviennent à épouser les courbes de son visage, tu ordonnerais instinctivement et immédiatement à tes pouces de caresser son faciès doucement dans l'optique de l'embellir en chassant pour elle ses propres perles émotives. Pour le temps que ça aura duré... J-Je suis ravi de t'avoir rencontré... Susurres-tu finalement avec un sourire élargi, imprégné d'autant de sincérité que de désarroi. Mais, oppressé par les poignards formés par ses pattes... Tu ne peux plus que t'abandonner à elle... Perpétuant le chaleureux contact -si ce dernier a lieu d'être- auprès de ses beaux yeux, tu clos fermement les tiens en fronçant les sourcils avec, alors que tu serres les dents par la force d'une terreur se libérant faiblement.

-... F-Fais juste vite, s'il te plaît...

... Les larmes d'une femme sont un trésor valant bien plus qu'une vie.
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Shiruku Haru

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MessageSujet: Re: Dans la toile du paranormal, tout est lié ~ (Featuring Shiruku Haru)   Ven 13 Mai - 22:04

Qu'étais-je en train de faire ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi lui ? Tant de questions parmi une myriade d'autres qui me martelaient le crâne comme un millier de marteaux s'abattant sur le fer à blanc qu'était en ce moment même mon esprit. Je ne saurais moi-même expliquer ce brusque changement d'état, il était trop... soudain.... j'avais d’habitude le temps de me contrôler, de garder le contrôle de mes pensées. Je sentais au plus profond de moi grandir une faim dévorante qui risquait de me consumer, moi et le jeune homme que je prenais pour cible. D'aussi loin que ma mémoire le permettait, rares sont les fois où j'avais perdu le contrôle d'une façon aussi violente et rapide. À présent, ce pauvre garçon, ce...Hyosuke, se retrouvait à ma merci, allongé sur le sol devant moi, attendant que le destin plus funeste que la mort elle-même ne le frappe. Quelle imbécile, je connaissais pertinemment les risques que cela encourait d'attirer une personne, d'autant plus un homme, dans ma « toile ». Par un tel acte, je risquais d'attirer sur moi les foudres du directeur qui lancerai alors sur moi les redoutables traqueurs, m'ayant lui-même interdit de toucher aux élèves de l'académie.

Malgré cela, j'allais à présent me repaître de sa chair qui s'offrait à moi sous les rayons argentés de la lune qui pointaient à travers les vitres délavées de ma chambre, mettant ainsi fin à une autre existence. Pourtant... quelque chose n'allait pas, quelque chose était différent cette fois. Jamais jusqu'à présent mon esprit ne s'était retrouvé aux prises de tels tourments et tandis qu'un flot de larmes recouvrait toujours la surface de mes joues d'une luisante humidité, je restais là, à fixer ce qui devait-être ma victime, mon... repas, sans parvenir à l'abattre. Nous étions tous-deux immobiles, moi le prédateur et lui la proie, dans un étrange statu quo dans lequel le premier à agir scellerai la fin de ce jeu mortel. À mon grand étonnement, ce fut ce jeune homme à l'allure noble qui prit l'initiative, mettant ainsi fin au pesant et morbide silence qui régnait sur l'étrange scène. Je comprenais aisément qu'il tentait de s'adresser à moi, pourtant, comme si ses paroles provenaient d'un autre monde, elle se perdaient loin de ma raison, embuée par le mélange opaque de peine et de colère. Fatiguée par tant de contradiction au sein de ma conscience, qui menait une violente bataille entre l'humaine et la bête, je m'apprêtais à frapper, visant le cœur dans l'espoir de donner une mort rapide et sans trop de souffrance.

Soudain, je ressentais un contact chaud, doux et rassurant, prendre possession de mes joues alors qu'une tendre caresse venait effacer les séquelles de ma peine. Au comble de la stupéfaction, je me figeais, les yeux grands ouverts, j'abaissais un regard ahuri en direction du corps allongé sous le mien. Fou ? Désespéré ? Complètement inconscient ? Je ne saurais qualifier de façon concrète le geste du jeune homme. Alors que moi, meurtrière centenaire me préparais à accomplir à nouveau cet acte maintes fois répété, lui, le garçon innocent et nouveau venu, touchait du doigt la faux de la mort. Désarçonnée, je manquais de perdre l'équilibre et de chuter en arrière, prenant alors appuis de justesse sur l'une de mes pattes. Me redressant aussitôt, la respiration haletante, je fixais la chose devant moi alors que la surprise laissait place à la fureur, cette chose étalée sur le sol et dans l'impossibilité de se défendre qui pourtant venait à l'instant de poser innocemment les mains sur les joues de son bourreau.

J'entrouvrais la bouche dans un râle silencieux, ne trouvant aucun autre moyen de m'exprimer que d'assener un violent coup de de revers de la main à la figure de l'imprudent avant de diriger mes poings sur le torse de ce dernier, défoulant sur lui la colère qui étouffait mon cœur. Après plusieurs longues minutes qui paraissaient interminables, je parvenais enfin à reprendre peu à peu un semblant de calme, à bout de souffle, j'observais à tour de rôle mes phalanges rougies et le buste recouvert d'hématomes du garçon. Étonnamment, cet accès de rage m'avait permis de purger ma tête de toutes pensées parasites et je trouvais à présent le moyen de raisonner plus posément. Bien que toujours prise par une faim sans nom, je réussissais à garder le contrôle de mes mouvements et ne risquais plus d'exécuter l'innocent par erreur. Je poussais un long soupire comme pour évacuer complètement la tension et souffler sur les instincts bestiaux qui me dictaient jusqu'à présent ma conduite, mes yeux retrouvant la lueur assurée avec laquelle ils brillaient habituellement tandis que la couleur sanguine s'en échappait rapidement.

Remontant le haut de mon kimono qui pendait contre mes cuisses sur mes épaules, j'en refermais le col avant de me relever dans un silence pesant. D'un geste ample et lent, je pointais du doigt la porte close de la chambrée afin d'indiquer au jeune homme qu'il était libre de partir « Sors... va t'en... tant que tu le peux... va t'en ». Sans plus de paroles, je m’assoyais sur le sommier de mon lit, recroquevillant les genoux contre moi avant de fixer le sol d'un regard vide et fatigué. À l'image de mes yeux, mon esprit était lui aussi totalement vierge de toute pensées tandis que les images que je percevais se brouillaient petit à petit. Peut-être était-ce la fatigue, le surplus de stress ou d'émotions, quoi qu'il en soit, mon corps se retrouvait à nouveau dans l'incapacité de se mouvoir pendant que je sombrais lentement dans l'inconscience m'écroulant sur le sol pour la deuxième fois ce soir, dans un bruit sourd et sec.
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MessageSujet: Re: Dans la toile du paranormal, tout est lié ~ (Featuring Shiruku Haru)   Sam 14 Mai - 15:40

Plus rien n'avait de sens, parce que tu n'en donnais plus à rien d'autre qu'à Shiruku. Le trouble dont elle est frappée de plein fouet a fait dégringolé la situation à un seuil critique où tu risques la peine maximale. Et pourtant, rien ne change. Tu as l'impression qu'une seconde vaut bien une éternité, et que chaque pulsion cardiaque est l'écho d'un orchestre battant de concert pour t'avertir de mille et un sentiments contradictoires. Ce qui doit sûrement être une infime, voire même pathétique fraction de ce qui submerge l'esprit de la Jorôgumo en ce moment même. Et bien que la scène fut prévisible; qui sait même si ce revirement de situation n'était pas désiré; stupeur était maintenant synonyme de sensation forte. Le débarquement impromptu de rage, faim dans tous les sens du termes et mélancolie en convergence totale au sein d'une unique âme sont les ingrédients d'une décoction émotionnelle à éviter impérativement; qu'il s'agisse d'appréhender pour ta propre survie ou celle morale de ton interlocutrice.

Tu étais donc étalé au sol par la force insoupçonnée de la femme-araignée ayant fait montre d'une bestialité insurmontable. Ce qui était pour elle une simple poussée s'apparentait presque à un véritable coup de poing pour toi. Et non pas qu'il s'agisse là de ta fragilité humaine; la nature surnaturelle de la violacée lui donnait tous les avantages pour battre quelqu'un, le tracer et le bloquer jusqu'à pouvoir se repaître de sa cible. Mais cette réaction était sourde aux paroles de la raison et de la logique. Pourquoi ? Tout bêtement, pourquoi ? Qu'avais-tu fait pour provoquer ce besoin insatiable qui régit les brutales intentions de la belle ? ... Ce n'était qu'au moment où elle répondit à la compassion que tu lui portais malgré ta peur que tu compris la teneur des faits. Auparavant bloqué à terre, tu ne pouvais qu'observer la femme se redresser un instant... Avant de se jeter, non sans décupler ses terribles sanglots, les bras tendus et raffermis pour t'infliger une myriade de coups allant faire bleuir ton poitrail dans un contact tordant de douleur. Le faciès plissé au possible, tu cédais malgré tout un puissant râle souffrant, ne pouvant faire autrement qu'attendre la funeste fatalité que tu pensais être obligé de subir...

... Tu encaissais tant bien que mal, ta respiration se faisant irrégulière à mesure que les phalanges agressives tombais, pour que finalement tu sois libéré du poids de cette haine confuse. Affalé contre le parquet de sa chambre; l'hôte te regardait d'un œil que tu avais du mal à cerner pendant qu'elle indiquait la sortie de son gîte par un doigté expéditif et instable. Encore partagée entre tous ces extrêmes qui la meurtrissent silencieusement; témoin victimisée de la bataille qui faisait sûrement de ses réflexions un tas de ruines fumantes; Haru partit ensuite s'abriter contre le chevet de son lit apercevable d'ici, préférant de toute évidence le côté opposé à ta position. Te faisant ainsi dos, un dangereux manque de paroles recouvrait la place alors que tu étais dispensé de ce morbide désastre. Du moins... Temporairement.

On quémandait ton départ in extremis, avant qu'elle ne refasse une crise pire encore. Tu ne pouvais que comprendre le mal qui l'assaillait, et ne savais réellement pas quoi faire pour lui rendre service. Tu ne voulais pas l'abandonner ainsi... Mais, à vrai dire, tu n'avais absolument pas l'impression d'être ici le bienvenu. Après de presque glorieux efforts, tu parvins à te relever à ton tour plus ou moins convenablement, le genou accolé au bois de la surface pour soupirer longuement dans l'optique de récupérer une rythmique normale. Un geste après l'autre, tu te dirigeais sagement vers la seule issue avec ta valise voguant de par une poigne fébrile... Jusqu'à ce qu'un nouvel élément perturbateur assène une nouvelle dose d'intrigue à cette rencontre.

Un grognement inerte, provenant de l'inanimé du décor retentissait à travers la sombre chambre. Tu ne retins pas un coup d'œil indiscret, inquiet de l'état dans lequel tu étais sur le point de délaisser la demoiselle... Pour constater qu'elle s'était laissée chuter dans un semblant de coma émotif. Trop pressée par ce qui vient de se passer, elle a sûrement du craquer et a finie par s'évanouir lamentablement... Le choc qui en résultait fut toutefois plus que navrant. Ce fut néanmoins le rappel à l'ordre qui allait mieux diriger tes actes... La mine dépitée, tranchée entre la peine et la désolation, tu restais expressif avec modération et tourna à nouveau les talons pour faire dos à la sortie. La rotation poussait la porte à se refermer d'elle-même, alors que tu rejoignis par quelques pas rendus plus prudents par ton état secoué les côtés de Shiruku. L'allure calme et analytique, tu t'étais mis en tête de ne définitivement pas pouvoir partir sans soutenir la malheureuse. Tu vérifiais dans un premier temps sa conscience, d'une frêle caresse à la joue en espérant qu'elle réagisse -mal ou bien, qu'importe-. Mais rien... La brisure causée par cette distortion de son esprit ne l'avait pas laissée indifférente du tout.

Tu prolongeas un autre soufflet sur ton flanc gauche, avant que tes fines lèvres n'expriment un sale rictus déboussolé. Et par une poussée supplémentaire -heureusement qu'elle ne pesait pas non plus une tonne-, tu agrippas de ta droite les jambes de la Miss, et son bras le plus éloigné de ta gauche. Ainsi, tu la récupères et la dépose plus convenablement sur le lit adjacent à votre position. Et telle une princesse, tu l'enrobais soigneusement dans ses couvertures dont tu l'avais malencontreusement extirpée plus tôt. Ceci fait, tu réajustais le coussin sous son minois, dégageas quelques mèches rebelles de son doux visage avant de pester secrètement envers toi-même. C'était techniquement par ta faute que tout ça arrivait... Tu devais t'occuper d'elle. C'était ainsi.

Dans un premier temps, tu te chargeais alors de vérifier les symptômes les plus évidents : Un leste contact au front expliquait qu'aucune fièvre excédentaire ne s'était immiscée à tout cela. La belle ne tremblait pas; elle ne faisait tout simplement que se remettre de ses états d'âme en respirant juste ce qu'il y a de nécessaire à son bien-être. Quelques instants passés à la surveiller attentivement, tu finis par t'en détacher pour la laisser se reprendre complètement. Les minutes s'écoulaient ainsi; autant de temps qu'il en fallait pour qu'elle récupère convenablement, durant lesquelles tu t'accoudais à la fenêtre préalablement ouverte de la pièce.Tu ne tenais pas particulièrement à faire comme chez toi, mais toi aussi, tu devais reprendre un peu l'air.

Au clair de la Lune, dominatrice des cieux nocturnes et révélatrice d'autant de bon que de mauvais, tu jugeais à tâtons des dégâts encourus par les ébats soudains qui précédaient ce climat de tranquillité désormais adoré. La mélodie des criquets résonnant à travers les extérieurs du château berçaient tes oreilles, alors qu'une brise délicate se dispersait en parcimonie avec la chanson du soir. Ta chemise délabrée faisait pitié, et tes bleus à nu n'étaient pas particulièrement beaux à voir... Heureusement que l'ironie faisait bien les choses. Enjambant sur le retour les tas de vêtements perdus sur le plancher de l'endroit, tu rattrapas ta valise pour l'ouvrir furtivement avant d'y glisser ton vêtement détruit. Pour ce faire, tu as subtilement trouvé siège sur le côté opposé du lit où "dormait" alors Shiruku. Quelques honteuses œillades en arrière te suffisaient d'abord à vérifier si rien n'empirait, puisque tu lui faisais ainsi dos sur le même matelas, profitant de son teint mis en valeur par la clarté astrale de la paisible nuitée. Sans trop savoir pourquoi, tu ne rejetais pas ce minime sourire en coin naissant de l'attendrissement qui naissait chez toi à l'observation de la dame...

... Et, apparemment, tu n'étais pas le seul à te plaire à ce spectacle. Au départ même de ton bassin surgissait une chatouille méconnaissable, ressortant de huit appendices minuscules et faiblards, agissant avec une gestuelle pourtant précise et à l'ambition inconnue. Lorsque tu te ravisais toi-même, tu compris que là où la mère gisait... Les enfants pouvaient venir. Ou du moins, les attachés. Une fine araignée comme tu en as déjà vu des centaines dans ta vie te faisait la cours, tentant manifestement de te grimper vainement dessus. Tu lui rends alors la faveur en l'accueillant dans le creux de ta main, car tu ne fais pas parti de ces gens hurlant à la mort à l'apparition d'un arachnide, et la ramène face à toi pour lui adresser un regard plus respectueux. Celle-ci, perdue dans ce géant mouvement que tu organisais pour elle, restait figée sur ta paume alors que tu te retournais encore vers Shiruku pour la gratifier d'une sensible affection à la joue, du revers de ton autre main. Puis, sûr du lien qui peut se créer entre ces deux être, tu ramènes alors la petite sur le drap de Haru en l'accompagnant de quelques paroles qui suffiraient à te désigner de bête ou de fou. Qui parle à des araignées, après tout... ? "... Veille sur elle un instant, s'il te plaît. Dans l'idéal, je veux qu'elle sourie à son réveil. Une compagnie comme la tienne pourrait peut-être aider..." Susurres-tu alors avec sincérité. Tu ne prêtais alors pas réellement attention à la concernée, te contentant de patienter pour une réaction de sa part pour comprendre qu'elle est de retour ou non.

Tu avais apporté des bandages avec tes affaires. En connaissant les lieux que tu rejoindrais, ce n'était qu'une banale précaution pour quelqu'un comme toi. Et tu as bien fait de penser ainsi... Une fois le faux insecte disposé auprès de la douce, tu fouilles discrètement ta valise pour en dégager le fameux rouleau que tu t'affaires aussitôt à faire dérober tout autour de ton torse; passant l'objet par delà ton dos et le rabattant continuellement devant toi. Ce n'étaient que des bleus... Mais nombreux, et éparses à travers tout le haut de ton corps, il y avait quand même de quoi s'inquiéter. Des os pouvaient être cassés, ou pire... Il valait mieux ne prendre aucun risque. Te voici donc là, à t'occuper de toi...

... Et de ton hôte infortunée, que tu espères soulagée.
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Shiruku Haru

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MessageSujet: Re: Dans la toile du paranormal, tout est lié ~ (Featuring Shiruku Haru)   Sam 21 Mai - 19:48

Enfin, le calme était retombé sur la scène, éclairée par la lune fantomatique perchée dans le ciel nocturne, libéré de toute présence nuageuse pour mieux exposer aux yeux de tous le tableau grandiose de la voie lactée et de ses myriades d'étoiles. C'est sous ce panorama aux proportions infinies qu'un sinistre destin venait d'être évité. En effet, régie par des instincts que je peinais à comprendre, ces mêmes instincts qui, quelques instants auparavant me poussaient à me jeter sur la chair innocente de l'homme aux yeux couleur de braise, je me retrouvais à nouveau acculée par mon esprit qui me criait de ne rien faire de répréhensible, surtout pas dans l'enceinte de l'établissement. Ainsi secouée par ces sentiments à la fois identiques et contradictoires, je préférais battre en retraite sur mes couvertures, après m'être défoulée de mes poings sur le corps offert de ce qui aurait pu être mon énième victime. Je restais prostrée sur moi-même, adossée contre le mur, après avoir intimé l'ordre au jeune homme de s'en aller.

Seulement, probablement sous le coup d'un trop plein d'émotions inconnues, je sentais la douce étreinte des ténèbres se refermer contre moi alors que mes membres s'engourdissaient un à un, me laissant finalement choir du sommier de ma couche, comme une représentation de mon plongeon dans l'inconscience. Je m'écrasais alors lourdement sur le sol pour la seconde fois de la soirée, sous le regard observateur de l’intrus... quelle pitoyable scène j'offrais là. Seulement, mon esprit s'était déjà envolé, planant loin au-dessus de ces sentiments purement humains, m'extirpant alors des notions si relatives du temps et de l'espace, tandis que mon corps restait encré au sol. Entre rêve et réalité, je voguais sur la mer du mon subconscient sans réel but. Alors que je m'éloignais peu à peu du rivage de la raison, une petite voix se fit entendre, un mince écho résonnant dans le vrombissement assourdissant des vagues.

À peine perceptible, à peine inaudible, une voix particulière, que je reconnaîtrai entre un millier d'autres, celle de ma progéniture, la dernière de la couvée. Encore jeune et fragile, le lien qui la reliait à moi ne s'était pas encore totalement complété mais ce dernier était malgré tout suffisant pour m'empêcher de couler plus profondément encore. Elle m'appelait, encore et encore, me priant de revenir, de rester auprès d'elle et des ses nombreuses sœurs. De l'extérieur, la scène paraissait des plus particulières, la petite créature, alors perchée sur mon corps, s'affairait à articuler les parties de sa carapace chitineuse dans un grincement strident, le reste de son corps figé dans une immobilité parfaite, à l'image du mien, dans un appel pourtant déchirant. Pourtant... quelque chose me maintenait dans ce confort obscur, une autre complainte, plus ancienne, plus forte, plus... rassurante.
Comme un chant de sirène, j'entendais résonner dans ma tête une douce mélodie, chaude comptine séculaire qui, malgré son origine inconnue, m'était si familière.

Poussée par la curiosité, je tournais le dos aux pleurs de la minuscule désespérée, m'enfonçant plus loin encore dans les limbes inexplorées de mon esprit. En une fraction de seconde, je survolais à présent la terre, m'envolant un oiseau, remontant peu à peu le fil de ma mémoire, comme le film d'une cassette que l'on regarderai à l'envers, retraversant alors les lieux et les époques sur lesquels j'avais laissé mon empreinte, parcourant toujours plus de distance, repoussant encore plus loin les limites du temps, toujours guidée par cette même voix qui semblait provenir du fond des âges. J'ignorais moi-même la destination finale, dépassant la frontière de mes souvenirs, je m'aventurais à présent en territoire inconnu. Aucun des paysages que je voyais défiler sous mes yeux ne m'étaient familiers, je ne reconnaissais aucunes des collines verdoyantes et des forêts épaisses qui s'étalaient sous mon regard à semi-conscient.

Puis soudain, le noir complet, l'obscurité totale, tout autour de moi n'était que néant. La douce chansonnette avait disparu en même temps que la lumière rassurante du soleil et laissait à présent place à un long hurlement de bambin qui déchira à nouveau les ténèbres qui m'enveloppaient tandis que je me trouvais à nouveau transportée... mais dans les bras d'une femme cette fois-ci. Cette dernière, les joues recouvertes d'un âcre mélange de larmes et de sang, courait à en perdre haleine dans un sanglot étouffé par le bruit de ses pas et des cris et tintements violents de métal provenant de derrière elle. Une étouffante odeur de fumée et de chair brûlée me prenait ardemment à la gorge, coupant mon souffle déjà saccadé alors que je tendais mes bras enfantins en direction du visage terni par la poussière de la fuyarde. Aucuns mots ne daignaient sortir de mes lèvres qui s'articulaient en vain dans une complainte muette.

Perdue dans ce rêve aux allures de cauchemar, j'en avais totalement oublié la réalité, la condition physique dans laquelle je me trouvais. Toujours allongée sous les chaudes couvertures, je semblais me débattre avec vigueur contre un ennemi inconnu, balançant bras et jambes dans une danse désordonnée pendant que mes membres arachnéens, à présent dépliés, frappaient murs et meubles avec tout autant d'énergie. Le visage couvert de sueur, je paraissais, tout comme dans mes songes, vouloir hurler des mots inconnus sans qu'autre chose qu'un souffle silencieux ne sorte du fond de ma trachée. C'est alors que, comme attirées par la détresse liée de leur mère et de leur sœur, sortirent de sous l'épais matelas une araignée, puis une autre, et encore d'autres. Elles venaient par dizaines, se dégageant des piles de vêtements qui jonchaient le sol, de petits cavités creusées un peu partout dans la pièce, passant dans le fin espace laissé par la porte. Régies par l'incroyable volonté unique qui liait toute la colonie, les membres de cette grande famille se comptaient à présent par centaines, de toutes tailles et de toutes formes, n'ayant pour seul objectif que leur maîtresse et mère.

Ignorant le jeune spectateur, la masse grouillante se contentait de passer autour de lui avant d'imiter leur jeune benjamine, recouvrant alors l'intégralité de mon corps, toujours en proie à de brusques tourments. Ainsi couverte de cette singulière protection, mes geste se firent peu à peu plus doux jusqu'à finalement se stopper, mes extrémités retombant mollement sur mes côtés. Maintenant immobile, la nuée de créatures se joignit à la complainte stridente dans un concert de vrombissements assourdissants. Enfin, leurs « voix », réunies en un même chant, parvinrent jusqu'à mon esprit, toujours aux prises avec ces visions d'un autre âge, comme un puissant électrochoc, battement de cœur retentissant, qui fit tonner l'intérieur de ma poitrine. J'ouvrais alors brusquement les yeux, comme happée de force par la réalité, avant de me redresser subitement en hurlant, le souffle haletant tandis que mon palpitant cognait avec énergie contre sa cage d'os et de chair « Mère ! Mère ! Ma-maman... » n'ayant pour seule réponse à cette impulsion que le bruissement des milliers de pattes reposants sur moi et le regard de l'inconnu, j'entrais dans une nouvelle crise de sanglots, la myriade de petites bêtes attentionnées, à présent rassurées, se retirèrent en silence comme elles étaient venues, laissant à nouveau place au silence nocturne, seulement perturbé par les hoquettements indiscrets qui me secouaient doucement.
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MessageSujet: Re: Dans la toile du paranormal, tout est lié ~ (Featuring Shiruku Haru)   Mar 24 Mai - 7:11

Tu ne t'étais jamais pensé bienveillant gardien du précieux sommeil du surnaturel. La vie nous aide à nous découvrir quelques parcelles cachées; extirpées finalement de gré ou de force depuis les confins de notre esprit. Il faut généralement que celui-ci s'avère décalé, pour ne pas le qualifier parfois d'insoupçonné, afin que l'on en tire un profit spécifique. En l'occurrence, tu n'étais qu'un banal étudiant tout bêtement marqué par une immortalité non désirée. Rien qui n'influençait véritablement ta personnalité, ou quoi que ce soit d'autre en toi. Tu conservais ta noble stature, qui savait autant plaire qu'enrager les passants les plus expressifs. Tes manières ne changeaient pas; tu te veux toujours poli malgré les circonstances, ne cherches qu'à user de façons tranquilles pour tous, et tu t'immisces plutôt bien dans la société d'aujourd'hui. Un peu tête-en-l'air sur les bords, et trop éloigné du danger pour en avant un sale avant-goût, il paraît ironiquement ardu de te faire plier sous la tension meurtrière de la fatalité. Ce n'est pourtant pas faute de la redouter naturellement, puisqu'il t'est impossible de prendre goût à la douleur qu'elle ramène sans cesse en présent.

Par cette soirée embuée par la clarté tamisée de l'astre lunaire, dont le trône majestueux fut bien évidemment persiflé par les constellations éventuellement l'environnant; c'est au tracé invisible et enivrant d'une brise nocturne tout au plus agréable et muette que tu t'abandonnais à l'invasion d'un sentiment paisible auquel tu es habitué de te prêter. Après le calme vient la tempête... Mais après la tempête revient encore le calme. Ces dictons à double tranchants avaient au moins le talent de te procurer un répit non négligeable, que tu acceptes volontiers et utilises pour te refaire aussi bien physiquement que moralement. Et, bercé au cours de la fine et fraîche étreinte de la nature obscure, tu penses à tout ce qui a été dit là. Plus aucun rictus ne subsistait alors; pas même en tant qu'échantillon du bonheur inné avec lequel tu mènes la danse de ton quotidien.

Tu n'étais honnêtement pas fier de persister à traîner autour de la belle, qui avait plus tôt exigé ton départ. Mais en même temps, et c'est sûrement l'impression qui primait sur le reste; tu fus progressivement soulagé à l'observation légère que tu lui apportais, car tu remarquais bien la douceur de son repos. Tout paraissait alors aller pour le mieux. Toutefois, rien ne pouvait avancer si tout se déroulait à la perfection. Tu le savais pertinemment, mais tu n'en faisais rien. À vrai dire, il fallait comprendre que tu ne pouvais réellement y faire quelque chose. C'est plutôt en sens là qu'il fallait regarder la scène, oui. Quoi qu'il en soit, la récupération éphémère de Shiruku se faisait subitement de plus en plus fragile; et tout comme cette narration, tu n'avais aucune transition pour délaisser tes réflexions philosophiques de manière à pouvoir réellement te consacrer à cette urgence impromptue.

L'enfant déposé aux courbes de la femme-araignée jouait de ses principaux appendices pour signer sa présence et son appel d'un grincement inaudible, auquel tu étais bien sûr insensible. Néanmoins, la moue de l'assoupie dépeignait une désagréable sensation; celle qu'on attribue au cliché de bon enfant affamé de rêve, et qui ne tient qu'à s'engouffrer encore quelques temps dans les sentiers battus de ses fantasmes d'apaisement. Le voyage dans l'inconscience paraissait ensuite bien plus agité... Le détail que beaucoup omettent en ce genre de situation est la cauchemardesque frontière entre le blanc et le noir. Le bon et le mal. Si la violacée donnait l'air de se plaire à son confort arrangé par tes soins, il ne lui suffisait que d'un faux mouvement pour chevaucher la ligne de non-retour... Puis que d'une bourrasque psychotique pour l'attirer définitivement au plus près des typiques souvenirs que chacun possède. Celui-là même que l'on ne tient qu'à enfouir au plus profond de soi, pour en ignorer la souffrance et ne plus avoir à s'en lamenter davantage.

Haru combattait la terreur de son passé, au moment même où tu avais terminé de t'administrer de grossiers premiers soins. Ton bandage s'étendait parfois trop sur tes flancs, forçant de secrètes lamelles du tissu guérisseur à voler au vent; et c'est bien là l'unique utilité décorative de l'haleine du soir. Si la réalité racontait simplement ton manque d'expérience en matière de soin physique, l'idéal esquissé par l'image et l'expression contraire qui s'en dégageait te glorifiait en t'octroyant presque une allure de survivant. Et donc, une fois ton poitrail à peine consolidé par ce travail anarchique mais non moins silencieux, tu retournes une brève œillade désorientée par les gestes secs de Shiruku. Si tu n'en exprimais pas concrètement la chose, tu restais surpris face au commencement de ce spectacle navrant. Tu finis, en revanche, par plisser un iris écarlate bien plus analytique, à la recherche du possible élément pertubateur... Hélas, tu compris vite que ton rôle de superviseur n'avait dès lors plus lieu d'être, puisque tu savais que la cause était interne. Tu ne pouvais que fixer le minuscule arachnide se débattre maladroitement au dessus de sa reine intoxiquée par le mal dont il essayait vainement de la sauver, avant que tu ne t'affaires à rencontrer pleinement de face les brutaux coups lancés à tout-va au travers des batifolages horrifiés de cette dernière. Et au moment concis où tu te motivais à agir dans l'optique de la sauver d'une autre crise... Le premier ballet des Ténèbres auquel tu aurais le droit unique de témoigner s'organisait, sans l'ombre d'une mauvaise intention.

Les disciples de la belle croulaient par tous les orifices de cette chambre. Il n'y avait pas le moindre espace emmitoufflé par l'arrangement chaotique, ou simplement la pénombre de la place, qui ne servait pas de refuge aux mille et une bestioles de votre nuit. Et la manifestation d'autant de prédateurs à un seul même endroit se faisait ressentir : il y en avait tant, que même les criquets musiciens avaient suspendus momentanément leur concert naturel, sûrement pour fuir l'opportunité de mourir bêtement emmêlé dans la toile du destin. Il y en avait tant, que même le parquet pourtant solide de l'endroit cédait audiblement sous le poids ravageur et la quantité innombrable d'araignées qui se ruaient jusqu'au plumard; le grattement des huit pattes multipliées par des centaines venaient sensiblement râper tes timpans, sans une once de vergogne en stock. Tu avais saisi que le rapprochement inédit de tous ces êtres n'avait rien d'improvisé. Et, à cela, tu préférais dans un premier temps leur délaisser la lourde tâche qu'était celle de calme l'énergumène encagée dans sa couette.

Celle-ci avait trouvé le moyen de se dénuder une fois encore, pour libérer la force de ses propres appendices venant alors s'abattre puissamment en tout sens. Elle-même gigotait avec dynamisme, à tel point qu'il était possible de se demander si on ne l'avait pas dopé ou non. Mais, heureusement; sa myriade de progéniture supposée venait la réconforter dans une étreinte que beaucoup trouveraient horripilante. Pour ce qu'il en était de ton avis; tu n'as jamais été dégoûté des araignées. Tu n'es probablement pas capable de laisser un océan de pattes se glisser le long de ton intégrité, mais tu es au moins en pouvoir de fixer le déroulement de la scène sans craquer, là où d'autres se seraient sûrement déjà affolés. L'armure de faux insectes affaiblissait la brutale gestuelle de Shiruku, qui découvrit à l'occasion la fenêtre pour revenir subitement parmi vous tous. À cette constatation, les soldats de Nyx furent déclarés victorieux et soulagés que tout allait bizarrement mieux, avant qu'ils ne battent en retraite sans même crier gare. Tout s'était décidément passé très vite...

... Il ne restait alors plus que Haru et toi. Elle, et sa trace de paranormal à l'air libre; et toi, banal humain à peine torturé par rapport à la souffrance qu'avait pu exulté la malheureuse désormais ruinée dans ses propres sanglots. Les criquets n'avaient pas trouvés le temps de revenir, et la mélodie de la douceur laissa donc le trône de l'ambiance à la sonnette de la mélancolie, organisée par les pleurs irréguliers de la terrifiée. Un instant s'écoulait, avant que ce qui s'apparentait à des murmures instinctifs ne retentirent loin hors de ses lèvres; assez loin pour que tes oreilles en restent délicates et attentionnées. Tu buvais le peu d'articulation dont elle faisait montre... Et était bien paré à ne pas la laisser affronter seule sa tristesse.

N'exprimant pas -ou plus- de honte, encore moins de pitié, et ne parlons même pas de tristesse; tu étais le gent galant se qualifiant au titre d'allégorie de la compassion, bien que les apparences ne s'y prêtaient pas obligatoirement. Enlacé dans tes propres couches de blanc raccommodant torse affligé précédemment, c'est l'hôtesse de la chambre que tu viens essayer de rassurer à ton tour par un nouveau rapprochement. À l'image parfaite des araignées, tu te glissais avec une habileté que seule l'empathie te permettait d'utiliser, jusqu'aux côtés de la pleureuse autour de qui tes bras venaient proposer de se sceller aimablement; voguant plus que lestement comme des bissectrices entrecoupant les pattes arachnides pour caler une main confortable contre le bas-flanc de l'attristée, tandis que tu l'invitais à poser sa tête contre le poitrail qu'elle avait bien manquée de massacrer auparavant grâce à ton autre paume, plus soigneuse et précautionneuse que jamais. Tu acceptais, bien sûr, tous les risques qui constituaient un contact aussi nonchalant que celui-ci.

"Deux cents dix-huit ans, et j'ai pourtant l'impression que la vie reste la même pour tout le monde..." Soupires-tu faiblement dans un premier temps. Les phalanges que tu dirigeais justement au visage de la douce opéraient à la chasse de ses perles émotives, luisant d'un éclat satiné et n'ayant rien à envier aux plus beaux des trésors; le seul plus admirable étant encore l'auteur de ces larmes elle-même. "... Là, là... Tout va bien..." Finis-tu par prononcer d'une tendresse inégalable, alors que tu cherches à tirer l'assurance jusqu'à la violacée par tous les moyens possibles. Les cajoles orchestrées par tes propres soins profitaient d'une chaleureuse dextérité, et tu faisais manifestement de ton mieux pour tenir la solitaire au plus près de toi; dans l'unique espoir de pouvoir la guider ensuite sur la route du bien-être. Que son chagrin s'efface, que ce ne soit que temporaire; tu auras au moins gagné un temps de répit supplémentaire et tu pourras te plaire à l'idée que tu as été utile au moral d'autrui. Bien que les efforts ne soient pas nombreux vus de l'extérieur, tu tiens à dégager la plus grande aura de réconfort possible, en gardant en arrière-pensée qu'il en faudra peut-être plus...

... Pour que la proie fasse sourire sa prédatrice.
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MessageSujet: Re: Dans la toile du paranormal, tout est lié ~ (Featuring Shiruku Haru)   Sam 4 Juin - 23:01

Tel l’œil apaisé du cyclone, je retrouvais peu à peu le calme qui m'habitait ordinairement. Fatiguée par l'épreuve intérieure que je venais de traverser, le moindre geste me demandait des efforts qui me paraissaient surhumains. Aussi, je n’eus guère de réaction, de quelconque sorte, lorsque le mystérieux galant qui tenait mon chevet jusque là vint se glisser au milieu de mes tourments à mes côtés avant de me prendre contre lui dans une chaude et rassurante étreinte. Seul l'infime duvet naissant à peine visible qui recouvrait ma peau d'albâtre s'hérissa doucement quand les agiles mains de l’impudent garçon se déposèrent sur celle-ci, l'une sur le bas de mon flanc offert aux rayons de la reine argentée, l'autre sur mes joue, m'invitant à reposer la tête contre son torse grossièrement recouvert de bandages. Les yeux accrochés à vide incertain, je tentais tant bien que mal de me remémorer le visage chaleureux de la mère sacrifiée que je n'avais jamais connue tandis que des sillons humides continuaient à s'échapper d'entre mes paupières sans discontinuer.

Bien que la chaleureuse présence qui se tenait à mes côtés avait un effet des plus réconfortant, mon cœur semblait pour le moment dépourvu de ressentiments à l'image d'une coquille vidée de force afin de préserver son armure de papier. Ma respiration de faisait de nouveau calme et constante, seulement troublée de temps à autres par de légers hoquettements et le sommeil commençait à reprendre le dessus. Instinctivement, bras et pattes se resserrèrent autour de cette ardente source de tiédeur que constituait le corps du jeune homme, à présent prisonnier, avant de l’entraîner dans une seconde chute, bel et bien sur le sommier du lit cette fois alors que je replongeais une fois encore au royaume de songes, pour le repos réparateur tant attendu. Inconsciente de l'éventuel malaise de la malheureuse victime, je m'accrochais à cette providentielle « peluche » de tous les membres en ma disposition dans un long soupire de bien-être.

J'ignore combien de temps s'était écoulé lorsque enfin, mes yeux s'ouvrirent à nouveau pour tomber sur... le visage du dénommé Hyosuke, séparé du mien par quelques minces centimètres. Prise de court par cette apparition soudaine, je poussais un cri de stupeur tandis que je bondissais hors des draps, bras et index tendus en sa direction dans une expression dans laquelle se mêlaient surprise et incompréhension, les joues teintées d'un pourpre voyant qui contrastait fortement avec le reste de mon visage, pigmentation non pas tant due à la gêne mais plutôt au vif courant d'émotions que cette confusion venait de créer « Qu-qu-que fais-tu encore là toi ?! Et dans mon lit en plus ! » Reprenant mon souffle j'enchaînais à nouveau sur un ton similaire « Je t'avais pourtant bien dit de sortir d'ici, c'est dangereux pour t... »

Sentant mes jambes se dérober sous mon corps, je trouvais rapidement appuis contre la commode se trouvant derrière moi avant de me laisser glisser sur le sol, prise d'un violent haut-le-cœur. Il s'en fallu de peu pour que je puisse empêcher le maigre contenu de mon estomac de briser la fine barrière de mes lèvres. Ayant déjà été affectée par ce genre de mal, j'en connaissais parfaitement la cause, la faim. Je devais rapidement trouver quelque chose à me mettre sous la dent sinon mon corps ne pourrait bientôt plus se mouvoir, désagréable contrecoup d'un pouvoir qui échappe parfois au contrôle de la volonté. Assise sur mon séant, je détournais le regard sur le côté en tendant une nouvelle fois le bras vers le spectateur de la scène, cette fois-ci bel et bien animée par une forme de gène. « Je...je n'arrive pas à me relever...ai-aide moi... » parvenais-je à marmonner en tirant une moue contrariée.

De nouveau sur mes deux pattes, je prenais le temps d'analyser la situation et de me rappeler les événements de la soirée. La nuit était toujours présente, recouvrant la voûte céleste de son sombre voile incrusté d'étoiles, mais déjà, l'on pouvait deviner que le soleil, son alter ego lumineux, commençait à livrer batailler afin de recouvrer son royaume des cieux. Observant le jeune intrus d'un air nonchalant alors que les fragments de mes souvenirs se recollaient un à un, je fixais les pitoyables bandages non sans une certaine honte. Une honte à la fois pour leur aspect au delà du ridicule mais également une honte car je me savais être la cause des meurtrissures qui l'accablaient derrière les bandes de tissus, je ne pouvais pas le laisser ainsi, je devais... réparer mes erreurs. Après m'être assurée de la sûreté de mes pas, je me rendais alors sans un mot dans ma salle de bain, fouillant placards et pharmacie à la recherche d'un matériel plus adapté.

Ressortant de la pièce quelques minutes plus tard, coton, désinfectant et bandes de gaze en main, je faisais signe au blessé de s'asseoir sur le tabouret, ordinairement situé en coin de la chambre, après l'avoir rapproché au centre de la pièce. Une fois ce dernier assis sur son trône de fortune, je m'attelais à retirer les bandages de secours qui étreignaient son torse, une fois celui-ci dégagé, je m'appliquais à étaler sur les hématomes et griffures une fine couche de produit antiseptique, les blessures bien que superficielles pouvaient malgré tout s'infecter, mieux vaut prévenir que guérir après tout, bien que... dans cette situation... Bref ! C'est l'intention qui compte n'est-ce pas ?! Une fois cela fait, je pouvais à présent finir le travail de façon plus correcte. Toujours dans le silence le plus complet, il ne me fallu que quelques minutes pour recouvrir la peau du jeune homme des fines bandes de tissus.

Je parvenais à résister à l'appel de la faim, excitée par la douce odeur de sang et de transpiration qui parvenait à mes narines, priant pour ne pas... « lâcher » à nouveau mais je sentais que la limite entre raison et folie ne tenait qu'à un fil. Mon travail achevé, je me retirais rapidement de ce fruit, de cette chair, qui ne tendait qu'à être cueilli. De retour dans le cabinet de toilette, je m'accoudais au lavabo avant de m'asperger le visage d'une gerbe d'eau fraîche. Fixant le reflet du miroir, je pouvais voir les veines battre contre mes tempes, tandis que mes pupilles tentaient de garder leur couleur d'origine. M’apercevant alors seulement de ma nudité, j'enfilais un peignoir, profitant de ce petit moment de solitude pour me refaire « une beauté » qui consistait simplement à remettre en place l'épais chignons qui trône habituellement à l'arrière de ma tête et à essuyer les traces laissées par le récent passage de mes larmes. Ainsi apprêtée et dans un sens apaisée, je rejoignais le visiteur du soir et sans plus de façon, poussée par d'anciennes traditions dont je n'ai jamais su me débarrasser, je m'agenouillais en face de lui, le visage rivé vers le sol « Je t'ai trompé et blessé, j'ai perdu le contrôle de mes moyens et tu as failli en mourir, je suis impardonnable, aussi, la seule façon que j'ai de me faire pardonner est de t'offrir ma vie, disposes-en comme tu le désires. ». Me murant à nouveau dans un silence de pierre, j'attendais humblement le sort que me réservait l'étranger.
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MessageSujet: Re: Dans la toile du paranormal, tout est lié ~ (Featuring Shiruku Haru)   Ven 10 Juin - 7:09

La clef de voûte nocturne, alias Dame Lunaire à l'éclat subtilement délicat, transperçait la scène de par sa flagrante beauté qui dépassait l'imagination du commun des mortels. Comme si la promiscuité entre les Astres s'était intensifiée, en cette folle soirée où la Vie et la Mort se disputent leurs jouets; c'était comme si le satellite naturel s'était rapproché et couvrait la majeure partie des étoiles. Plus rien d'autre que ce dernier, ainsi que de rares survivantes dans les cieux ténébreux ne ponctionnait le voile d'ombre caractérisant la douce noirceur de la nuitée. Après des ébats que peu envieraient, et d'autres phénomènes tout aussi particuliers les uns que les autres... Shiruku était en pleurs.

Larmoyante à souhaits, ne détenant plus que l'essence de la nostalgique mélancolie pour s'animer ainsi; la propriétaire des lieux dont tu transgressais l'intimité depuis déjà trop longtemps pour t'en rendre compte ne faisait plus qu'écrier en silence le malheur qui la frappait désormais à travers ses fastidieux sanglots. Si elle devait être épuisée sur tous les plans; toi aussi, tu compatissais en souffrant d'une peine si continuelle depuis l'initiation de cette rencontre pour la protagoniste que tu ne pouvais finalement plus qu'éprouver de l'empathie à son égard. Une moue ferme de placidité, car ne désirant pas lui incomber un ridicule absurde de ta part -quoique tu pourrais sûrement l'apporter au rire ainsi-, tu ne t'autorises qu'à pincer tes lèvres dans un mauvais rictus n'inspirant que le désarroi dont émerge seulement la cime.

Après le spectacle arachnide, et une fois t'être assuré qu'aucun de ces enfants ne reviendrait à l'assaut des tourments de leur figure maternelle; c'est toi qui part à la guerre à la tristesse. Sans plus d'hésitation, tes bras ont entrepris l'étreinte la plus chaleureuse que la soirée te permettait d'engendrer; faufilant de soigneuses phalanges entre les appendices et ce qui était banal. Finalement, vous restiez ensemble et sauvegardiez la posture un certain temps; avant que d'un réflexe inopiné, tu reçoives un agréable retour pour cette décision d'approche que l'on aurait pu juger douteuse en toute autre circonstance. Tu es encerclé par la suite des dix membres de la belle violacée, qui s'abandonne dans les bras de Morphée, réincarnés dans les tiens.

Vous chutez alors ensemble sur le matelas, qui par l'impression de sérénité revenue, te paraissait toi aussi plus confortable. Et une fois les dernières perles émotives chassées de la frêle peau de la demoiselle, tu finis par embrasser le vide obscur de la salle avec un regard pensif. Un leste soupir, inaudible pour ta protégée d'un soir, marquait la fatigue qui t'atteignait aussi depuis quelques temps. Une ou deux araignées persistaient à superviser la situation, depuis quelques coins plus ou moins éloignés. Mais il était dès lors trop tard pour que en remarques davantage... Épris dans cette mutuelle câlinerie, le Temps ne se faisait plus distinguer; et ta vision se troublait à mesure que tu accompagnais Haru dans ce drôle mais non moins tendre repos.

Plus rien de terrorisant n'arrivait alors. La nuit suivait son cours, et même les criquets avaient osés reprendre leur symphonie forestière au lointain. Tu sombrais dans le monde des rêves, oubliant finalement de porter l'œil attentionné que tu dois à l'assoupie, avant que tes pensées ne s'entremêlent toutes dans un chamboulement total et immuable. Tes songes, tes réflexions, tes constats récents et anciens... Plus rien n'avait de sens, là où le sens n'avait plus rien. L'imaginaire envahissait ton subconscient et jouait avec tes souvenirs, frais ou périmés; ces écailleux fragments de ta vie partageaient tous la même rivière où tu venais pêcher n'importe quoi, lorsque l'occasion se montrait. On pouvait même entrevoir une tombe, non loin de cette métaphore; celle qui t'illustrait chaque nuit ce qui t'était arrivé. Celle qui te rappelait que ta récupération te condamnait à revenir ici, dès qu'on te prendrait la vie.

Mais tout ça importait peu... Car de l'autre côté de la rive, se choyait personnellement une Dame Araignée, à la cascade de cheveux couleur pourpre et jouant avec ses mèches de par un doigté expert et affectueux envers elle-même, tandis qu'elle s'affairait en réalité à se refaire peu à peu. Au plus profond de ton sommeil, tu étais ravi de comprendre par ce portrait que te projetait ton esprit que tout allait mieux... Du moins; pour le moment.

Chaque chose en son temps, mais le temps lui-même est pressé. Le bienheureux dénouement de la scène ne se conclut pas avec cet excès de confiance au sein de ce repos mutuel; lorsque l'Astre Diurne émerveille les matinaux et engourdit en mal les plus fainéants d'entre tous, la demoiselle papillonne sensiblement des yeux pour s'accaparer un air de confusion absolu. Toi-même finit par céder à ton horloge biologique, et très rapidement, tu croises un faiblard regard avec celui désavoué de la belle... Qui ne manque pas d'exprimer toute l'horreur que la situation lui inspire en sursautant non loin de son propre lit. Quelques interrogations rhétoriques plus tard, le même mal qui la torturait auparavant revient à l'assaut, sans daigner lui autoriser un instant de répit. Tout se déroule alors vraiment trop vite pour que tu aies le temps de réagir correctement; tu ne peux qu'aviser la pauvre d'un iris désemparé, la main sur la nuque pendant que tu te redresses honteusement, alors qu'elle te rappelle à quel point tu bafoues là sa sérénité.

Néanmoins, tu te dois de concéder à son exigence, lorsque Shiruku sollicite ton aide pour la relever. Et le paradoxe de l'événement fait qu'étrangement, toi qui a été littéralement martelé et qui revient de loin, agit avec plus d'énergie que la fille arachnide. "Bien, bien..." Souffles-tu pour toi-même, alors que tu entreprends de ramener la violacée sur ses petons. Une main précautionneuse après l'autre, tu joues d'une élégante prudence pour relever la femme, avant que celle-ci ne fuit pour quelques raisons qui t'échappent plus ou moins, dès lors que son regard aie analysé l'endroit puis ta propre personne. L'impression déjouée qui se lisait sur le faciès de la pauvre ne t'inspirait que très peu, et tu te contentais de rester tout au plus terne pour le moment. La jovialité n'a rien apporté jusqu'à maintenant, ni rien d'autre que la fermeté, d'ailleurs.

Inconnu aux lieux encore inexplorés, ce qui va de soi pour tous, tu ne comprends qu'à son bref retour que la fille s'est éprise de matériel médical digne de ce nom. Et en te rappelant brièvement l'œillade qu'elle venait tout juste de porter à ton égard, tu saisis alors rapidement où elle voulait en venir. Une fois posé sur un tabouret calé à proximité, et tes propres bandages déliés, ce sont les mains féminines et plus expertes que les tiennes de Haru qui s'occupent de chasser la malédiction de tes plaies. Un peu de désaffectant, qui te forçait au moins à cligner des yeux, puis une nouvelle couche de bandages mieux affectés qu'avant; et le tour était joué. Tu n'avais alors jusque-là prêté aucune attention à la nonchalance qui avait dévêtue la belle, accourant à nouveau jusqu'à ce que tu supposais être sa salle de bain, sans même te laisser le temps de te retourner pour lui adresser tes remerciements. Mais cette fois-ci, elle revient simplement habillée et refaite, sa coiffure gonflée en chignon à l'arrière de son crâne.

À son énième retour, une conclusion des plus ironiques s'enchaînait devant toi. La voilà à peine face à toi que la dame s'abaisse, genoux conjoints sur le parquet et le minois flanqué en parallèle au sol, dans une posture respectueuse digne de tous ces êtres dépendant absolument de l'honneur. Le regard écarquillé et les lèvres abandonnées à un plissement hébété, tu ne peux que fixer les actes de la fille avec une pitié davantage compatissante que méprisante. Tu pouvais bien comprendre qu'elle s'en voulait possiblement pour la folle soirée, mais de là à ce qu'elle finisse ainsi... Tu râcles vivement ta gorge, avant de soupirer aimablement, pour reprendre d'un ton affectueux "... Tu ne devrais pas proposer ce genre de choses à n'importe qui. Qui sait ce qu'on pourrait te faire faire ?" Déclines-tu en apportant un éclat de rire taquin. Sans transition, tu te rapproches pour joindre tes mains aux omoplates de l'interlocutrice une fois habillé d'une chemise volée à la va-vite de ta valise, profitant de son œillade détournée pour arrêter de la provoquer à demi-nu comme tu le faisais.

"Ce sont les autres qui choisissent si tu es impardonnable ou non, pour ce genre de cas. Je suis celui qui est venu t'ennuyer en fin de soirée, et qui t'a poussé à agir ainsi. Tu aurais passé une nuit bien plus tranquille sans moi. Et tes... Amies aussi d'ailleurs, si je peux les appeler comme ça." Ajoutes-tu en ranimant un brin de sourire en coin, invitant la reine des araignées à se relever d'égal à égal. "Je suis navré pour te causer autant de soucis que ça. Je ne t'en veux pour rien, et j'irai même jusqu'à te remercier, je dirais..." Déclares-tu ensuite, le regard penchant un sentiment de culpabilité amoindrie sur le côté. "... Je ne vais pas t'embêter avec un discours inutile et cliché sur la joie de vivre et ainsi de suite, ce n'est pas mon genre. Mais tu es impardonnable, c'est vrai... Tout simplement parce que tu n'as rien à te faire pardonner." Finalement, tu rabats un regard sérieux de sympathie sur les prunelles de la protagoniste; ou du moins sur son visage. "Si tu tiens vraiment à ce que j'exige quelque chose de toi en réparation... Je veux que tu oublies ça, et que tu souries. Entendu ?" Lui proposes-tu plus que tu ne le lui ordonnes, avant de t'écarter de deux pas, pour rejoindre le flanc de ta mallette.

"Tu m'as soigné en oubliant le fait que je suis la source de tes perturbations. Je te dois beaucoup. Si, à mon tour, je peux faire quelque chose pour toi... J'accepterai volontiers." Parce que tu as horreur de laisser une femme se faire ronger par les remords, tu voulais lui prouver que tu pouvais en faire autant qu'elle. Que Shiruku n'avait rien fait de mal, et peut-être la persuader que tu étais pleinement fautif. Et que de par ce raisonnement...

... Tu lui en devais beaucoup.
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Shiruku Haru

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MessageSujet: Re: Dans la toile du paranormal, tout est lié ~ (Featuring Shiruku Haru)   Sam 25 Juin - 0:48

Enfin, le calme retombait dans la petite chambrée de l'immense réfectoire de l'académie, baignée dans la scintillante lumière de l'aube naissant, encore à mi chemin entre le domaine obscur de la nuit et le royaume étincelant du soleil. Après une soirée forte en agitations et en sensations de tout genre, la fatigue parvint à reprendre le dessus et c'est ainsi enchevêtrée dans les bras  réconfortants du non moins courageux intrus que je sombrais dans un sommeil plus profond que le néant lui-même et dépourvu de toutes pensées dans un repos se voulant réparateur.

Ce n'est donc que plusieurs heures plus tard que je m'éveillais aux prises de l'impudent garçon, provoquant chez moi une nouvelle vague  d'émotions, allant de la surprise à l'étonnement, en passant par la colère et l'incompréhension. Parvenant malgré cela à me remémorer les événements de la veille, je retrouvais mon calme habituel. Prenant alors note de ma tenue quelque peu... légère et l'état affligeant de mon « invité », je me glissais rapidement dans la salle de bain de ma suite dans le but d'enfiler une couche supplémentaire autre que ma peau et de récupérer le matériel nécessaire au traitement des vilaines plaies en question. Une fois revenue et le traitement appliqué, voulant racheter mes fautes, je m'agenouillais humblement face au dénommé Hyosuke, accordant tout droit à sa volonté en signe de repenti.

Seulement voilà, le jeune homme, en personne moderne, n'était de toute évidence pas accoutumé aux anciennes lois et traditions qui régissaient jadis mon existence et qui, malgré les changements radicaux apportés au cours des récentes décennies, continuaient d'influencer la plupart de mes faits et geste. Écarquillant à mon tour yeux et bouche dans une moue contrariée, je peinais à suivre les longues tirades de ce dernier qui, se voulant bienfaiteur, provoquait en moi le plus grand trouble. Jusqu'à présent, aucun homme n'avait jamais refusé ce genre d'offre, pourtant exceptionnelle, me rejetant de la sorte. Je comprenais le fond de bonté de ces paroles, je le savais, pourtant... quelque chose au tréfonds de mon âme que je pensais apaisée, grondait de frustration et de colère. Tentant de conserver un semblant de calme, je souriais nerveusement relevant alors le regard que je maintenais abaissé malgré son invitation à me relever en sa direction, articulant du mieux possible ma surprise « J-je... je ne comprends pas... » ma respiration se faisant à nouveau saccadée et irrégulière « P-pourquoi refuser m-mon offre ? Je t'ai mutilé... battu... comment... comment peux-tu... comment es-tu capable de passer outre... »

Ne retenant plus cette nouvelle colère inexpliqué, je déployais avec force un membre qui vint se ficher avec fracas dans le mur situé à proximité, arrachant au passage le subtil apparat qui me couvrait alors « Je... je ne... je ne te plais pas c'est ça ? » disais-je en haussant le ton « Je ne suis pas assez bien pour les services de monsieur ! » J'hurlais à présent à gorge déployée, ne cherchant plus l'origine de ce nouvel éclat de rage, voulant seulement  extérioriser cette énergie avant qu'elle ne prenne encore le dessus. Balayant d'une autre patte la valise que tenais l'honnête homme dans sa main, l'envoyant valdinguer contre le même appuis dans lequel était toujours enfoncée la longue pointe de chitine, avant d'asséner un nouveau préjudice corporel à celui-ci en un puissant coup de poing dans la joue qui l'effondra sur le sol qui avait déjà accueilli pareille situation quelques heures auparavant.

Le souffle court, j'observais tour à tour le jeune homme étalé et mes doigts imprégnés d'une fine couche de sang, ouvrant de grands yeux emplis d'effroi avant de pousser un long gémissement, tandis que mes cuisses, lâchant à nouveau, m'envoyèrent le rejoindre sur le parquet de bois dur et froid. Rampant hâtivement à son chevet, je m'assurais que son pouls restait stable, avant de le prendre par les épaules afin de le secouer avec énergie tandis que de nouvelles gouttes aux relents salés faisaient leur apparition « Ho non...non...non !  Je l'ai encore fait ! ». Rassurée de le revoir entrouvrir les yeux, je poussais un long soupir de soulagement, ne pouvant refréner cependant une grimace en apercevant le volumineux hématome aux couleurs violacées. L'aidant à se remettre sur ses pieds, je le tirais jusqu'au sommier du lit sur lequel je le faisais s'asseoir avec la plus grande attention.
Prise d'une panique inhabituelle, je m’affairais  à nouveau afin de trouver un traitement approprié à la blessure infligée. Ne trouvant rien d'autre qu'un tube de crème aux effets calmants relativement faibles, je retournais aux côtés du malheureux infirme pour lui prodiguer le peu de soins que je pouvais lui apporter. Me laissant retomber à ses pieds pour la seconde fois, je m'inclinais ce coup-ci dans la plus servile attitude, le front séparé du sol d'à peine quelques centimètres « Mille excuses ! Je suis impardonnable ! » exécutant à la suite une nouvelle série de courbettes « Je... je ne sais pas ce qui m'a pris... vraiment... ». Non, en effet je ne comprenais pas, pourquoi cet excès de colère soudain, ce sentiment de haine inépuisable que j'avais ressenti l'espace d'un instant en observant ce généreux garçon qui s'offrait corps et âme à mon rétablissement et qui pourtant subissait sans broncher mes sauts d'humeurs aussi brutaux que soudains.

Leur origine m'était en tout point inconnue et cela provoquait de grands troubles en moi. Blesser voir tuer un humain lambda ne me posait guère de soucis mais un académicien... cela revenait à me condamner à mort et puis... le plaisir de tuer ne m'attirait pas particulièrement, je ne recourais à cet extrême que pour me nourrir et me défendre, pourtant... à cet instant, cet instant précis, un désir bien plus vil et insidieux me prenait les côtes, me poussant à de sombres desseins. Cependant, lorsque je reprenais mes esprits, toutes ces sensations perfides s'envolaient comme si elles n'avaient jamais existé. Bien que ce mystère m'intriguait et m'effrayait au plus haut point, je devais actuellement me concentrer sur l'instant présent et plus particulièrement de l'infortuné inconnu qui passait un mauvais quart d'heure depuis son entrée dans ma toile.

Comprenant le tempérament du personnage, je me doutais pertinemment qu'il refuserait tout service rendu de ma part, trouvant sûrement d'autres douces paroles dans lesquelles embobiner mon esprit. Pourtant, l'éducation arriérée sur laquelle je fondais toute mon existence me poussait à trouver ma propre solution, qu'il  le veuille ou non ! J'étais bien décidée à rendre chaque secondes qu'il passait à m'apporter son aide. Toujours agenouillée, le dos arqué, je me triturais les méninges dans l'espoir d'une solution qui n’inclue pas un nouveau accès de colère et accessoirement un possible bain de sang qui ne serait bien évidemment à l'avantage d'aucun d'entre nous. Malgré le ridicule de la situation, je restais ainsi positionnée, cherchant une solution à mon problème, durant plusieurs minutes jusqu'à ce qu'enfin ma lanterne daigne s'illuminer.

La solution que je tenais en tête ne savait être qualifiée de « bonne idée » mais il s'agissait le la plus efficace et radicale que je possédais pour le moment. Me redressant alors doucement, le visage toujours incliné en direction de mes pieds, je m'approchais à la même allure, allant jusqu'à  faire s'allonger la « victime » sur le matelas, grimpant à califourchon sur ce dernier, affichant alors un large sourire, quelque peu forcé, se voulant rassurant « Je suis navrée mais... tu risquerais de refuser mon soutien, je ne peux l'accepter... je dois me racheter de mes fautes ! » sur ces paroles, je le plaquais fermement de sorte à ce qu'il ne puisse effectuer le moindre geste. Portant alors l'intérieur de mon poignet jusqu'à ma bouche, je mordais alors celui-ci jusqu'à en projeter un mince filet de liquide rouge et chaud. Sans perdre un instant, je portais la fine blessure jusqu'au lèvres de l'ignorant prisonnier, m'assurant qu'il en ingurgite une quantité suffisante.

Une fois satisfaite, je me retirais rapidement de son corps afin de le laisser reprendre son souffle, trônant  fièrement  face à lui sur mes deux jambes dénudées, satisfaite du processus. Avant qu'un possible flot de questions de se déverse d'entre ses dents, je m’asseyais d'un bon agile à ses côtés, approchant le bout de mon nez de son oreille « À présent que tu as bu mon sang, nous sommes liés par un contrat que tu ne peux renier, je t'appartiens et je te suivrais jusqu'à la fin des temps, même au-delà si il le faut » susurrais-je alors dans un gloussement vainqueur.

« Tu dois prendre tes responsabilités... Maître »  
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MessageSujet: Re: Dans la toile du paranormal, tout est lié ~ (Featuring Shiruku Haru)   Lun 4 Juil - 14:12

L'internat n'aura jamais été aussi actif... Une nuit remplie des folies que personne ne pourrait imaginer. Les voisins devaient bien être gênés par tous les sursauts de la démente nuitée. Des craquements, des claquements, des sanglots; la symphonie arachnide aussi, qui n'avait durée que de minimes instants... Il y avait décidément trop de choses pour toutes les citer, mais les faits étaient là. Tu te réconfortais, dans un sens, en te disant que le surcroît d'énergie qui plombait la fin de ta journée dépressive n'était que le prémisse de cette éternité d'aventures dont tu rêvais plus jeune. Ton regard flamboyant insistait sur la bonté que tu vouais à la belle Shiruku, alors que chacun des traits de ton visage indiquaient l'indifférence -voire l'appréciation- que tu attitrais à ses sautes d'humeur paranormales.

Tes lèvres plissaient un généreux rictus, reconnaissant en tout point pour ce que la soirée signifiait à tes yeux; tu revenais d'une affreuse nouvelle qui te tordait le ventre de désespoir. Néanmoins, tu as su... Ou, en vérité, c'est elle qui a sue te perturber assez puissamment pour que tu ne te soucies pas plus que ça de ton sort. Si tu devais mourir... Et bien, soit. Si tu devais encaisser les assauts haineux de la violacée, qu'il en soit donc ainsi. Si tu devais renoncer à la normalité de ton existence pour le débarquement salutaire de tous les châtiments qu'on t'inflige... Alors tu accepterais volontiers. Simplement pour le bon plaisir de ressentir tous ces changements t'influencer.

La Lune orchestrait ce berceau de fine lumière fantastique jusqu'à ce que le Soleil, timide dans son réveil, ne reprenne ses droits sur la voûte céleste et implore le monde de s'illuminer à son apparition. Les faisceaux passent et transperçent la brume obscure assoupissant la chambre de ton hôte arachnide, et cette lumière magmatique voyait le déroulement d'un présent plus grave encore que si Séléné vous assombrissait encore depuis son divin trône. Tu ne pouvais rien en savoir; tu découvrais au fil du temps... Et tu te ravissais à chaque surprise, aussi bonne ou terrible soit-elle pour ton cas, ne cessant jamais de s'aggraver sous les offensives inlassables de la demoiselle.

Après que le moment de gêne se soit dissipé à votre commun à votre revif, la scène sur laquelle tu avais instigué quelques paroles que tu n'espérais pas vaines survenait enfin. Mais l'issue de cet échange verbal te paraissait prévisible, dans un sens... Tu t'y attendais assez, à vrai dire. Il serait beaucoup trop naïf de supposer qu'une bonne nuit de sommeil allait suffire à apaiser les âmes tourmentées des protagonistes; toi-même assujetti à beaucoup de songes tortueux -quoiqu'il ne s'agit que de réflexions justement portées sur la résolution de ce problème auquel tu es enchaîné-.

C'est alors simplement en effaçant le doux rictus qui fendait ta sage moue que tu constatais qu'en fait, tes paroles firent davantage office de provocations qu'autre chose. En conséquence, tu ne pouvais que t'abandonner au sort éclair contre lequel la Fatalité allait encore allègrement te fracasser. La rage répandait ses lois sur la psychologie détournée de Shiruku, et ses gestes accompagnent sa parole pour te terrasser littéralement en deux temps trois mouvements. Une énième affliction t'était alors attribuée, sous la découpure d'une splendide ecchymose recouvrant la chair meurtrie de ta joue, cette fois-ci : après que deux de ses pattes se chargèrent de détruire en premier lieu ton désir de sérénité, puis tes affaires; c'est le poing vengeur et insufflé de la surpuissance que semblait lui inspirer la colère de la Jorôgumo qui signa l'arrêt prématuré de sa crise supplémentaire.

Et rebelote... Le grincement pathétique du plancher qui suppliait de ne plus avoir à subir le contre-choc de ton corps étalé avec force résonnait sourdement à travers le sol de toute la chambre. Ton visage ne pouvait que se clore mauvaisement sous la friction de la douleur naissante, dépeignant la souffrance encourue avec un intriguant bleu à la profondeur insondable. Tes pensées n'avaient fait plus qu'un tour... Rien de ce que ton banal comportement avait commis auprès de la femme ne fonctionnait. Mais lorsque celle-ci se lamentait sur ses propres réactions, rongée par la honte de te démolir comme elle le faisait; toi, tu avais déjà -du moins, tu crois- trouvé comment réagir pour combler les exigences perturbées de la drôle de protagoniste.

Tu n'arrivais tout simplement pas à lui en vouloir pour tout ça. Un rien te soutirait toute la rancune dont tu aurais pu la gratifier; et remplaçait tes ressentiments avec un soupçon d'empathie que tu n'avais aucun mal à transmettre sous les séduisants accoutrements de la noblesse : loyal comme à son habitude, ton sourire sincère ne quittait plus son poste désormais, alors que tu papillonnais légèrement des yeux pour illustrer tes états partiellement récupérés. La première chose que tu constatais quand enfin ta vision n'était plus embrumée, c'était le mélange de panique et de pardon qui animait l'hôtesse. Étrangement, tu t'attendrissais secrètement à cette observation, ne cherchant pas à reposer les frêles caresses médicinales qu'elle désirait appliquer avec le produit qu'elle avait récupérée : si tu pouvais au moins être sûr d'une chose avec elle, c'est que tu ne manqueras jamais de premiers secours. À croire que son appartement était bondé et paré à guérir les proies de sa toile... Ce qui s'avère néanmoins être une excellente stratégie de mise en confiance.

Et il y avait longtemps déjà que tu avais ruiné ce panneau en tombant dedans. C'est absolument risible de remarquer à quel point tu te prélasses aux côtés de la demoiselle; plus ridicule encore de comprendre qu'à chaque fois que tu souffres de cette rencontre, tu t'en satisfais davantage... Ta mine n'avait jamais été aussi paisible. La pauvre se tuait à la tâche, morte de désolation pour ce qu'elle te fichait, mais ça ne la rendait que plus attachante... Non, il n'y avait définitivement rien à regretter de cette rencontre. Mais quand tu t'apprêtais à t'emparer de la parole pour lui rendre quelques mots plus simples et directs...

... Une foule d'actions te mirent au trouble, et tu n'avais pas eu le temps de comprendre ce qui se passait. Encore vaguement sonné par le plaquage soudain contre le lit où tu devinais avoir été installé seulement maintenant, tu n'étais qu'en mesure de te délecter d'une chaleureuse injection à l'arrière-goût ferreux. C'était un liquide filant sinueusement contre les parois de ta gorge, s'harmonisant avec les courbes de ta langue qui ne savaient pas s'il fallait savourer l'Inconnu ou le repousser; dans le doute, tu préférais t'en repaître. Le choix n'était de toute façon pas tien, à cet instant précis... Et l'énergie qui résultait de cet avalement fusait à travers tes veines, dilatant tes pupilles d'un regard extrêment surpris lorsque les sensibles explications de la gagnante du jour éveillèrent quelques soupçons à tes oreilles.

Sans même avoir pu y faire quoi que ce soit... Tu venais d'être sacré par un lien immuable avec cette étrangère que tu avais l'impression de mieux connaître en cet instant précis que quiconque autre. Tu ne te souciais clairement plus de ce qui pouvait arriver, et tu ne savais plus comment réagir, sur le choc. Ton cœur manqua bien un ou deux tours tant la surprise de la nouvelle était ahurissante... Et finalement, tu comprenais. La violacée, fière de la vie qu'elle venait de t'offrir, jonchait ton bassin en califourchon sans aucune vergogne. Un flash imaginaire te piqua au vif pour te ramener complètement sur Terre, et les battements de ton poitrail repartirent au quart de tour. Tu n'avais plus le temps pour réfléchir... Et la rieuse avait raison. Tu as des responsabilités à prendre.

Tu te redresses en amont, ne daignant pas bousculer Shiruku sur le côté; au contraire, comptant bien conserver cette promiscuité pour assurer tes réponses; et avise cette dernière sous un nouveau jour. Tu n'étais plus désolé de rien. L'étincelle embrasée de ton regard s'intensifiait en véritable incendie, ton assurance brûlant à travers tes prunelles écarlates; et tu croisas lestement le blanc des yeux de la femme-araignée. Plus aucun détail ne pouvait t'échapper... Tu n'étais pas que le "Maître" de ton interlocutrice. Tu contrôlais désormais toute la scène. Il n'était plus question de te comporter en timide galant fuyard; tu allais les accepter, ces responsabilités. Et à quelques conditions que ton air de défi insinuait déjà...

"... Si tu me suivras à la Vie à la Mort, alors simplifions les choses..." Annonces-tu avec une extrême nonchalance, le minois incliné délicatement sur le flanc. "... Vivons ensemble."

Tu tends une main parfaitement calculée et en parallèle au plafond du lit, quand une fine enfant à sa Mère pend de sa sécrétion pour atterrir en douceur dans le creux de ta main. Tu arbores une œillade enjouée, même intéressée à la vue de la petite bestiole, alors que tes paroles persistent sur une intonation suave. "J'aime bien les araignées... Et d'ailleurs..."

... Je viens t'embrasser. Sans préavis ni transition; bien désireux de jouer sur la surprise, tu détournes tout intérêt de la jeunette dans ta main qui y trône calmement en patientant, pour que tes lèvres se ruent au mariage des pulpeuses efféminées, dans une embrassade relevée par une tension nouvelle. Fier de ta taquinerie, tu scindes le baiser dans son paroxysme; brisant tout au point culminant du geste pour lui réhausser une œillade plus malicieuse. C'est comme si tu étais un autre homme... Les coups t'ont changés; ils t'ont forgés. Puisque les paroles précédentes n'avaient jamais d'utilité, tu allais jouer sur les actes. Ce qui ne t'empêchait pas non plus d'user de ton semblant d'éloquence... "... Tu es charmante. Et tout aussi séduisante. Simplement; et je te demanderai de respecter cette règle, si je suis réellement ton Maître..." Tu ponctues cette phrase en scellant la bouche et la voix de Shiruku en y imposant la pulpe de ton index, apposé soigneusement par dessus l'armature charnelle et rosie.

"... On ne vient à cela que lorsqu'il s'agit d'amour."

Si tu es trop précipité pour que tes paroles se lient à tes émotions, tu n'en restes pas moins sincère. Tu espérais qu'elle y voit une certaine morale. Et puis, qui sait...

... C'est bien la première fois que l'insecte piège l'araignée dans sa toile. Comme quoi, tout peut arriver.
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Shiruku Haru

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MessageSujet: Re: Dans la toile du paranormal, tout est lié ~ (Featuring Shiruku Haru)   Lun 18 Juil - 23:26

Une fois de plus, la tranquillité de mon existence était mise à mal. Telle une marionnette, j'étais violemment secouée, sans plus de délicatesse, par les fils immuables et intangibles du destin qui ne cessaient de me faire danser à leur guise sur l'immense toile de la vie... plutôt ironique pour une araignée... n'est-ce pas ? Prise à mon propre jeu, sur mon propre territoire, il y a de quoi tomber des nues ! Et pourtant, c'est bel et bien ce qui se tramait dans la petite chambre de l'internat, fermée aux regards indiscret. Depuis la veille, c'est toute une ribambelle de situations toutes plus cocasses et incongrues les unes que les autres qui défilaient les unes après les autres dans un joyeux chaos de corps et d'esprits, au sein d'une académie régie par la loi du silence depuis que l'astre flamboyant s'était dérobé à notre regard, laissant place à la douceur des rayons argentés de sa conjointe.

En effet, depuis que le jeune homme, ce dénommé... Hyosuke avait fait irruption à grands bruits dans mon sommeil, puis dans ma chambre, le calme semblait s'être envolé comme si la quiétude ne devait jamais plus retomber sur le dortoir. D'abord désireuse de le tirer d'une situation peu confortable pour le nouvel arrivant, c'est par la suite de mon fait que ce dernier, qui n'avait pourtant rien demandé à personne, se retrouvait entraîné avec moi dans ce ballet nocturne dans durant lequel
folie et colère battaient la mesure... en plus de l'anatomie fragile du garçon. Affolée et désolée par mon comportement, je me portais au secours de la carcasse étalée sur le sol, lui présentant maints soins et lamentations. De son côté, l'intrus gardait tant bien que mal son calme olympien qui lui était propre, semblant presque s'accoutumer à la situation précaire dans laquelle il se trouvait, refusant avec insistance les services, bien sûr honorables, que je lui offrais en gage de son pardon.

Une fois que les récentes blessures infligées à son visage à la suite d'une énième crise furent soignées, je mettais en place, dans mon esprit détourné, un... « habile » stratagème dans le but de le forcer à accepter la vie, la mienne, que je lui offrais. Sans lui laisser le temps d'ouvrir la bouche dont il se servait si bien pour me déstabiliser, je le plaquais avec résolution contre le matelas avant d'appliquer à la peau une petite coupure qui vint rejoindre d'autres traces du même genre, plus légères, plus anciennes. Une fois la veine ouverte, je faisais usage de la force conférée par ma nature extraordinaire afin de faire couler le liquide chaud et rougeâtre qui se dégageait de la plaie au fond de la gorge de l'Esper, me liant ainsi à lui par le lien séculaire et inaltérable du sang, faisant ainsi de lui mon maître jusqu'à ce que la poigne glacée de la mort vienne me prendre.

Satisfaite, fière de ma victoire sur l'homme à la parole impétueuse, je lançais un regard triomphal sur le visage marqué par l'étonnement et l'incompréhension de celui-ci, observant avec satisfaction le mince filet qui s'échappait de la commissure de ses lèvres. Infiniment rares furent les hommes qui se virent offrir mon corps et mon âme d'une telle façon et jamais ce sacrifice ne fût justement récompensé et respecté. Voilà une des raisons pour laquelle je n'aime guère invoquer cette pratique millénaire mais hélas, trop attachée aux traditions qui bercèrent mon enfance, je ne peux que m'y plier lorsque la situation s'y prête. Enfin, il était trop tard à présent pour revenir sur ma décision et, malgré les précédents échecs, je sentais quelque chose de différent dans le cœur du jeune Hyosuke qui donnait l'impression que ce sera différent cette fois-ci.

C'est à ma grande surprise que je me rendais compte que mon intuition disait juste... Pour une fois, et elle avait bien choisit son moment ! En effet, alors que je trônais encore sur le ventre de mon nouveau maître, les quelques mots, pourtant simples, de ce dernier me figèrent d'abord sur place, effaçant d'un trait net l'esquisse du sourire qui se dessinait aux coins de mes lèvres. Ensuite, avant que je ne puisse me ressaisir, employant une ruse similaire à celle que je venais d'employer quelques instants auparavant , il murmura à nouveau, sans que le sens de sa phrase ne m'atteigne tant je restais prostrée à sa demande, avant de se pencher en avant et de déposer sans crier garde la chair douce et chaude de ses lèvres contre les miennes, apportant avec elles l'arôme parfumé de mon propre fluide vital ainsi qu'un cortège délirant de nouvelles saveurs qui ne manquèrent pas de m’assommer pour de bon.

Alors que l'impudent se retirait de ma bouche encore brûlante du récent contact, je restais là, pantoise, yeux et lèvres entrouverts dans un soufflet qui semblait infini, vidant l'intégralité de mes poumons dans un sifflement rauque. C'est le grincement inaudible d'une jeune créature assise à nos côtés qui me ramenèrent à la réalité. Glissant deux doigts tremblants sur le récent passage du jeune homme, je m’apercevais qu'en plus d'avoir cette sensation de chaleur et de picotement dans les babines, c'est l'ensemble de mon visage qui me brûlait, du front aux joues en passant par les pommettes. Ainsi, ma peau d'habitude teinte de la plus pure des blancheurs se retrouvait colorée d'un rouge pétillant à rendre verte de jalousie la plus rosée des tomates alors que de son côté, je sentais mon palpitant, déjà bien éprouvé par la fatigue, battre à plein régime derrière son écran de chair et d'os.

Comment le baiser d'un homme, un simple baiser innocent pouvait-il me mettre dans un état pareil, ce n'était pourtant pas le premier, loin de là ! Et sûrement pas le pire ! Pourtant, celui-ci était.... différent, il n'était pas guidé par la même tension sexuelle que l'on pouvait ressentir lors d'un ébat amoureux, je ne sentais pas cette envie dévorante qu'ont les hommes lorsqu'ils sentent la chaleur de ma peau contre leur torse ruisselant d'effort, non, ce baiser était sincère, simple mais suffisamment profond pour dépasser les paroles et transmettre directement la pensée du jeune homme à travers tout mon corps qui se mettait lui aussi à trembler. Mon attention fut attirée par les derniers mots qui s’échappèrent de ses dents malicieuses... L'amour ? Est-ce dont cela que l'on ressent lorsqu'il ne s'agit que de passion ? Jamais je ne m'étais posé la question de trouver un conjoint... permanent qui ne finirait pas en sac d’œufs et à cet instant précis, je me félicitais de n'avoir encore jamais résolu ce problème...

Il mit lui-même fin à mes pensées et à mon souffle, en même temps que ces mots, en appliquant un doigt léger contre l'ouverture béate de ma tête. Je me mettais alors à le fixer longuement, sans un mot, remuant sans cesse ce qui venait de se passer dans mon esprit. Mon corps tout entier me criait de sauter sur l'occasion, d'accepter la demande qui, en plus de venir de ton tout nouveau maître, faisait ressurgir en moins un besoin maternel enfouis depuis des décennies. « Ens-Ensemble... » exaspérée par ma propre mollesse, je rageais intérieurement face à mon incapacité à en dire plus. Oui ! Bien sûr que je veux rester avec cette homme ! Peu importe la folie d'un tel acte, je n'en suis plus à mon premier et sûrement pas le dernier après tout, alors parle !

« JE VEUX ! » D'abord inconsciente, je me rendais compte après coup que je venais de hurler à gorge déployée, gênée par ma réaction, je baissais les yeux en direction de mes doigts qui s'articulaient en un étrange manège de mal-être « Je... Je... Si tel est le désir de m-mon Maître... Alors... Alors... J'accepterais de partager ma vie en v-votre compagnie avec joie et... A-A-Amour... » parvenais-je enfin à articuler avec difficulté. Comme si le regard incandescent du jeune amant me consumait, je détournais le visage tandis que des larmes, non pas de tristesse cette fois mais d'une toute autre origine, se mirent à rouler avec passion jusqu'à la pointe affinée de mon menton. Malgré cela, je le sentais toujours, ses yeux scrutant ma peau, son souffle calme et apaisant me frappant avec douceur, l'odeur musquée et attirante de sa peau luisante de sueur dans les rayons naissants du soleil qui entamait une nouvelle course.

Comme envoûtée par l'homme qu'il était, je risquais un regard brillant en sa direction, tendant une main fragile dans son cou, voulant m'assurer qu'il était bien là, devant moi, et qu'il n'allait pas disparaître en un claquement de doigt lorsque je me réveillerais de ce cauchemar devenu rêve, à la façon d'un conte de fée. Alors qu'un sourire se dessinait à nouveau sur la pulpe rosie de ma bouche, je me penchais en avant, inexorablement, comme aimantée à lui, tandis que mes lèvres se dressaient d'envie, à l'image de la pointe de mes tétons durcis et sensibles bien décidés eux aussi à faire valoir la part qui leur revient. Puis soudain, comme si l'on m'assénait un coup à l'arrière du crâne, je retombais mollement dans ses bras, les paupières clauses, un rictus de joie toujours figé sur ma face.
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MessageSujet: Re: Dans la toile du paranormal, tout est lié ~ (Featuring Shiruku Haru)   Jeu 21 Juil - 15:42

[Excuse-moi, je ne me suis pas montré très inspiré pour ce post. -x-' Je ferai mieux par la suite, promis ^^' !]

Tu te surprenais toi-même à t'élancer fougueusement contre la belle. En vérité, cette drôle de pulsion bondée par les figures d'une coquette candeur te vient de l'Inconnu... Ce qui est étonnant, c'est que ce fameux étranger... C'est toi et personne d'autre. Un frisson d'étonnement te paralyse un instant contre les fines lèvres rosies et pulpeuses de la demoiselle assaillie par tes intentions nuancées entre engouement et séduction. Ou bien est-ce toi encore, qui nous fait preuve d'un égoïsme inédit à travers lequel tu ne désires pas te détacher de cet échange sucré... ? Tu étais presque prêt à te saisir irrépressiblement de ses joues affinées, simplement pour raffermir l'embrassade; car si tu avais bien l'air de mener la danse... Le chaleureux retour te rendait aussi victime de ce baiser que la fille l'était.

Dans un courageux mais profondément triste élan -que tu maquillais en tendre impétuosité pour l'occasion-, tu parvins à te séparer paisiblement de l'étreinte enivrante avant de concéder à une œillade plus subtile et légère, tes pupilles de feu brisant les frontières de l'esprit de Shiruku lorsqu'un pic de curiosité te perce ce cœur battant la chamade en silence sous ta cage charnelle, voilée d'une fine et quasiment imperceptible robe de frêle sueur exultant de cet excitant mélange entre la confusion de ce revirement de situation et la folle promiscuité entre vous deux. Ty n'y consacrais néanmoins aucune pensée mal placée; l'attention que tu dirigeais à travers le coup précédent signifiant beaucoup trop pour qu'il ne s'agisse que d'une aussi bête chose.

L'acte sans l'amour n'a strictement aucun intérêt pour toi. Tes mots doux et ta gestuelle était purement ici pour l'indiquer, et tu pensais jouer les fortes têtes en montrant l'exemple à travers ce fameux baiser, béni par la salvation du Soleil levant. Mais trop insouciant, tu t'es berné toi-même; et voilà que tu partages autant de cet envoûtement intriguant et intense que la violacée exprime à la suite de tout ceci. Tu ne peux que t'amuser à comprendre sa réaction, ta peau frémissant de bonheur en synchronisation avec les poussées d'attendrissante bravoure qui prenaient Haru à tes suggestions. Le spectacle figurait à moitié innocent, éclairé par l'iris à peine éveillé d'un astre souverain mais encore bien faible. La fantaisie primait en vous ôtant le masque du réalisme pour que les rayonnements affectueux de l'au-delà mettent en valeur chaque détail de la scène. Et pendant qu'une joie insoupçonnée fulminait de la reine arachnide...

... Tu affichais un radieux sourire, ton palpitant tressautant après avoir oublié un ou deux battements pour repartir en trombes, tant soulagé d'apprendre que tes idées lui faisaient aussi plaisir. Il te fallait encore patienter pour un dernier geste, avant que tu ne puisses te prélasser réellement aux côtés de l'adorable compagne. Si pendant un instant, tu ne pouvais qu'affiner une œillade inquiète à l'apparition soudaine de la rosée émotive sur sa peau frêle, il ne t'avait pas fallu plus d'une seconde pour t'apaiser en un soupir abandonné. Et alors, tu te sentais même légèrement flatté par ce signe précieux... Il n'y avait pas long, tu n'étais qu'un parfait idiot frappant au hasard sur une porte pour espérer oublier tes songes les plus stupides; et te voilà à faire pleurer de satisfaction l'hôtesse qui avait daigné t'accorder un peu d'attention avec sa lugubre hospitalité. Lugubre, pensais-tu...

... Et c'est pourtant ce décor qui t'a plu en premier lieu; tu es allé jusqu'à demander d'y vivre avec elle, après tout. L'oppression des poings a disparue pour créer un climat mielleux, dans lequel tous deux êtes comblés d'une façon ou d'une autre. En un sens, c'est un Paradis éphémère... Une main délicate ne t'extirpe pas de tes pensées heureuses. Elle t'y installe plus confortablement, bien que son désir soit plus personnel. Instinctivement, tu élargis un peu plus sobrement un soigneux sourire tranchant ton faciès sous couvert de paraître affectueux, et tu penches ton minois là où les douces phalanges s'étendent. Tu ressens ce contact comme une vague de douceur, et tu l'adoptes, t'y attachant comme s'il suffisait de ça pour te plaire. Et pour cause, tu clos tes paupières, entièrement confiant, te complaisant à cette vulnérabilité compensée par les mimiques à croquer de la propriétaire des lieux.

De mouvements tout naturels, tu ne tardas pas à enlacer la fille contre toi lorsque celle-ci s'abandonna à tes soins. Comme si tu patientais difficilement pour cet instant, tes bras se jetèrent avec une précaution sans égal autour de ses belles courbes pour lui promettre un Eden en étreinte; vous retrouvant nonchalamment poitrine contre poitrine, éteignant le semblant d'écart qui vous distançait encore pour votre plus grand plaisir. Une de tes mains partit vivement se réfugier contre le visage de la Miss, dans une caresse protectrice. Tu y effaçais délicatement les tracées de ses larmes d'un frissonnement de ton pouce, enserrant toujours un peu plus généreusement la douce contre toi. Elle tenait à vérifier que tu ne lui filerais pas entre les pattes... Tu tenais à vérifier à quel point elle te permettait de te sentir bien. Grâce à elle, tu n'avais plus du tout l'occasion de te morfondre sur ta condition éternelle. Le centre de tes intérêts se détaillaient peu à peu pour prendre les détails et la silhouette de ta disciple, sans que tu ne comprennes encore réellement pourquoi... Tes pensées s'aimaient à la peindre au milieu de tes ambitions aventureuses. C'était ainsi.

Ton autre bras se faufilait en suivant les fosses de l'échine en liberté, jouant de la pulpe de ton index sur cette élancée là, chacune de tes caresses s'activant avec un excès de prudence. Tu ne voulais pas froisser la belle, encore moins perdre chez elle ce qui remédiait chez toi à la guérison de tes idées noires et de tes frayeurs. Tu étais tout bonnement en paix. Shiruku était parvenue à t'éloigner tellement facilement de ces lamentations... Et c'était pourquoi tu t'avouais égoïste, sur l'instant. Mais tu ne voulais pas te séparer de cette sensation de bien-être qu'elle t'insufflait de par son unique présence.

D'un contact timidement possessif, tu prolongeais tes doigts contre le dos de la fille jusqu'à atteindre la racine de son originalité... Ce qui faisait d'elle une inhumaine, ce qui faisait d'elle la personne qui t'attirait aussi. Le plus étonnant était sûrement que ces huit extravagances ne t'effrayait pas le moins du monde : tu as toujours cherché la différence dans ta petite bulle de normalité, et là encore, l'hôtesse de la chambre possédait cette part d'étrangeté qui l'excluait de toute banalité. Tu partais donc à la rencontre de cette eccéité parfaite, n'hésitant pas à aller y tenter quelques sensations du bout des doigts, sans non plus abuser. Une fois encore, ton esprit s'égayait pour sa propre curiosité menée à vif, mais il cherchait plus indirectement à continuer de porter le réconfort toujours plus loin. Le Maître voulait montrer tout bêtement que rien ne le repoussait auprès de celle qui avait signé le pacte. Et, à cela, il ajoutait même quelques susurres entendus suaves et calmes...

"Tu les cache tout le temps sous ton kimono... ?" Questionnais-tu avec rhétorique, un timbre un peu déçu se lisant peut-être dans ta voix. "... Tu dois en être fière." Rajoutes-tu par dessus, toute ta sincérité se faisant ressentir à travers tes fines lèvres, pendant que tu manques de t'endormir encore contre la violacée. La tendresse du rapprochement t'étourdissait et t'invitait à profiter encore un peu de la sérénité de la place. Tu appréciais ce qui sortait Shiruku du commun, et pas un moment ne s'écoulait sans que le moindre élément ne te le remémore. Tu te reposais à ses côtés volontiers, profitant de chacun de ses attraits avec un attachement naissant pour chacun d'entre eux. Tu t'en familiarisais rapidement, et tu finissais même peut-être déjà par bien aimer...

... Mais surgissant des abysses de cette joie rosie, l'appel du devoir venait te briser les tympans en cohésion avec la sonnerie qui criait à l'écart des portes scellées de l'internat. Le hurlement du quotidien s'était au préalable éloigné, mais usé par un système moderne, tu savais pertinemment qu'il n'était plus l'heure pour rien... Un instant, tu grimaces lassivement, ne désirant pas tout ruiner après être parvenu si rapidement aussi loin. Le son des cloches faisait sûrement trembler les murs d'enceinte de l'Académie, mais on aura eu la fervente gentillesse d'écarter les chambres pour que seuls les esprits éveillés soient en mesure de capter le résonnement des cours. Les autres peuvent se reposer en toute impunité. Pour y aller étape par étape, tu soupires d'abord de désolation, avant de rouler discrètement sur le côté en maintenant la tendre contre toi, de sorte que tu lui fasses une dernière fois face en lui brandissant un rictus enjolivé aux frais souvenirs de la veille.

"... C'est le matin. Je viens tout juste d'arriver... Et il faudrait au moins que je sois présent pour mes premières heures ici. Question de sociabilité, et j'en passe..." Lui expliques-tu en désirant croiser son regard, le tien se sculptant avec une jovialité décente et insouciante. Ta main habitant contre son visage s'étend jusqu'à son cou, en parallèle avec la sienne qui seyait toujours sur la chair de ta nuque. Tout est allé vraiment vite, en y repensant... Non pas que ça te gêne, mais il ne faudrait pas non plus abuser. Pourtant, tu sais Ô combien tu aimerais passer plus de temps avec elle. Tu agis plus à contre-cœur, en confondant cela avec un visage marqué par une impatience modérée. Tu ne pensais pas avoir besoin d'en dire plus pour que la Miss saisisse où tu veuilles en venir. Et toi, tu penses déjà un peu au moment où tu la reverras. Tu te gardes quand même d'en faire une obsession; il ne manquerait plus que tu partes en vrille...

... Quoique les folles mesures que bat ton poitrail à sa contemplation ne disent pas trente choses différentes.
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Shiruku Haru

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MessageSujet: Re: Dans la toile du paranormal, tout est lié ~ (Featuring Shiruku Haru)   Jeu 28 Juil - 22:08

Un rêve, je nageais à présent en plein rêve au milieu de cette réalité si dure et si brusque. Les cauchemars de la nuit s'étaient volatilisés et à présent, tout n'était que calme, tout n'était que passion, tout n'était... qu'amour. Tout c'était passé si vite que j'avais encore du mal à réaliser les faits, peut-être n'était-ce vraiment qu'un songe finalement, peut-être que j'allais me réveiller et que tout serait à nouveau morne et triste autour de moi. Si c'est le cas... mieux vaut rester endormie, blottie contre le torse solide qui se soulevait au rythme de la respiration apaisée de ce jeune étranger... qui ne l'était plus vraiment à présent... Intérieurement, je riais à cette idée. Je riais en repensant à la situation, j'avais beau la retourner dans tous les sens, me remémorer tous les événements de la veille les uns après les autres, je ne parvenais pas à trouver comment nous sommes arrivés à cette conclusion... qui me satisfaisait pleinement, après tout, qui peut bien prêter attention à la normalité dans cette école !

C'est vrai... Sans ce lieu unique, ce havre de paix et de sécurité, dieu seul sait où je me trouverais en ce moment. Ce qui est certain, c'est que je ne serais pas ici, pas dans ces bras à la fois forts et faibles qui m'enserraient pourtant dans une étreinte protectrice et rassurante. Je ne serais pas tombée... amoureuse... je suppose... de cet homme pour le moins surprenant qui, par un hasard anodin, s'était mis à tambouriner ma porte pour une raison qui me reste inconnue. Dans un geste pourtant bienveillant, je l'avais « invité » à se réfugier dans ma chambre afin de lui éviter de sérieux ennuis avec les surveillants du dortoir, attirés par le bruit sourd que provoquaient les fracas de ses poings contre les murs. Quelle idiote je faisais en pensant qu'il serait plus en sécurité avec moi... Une fois entré dans ma toile, personne ne peut en ressortir indemne... ou même en vie... Pourtant... Pourtant, c'est cet inconnu, sans réels moyens de se défendre, aussi faible que n'importe quelle autre personne normale, c'est lui et lui seul, qui venait de percer la carapace pourtant solide de mon cœur.

C'est après une lutte pourtant à sens unique qu'il avait fini par l'emporter. Pris dans une tempête de folie et de rage, il parvenait toujours à garder sa stature, son courage, son sourire... Deux fois il fut mis à terre par mon fait et deux fois il s'est relevé, m'a pardonné pour finalement... voler mon âme. Malgré son corps humain, dépourvu de force physique ou psychique, il avait surmonté colère et coups et avait vu à travers, mes propres faiblesses. En effet, même si la race des Jorôgumos, ma race, me donnait un avantage conséquent en terme de rapidité, de force et de vivacité bien supérieure à lui, mon esprit restait fragile et simple, comme celui d'une enfant, tout aussi changeant, tout aussi capricieux... j'étais capable du meilleur comme du pire. Ce sentiment d'incertitude c'était accentué après que je sois tombée inconsciente lors de la soirée , après... ces visions qui semblaient venir d'un passé lointain, tellement ancien que je l'avais moi-même oublié.

D'un hochement horizontal de la tête, je chassais vivement ces vilaines pensées. Tout cela était derrière moi dorénavant et j'avais maintenant quelqu'un avec qui affronter le présent et l'avenir, main dans la main. Déjà, le contact chaud de nos peaux réveillait en moi des instincts endormis depuis longtemps. Je me surprenais à passer une main fébrile au dessus de mon ventre... peut-être qu'un jour... Un rose surnaturel vint me piquer les pommettes à cette idée, il faudrait encore attendre, nous nous connaissons à peine... et pourtant, j'avais l'impression que lui savait déjà tout de moi... Je levais un regard timide lorsque le nouvel amant affermit sa prise autour de ma taille. Comme j'aimais cette sensation... si seulement ce moment pouvait durer l'éternité... Pourtant... pourtant je savais, je croyais dans mon ignorance, qu'un jour, je devrais le voir partir, abattu par une vieillesse inévitable qui frappait chaque homme et chaque femme en ce monde. Moi-même, j'ignorais la longévité que mon corps m'offrait, mais j'étais persuadée que l’éternité n'était pas pour moi. L'espace d'un instant, une ombre vint assombrir mon visage... jamais un homme ne pourrait me suivre aussi longtemps...

Soudain, un contact inhabituel eut tôt fait de m'arracher à ces pensées. À nouveau, on me touchait ce que je m'efforçais de cacher. Jamais personne n'avait eu le courage suffisant pour le faire et pourtant, le jeune faisait glisser ses doigts délicats le long de mes membres frémissants. Ce n'était pas désagréable... au contraire... j'avais oublié que ces pattes étaient aussi sensibles, plus habituées à transpercer la chair et les os qu'à recevoir de pareilles caresses. Je ne percevais pas dans ses yeux le dégoût et la peur habituelle que je pouvais observer habituellement lorsque je me voyais contrainte de les exposer, lors des rares cours de sport auxquels j'avais assisté et que j'avais fini par fuir également, lassée de ces gémissements et murmures qui s'éveillaient autour de moi, lors de mes passages. Je dressais une oreille attentive à l'interrogation du garçon qui continuait à observer avec passion ce que d'autres semblaient considérer comme d'horribles tumeurs « Je... oui... je suis obligée, ne serait-ce que pour sortir de l'académie... et puis... les gens en ont peur, ça les dégoûte... je ne peux pas vraiment leur en vouloir » mon regard fixait le vide, comme ancré sur un point fixe et invisible dans le mur « J'aimerais en être vraiment fière... je le suis un peu, je pense... mais... je... je m'en sers pour... pour faire du mal...et... ».

Malheureusement, ce moment de tendresse que j'aurais cru impossible dans le passé fut violemment interrompu lorsque la cloche sonnant le réveil et le début prochain des cours se mit à vibrer dans tout l'école, faisant manquer un battement à mon cœur, décidément, je hais les réveils brutaux ! En effet, cette fois-ci pas de doute, je devais me réveiller, me lever de ce nuage de douceur et retourner à la vie... Sous mon corps, je sentais les muscles de mon homme se crisper peu à peu... il allait se lever, il le devait... Les mots qui suivirent donnèrent raison à mon inquiétude. Je ne voulais pas, il fallait qu'il reste avec moi, ici, personne ne viendrait nous déranger ! C'est ce que j'aurais aimé crier, ce que j'aurais aimé hurler... mais il avait raison, toutes les bonnes choses ont une faim et contrairement à moi, il avait des devoirs, des obligations à remplir.

À contrecœur, je me laissais pousser sur le côté afin qu'il puisse se lever. Une fois sur ses deux jambes , je l'imitais afin de m'assurer que ses bandages soient bien en place, que ses blessures ne se voyaient pas trop. Fouillant dans ce qui restait de sa valise, je trouvais une chemise propre encore intacte et l'aidais à l'enfiler, consciente des douleurs que de telles contorsions pourraient provoquer chez lui. Enfin, lorsqu'il fut prêt, je me hissais sur la pointe des pieds afin de déposer mes lèvres contre les siennes, comme pour clore définitivement les événements de la veille. Je l'accompagnais tristement sur le pas de la porte, voyant passer derrière lui garçons et filles, hommes et bêtes qui jetaient de rapides regards indiscrets en notre direction, certains rougissant devant ma nudité exposée à tous. Je pouvais sentir au fond de lui la même douleur qui me martelait la poitrine, même si nous allions nous revoir, il était trop tôt pour nous quitter, après tout ce qui s'était passé durant cette nuit de folie... pourtant il le fallait. Je lui saisissais la main afin d'y déposer discrètement un petit objet « Je... je voudrais que tu gardes ceci... ça te portera chance pour le début de tes cours... et pour tout le reste ».

Dans le creux de sa paume reposait une petite broche rouge et dorée, ornée de différents matériaux, représentant une petite araignée. Comme il tournait enfin les talons, s'engageant au milieu de la foule d'élèves qui s'activaient peu à peu, je me laissais glisser contre le cadre de la porte jusqu'au sol avant d'y appuyer ma tête, exténuée et endolorie, je l'observais s'éloigner lentement... « Moi aussi... Je t'aime... ».
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Dans la toile du paranormal, tout est lié ~ (Featuring Shiruku Haru)
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