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 Du soleil, quelques livres et une rencontre atypique (Privé)

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Kaen

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MessageSujet: Du soleil, quelques livres et une rencontre atypique (Privé)   Jeu 24 Mar - 17:25

Du soleil, quelques livres

et une rencontre atypique



Von Snorri et Kaen




Le soleil éclate doucement les vitres en glace de ses puissants rayons tandis qu'une forte onde de chaleur se diffuse dans tout le bâtiment comme pour mieux torturer ses occupants. L'eau coule à flots dans les gorges assoiffées et quelques gouttes tombent sur le sol accompagnées d'éclats de rires et de batailles amicales. La moindre brise est attrapée dans un élan de désespoir, chacun cherchant à tout prix à bénéficier d'une pointe de fraicheur.

De temps en temps, le puissant astre est dissimulé par les doux draps des nuages cotonneux mais ces derniers ne tiennent pas longtemps devant sa formidable force. Ils reculent lentement comme aspirés par la monstrueuse attraction de ses rayons. Les arbres s'éventent de leurs lourds feuillages et de nombreux habitants à plumes ou à poils viennent s'y nicher pour profiter de leurs ombres majestueuses en espérant échapper l'espace d'un instant à la chaleur accablante.

La température semble monter de plus en plus au point que certains esprits se demandent si les thermomètres ne sont pas déréglés si les degrés indiqués semblent effarants. Les élèves se ruent à l'extérieur pour bénéficier d'un peu d'ombre et de fraicheur avec le jeu des cache-cache des nuages. Personne ne souhaite demeurer entre quatre murs par une si belle journée.

À la bibliothèque, les fenêtres sont grandes ouvertes dans une pensée solidaire envers les rares étudiants ayant le courage de travailler ou n'ayant plus le choix tant ils ont reculé ce moment fatidique jusqu'à la dernière seconde.

Parmi les ombres pliées sous le poids des devoirs, une fine silhouette se faufile et quelques regards se tournent à son passage. Des longs cheveux d'un roux flamboyant tombent en cascade dans son dos. Son visage mat laisse paraitre un bronzage typique des personnes ayant passé leur vie sous le brûlant soleil de la Méditerranée.  En tout cas, la demoiselle à la peau brune n'est certainement pas originaire du pays du soleil levant avec son physique atypique. De délicats yeux couleur de l'or brillent d'un tendre éclat et ses lèvres fines s'étirent en un sourire contagieux.

Sa taille de guêpe est rehaussée par des formes généreuses visibles malgré elle sous son haut sans manches. Elle se prolonge par des jambes minces sans défauts tandis que des chaussures ouvertes complètent le tout. En cette délicieuse après-midi, elle est vêtue d'une robe blanche à fines bretelles lui descendant jusqu'aux genoux. Sa chevelure de flamme suffit déjà à lui donner de la couleur mais les mèches sont ornées d'un léger nœud jaune en accessoire mi discret mi remarquable.

Se glissant entre les rayons, la demoiselle attrape quelques livres au passage. Bien qu'elle ait encore le temps de préparer son exposé, la jeune fille préfère s'y mettre tout de suite en profitant du calme de la bibliothèque. En classe depuis peu, le professeur lui a demandé de présenter son pays de naissance sous la forme qu'elle désire. Bien que le connaissant très bien, elle préfère se procurer des informations complémentaires au cas où.

Avec une agilité hors-normes et une discrétion à toutes épreuves, elle escalade rapidement le mur pour se retrouver sur l'une des hautes poutres retenant le lourd plafond. Heureusement que ses rares talents physiques peuvent lui êtres utiles, ses dons seraient immédiatement repérés en ce lieu où ils règnent en maître. Appuyant son dos sur un croisement de deux d'entre elles, elle s'allonge doucement sur une troisième, camouflant à merveille sa présence.

Non loin d'elle, au dessus, une large ouverture de verre laisse pénétrer la lumière du soleil avec la puissante chaleur de ses rayons. Cachée dans l'ombre des poutres, la mystérieuse silhouette est indétectable pour la bibliothécaire sans talents particuliers et pour tous ceux qui oseraient entrer en ce lieu suffocant sous la canicule. Pourtant, la haute température ne paraît n'offrir aucun effet à cette étrange ombre et comme respectueux, le soleil n'a pas le culot de venir  trop l'éclairer, se contentant de lui offrir sa puissance sans qu'elle en éprouve un quelconque inconfort.

La présence d'une partie du plafond en verre et des rayons lumineux lui procurent bien une légère présence mais il est impossible de la percevoir, à l'exception du directeur et de tous ceux levant suffisamment la tête pour remarquer une forme noire à plus d'une vingtaine de mètres de hauteur mais pouvant être facilement être confondue avec les formes des poutres sombres.

Habituée à la puissance du soleil, elle ne semble pas en ressentir les effets et laisse sa peau déjà hâlée s'en délecter avec ravissement.


Dernière édition par Kaen le Sam 26 Mar - 12:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Du soleil, quelques livres et une rencontre atypique (Privé)   Ven 25 Mar - 19:53



Du soleil, quelques livres et une rencontre atypique

Avec Kaen


Ce n’était que le début de la journée, et pourtant, l’astre solaire semblait propager toute la chaleur dont il disposait. Chaque être se demandait comment se rafraîchir dans un univers aussi bouillonnant qu’à l’instant. Les esprits n’étaient plus là à sortir une quelconque pensée avec une base fondée. La température jouait des tours aux êtres de cet endroit. Tous recherchaient un endroit qui n’était pas accablé par tant de luminosité et de chaleur. La plupart des personne trouvait refuge en dehors de la bâtisse profitant de quelques rares brises d’air frais. Mais je voyais bien à travers une fenêtre, que cela ne leur suffisait pas. La sueur coulait le long de leurs fronts, tandis que leurs langues s’asséchèrent doucement au fil des secondes.

Une main posée sur la vitre, je ressentais cette chaleur si tentante mais dévastatrice à mes yeux. Les rayons solaires traversèrent la fenêtre sans peine, laissant se répandre dans l’un des nombreux couloirs de cet établissement. Je me décalai doucement de cette emprise enivrante pour éviter tout problème. Une parcelle d’ombre recouvra mon corps, malgré cette forte présence. Il semblerait que les nuages ne pouvaient pas faire le poids face à cet astre. Je trouvais cela peu agréable. Il faut dire que la chaleur solaire ne fait pas partie de mon quotidien. Sa présence était là depuis un bon moment. Je commençais à me demander quand est-ce que le mauvais temps pouvait revenir. J’étais, en quelque sorte, contraint de rester enfermé, pour ne pas subir de difficultés majeures.

Cependant, il y avait bien un avantage à cette chaleur incroyable. Toute personne semblait fuir les endroits enfermés. L’établissement en faisait partie, pour mon plus grand plaisir. Chacun vaquait à ses occupations en extérieur, s’abreuvant de manière régulière et cherchant un quelconque moyen pour s’éventer quelque peu. Songeant, je me questionnai sur la manière dont cette population survivait à tous ces rayons. Tout cela me semblait tellement irréel, je ne pourrais jamais me rapprocher d’un endroit exposé au soleil de la sorte. Cela ressemble à une sorte de rêve suicidaire de vouloir tenter l’expérience tout de même. Je ne pense pas être assez fou pour la réaliser cependant.

Je me dirigeai en direction de la bibliothèque, émettant l’hypothèse que cet endroit serait peu bondé de monde. La réponse était, finalement, mitigée. Quelques personnes se perdaient dans cet univers fantastique et imaginaire. De plus, je ne suis pas le seul représentant de ma race dans cet établissement. Il doit, donc, bien y avoir d’autres vampires ou tout simplement des personnes peu réceptives à tant de lumières solaires. Je me déplaçais en silence dans ce paradis littéraire, laissant mon regard savouré chaque parcelle de ce nouvel endroit. Quelques étudiants tentaient d’étudier malgré cette chaleur étouffante, d’autres semblaient se perdre dans un univers quelconque, tandis que certains paraissaient avoir perdu tout espoir et s’affaissaient sur une chaise, attendant probablement le jugement dernier ?

Un rictus se forma sur mon visage, quand j’aperçus la totalité des fenêtres ouvertes. Je présume que l’ouverture de ces fenêtres devait donner un certain espoir d’air frais pour tous ces étudiants. Mais cela me gênait fortement. Cela me força à me coller à tous les rayonnages possibles pour éviter un quelconque rayon. Il faut dire que retrouver un bout de ma peau brûlé doucement n’était pas l’un de mes projets principaux. Par ailleurs, je me trouvais dès à présent dans une bibliothèque. Je devais donc lui rendre hommage. Mes yeux s’attardèrent sur les rayons proches de moi. Littérature étrangère, des autobiographies, des pamphlets..  Cette bibliothèque offrait vraiment un large choix. Quiconque pouvait trouver son bonheur. Il fallait bien être difficile pour ne pas y arriver.

Sans trouver véritablement une œuvre qui m’inspirait, je finissais par prendre avec le pur hasard, une œuvre parmi tant d’autres. Serrant doucement le livre dans ma main, je me questionnai toujours sur l’endroit de ma lecture. Je ne souhaitais pas entamer la discussion avec la bibliothécaire pour emprunter ce roman. Je me devais donc, de rester dans cet antre. Cependant, j’avais un léger inconvénient. Chaque chaise se trouvait d’une manière ou d’une autre en proie aux rayons solaires incessants. J’étais donc véritablement en face d’une impasse. J’étais quelque peu déçu de ma condition. Me retrouvais dans une situation pareille alors que mon seul désir était de lire quelque chose pour divertir mon esprit.

Je finis par promener mon regard dans tout type de direction, essayant de trouver un endroit qui pourrait me convenir. A la vue du plafond, une idée quelque folle germa dans mon esprit. Je ne savais pas si cela était recommandé. Mais il faut dire que l’espace n’était pas optimisé pour les races craignant le soleil. Le plafond était essentiellement composé de hautes poutres. Cependant, je supposais qu’il était possible de s’installer là-haut sans qu’aucune personne vienne me déranger. Cela ne devait pas être trop compliqué. Mes capacités physiques étaient un peu plus développées que la normale, cela risquait d’être une rigolade pour moi.

Quelques prises rapides contre une étagère, et me voilà, tel un funambule sur les hautes poutres. Cela paraissait dangereux, mais j’avais un assez bon équilibre et la hauteur ne m’effrayait pas. D’un rapide coup d’œil, je cherchai une poutre seule qui pourrait me laisser m’allonger joyeusement dessus. J’avais troqué ma combinaison contre un simple manche courte noir, avec un pantalon en toile de couleur marron. Cela ne gênait en rien mes mouvements à une telle hauteur. De plus, personne ne semblait faire attention à ce qu’il se passait dans les hauteurs. Il faut dire que la seule importance dans l’esprit des personnes présentes était la présence d’un abreuvoir ou d’une quelconque machine capable de produire de l’air.

Quelques secondes d’adaptation et de recherches me suffirent à trouver cette poutre tant attendue. Je finis donc par m’allonger de toute joie en hauteur, levant le livre devant mes yeux. La position me semblait confortable, à un tel point, que je balançais une jambe dans le vide d’avant en arrière. Fredonnant une faible musique qui me persistait en tête, j’étais ici comme dans mon ancienne demeure. Je ne sais pas si cela était convenable. Mais tant que personne ne semble venir me réprimer, c’est que cela semble permis. De plus, je ne pense pas être le plus bruyant. Il y avait bien tant de personnes qui soufflaient bruyamment à cause de ces températures accablantes. Ou tout simplement que devoir travailler sous ces conditions n’est tout simplement pas agréable.

Une partie du plafond était de verre, mais cela ne me dérangeait pas. J’avais bien fait attention à ne pas me retrouver sous une trop grande présence de lumière. Et par chance, cette baie ne semblait pas ouverte. Ce qui ne me causerait aucun soucie. Je devais probablement trouver l’endroit parfait pour distraire un esprit curieux.
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MessageSujet: Re: Du soleil, quelques livres et une rencontre atypique (Privé)   Sam 26 Mar - 12:40

Du soleil, quelques livres

et une rencontre atypique



Von Snorri et Kaen




Le puissant astre solaire n’est levé que depuis quelques heures que déjà, il accable le monde de sa terrible chaleur de par ses rayons dévastateurs. Les thermomètres menacent d’exploser à chaque instant tant la température monte au grand désarroi de tous ceux qui la subissent. Aucune pensée cohérente n’est capable de sortir des esprits des étudiants recherchant désespérément un abri pour espérer échapper à la force du soleil.

Les vêtements s’allègent, les pantalons sont troqués contre des shorts ou des jupes tandis que des tee-shirts et des hauts à fines bretelles remplacent les habituels hauts à longues manches. Les lunettes de soleil et les chapeaux finissent de compléter ces tenues d’été. Incapables de s’enfermer volontairement dans l’école par une telle canicule, les jeunes gens fuient vers l’extérieur en espérant y attraper une brise d’air frais.

Hélas, leurs espérances sont vite déçues. Bien que les rares coins d’ombres puissent leur apporter un minimum de réconfort, ils constatent que les nuages venant parfois cacher le soleil ne sont pas assez puissants pour le contrer indéfiniment. Le compagnon de la lune revient donc les torturer avec mille allégresses dans un large sourire sadique. Ces êtres détruisant la nature sans aucun scrupule et faisant souffrir tous ceux qui l’aiment méritent une leçon dont ils se souviendront. La sueur s’échappe sur l’intégralité de la peau tandis que les gorges se dessèchent et que la soif accapare toute leur concentration.  

En temps de pluie, les élèves s’agglutinent à l’intérieur de la bâtisse alors que par un ciel caniculaire, tous s’en échappent pour attraper la moindre parcelle d’ombre et de brise fraiche. Chacun cherche à se ventiler d’une quelconque manière. Les gosiers s’abreuvent régulièrement avant de pousser des râles quand leurs propriétaires constatent qu’il faut de nouveau remplir la bouteille. L’eau glacée monte rapidement en température sous ce climat à la limite du tropical.

Au sein de l’immense bâtiment, une pièce aussi grande que trois salles de bals fait office de paradis pour tous les amoureux de la littérature. Les étagères et les rayonnages remplis de livres se succèdent dans une superficie époustouflante. Tous classés avec rigueur, pas un seul n’est autorisé à se perdre. Quelques âmes perdues vagabondent nonchalamment en pur contraste avec cet univers fantastique où l’imagination est libérée sans complexes. Les romans et documentaires reposent par milliers, attendant sagement que des mains viennent les attraper avant de se faire dévorer des yeux. Des centaines de magazines sont classés dans leurs niches spécifiques et subissent cette même attente que leurs compères.

À peine dix étudiants ont eu l’effroyable courage de rester dans cette salle de travail. Les uns tentent d’engendrer des connaissances, les autres essayent de connecter deux neurones en cette canicule impitoyable tandis que les derniers sont pareils à des marionnettes sans vie, le regard vide, affalés sur des chaises avec un corps aussi mou que des marshmallows, cette friandise souvent appréciée lors des soirées feu de camps.

Dans un élan de solidarité mélangé à de l’égoïsme évident, la professionnelle des lieux a ouvert les fenêtres sur toute leur largeur.  De temps à autres, une bouffée d’air frais pénètre dans la pièce mais elle repart bien vite, le vent attrapé par les surpuissants rayons du soleil. Seuls les rayonnages suffisamment larges peuvent se vanter d’offrir une part d’ombre mais elle est si réduite que personne ne s’y aventure au final.

Parmi cette maigre foule, une fine silhouette y entre sous les regards venimeux de jalousie. Avec sa peau hâlée par le soleil, il est évident qu’elle ne souffre pas de la chaleur, infiniment habituée à sa force. Avec son bronzage naturel, les esprits les plus affutés devinent qu’elle n’est certainement pas originaire du pays du soleil levant mais sans doute des rivages de la Méditerranée où le puissant astre aime s’illuminer de manière continuelle. Seuls ses cheveux flamboyants émettent des doutes quant à cette hypothèse tant il est connu que les habitants de ces contrées sont généralement bruns  ou à la chevelure aussi noire que la nuit.

Les doigts fins attrapent un livre à la couverture dorée et le serre contre son cœur comme un bien des plus précieux. Les jambes fines ne déambulent certainement pas au hasard, elles savent où elles vont et toute leur attention est centrée sur leur prochain acte. Se glissant entre deux rayons, elles laissent les muscles travailler avec une agilité impressionnante.

Avec une grâce effroyable souvent réservée aux danseurs, la demoiselle grimpe sur les étagères sans produire le moindre son et finit son ascension sur les hautes poutres du plafond. Toutes reliées les unes aux autre tel le plus simple des labyrinthes, elles forment un abri parfait pour ceux demandant un peu de tranquillité et ayant assez de talent pour oser une telle escalade car leur largeur ne permet pas de marcher le plus naturellement pour le commun des mortels. Seules quelques rares exceptions peuvent se permettre ce genre d’exercice.

Le calme et la tranquillité sont de mises sous le plafond de verre où le soleil se reflète avec force. Personne ne songerait à lever les yeux là-haut de peur d’être un instant aveuglé par la puissance divine de l’astre solaire. De toutes façons, la soif et l’espoir de trouver un moyen de ventilation efficace accapare les esprits tourmentés sans leur laisser le moindre repos. Une pensée amusante traverse la demoiselle. À voir ces jeunes torturés, nul doute qu’ils se précipiteraient sur un abreuvoir rempli d’eau si ce miracle était possible mais sans avoir l’élégance et la classe des chevaux et autres animaux venant s’y repaître habituellement.

Ses yeux dorés parcourent lentement les lignes dansantes d’une écriture majestueuse  et admirant les photographies des paysages ou des objets d’arts parfois abîmés par le passage du temps mais montrant toujours l’immense savoir-faire de ses ancêtres. L’une de ses jambes se relâche dans le vide tandis que son dos se cale contre une poutre dans un confort absolu. Le bois ne lui procure aucune souffrance et le soleil vient frapper sa peau déjà hâlée sans qu’elle ne s’en sente agressée ou incommodée comme tous ceux cherchant à tout prix à le fuir.

De temps en temps, l’un de ses doigts attrape un crayon et trace quelques mots délicats au sein d’un carnet de cuir rouge. Son esprit s’active sans difficultés comme faisant fi de la canicule et en à peine quelques minutes réussit à lui transcrire plus d’une page d’exposé.

Sa main s’agite doucement et comme sorti de nulle part, un ordinateur portable dernier cri se matérialise sur ses genoux. Sans que ses doigts ne bougent, l’écran s’allume et un logiciel de diaporama s’ouvre sans difficultés. Les mots et les effets s’enchaînent les uns après les autres sans que les ongles de la jeune fille ne viennent frôler le clavier. Pourtant, les touches produisent leur léger son habituel comme si quelqu’un s’amusait à taper dessus à toute vitesse. Les bras croisés, la demoiselle regarde son diaporama se construire avec une facilité et une autonomie absolue.

Ses oreilles percevant un léger bruit comme un fredonnement, elle lève doucement les yeux et parcourt le plafond du regard. Après quelques secondes, ses pupilles repèrent une silhouette dissimulée dans l’ombre. Tiens donc, il y aurait donc quelqu’un d’aussi fou qu’elle pour oser se percher à des dizaines de mètres de hauteur sous un large plafond de verre où le soleil éclate dans toute sa splendeur.

La seule différence est que l’inconnu est à l’abri tandis qu’elle s’offre volontiers aux puissants rayons. Le fait est déjà suffisamment peu courant pour qu’elle daigne y porter de l’intérêt. Sa vue aussi perçante que celle d’un aigle enregistrent instantanément le simple pantalon de toile marron et le haut noir. À en juger par la silhouette fine sans être musclée à l’excès, la demoiselle a affaire à un représentant de la gente masculine.

Laissant son ordinateur travailler seul, le clavier et son diaporama ne cessant de s’activer sans qu’elle ne vienne y toucher, la demoiselle se lève de sa poutre. Ses pieds légers parcourent sans difficultés quelques mètres et sa robe blanche au léger tissu semble vouloir se lever à chaque instant tant ses pas sont aériens et emplit de grâce à la manière d’une danseuse.

S’asseyant à une poutre à environ deux mètres de hauteur de celle du jeune homme, la demoiselle laisse son visage s’étirer en un sourire naturellement contagieux. Tous ceux le croisant auront envie d’en faire de même tant sa joie de vivre est communicative. Ses jambes fines pendent dans le vide, se balançant avec délicatesse tandis que sa voix pareille à celle d’un chant d’oiseau lâche un doux rire suivi de quelques mots gracieux.

-Je vois que je ne suis pas le seul être suffisamment fou pour oser s’aventurer en de telles hauteurs. Mon nom est Kaen, à qui ai-je l’honneur ?


Aussi beau et tendre qu’un gazouillis d’enfant, son rire est un enchantement pour les oreilles tandis que son physique, bien qu’atypique, a de quoi attirer l’attention et de mériter le titre de beauté naturelle avec ses longs cheveux roux, ses formes fines et généreuses, ses yeux couleur de l’or et sa peau brunie.  

Pour tous ceux connaissant la langue japonaise, son prénom seul suffit à provoquer des sourires. Il faut croire que ses parents devaient avoir un don divinatoire ou beaucoup d’humour. En effet, les kanji utilisés pour transcrire son nom sont les mêmes que ceux désignant les flammes. En résumé, le premier présent qu’elle a reçu peut se traduire par « Flamme » et il faut avouer qu’il lui va à ravir avec sa longue chevelure de feu.

D’ordinaire timide et peu farouche avec les autres, elle a décidé de s’offrir un luxe de sociabilité. Il ne serait pas désagréable de connaître quelqu’un en cette mystérieuse école où les rivalités et les moqueries vont bon train en admettant bien sûr que ce jeune homme ne fasse pas partie de ces esprits étriqués assimilant les cheveux roux à la sorcellerie et à la filiation avec le Diable. Si tel est le cas, elle n’aura pas d’autres choix que de partir.

En son esprit embrumé par les souvenirs, la haine et le mépris se succèdent sous la forme de coups, d’insultes et de mots empoisonnés. Combien de fois a-t-elle vécu ce cauchemar ? Sa seule faute est d’être née différente avec ce charme hors normes et ce don semblable à une malédiction. Les langues de vipères sifflent que le talent de ses doigts ne peuvent venir que sa mère, sorcière et que ses mèches enflammées ne peuvent être qu’hérités de son père, le Malin en personne.

S’ils savaient combien ils ont tout faux, ignorant que leur victime connait la réelle fille du maître des Enfers. Ils ne voient pas ses qualités de cœur, préférant se concentrer sur sa prétendue filiation et en profitant pour déverser leur cascade de haine trop longtemps retenue. Les humains possèdent tous une part sombre et parfois celle-ci éclate alors qu’il suffit d’un peu de volonté pour savoir la contenir.

Un soleil éclatant, quelques livres et deux esprits apparemment avides de connaissances tout en désirant se retirer de la foule, voilà une rencontre qui offre une promesse de scènes atypiques.


Dernière édition par Kaen le Mar 29 Mar - 22:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Du soleil, quelques livres et une rencontre atypique (Privé)   Mar 29 Mar - 14:02



Du soleil, quelques livres et une rencontre atypique

Avec Kaen


La faible musique se formait au creux de ma gorge. Laissant échapper quelques notes sans convictions. Je ne me suis jamais reconnu comme étant un musicien ou un chanteur dans l’âme. Je ne me donne donc pas le droit de chanter de vive voix une quelconque musique, même fort apprécié. Une petite histoire d’enfance chantée doucement, et je me voyais dans un autre monde. Loin de tous ces problèmes de forte chaleur et de rencontre en tout genre. Je me contentais de fredonner cette histoire d’une petite courageuse mais intrépide.

Je la voyais courir sans aucune difficulté dans des chemins forestiers boueux et interdit d’accès. Son sourire contagieux quand elle rentre un animal de la forêt perdu. Son inquiétude lorsqu’elle ne retrouve plus le chemin du retour pourtant si simple au début de l’histoire. Sa peur grandissante quand arrive doucement la nuit et que les étoiles montrent le bout de leurs nez. Son réconfort lorsque la demoiselle trouve une cabane perdue dans la forêt sans personne à l’intérieur, si ce n’est des tableaux horribles. Son malaise quand la demoiselle se décide à tout de même dormir dans cet endroit. Son angoisse quand elle se réveille et ne trouve plus ces tableaux horrifiants, mais seulement d’innombrables fenêtres.

La musique n’était pas des plus joyeuses, je dois le reconnaître pleinement. Mais il était coutume de la raconter aux jeunes enfants pour ne pas les inciter à sortir tard la nuit, sinon des créatures inconnues pourraient s’amuser avec ces petites personnes. Peut-être était-ce paradoxale pour ma propre personne vu que je n’étais capable de sortir uniquement la nuit et les jours peu agréables comme jours de pluies intenses ou d’orages parfois. Cependant, cette musique ne voulait plus lâcher mon esprit. Elle était rentrée sans difficulté à l’intérieur et me faisait redécouvrir tous les plaisirs enfantins quand je l’écoutais plus jeune. Les batailles, les jeux, les sourires, les rires..

« Je vois que je ne suis pas le seul être suffisamment fou pour oser s’aventurer en de telles hauteurs. Mon nom est Kaen, à qui ai-je l’honneur ? »

La voix me surprit magistralement. Mon esprit se trouvait tellement occupé dans mon lointain que je ne devinais pas la présence de cette personne proche de moi. Je fus pris d’un sursaut quand la voix m’atteignit, la personne ne devait pas être bien loin de moi. Mon livre m’échappa des mains, si bien qu’il commença à chuter tranquillement. Ma rapidité me permit de récupérer ce livre de justesse, malgré une position peu confortable. Ce livre avait beau ne pas intéressé des masses, je les respectai pour autant. Quelque chose apportant de la connaissance ne devrait pas être malmené à mon propre avis.

La seconde difficulté était de trouver d’où venaient ces belles paroles suaves. Il faut bien l’avouer que la demoiselle ; je me doutais bien que cela était une demoiselle vu la voix relativement aiguë de cette personne, avait une voix très belle. Elle ressemblait presque à un champ d’oiseaux qui gazouillaient doucement les jours de beaux temps. Comme si la demoiselle était dans une parfaite harmonie avec cet endroit et que celui-ci le lui rendait bien. Je m’étais, en un premier lieu, simplement attardé sur la simple beauté de sa voix. Et non pas sur ces paroles.

Mon second temps était ses paroles en elle-même et la recherche de la demoiselle en cet endroit. Je ne l’avais pas encore retrouvé dans cet endroit perché. La demoiselle s’était pourtant mise en évidence en face de ma personne, quelques poutres plus hautes. Je devais donc lever légèrement la tête pour l’apercevoir. L’astre solaire semblait l’éclairer pleinement. Et en toute logique, cela ne semblait la déranger que cet astre la prenne comme centre d’intérêt premier. Tout cela la mettait en valeur. De plus, avec sa simple robe blanche et ses cheveux d’un roux flamboyants. Elle semblait attirer l’attention de tous en un simple regard.

Une peau mate s’ajoutait à ce tableau relativement féerique. Je dois dire qu’une rencontre en haut d’une bibliothèque sur des poutres peu accessibles semble assez atypique. Son regard se portait en ma direction. Et du point de vu où je me trouvais, je pouvais l’observer pleinement. De simples yeux bruns mais cachant un certain charme, une certaine malice en plein cœur de ses yeux, ainsi qu’un nœud jaune recouvrait sa longue chevelure rousse. La lumière provenant du soleil la rendait encore plus douce et belle que quiconque se trouvant dans l’ombre.

Par ailleurs, la demoiselle se prénommant Kaen semblait arborer un sourire contagieux. Un peu comme dans cette petite histoire que je fredonnais à l’instant. Je ne pus m’empêcher de sourire à mon tour, malgré ma gêne de rencontrer une personne dans cet endroit peu habituel. Cependant, la demoiselle semblait n’éprouver une quelconque gêne, si ce n’est une certaine joie de rencontrer quelqu’un d’aussi « fou » qu’elle. Je pouvais lui reconnaître qu’il fallait ne pas être très net ou très « simple » pour se retrouver dans cet endroit à plusieurs. Toutes ces pensées me firent simplement sourire un peu plus. Je présume qu’il fallait prendre tout cela à la rigolade, vu que rien ne semblait sérieux.

Sa robe blanche flottait doucement dans cette hauteur, tandis que deux fines jambes se balançaient d’avant en arrière sans appréhender la hauteur environnante. Je m’assis donc en tailleur sur la poutre où je me trouvais en ce moment même, la regardant tout bonnement. Il existait un certain contraste entre ma peau relativement pâle et sa peau mate typique d’une origine proche des endroits ensoleillés. Ainsi que ses yeux simplement bruns et mes yeux d’un rouge sang qui n’étaient pas du tout en accord. Je posai le livre qui avait chuté quelques secondes plutôt proche de moi, sur la poutre elle-même.

« Chaque personne a sa propre folie. Je dirais simplement que toute personne n’est fou qu’à sa propre manière. Nous avons une folie probablement proche. Je me prénomme Von Snorri. Je présume que vous êtes ici pour assouvir une soif de connaissance ? »

Ma phrase ressemblait bien plus à une affirmation qu’à une simple interrogation. Enfin, j’espérais tout bonnement que ce soit le cas et que la demoiselle ne se faisait pas persécuter. Sinon, cela serait assez problématique si la demoiselle voulait fuir un quelconque gêneur. Je ne suis pas la personne la plus adéquate pour une bataille improvisée. Je ressemble plus à un humain inoffensif qu’à un simple nouveau vampire. Cependant, je m’intéressais à la demoiselle. Une question se formait dans mon esprit. Comment la demoiselle était-elle arrivée en haut de ces poutres ? Cette jeune fille ne devait pas être une simple demoiselle victime d’harcèlement.

Mon idée de base était donc déjà faussée. Et en un sens, cela me soulageait fortement. Je suis probablement une personne trop empathique, et je ne désire pas qu’une quelconque personne puisse souffrir dans son coin. La lumière illuminait toujours la demoiselle, laissant apparaître des dents blanches et un sourire des plus francs. Kaen semblait dégager une joie de vivre certaine et désirait la partager avec quiconque. Je me questionne donc pourquoi la demoiselle n’était pas entourée par plusieurs personnes dans ce genre d’endroit. Désirait-elle un moment de répit face à tant de popularité?

Je me contentai de la regarder de quelques poutres d’en bas. Essayant de mémoriser parfaitement le visage de la demoiselle ainsi que sa joie de vivre contagieuse. Tout cela pourrait bien me servir un jour et je n’apprécie que très peu oublier le visage de quelqu’un que j’ai connu. Même si à la pensée de tout cela, je pensais me tromper fortement sur le fait de l’oublier. Un sourire aussi grand et des yeux pleins de vie, je ne pourrais sûrement jamais les oublier. J’essayais de lui rendre l’appareil en lui affichant l’un de mes sourires. Je ne pouvais pas prétendre la battre à un jeu se basant sur le sourire le plus joyeux. Mais Kaen dégageait une bonne humeur qui me touchait petit à petit.

« N’est-ce pas dangereux pour une demoiselle comme vous de vous aventurer sur des poutres aussi hautes que celles-ci ? »

Je suis peut-être trop prévoyant, mais ne l’ayant pas remarqué de base sur ces poutres. Je me demandai si elle était arrivée avant ou après moi. Elle occupait une si grande présence que cela m’étonnait tout bonnement de ne pas l’avoir aperçu plus tôt. Peut-être je joue le rôle d’un homme trop prétentieux qui met la figure féminine plus basse que celle de l’homme, mais cela n’est pas mon but. Je m’essaye simplement de m’assurer de la bonne santé de mes camarades, tant que cela me reste à porter de main.
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MessageSujet: Re: Du soleil, quelques livres et une rencontre atypique (Privé)   Mar 29 Mar - 23:02

Du soleil, quelques livres

et une rencontre atypique



Von Snorri et Kaen




Le bruit des touches d'ordinateur filent aussi vite que la lumière sans qu'une peau délicate ne vienne les effleurer, comme possédant leur volonté propre. Animée d'une vie artificielle, la merveille technologique s'active sans qu'aucune commande gestuelle ou vocale ne traverse l'atmosphère. Les mains ne bougent pas, seuls les yeux surveillent sans peur le déroulement  de l'effroyable tour de force.

Les mots et autres animations de diaporama s'alignent sagement les uns à la suite des autres sans que leur propriétaire n'intervienne d'une quelconque façon. Le dos sur le poutre, la demoiselle se contente de tenir l'appareil sur ses genoux sans apporter une aide de plus.

Sous la puissante luminosité du soleil traversant les fines vitres de verres, elle est posée avec grâce. L'astre du jour aurait de quoi la jalouser avec ses longs cheveux de feu aussi éclatants que ses rayons. Ces derniers viennent d'ailleurs se refléter dans ses yeux couleur de l'or, d'un doux jaune doré oscillant parfois sur le caramel. Néanmoins, il peut se vanter de remporter une large victoire sur sa peau brunie par son immense chaleur. Habituée à sa présence, la jeune fille n'est certainement pas originaire du pays du soleil levant.

S'il y avait pas son accent chantant, certains pourraient la confondre avec ce phénomène de mode nommé  "Kogaru" désignant les lycéennes se décolorant les cheveux, à la peau artificiellement bronzée et portant souvent des habits plus courts que la moyenne.  Néanmoins, la robe de taille moyenne suffit à contredire ce genre de suspicions et ceux l'approchant de près peuvent constater combien son physique est naturel.  Née mate et rousse, elle n'a rien à envier aux jeunes filles se transformant pour se démarquer du reste de la société. Si elle soutient ce genre de causes, elle n'a pas besoin d'user de tels moyens pour être remarquée malgré elle.

Lentement, ses doigts e lèvent et viennent remettre son nœud jaune en place alors qu'il osait tenter de s'échapper de ses mèches enflammées. Ses yeux dorés tombent alors sur un spectacle inattendu en ces hauts lieux. Située à quelques mètres d'elle, une fine silhouette est allongée contre une poutre. Elle hausse légèrement les sourcils, à ce jour elle n'a vu de personnes d'aussi folles pour jouer les alpinistes sur le plafond de bois de la bibliothèque. Situé à une centaine de mètres du sol, même les professionnels n'oseraient s'y aventurer sans un minimum de matériel tant les espaces où s'accrocher sont rares et dangereux.

Pourtant, ils sont bien deux en cet espace restreint et le fait est suffisamment rare pour mériter d'être conté. Posant délicatement son ordinateur sur la poutre en le laissant fonctionner seul, son diaporama comme doté d'une vie, elle se lève avec mille grâce. Ses jambes fines et légères se déplacent sans bruits avant de s'installer à quelques centimètres de hauteur de l'ombre mystérieuse. Ses yeux d'or repèrent immédiatement la corpulence élancé typique de celles des hommes, ses cheveux teinte de nuit et son regard, bien que baissé, rougeoyant.

Sa voix aussi gazouillante que le chant des oiseaux résonne avec une infinie délicatesse, aussi douce que la soie accompagné d'un léger accent tout aussi mélodieux résonne dans l'atmosphère pour lui offrir quelques mots.

-  Je vois que je ne suis pas le seul être suffisamment fou pour oser s’aventurer en de telles hauteurs. Mon nom est Kaen, à qui ai-je l’honneur ?

Un bref sursaut agite le jeune homme, si vif qu'il est presque impossible de le détecter à l'œil nu à l'exception des regards entraînés et perçants comme celui de la demoiselle. Avec le temps et ses pratiques autour de sa malédiction, elle a pu acquérir une vue suffisamment puissante pour détecter ce genre de mouvements rapides. De plus, ses entraînements réguliers avec sa protectrice lui ont permis de mieux travailler sur ce don naturel.

Ses pupilles affutées perçoivent immédiatement le réflexe surhumain du jeune homme. Un instant surpris par sa voix, il a lâché son livre et si une personne normale n'aurait été condamnée qu'à le voir tomber sans rien pouvoir y faire, lui a réussi à le rattraper avec une dextérité extraordinaire. Ses gestes sont surhumains et les pensées de la demoiselle s'activent à la vitesse du son, se mélangeant avec grâce pour lui souffler la réponse logique que veut lui dicter ce monde étrange. À sa connaissance,  seules quelques races sont dotées d'une telle capacité et pour connaitre le genre d'aura de l'une d'entre elles, l'évidence lui est donnée sans difficultés. Ainsi, il ferait partie de ces mystérieux êtres de la nuit. D'ailleurs, sa peau aussi pâle qu'elle-même est mate et ses yeux rouges confirment son impression.

Malgré la crainte que lui murmure son instinct, la jeune fille le repousse mentalement, s'armant de courage et de volonté pour enfin espérer baigner dans la sociabilité. Quelle importance qu'ils soient de races différentes ? Ne sont-ils nés de la même façon à la base ?

Aucune trace de sa réflexion mentale ne se dessine sur son visage bronzé au contraire de son large sourire contagieux. Ses yeux dorés étincèlent de plus belle sous les puissants rayons de l'astre du jour traversant le plafond de verre. Comme pour mieux illuminer sa fine à la peau brunie, ce dernier semble vouloir se positionner juste au dessus d'elle en lui offrant sa vive lueur. Seuls ceux qui oseraient l'affronter, et inutile d'espérer un tel miracle en ce jour de canicule, pourraient voir le flamboyant spectacle. Avec sa chevelure rousse et sa robe blanche en contraste sur  son bronzage naturel, elle attire les regards sans qu'elle ne le veuille et pourtant le ciel sait combien les mauvais sont légions dans ce monde sans pitié pour les différences.

Face au sourire de la demoiselle, le jeune homme ne peut s'empêcher d'en faire de même s'il n'en éprouvait aucune envie spécifique.  Pourtant il serait conventionnel d'éprouver une légère gêne en rencontrant quelqu'un dans un lieu aussi atypique que celui-ci. En effet, personne ne serait assez dénué de raison pour oser entreprendre l'escalade de l'immense plafond de la bibliothèque.  Les amateurs et les professionnels hurleraient à la folie et au danger suicidaire. Pourtant, les deux jeunes gens ont réussi cet effroyable exploit sans aucune difficulté apparente.

Ses jambes fines et nues balançant doucement dans le vide à un rythme lent sans éprouver la moindre sensation de vertige ou autre appréhension des hauteurs. Une fine brise vient parfois jouer à travers sa légère robe blanche, en soulevant tendrement les tissus. Les yeux dorés observent l'inconnu déposer le livre rattrapé in-extrémis sur la poutre avant qu'un nouveau sourire ne vienne éclairer de plus belle son visage mat lorsque ses oreilles perçoivent une douce réponse.  

-Chaque personne a sa propre folie. Je dirais simplement que toute personne n’est fou qu’à sa propre manière. Nous avons une folie probablement proche. Je me prénomme Von Snorri. Je présume que vous êtes ici pour assouvir une soif de connaissance ?


Un rire aussi beau que celui d'un jeune enfant et du chant d'oiseaux résonne doucement près des deux adolescents. Tournant lentement la tête vers son ordinateur animé de sa propre vie, sa voix chaleureuse à l'accent mélodieux reprend sa course dans l'atmosphère.

- Enchantée Von Snorri...Vous avez raison sur la folie : personnellement, je crois que la raison m'a déserté depuis longtemps. Concernant ma venue ici, vous avez un assez bon instinct. Je prépare un exposé concernant mon pays natal...enfin plus exactement, l'ordinateur travaille pour moi.  Il y a que là-haut que je suis tranquille sans que quelqu'un ne vienne jouer à "Qui sera le plus cruel ?" envers moi.


Si ses paroles sont mystérieuses et pourraient s'apparenter à une plaisanterie légère dans la suite de la conversation, une très brève lueur de tristesse traversant son regard d'or suffit à la trahir. L'espace d'une seconde, les souvenirs de torture remontent à la surface tels les amateurs d'apnée cherchant désespérément de l'air après un long séjour sous l'eau.  Les insultes et les coups fusent en sa mémoire à la manière d'une pluie assassine. Aussi loin qu'elle s'en souvienne, le harcèlement et les brimades ont toujours fait partie de sa vie quotidienne. Tout en elle inspirait horreur et mépris avec ses multiples origines, son physique hors norme et surtout son don au dessin de malédiction. Sa popularité n'a jamais été bénéfique, au contraire, elle était connue pour être différente, trop aux yeux des étriqués d'esprits refusant de lui donner la moindre qualité.

Pourtant, si ses yeux ont changés pendant à peine une seconde, son sourire contagieux demeure en permanence sur son visage mat comme pour mieux donner le change. Qui pourrait percevoir ce si bref éclat devant la peinture d'une joie de vivre communicative ? Comme si ce sourire cachait bien des douleurs pour espérer attraper des brefs instants de bonheur au sein de ce monde sombre, comme si cette rage de vivre était le résultat  d'une expérience effrayante où la mort a été à deux doigts de la soulever entre ses bras.

Pourtant, ses yeux  redevenus brillants et son large sourire ne mentent bien : elle est atteinte de cette soif intense de vie. Il s'élargit de plus belle en constatant que le garçon tente de lui rendre la pareille avec tout ce dont il est capable.

- N’est-ce pas dangereux pour une demoiselle comme vous de vous aventurer sur des poutres aussi hautes que celles-ci ?

De nouveau, son rire semblable au chant des oiseaux frappe l'air avec une infinie délicatesse et l'une de ses mains passe négligemment dans ses longs cheveux roux.  Tous deux absorbés par leurs propres activités, ils se sont remarqués sur le tard et pourtant lui aussi pourrait être largement visible en dépit de ses habits noirs et ses cheveux sombre. Le soleil est si puissant qu'il aurait pu l'éclairer si un étrange soleil ne lui avait soufflé de détourner légèrement l'un de ses rayons pour l'en protéger au détriment de la demoiselle que trop habituée à sa chaleur ardente.

Se levant gracieusement, la jeune fille se lance aussitôt dans un numéro des plus dangereux avec la plus grande confiance. S'élançant sur les poutres à la manière d'un acrobate expert, elle saute avec une extrême agilité et s'y hisse sans aucune peur.  Son habileté et sa légèreté sont telles qu'elle peut se permettre d'exécuter plusieurs tours de roue sur une poutre étroite sans jamais perdre l'équilibre. Se servant de cette même très fine largeur, elle ose y entreprendre un grand écart avant de se placer sur les coudes, ses jambes levées derrière elle avant qu'elle ne les ramènent vers l'avant, ses pieds juste devant son visage.

Se maintenant sur une main, elle retire lentement ses chaussures pour les placer à côté d'elle avant de détacher son nœud jaune de ses cheveux  sans perdre un instant sa concentration. Son léger accessoire placés sur la poutre suivante, à quelques centimètres de là, elle a l'audace de tenter l'impossible pour le commun des mortels. Ses jambes s'allongent doucement pour arriver devant elle avant que ses doigts de pied n'attrapent délicatement son nœud qu'elle ramène sur sa tête.

Douée de contorsion, la demoiselle ne possède aucune limite sur son corps et peut lui infliger ce qu'elle désire sans mal. Bien sûr, des années d'entraînements ont amélioré son don mais rares sont ceux à le posséder. De manière générale, ce sont les enfants de cirque qui le développent pour faire briller les yeux des spectateurs venus les applaudir.

Si sa robe blanche est de taille moyenne et ses jambes nue,  l'adolescente rousse a tout de même été assez prévoyante en enfilant un short couleur de neige pour pouvoir s'entraîner sans avoir à offrir un spectacle délectable par les hommes malgré elle. Se remettant correctement, elle adresse un large sourire au jeune homme.

-Pour beaucoup, ce genre d'aventures est à très haut risque effectivement du fait de la hauteur et du risque de chute sur des poutres aussi étroites. Néanmoins, avec des années d'entraînements c'est tout à fait possible et même une immense fierté au sein de mon milieu d'origine. J'ai travaillé dur pour arriver à ce résultat mais je ne nie pas que je me mets en danger à chaque instant. Néanmoins, l'adrénaline ressentie est plus forte que tout.


Un physique atypique pour des origines aussi mystérieuses et une agilité prodigieuse, la jeune fille est l'incarnation d'une énigme à elle seule. Ne craignant aucunement les hauteurs, elle sait que le danger existe mais elle préfère le braver au nom d'une passion dévorante.


Dernière édition par Kaen le Sam 2 Avr - 11:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Du soleil, quelques livres et une rencontre atypique (Privé)   Jeu 31 Mar - 18:52



Du soleil, quelques livres et une rencontre atypique

Avec Kaen


La situation paraissait relativement atypique. Il existe peu de premières fois dans des hauteurs aussi extrêmes au sein même d’un établissement scolaire. La plupart des personnes ne se doutait même pas de notre présence, vu la proximité avec laquelle nous entretenions avec ces personnes en surface. Je ne vais pas les dénigrer, je ne me rabaisse pas à cela. Mais il est plus intéressant de se retrouver dans les hauteurs, dans un univers bien plus particulier que des chaises positionnées de manière précises sans écartement envisageable par la bibliothécaire.

Et bien que cette rencontre ne soit pas des plus communes, elle reste tout de même agréable pour n’importe quel individu, je dirais. Qui pourrait ne pas résister au charme de la demoiselle face à mes prunelles rougeoyantes. Son sourire rayonnant emplissait l’air d’une bonne humeur certaine sans aucune difficulté. Laissant mon air maussade et réservé de côté pour une durée encore quelque peu indéterminée.  La demoiselle semblait avoir un certain don pour couper court à toute discussion pour qu’on ne la remarque plus qu’elle. Elle et elle seule.

Et je dois dire qu’il y avait de quoi. Ses gestes tout en douceur, ses yeux malicieux mais remplis d’une joie envahissante, son sourire des plus impressionnants complétaient un tableau déjà assez bien rempli. Ses yeux dorés me fixaient prestement, me demandant par la même occasion à quoi songer la demoiselle en face de ma personne.  Semblait-elle se poser des questions sur ma propre personne ou sur mon appartenance ethnique ? Beaucoup de livres racontent que les vampires seraient capable de lire au sein-même des songes de la population. Je dois bien avouer que cela me fait défaut dans ce cas précis.

La température devait être à son point le plus haut. Les gens avaient fini par laisser tomber tous ces gros pulls et autres vêtements qui protégeaient fortement leurs corps du froid ; pour laisser place à des tenues bien plus légères, comme cette robe blanche que j’apercevais tout simplement. Elle avait beau être simple, elle embellissait en quelque sorte la demoiselle d’une certaine manière.  La tenue vestimentaire de mes compères ne sont pas la première chose qui m’intrigue mais, je dois dire que cette tenue précise semblait tellement épouser les formes de la demoiselle que je me posais la question si elle n’était pas faite sur mesure. Je savais que ce genre de chose était réalisable pour ma personne mais, l’était-il pour le commun des mortels ?

Après mes paroles concernant la folie et ma présentation commune, je continuais à regarder la demoiselle. Jetant de temps en temps, des coups d’œil en direction de la vitre en verre positionnée à une bonne distance de nous. Malgré cela, la lumière l’a traversant semblait couper court au niveau de la jeune Kaen qui semblait jouer avec cette intensité sans vraiment d’efforts particuliers. Elle paraissait même ressembler à une fille de feu.  Sa chevelure rousse, ses yeux dorés ainsi que sa peau mate ne faisaient que concrétiser cette idée germée dans ma tête.

Je ne pouvais affirmer ces pensées clairement, ne la connaissant pas encore ou probablement jamais. Je me questionnais par la même occasion sur ses origines pour paraître aussi naturelle et enjouée qu’importe le moment venu. Quoique mes paroles soient si vite dites. Je pouvais m’imaginer le fait que la demoiselle soit en possession d’une bonne nouvelle pour elle-même , ce qui pouvait la rendre aussi joyeuse qu’à l’heure actuelle. Étrangement, je ne pouvais confirmer ces propos. Mon esprit semblait fermer sur cette idée, la demoiselle devait être enjouée de manière relativement constante.

Les personnes aussi heureuses ne devaient pas, en réalité, cachées une souffrance certaine sur un sujet qui les tient à cœur ? C’est ce que j’ai toujours pensé au cours de ma faible vie. Personne ne pouvait sembler aussi heureux et joyeux qu’importe l’envergure du moment. Tout cela ne pouvait avoir de sens. Mais par respect, pour cette jeune fille, je ne m’aventurerais pas sur ce terrain pentu. Je ne voudrais pas la brusquer inutilement. Ou sinon, me faire ridiculiser de la sorte de manière aussi rapide dès les premiers instants. Je ne suis pas si fou que cela, enfin, je le crois.

« Enchantée Von Snorri...Vous avez raison sur la folie : personnellement, je crois que la raison m'a déserté depuis longtemps. Concernant ma venue ici, vous avez un assez bon instinct. Je prépare un exposé concernant mon pays natal...enfin plus exactement, l'ordinateur travaille pour moi.  Il y a que là-haut que je suis tranquille sans que quelqu'un ne vienne jouer à "Qui sera le plus cruel ?" envers moi. »

Kaen tournait la tête en direction d’une autre poutre hors de ma portée visuelle. Je devrais me contorsionner pour observer la même chose que la demoiselle. Cependant, elle ne semblait pas vraiment prêter une attention si particulière à cette chose invisible. J’émis donc l’hypothèse que cela ne soit pas si important pour ma connaissance personnelle. Je pourrais la questionner plus tard si l’envie m’y prenait. Mais je m’abstiendrais pour l’heure. Il y a quelque chose d’un peu plus grave qu’un objet ou une personne mystérieuse de l’autre côté d’une poutre. Je ne devais pas m’attarder sur des détails, mais sur le contenu en lui-même. Tout dépend de l’artiste littéraire, mais souvent le contenu est plus privilégié que la forme en elle-même.

« Un exposé sur son pays natal ». Kaen ne devait pas venir d’ici-même alors. Je ne connais pas encore toutes les conditions pour venir dans cet établissement. Cependant, ce qui me semblait certain, c’était que l’une des conditions pouvait être le danger de mort. La connaissant relativement bien vu que je l’avais expérimenté pour mon arrivé même à cet endroit si mystérieux. Probablement que la demoiselle devait venir d’un pays chaud pour avoir une peau aussi éclatante et colorée que la sienne. Je me demande bien quel type de pays correspond à cette catégorie de « pays chaud ». Je ne suis que très mauvais géographiquement dans la monde.

Au vu de ses paroles douces, l’expression semblait plutôt dure. Apparemment, la demoiselle semblait victime de quelques représailles pour je ne sais quelle raison. Mais cela devait lui faire tout de même du mal. Personne n’est insensible à la douleur, même les personnes de ma propre race ressentent une douleur certaine durant les moments de tortures physiques ou psychologiques. La personne empathique que je suis commença à se soucier d’elle. Quelle était la raison de ces mécontentements qu’avaient les autres personnes envers elle ? D’un seul coup d’œil, je pourrais envisager le fait que des demoiselles veuillent acquérir la même popularité que Kaen.

Hypothèse par hypothèse, j’essayais de me créer un fil conducteur. Mais sans connaître le fonctionnement même de la demoiselle ainsi que son quotidien dans cet établissement, je connaissais une grande marge d’erreur dans tout ce que j’entreprenais. Une sorte de jalousie éprouvait par d’autres demoiselles, des hommes grossiers essayant de se sentir supérieurs à tout type de personne.. Il y avait beaucoup trop de facettes inconnues dans cette demoiselle. Et je ne savais pas s’il m’était permis de m’aventurer au-delà de cette limite de « première rencontre ».

« L’ordinateur travaille sans vous ? Cela est vraiment possible ? Je dois avouer que j’ai bien du mal avec la technologie. Mais de là à ce qu’elle s’active toute seule sans l’aide de quiconque. Ca me perturbe un peu. De plus, si cela n’est pas trop indiscret, puis-je vous demander d’où venez-vous ? Je vois votre peau mate. Je pense donc que vous veniez d’un pays chaud. »

En quelque sorte, sa dernière phrase me laissait perplexe. Je ne savais comment réagir pour ne pas paraître grossier mais, par la même occasion, de ne pas paraître insistant pour autant sur un sujet qui la touchait proprement.  Devais-je la laisser couler sans y attribuer une quelconque pensée ? Ou avais-je le devoir d’aller la secouer quelque peu pour me partager ses quelques peines. La forcer me semblait contre nature. Alors je décidais de la laisser passer. La laissant simplement dans un coin de mon esprit, la laissant germer doucement. Je lui poserais peut-être la question un jour. Le jour où je serais légèrement plus proche que maintenant.

De plus, Kaen venait de répondre à ma question secrète. Cette chose cachée qui m’était tout simplement hors de portée n’était qu’un simple ordinateur. Cependant, une chose m’intriguait clairement. Comment pouvait-il continuer à s’activer et à décider ce que le maître désire sans la moindre intervention de ce même maître ? Je savais que la technologie de nos jours pouvait être très poussée et sophistiquée. Mais je ne savais pas  qu’elle était arrivée à un stade aussi impressionnant. Je devrais me renseigne prochainement sur les évolutions technologiques concernant la nanotechnologie ou les appareils électroniques en règle générale.

Ses lèvres ne cessèrent jamais de divulguer son grand sourire semblable à aucun autre vu auparavant.  Cela en devait même troublant de pas pouvoir lui enlever son sourire si impressionnant mais réconfortant en même temps.  Cela mettait du baume au cœur de savoir que des personnes pouvaient être aussi joyeuses,  même dans des conditions extrêmes d’harcèlements.  Je l’admirais pour ce courage si particulier. Plusieurs auraient abandonnés, laissant périr leurs sourires qui pouvaient être tout aussi rayonnants que celui de Kaen. C’est bien dommage.

« N’est-ce pas dangereux pour une demoiselle comme vous de vous aventurer sur des poutres aussi hautes que celles-ci ? »

A peine mon dialogue terminé, la demoiselle entreprit des cabrioles assez poussées, voire même dures pour le corps lui-même. Des roues, des sauts, des contorsions, un grand écart il me semble aussi.. Il y avait bien la des figures emblématiques des enseignes comme le cirque. La demoiselle semblait les maîtriser parfaitement. Sans l’aide de personne. Cependant, je me demandais comment son corps pouvait réagir face à autant de violences corporelles. Je devais avouer que tout cela m’impressionner, et je ne pouvais cacher mon étonnement face à tous ces enchaînements maîtrisés parfaitement.

Kaen n’avait aucune peine à les effectuer correctement. Par ailleurs, je me doutais qu’il existait un entraînement particulier pour parfaire ces mouvements de manière aussi précise. Au début de ces gestes sensuels, j’envisageais un fait qui me gêner quelque peu. Si la demoiselle s’emballait dans tous ces figures, j’espérais sincèrement que quelque chose caché fortement son intimité sous sa robe blanche volante.  Je n’étais pas préparé à voir une scène de la sorte dans l’état actuel des choses. Cependant, la demoiselle devait avoir prévu le coup d’avance. Probablement pour un entraînement quotidien, de porter un petit short de couleur blanche.

Un faible soupir s’échappa de ma bouche quand je l’aperçu. Cela me soulageais, mais me gênais quelque peu. Je ne savais pas s’il était nécessaire d’effectuer des tours aussi sophistiqués pour me prouver que sa présence dans les hautes poutres n’était pas un quelconque danger pour la demoiselle. Je l’avais bien compris dès à présent.  De plus, ce spectacle gratuit était magnifique, tout en finesse et en délicatesse.  La demoiselle a dû s’entraîner durant une longue période pour acquérir un tel niveau de souplesse. Je me demande si cela lui a causé du tord d’effectuer tout cela simplement pour ma personne.

En soi, c’était une preuve considérable sur le fait que la hauteur et les poutres exiguës ne la dérangeaient absolument pas.  Son sourire n’avait quitté aucun mouvement. Chacun était suivi d’un sourire malgré les enchaînements difficiles. Son courage était magnifique dans ce genre de situation. Je pense que j’aurais eu une certaine peur dans cette situation même. Je connaissais mes propres capacités, mais je ne me risquerais pas à un numéro d’acrobaties. De plus, cela serait une pâle copie de celui que je venais de voir de mes propres yeux.

« Pour beaucoup, ce genre d'aventures est à très haut risque effectivement du fait de la hauteur et du risque de chute sur des poutres aussi étroites. Néanmoins, avec des années d'entraînements c'est tout à fait possible et même une immense fierté au sein de mon milieu d'origine. J'ai travaillé dur pour arriver à ce résultat mais je ne nie pas que je me mets en danger à chaque instant. Néanmoins, l'adrénaline ressentie est plus forte que tout. »

Je pense que l’adrénaline est une bonne condition pour repousser son corps à ses limites les plus lointaines. Mais j’avais des difficultés à accepter le fait de détruire quelque peu son corps à chaque entraînement. De plus, ceci devait être relativement intensif pour une meilleure condition ensuite. Tout cela m’était hors de portée. Mais chacun avait ses propres manies et manières que personne ne pouvait changer réellement. Cela pouvait être un univers intéressant. Mais je me contenterais simplement de regarder les gens détruire leurs corps progressivement.

« Tant que cela vous plaît. Ce serait dommage de vous blesser au cours d’un spectacle aussi magnifique. Je n’ai pas beaucoup visionné de spectacle de cirque, mais je dois dire que c’est l’un de mes préférés. Vous semblez être une vraie experte de vos mouvements. »

La demoiselle semblait devenir de plus en plus intrigante à mes yeux. Je ne savais pas que l’on pouvait braver tous les dangers au nom d’une passion enivrante. Je pensais que les êtres vivants pensaient à leurs sécurités avant toute chose. Mais Kaen ne procédait pas de la même manière. Seul son plaisir personnel primait. Le reste pouvait passer à côté, bien que la santé ait tout de même une certaine place dans son cœur.
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MessageSujet: Re: Du soleil, quelques livres et une rencontre atypique (Privé)   Sam 2 Avr - 11:50

Du soleil, quelques livres

et une rencontre atypique



Von Snorri et Kaen




Les puissants rayons solaires traversent le plafond de verre dans une intense luminosité en éclairant la bibliothèque d'un immense éclat. La chaleur s'engouffre dans la pièce au grand damne de ses occupants cherchant désespérément un quelconque moyen de se rafraichir. Leurs corps engourdis par la température caniculaire sont incapables de mouvements trop brusques et leurs esprits  ne peuvent aligner deux pensées correctes. Seule la soif occupe leurs cellules grises et pas un seul ne penserait à lever les yeux en direction de l'ennemi mortel. Pourtant, celui qui aurait cette audace pourrait tomber sur un bien étrange spectacle.

Il y verrait la promesse d'une rencontre atypique, sortie de toutes normes conventionnelles. À part des alpinistes en montagne, personne n'aurait idée de nouer de nouvelles relations sociales dans les hauteurs et les échanges de politesses dans les ascenseurs ne sont pas comptés.  Assise sur une poutre étroite, ses jambes fines balançant dans le vide, une jeune demoiselle aux cheveux de flamme étire son visage en un délicieux sourire. À la fois doux et éclatant, il entraîne inévitablement le mimétisme. Sans qu'elle ne prenne conscience de ce don, elle a déjà réussi l'exploit de rendre la joie de vivre à certaines personnes qui avaient tout perdu lors de catastrophes naturelles. Tant investie dans son travail, la jeune fille avait beau croiser de la misère dans chaque coin, elle ne pouvait s'empêcher de sourire, refusant de baisser les bras et espérant offrir de l'espoir à l'état pur.

Avec ses cheveux roux, sa peau brûlée par le soleil, ses jolies formes féminines et ses yeux couleur de l'or, elle suscite regards et attention malgré elle, surtout dans un pays où les normes physiques sont totalement à l'opposée. Son regard tendre se pose sur son interlocuteur tandis que ses pensées défilent à la manière d'un film en accéléré. Elle repère sa peau pâle, sa musculature fine et ses yeux sanguins. Ses connaissances sont suffisamment avancées pour qu'elle puisse en déduire qu'il est fort possible qu'elle se trouve en face d'une race bien particulière.

Lorsque le jeune homme manque de faire tomber son livre et le rattrape in-extrémis en moins d'un quart de seconde, la jeune fille n'a plus de doute.  Pour en avoir vu une à l'œuvre, seules deux types de créatures sont capables d'un tel exploit.  Ayant pu expérimenter la puissance monstrueuse d'une aura démoniaque et ne la pressentant pas chez le garçon, elle devine qu'il fait partie de ces êtres censés avoir perdu la vie mais ayant gagné l'immortalité, ceux que les humains représentent sous la forme du célèbre et imaginaire prince des ténèbres Dracula, inventé par l'irlandais Bram Stoker.

La canicule gagne du terrain au grand désespoir des êtres la subissant. Certains ont tout juste la force de pousser un râle en constatant que le thermomètre dépasse les trente degrés. Pourtant, la peau mate de l'adolescente ne semble aucunement en souffrir tant elle est habituée à ces excès de chaleur. En contrebas, les étudiants poussent le culot jusqu'à commencer à se dévêtir plus ou moins complètement. Les hauts deviennent sans manches, les pantalons sont remontés ou remplacés par des shorts dans un coin discret et certains frôlent l'impolitesse en ajustant une casquette sur leur tête. Néanmoins, la bibliothécaire ne peut leur faire remarquer leur absence de manières tant elle compatit, souffrant elle aussi de la situation.  

Préférant offrir la moindre parcelle possible de sa peau au puissant soleil, la demoiselle est seulement vêtue d'une robe de taille moyenne à la teinte de neige et aux fines bretelles. Le tissu épouse ses formes à la perfection, dessinant une poitrine généreuse sous un bustier délicat et des jambes fines, le tout accompagné d'une taille mince.

Néanmoins ce tableau aux beaux semblants montre une terrible réalité. Ses vêtements ne peuvent cacher ses quelques côtes parfois saillante prouvant un jeu dangereux de maigreur extrême pour la haute taille de la demoiselle. Les yeux affutés peuvent remarquer qu'elle a dû perdre brutalement du poids avant de commencer à remonter, le tout pour des raisons inconnues.

Pire encore, si sa peau mate en dissimule l'immense majorité, des traces d'un douloureux passé subsistent sur son corps. De rares bleus persistent à se peindre sur ses bras et des stigmates de brûlures sont dessinés sur ses mains dans un tableau d'horreur. Seuls les regards perçants peuvent détecter les blessures à travers son bronzage naturel mais il est clairvoyant qu'elles ne sont pas présentes  par hasard.

Avec sa chevelure rousse vif,  les mauvaises langues sifflent qu'elle serait née parmi les flammes au point d'en absorber la couleur et de brunir son corps. Les plus croyants disent qu'elle est la fille du soleil et du feu et les plus fanatiques parmi ces derniers hurlent à qui veut bien les entendre qu'elle est l'enfant du Diable et d'une sorcière. À l'époque médiévale,  de telles rumeurs ne sont pas rares. Trop différents du reste de la population, les roux sont accusés d'être les rejetons du Malin et de porter en eux la sorcellerie. Si un champ de culture avait le malheur de ne pas fructifier une année alors qu'une personne aux mèches enflammées était dans le coin, inutile de dire que les accusations volaient bon train et le procès pouvait être très rapide. Selon les médisants et autres peureux, les flammes de l'Enfer brûlaient ces enfants à leur naissance au point de colorer leurs cheveux.

Actuellement, seulement 1% de la population mondiale est rousse mais leurs membres sont toujours aussi stigmatisés bien que les mœurs aient soi-disant changées. Ils restent mal-considérés, parfois évités ou rejetés et les bruits les plus fous courent sur leurs comptes.

En plus de ses cheveux, la nommé Kaen a eu l'audace de naître avec un regard jaune doré et une peau bronzée. Il n'en faut pas plus pour que les vipères et les requins se déchaînent. De plus, sa malédiction n'a jamais pu plaider en sa faveur, bien au contraire. La puissance qu'elle porte pousse les extrémistes à croire à la filiation avec le maître des démons.

Les pluies de coups et d'insultes demeurent les tristes impératrices de sa jeune existence. La haine et le mépris se mêlent pour former l'effroyable, une vie de cauchemar au seul prétexte de sa différence. Très longtemps abattue par ces tortures,  seuls quelques rares sourires et chaudes reconnaissances lui ont permis de remonter la pente.

En ses souvenirs embués de douleurs, l'image d'une femme Malienne lui revient en mémoire. Arrivée au Mali pour un voyage humanitaire, la jeune fille a permis à tout un village de retrouver un confort décent avec entre autre la proximité d'un point d'eau et l'apport de l'électricité. Une femme n'avait cesse de la remercier en pleurant car son intervention a pu sauver son nourrisson d'une mort certaine dû au manque de peau et la malnutrition. Ayant remarqué les cicatrices de la demoiselle, elle lui a adressé un grand sourire en lui soufflant quelques mots dans sa langue que l'adolescente comprenait légèrement, suffisamment pour en comprendre le sens et le discours avait frappé son cœur.  

-Souriez...Ne laissez pas vos bourreaux remporter la victoire...Ils voulaient vous voir écroulée...Relevez vous et souriez, montrez qu'ils sont faibles devant votre sourire...


Le défilement de ses souvenirs ne lui prend qu'une minute, juste le temps que le garçon rattrape son livre avant de se présenter sous le nom de Von Snorri et parler de leur folie commune en des propos sensés. Extirpée de sa torpeur par sa voix, elle ne cesse de lui sourire avec joie et incline la tête devant lui pour le saluer avec respect. Sa voix aussi chantante que celle d'un oiseau résonne entre leurs deux poutres en une douce mélodie.

- Enchantée Von Snorri...Vous avez raison sur la folie : personnellement, je crois que la raison m'a déserté depuis longtemps. Concernant ma venue ici, vous avez un assez bon instinct. Je prépare un exposé concernant mon pays natal...enfin plus exactement, l'ordinateur travaille pour moi.  Il y a que là-haut que je suis tranquille sans que quelqu'un ne vienne jouer à "Qui sera le plus cruel ?" envers moi.


Un bref instant, une lueur de tristesse traverse les yeux d'or de la demoiselle lorsqu'elle évoque sa dernière phrase avec cette effroyable mention d'un jeu aux règles douloureuses. Tournant la tête vers sa droite, son regard tombe sur son ordinateur posé quelques mètres plus loin, ses touches s'activant toutes seules comme possédant leur vie propre et un diaporama se construit dans des effets visuels des plus impressionnants.

Si ses mots confirment bien qu'elle n'est pas originaire du pays du soleil levant, son physique atypique suffit déjà à attiser de larges doutes. Les hypothèses les plus folles ont été décrites sans qu'aucune n'arrive à frôler la vérité, ne serait-ce que du bout des doigts. Elle est si extravagante qu'elle en parait improbable mais il faut croire que les différences culturelles attirent sa famille comme un aimant surpuissant.

Ces excentricités familiales cumulées à son aspect hors-norme suffisent à déclencher la fureur et la xénophobie à l'état pur. Elle représente l'inconnu dans toute sa splendeur et certains ne le supportent pas. Sa naissance ne sera jamais pardonnée, elle a apporté des malheurs insoutenables. Sa malédiction effraye tant elle semble incontrôlable et sans limites.

Dans les lycées sans histoires, certaines adolescentes sont populaires pour leur beauté ou leurs habits à leur mode. Pour la nommée Kaen, oui les têtes se sont souvent tournées à son passage mais ce n'est certainement pas pour les mêmes raisons. Son charme physique a pu séduire quelques représentants de la gente masculine mais tous la fuyaient pour ses différences et ses mauvaises influences. Très rapidement, les langues se déliaient et crachaient du poison à tous les vents.

Sorcière, fille de Satan, étrangère, démone, combien de fois a t-elle entendu ces mots parmi tous ces flots d'insultes qu'elles recevaient quotidiennement. Inutile d'atteindre l'âge de l'adolescence pour vivre le harcèlement, elle l'a connu dès ses premiers jours de vie. Si elle n'en a aucun souvenir, ses parents lui ont avoués que dès qu'ils l'ont ramené chez eux, les regards de travers et les grimaces ont commencés. Sa naissance est une abomination en elle-même, impossible de lui pardonner.

- L’ordinateur travaille sans vous ? Cela est vraiment possible ? Je dois avouer que j’ai bien du mal avec la technologie. Mais de là à ce qu’elle s’active toute seule sans l’aide de quiconque. Ca me perturbe un peu. De plus, si cela n’est pas trop indiscret, puis-je vous demander d’où venez-vous ? Je vois votre peau mate. Je pense donc que vous veniez d’un pays chaud.

S'échappant de sa rêverie mémorielle, la nommée Kaen ne montre signe d'une quelconque tristesse sur son visage. Au contraire, elle ne cesse de sourire alors qu'en son fort intérieur, le passé fait rage dans une bataille des plus sanglantes contre sa volonté. Cette dernière refuse de rendre les armes et se bat farouchement, sans peur et avec mille audaces.

Intérieurement, elle lui est reconnaissante de lui proférer aucune interrogation quant à sa dernière phrase. Excepté ses proches, seules deux personnes connaissent parfaitement son histoire sans qu'elle n'ait eu à la raconter et qui voudrait se voir confier un tel poids d'horreur après seulement quelques minutes de rencontre ? Seuls le don d'une immense confiance et/ou éventuellement les sentiments amoureux pourrait l'inciter à se délivrer.  

Un sourire toujours éclatant sur le visage, elle se lève pour se déplacer rapidement sur les poutres à la manière d'un acrobate sans filet ou autre. Ses doigts délicats attrapent son ordinateur avant qu'elle ne revienne à sa place initiale en face du jeune homme. Les touches s'activent toutes seules dans un doux son sans que la demoiselle n'y esquisse le moindre geste et son diaporama fourmille d'effets et de mots accrocheurs.

Aussi évoluées que puissent être les techniques humaines, elles n'ont pas encore trouvé le moyen de faire fonctionner les diverses fonctions d'un ordinateur sans un minimum d'interventions. Pourtant, celui de la jeune fille semble être dotée d'une vie et d'une intelligence artificielle. Toujours aussi souriante, l'adolescente répond aux interrogations de son interlocuteur avec sa voix aussi douce que le chant d'un oiseau.

- Vous avez raison, la technologie n'est pas encore avancée pour être 100% autonome sans que l'être humain n'ait à intervenir d'une façon ou d'autre.  Même pour une simple télé, il faut appuyer sur la télécommande. Je suppose qu'en tant que résident de cette Académie, vous savez que tous les élèves ici sont spéciaux.


Une douce lueur entoure les doigts fins de la demoiselle et comme sortis de nul part, un écran holographique se matérialise devant le garçon et son diaporama s'active de plus belle. Les touches tapent à une vitesse folle et les mots s'alignent avec dextérité. À ses côtés, un lecteur MP3 et une téléphone portable flottent dans les airs, une douce musique s’élevant entre les deux jeunes gens et un message s'écrivant sans que les doigts ne frôlent le moindre de ces appareils. Les yeux dorés de la jeune fille s'illuminent de plus belle sans que son tendre sourire ne disparaisse.

-J'ignore quel nom lui donner mais j'ai le pouvoir de manipuler tout ce qui a été inventé par l'être humain. Aucun appareil ne m'échappe, qu'il soit à piles, à moteur, électrique ou autre.  Je maitrise la technologie dans son ensemble pour faire simple. Avec une telle magie, je n'ai pas besoin de toucher mes appareils pour qu'ils fonctionnent. Ils sont comme dotés d'une vie propre et c'est bizarre à dire mais je crois que...qu'ils seraient prêts à tout pour moi. C'est comme les animaux bénissant la nature sauf que là, ce sont divers appareils.


Une douce rougeur colore furtivement les joues de la magicienne et elle secoue doucement les doigts. Aussitôt, son lecteur de musique et son téléphone cessent leurs activités autonomes avant de disparaître tandis que son ordinateur opère une sauvegarde rapide avant d'en faire de même. Sa voix mélodieuse reprend de nouveau pour offrir des dernières explications.

-Quant à mes origines, vous avez partiellement raison. Si je vous disais la vérité, je ne suis pas certaine que vous me croirez tant elle est extravagante. Disons que je suis issue d'au moins sept cultures différentes, huit si ma présence ici au Japon est incluse, neuf en comptant mon mode de vie avant mon arrivée en cette école. Et encore, j'oublie mes quelques voyages humanitaires.  Je crois que ma famille est ce que nous nommons communément globetrotteuse.


Son sourire ne cesse de peindre son visage mat avec magnificence. Depuis sa naissance, sa différence inspire mépris, haine, fureur et violence au point de transformer sa vie en cauchemar. Sans ses proches l'ayant toujours soutenue et cette femme Malienne, jamais elle n'aurait eu le courage de redresser la tête et de sourire au monde après sa période de profond mal-être où les idées noires s'enchaînaient les unes après les autres. Tombée dans le dangereux gouffre de la perte de poids, sa maigreur avait attisé l'œil de cette africaine qui avait compris les souffrances de la demoiselles. Sans cherché à en connaître les raisons exactes, elle lui a adressé de simples mots mais ô combien réparateurs pour cette adolescente qui avait tout perdue et que son don effrayait tous ceux l'approchant.

Ses paroles énigmatiques attisent de plus belle le mystère de sa personne. Peu d'êtres peuvent fanfaronner d'un tel parcours culturel. En plus de son pays natal, il semblerait qu'elle porte en elle les différents modes de vie de diverses autres contrées.  

-N’est-ce pas dangereux pour une demoiselle comme vous de vous aventurer sur des poutres aussi hautes que celles-ci ?


La question de son interlocuteur lui arrache un énième sourire éclatant. Se levant avec grâce, elle laisse son corps mince prendre le dessus sur sa raison. Ses jambes la poussent aux cabrioles et aux acrobaties les plus osées. Se balançant d'abord de poutre en poutre tel un trapéziste, le vide en-dessous d'elle ne lui inspire aucune peur et elle n'hésite pas à s'y jeter pour se rattraper au bois et autres accroches. Sur un espace des plus exigües, elle a l'audace de s'aventurer à exécuter plusieurs roues à la suite sans perdre un seul instant son équilibre. Tordant et pliant délicieusement son corps, la douleur inexistante en ces exercices impossibles pour le commun des mortels, elle le contorsionne à la perfection avec en prime son sublime sourire contagieux sur le visage.

Durant des années, elle s'est entraînée quotidiennement pour maitriser le moindre de ses mouvements. Combien de fois est-elle tombée ? Combien de blessures a t-elles subies en plus de son harcèlement ? Sa détermination est toujours restée la plus puissante en dépit des possibles souffrances des arts du cirque.

Refusant de se reposer sur ses lauriers, elle continue de manipuler son corps tous les jours, cherchant encore à améliorer ses tours. Si autrefois, les contractions musculaires et les courbatures étaient légions, elle sait aujourd'hui les éviter et les surpasser. Bien sûr, elle s'accorde un droit de repos pour qu'elle puisse récupérer mais très vite, la danse et les contorsions reprendront le dessus.

Souvent vêtue de robes, elle a pris l'habitude d'enfiler un short sur ses jambes nues ou ses collants afin de pouvoir s'exercer sans risquer de compromettre son intimité si jamais une maladresse devait lui arriver. Ce genre d'habits lui permet de se mouvoir sans être gênée par leur présence comme pourrait le faire un pantalon serré ou un pull.

Le vertige semble inexistant de son vocabulaire tant elle affronte le vide avec hardiesse, bougeant sur des poutres étroites sans aucune difficultés alors que chacun de ses pas pourrait lui coûter la vie si jamais elle chutait. Pourtant consciente de ce danger, elle préfère lui faire face plutôt que de lui tourner le dos. Après tout, les artistes de cirque en font de même dans quasiment tous leurs numéros alors il est fort possible qu'elle finisse par l'oublier, transportée par les mouvements de son corps et par sa passion enivrante. Son affection pour ce genre d'activité se transmet à travers ses mots chantants et son sourire des plus éclatants.

- Pour beaucoup, ce genre d'aventures est à très haut risque effectivement du fait de la hauteur et du risque de chute sur des poutres aussi étroites. Néanmoins, avec des années d'entraînements c'est tout à fait possible et même une immense fierté au sein de mon milieu d'origine. J'ai travaillé dur pour arriver à ce résultat mais je ne nie pas que je me mets en danger à chaque instant. Néanmoins, l'adrénaline ressentie est plus forte que tout.


Ses yeux dorés repèrent presque immédiatement l'inquiétude ressentie par le garçon à son égard quant aux dangers qu'elles encourent et à la possible destruction de son corps du fait de ses entraînements intensifs.  Par ailleurs,  les propos de Von confirment son impression bien qu'il tente de dissimuler sa possible anxiété sous des compliments.

- Tant que cela vous plaît. Ce serait dommage de vous blesser au cours d’un spectacle aussi magnifique. Je n’ai pas beaucoup visionné de spectacle de cirque, mais je dois dire que c’est l’un de mes préférés. Vous semblez être une vraie experte de vos mouvements.


Un tendre rire aussi beau qu'un gazouillis d'enfant va cogner doucement les oreilles du jeune homme tandis que l'adolescente lui offre toujours son sublime sourire étirant son visage mat en un tableau enivrant.  S'étant sagement rassise, ses jambes dodelinant légèrement dans le vide, elle laisse sa voix mélodieuse échapper quelques mots.

-Je me suis blessée plus d'une fois, croyez-moi mais je connais les risques et je les accepte. Ils font partie de ma vie depuis ma naissance, j'ai toujours vécue dans ce milieu là alors je m'y suis habituée. C'est vrai que parfois mon corps a souffert mais ne vous inquiétez pas, je ne le détruit pas. Je suis hyperlaxe, c'est-à-dire que mes muscles, mes tendons et mes ligaments sont excessivement élastiques. Normalement, cette maladie provoque une fragilité du corps avec de possibles douleurs et blessures mais je fais partie des très rares cas où cette affection donne une souplesse anormalement développée au point que nous pouvons réaliser des contorsions impossibles pour les personnes dites "normales". Cette tare, en plus du reste, ne m'a jamais aidée à me faire accepter mais je n'ai pas le choix que de vivre avec cette maladie héréditaire.


Se rendant compte de son débit de paroles et de ses confidences peut-être inappropriées, une légère teinte rouge vient courir sur les joues bronzées de la demoiselle. Depuis quand en dit-elle autant à son sujet ? Elle n'a certainement pas l'habitude de se confier ainsi et surtout pas de dévoiler sa maladie aux inconnus. Peut-être est ce le doux regard de Von qui l'incite à agir ainsi malgré elle ? Les membres de sa communauté sont dotés de pouvoirs extraordinaires mais tout de même, de là à exercer une sorte de confiance la poussant à se révéler, elle en doute. Inclinant la tête en signe de respect, elle joint rapidement les mains pour montrer son pardon.

-Oh pardonnez-moi. J'en dis trop et je dois certainement vous ennuyer.


Si sa gêne est palpable par le doux rougissement de son visage à travers sa peau brunie, son sourire demeure éternellement éclatant telle l'incarnation de l'innocence même. Une certaine naïveté se peint en permanence dans ses yeux couleur de l'or et son âme est colorée d'une tendre candeur.  

Une rencontre atypique parmi les hauteurs pour deux êtres aux physiques opposés mais emplit d'une douceur sans égales et d'une générosité infinie.


Dernière édition par Kaen le Dim 10 Avr - 12:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Du soleil, quelques livres et une rencontre atypique (Privé)   Mer 6 Avr - 17:57



Du soleil, quelques livres et une rencontre atypique

Avec Kaen


Le temps passait lentement dans cet univers ainsi qu’à travers cette chaleur étouffante. Parfois, un courant d’air frais se frayait un chemin à travers cette bibliothèque peu peuplée. L’air paraissait étouffant et toute personne semblait émettre un râle de mécontentement. La chaleur environnante semblait les décontenancer, les laissant probablement mourir à petit feu selon eux. Cependant, les fenêtres étaient grandes ouvertes, laissant tout de même tout l’air possible se faire un chemin dans cet antre de savoir. L’idée de fraîcheur traversait l’esprit de bons nombres de personne sans que celle-ci ne se réalise de manière concrète.

Par ailleurs, cette pensée me traversa l’esprit de même. Un peu de fraîcheur ne me ferait qu’un grand bien. Mais je devais dire qu’entre la compagnie d’une demoiselle atypique et un bon verre d’eau fraîche. Je présume que mon choix était déjà fait depuis un bon moment. La demoiselle semblait bien plus intéressante qu’un simple liquide ; malgré le fait que celui-ci pouvait subsister à ma soif que de l ‘autre côté, la demoiselle aura bien du mal à me procurer un quelconque rafraîchissement dans l’état actuel des choses.

La chaleur semblait un stade que personne ne pouvait imaginer. Les tenues se mirent en adéquation avec la chaleur enivrante. Les pulls perdirent leurs manches et leurs épaisseurs, laissant place à de simple tee-shirt en toile voire parfois à des débardeurs. Les personnes les plus osées laisseraient apparaître sans gêne leurs peaux dénudées à la vue de tous. Les jambes couvertes autrefois, se virent aussi dénudées de la même manière. La peau exhibée ainsi qu’une certaine chaleur épargnée, les personnes semblaient ne plus se soucier de leurs propres physiques dans ces moments-là. Seul comptait le fait que la chaleur ne colle que peu à leurs peaux.

Quelque fois, les demoiselles préféraient se revêtir d’une robe ou d’une jupe, laissant la demoiselle libre de tous ces mouvements, superflus ou non. Les demoiselles voulaient montrer leurs tenues les plus inappropriées ou non dans ce genre de moment qui le permettait. Je me demandais jusqu’à où pouvait aller cette société. Je pouvais comprendre parfaitement que cette chaleur était insupportable, mais était-ce une raison pour se vêtir d’une manière aussi faible que celle-ci ? A vrai dire, chacun pouvait s’habiller comme il lui plaisait. Je ne me rabaisserais pas à cela, chaque personne est différente et a son propre jugement sur une tenue adéquate. Je ne devrais pas m’attarder sur ce genre de sujet si complexe.

Je pouvais admettre que certains ensembles attiraient mon œil d’une certaine, et que d’autres pouvaient me répugner dès les premiers instants. Mais j’appréciais grandement le fait que certaines demoiselles daignent se dévoiler sans trop non plus, juste pour le plaisir de se sentir bien dans sa peau durant une température aussi élevée.  La tenue de Kaen rentrait dans cette catégorie, sans trop en dévoiler, la demoiselle affichait une tenue qui semblait lui aller à ravir. Elle suivait simplement les lignes de ses courbes parfois généreuses. Pas que je paraisse pervers, j’observe simplement la demoiselle en son entier. Je ne vais pas oublier une partie simplement parce qu’elle porte à des sujets polémiques ?

De plus, ce n’était pas comme si mon regard était simplement scotché à cette partie même du corps de Kaen. J’avais tout de même une certaine pudeur à regarder cela. Mais je désirais malgré tout, observer la demoiselle dans son ensemble. Sans oublier ne serait-ce qu’un petit détail lors de cette première rencontre. J’ai souvent entendu dire que les premières rencontres sont marquantes dans tous les sens du terme. Certaines images peuvent rester à vie, notamment ces premières rencontres marquantes. Je ne prédis pas l’avenir, mais je ne verrais pas en quoi cette demoiselle et moi sommes en mauvais terme.

Une passion commune nous réunissait, celle du savoir. Pourquoi des personnes pourvues de la même passion du savoir devrait se faire une guerre sans merci avec pour simple raison : aucune ? Cela me semblait très peu probable. De plus, je ne pourrais garantir le fait que la demoiselle et ma personne seraient en une osmose naturelle pour une durée indéterminée.  Simplement, le physique d’une personne ou les paroles de celle-ci peuvent vous marquer. Il est aussi plus simple d’associer un nom à un visage ou à une morphologie particulière. Cela me permettra peut-être de ne pas oublier le prénom de Kaen si je la recroise un jour prochain.

Mon incompréhension face à cette technologie si poussée semblait amuser la demoiselle en face de moi. Il faut dire que rencontrer des personnes qui ne savent utiliser que très peu ces nouvelles technologies sont de plus en plus rares. De plus, cela ne me dérangeait pas qu’elle se moque de ma personne sur cela. Au moins, Kaen pourra m’apprendre de nouvelles choses que j’ignorais jusqu’à présent. Et je suis reconnaissant envers la demoiselle de m’offrir ce savoir supplémentaire. La base de ma venue dans cette bibliothèque ne sera donc pas inutile.

La demoiselle marcha adroitement sur les poutres, sans aucune difficulté apparente. Je pouvais la comparer à un félin vêtu de blanc. La demoiselle se mouvait sur les poutres avec une aisance qu’elle ferait des envieux auprès des funambulistes ou autres artistes nécessitant un équilibre hors norme. Elle prit en main, ce qu’il semblait être son propre ordinateur. Il était relativement petit. Cependant, il s’activait seul. La jeune fille ne touchait même pas son outil, qu’il semblait s’activer frénétiquement, comme doté d’une vie propre.

« Vous avez raison, la technologie n'est pas encore avancée pour être 100% autonome sans que l'être humain n'ait à intervenir d'une façon ou d'autre. Même pour une simple télé, il faut appuyer sur la télécommande. Je suppose qu'en tant que résident de cette Académie, vous savez que tous les élèves ici sont spéciaux. »

Elle me répondit par un sourire gracieux et de belles paroles. Le fait que des personnes dotées  de pouvoirs assez particuliers m’étaient sortis de l’esprit tout bonnement. J’étais probablement trop terre à terre dans ce genre de moment. Alors que ceci pouvait être tout à fait paradoxal, vu notre position aérienne. Kaen devait avoir une faculté avec les objets technologiques ou les ordinateurs tout simplement.  Elle devait être reliée à ceux-ci sans difficulté apparente.  De plus, je trouve cela bien dommage que la technologie ne soit pas aussi poussée que cela. Cela fait tout de même un bon moment qu’elle s’est engagée dans cette voie dangereuse. Cette voie qui permettrait à l’utilisateur de ne même plus guider son appareil à travers son corps, mais plutôt à travers sa propre pensée.

« J'ignore quel nom lui donner mais j'ai le pouvoir de manipuler tout ce qui a été inventé par l'être humain. Aucun appareil ne m'échappe, qu'il soit à piles, à moteur, électrique ou autre. Je maitrise la technologie dans son ensemble pour faire simple. Avec une telle magie, je n'ai pas besoin de toucher mes appareils pour qu'ils fonctionnent. Ils sont comme dotés d'une vie propre et c'est bizarre à dire mais je crois que...qu'ils seraient prêts à tout pour moi. C'est comme les animaux bénissant la nature sauf que là, ce sont divers appareils. »

Pour approuver ses paroles, la demoiselle entreprit de faire apparaître diverses objets, tel qu’un téléphone portable ainsi qu’un lecteur MP quelque chose. Une douce mélodie sortit de ce petit appareil me rendit quelque peu plus attentif qu’il y a quelques instants. Un air doux mais entraînant, sans complexité, mais entêtant.  Ses paroles me surprirent, mais je dois dire qu’il devait bien y avoir de tout dans cette école. De plus, son pouvoir ne semble pas vraiment agressif, malgré sa dernière phrase qui laisserait paraître le contraire en cas extrême.

L’analogie avec les animaux ne me plu que très peu, malgré le fait que l’idée soit bonne. Est-il vraiment possible qu’un objet qui ne possède aucune âme puisse se dévouer à un être sans une compréhension réelle de ce que cela engendre ? Cette idée est particulière et fascinante à la fois. Cela remet en question de nombreux faits acquis depuis un long moment.  Le son des touches ne cessait de s’activer dans nos oreilles, tandis qu’un exposé semblait se préparer sans hâte particulière. Cela paraissait bien pratique comme magie pour les férus de savoirs et qui désirent le partager à quiconque le veuille.  Mais je me questionne sur l’utilité même de cette magie. Elle ne semble pas offensive, voire même pas défensive. Je dirais plus comme quelque chose de passif. J’ai du mal à visualiser une situation où ce pouvoir semblerait bien utile..

« Quant à mes origines, vous avez partiellement raison. Si je vous disais la vérité, je ne suis pas certaine que vous me croirez tant elle est extravagante. Disons que je suis issue d'au moins sept cultures différentes, huit si ma présence ici au Japon est incluse, neuf en comptant mon mode de vie avant mon arrivée en cette école. Et encore, j'oublie mes quelques voyages humanitaires. Je crois que ma famille est ce que nous nommons communément globetrotteuse. »

Tout cela me semblait bien impressionnant pour une simple lycéenne. La demoiselle ne devait pas être une personne si ordinaire qu’il n’y parait. Et pourtant, rien ne semblait me sauter aux yeux pour me montrer à quel point la demoiselle n’est pas forcement ce qu’elle semble être. Je ne me résignerais pas à me renseigner sur la vie de cette jeune fille. Si Kaen n’a pas voulu m’en dire plus, sous prétexte que je ne la croirais pas, c’est qu’elle doit avoir, en effet, une bonne raison à cela. Cependant, cela m’étonne tout de même. La demoiselle ne veut pas me raconter réellement d’où elle provient. Par ailleurs, je fais partie de la catégorie vampirique, c’est déjà un fait assez extravagant..

Après tout, Kaen pouvait bien penser ce qu’il lui plaisait. Je n’allais pas la déranger plus que cela sur son passé. Je fus surpris quand elle fit disparaître tous ces objets en un clin d’œil. Kaen semblait maîtriser à la perfection son pouvoir pour pouvoir faire apparaître et disparaître à volonté ; ou pas, ce type d’objets technologiques. De plus, d’après ces origines nommées, la demoiselle semblait ne pas être ordinaire et semblait avoir vécu de nombreuses choses au cour de sa vie. Pourtant, elle ne me semble pas plus vieille que ma personne. Cependant, l’apparence peut être parfois trompeuse, je ne peux donc pas m’attarder sur cela.

« Je ne savais pas qu’il était possible de voyagé autant en si peu de temps. Ne le prenais pas mal, mais à première vue. Vous me semblez plus jeune que ma personne. Pourtant, je ne suis pas bien mieux malgré ma.. spécialité. »

Je me doutais bien que la demoiselle avait remarqué mon côté vampire. Premièrement, à travers le simple fait de mes pupilles rouges. Deuxièmement, ma présence assez particulière ainsi que mon exposition que très faible au soleil. Dernièrement, le regard de la demoiselle s’était inscrit sur ma personne lors de la faible chute de mon livre. Seul très peu de personnes sont capables d’un tel exploit. Et c’est avec certitude que je puisse dire que Kaen m’a vu réaliser celui-ci. Cela ne me dérange nullement. Au contraire, je n’aurais pas la nécessité de devoir lui expliquer calmement que je ne suis qu’un sale suceur de sang selon la société de nos jours.  J’essayerai de lui faire changer d’avis si son jugement se rapprochait de ce sale stéréotype.

Cependant, je doutais que Kaen pense cela des êtres vampiriques. Je suppose que la demoiselle se serait enfuie ou ne se serait pas livré à moi d’une telle sorte si j’avais une quelconque dangerosité. Apparemment, je semblais inoffensif et cela m’arrangeait bien. Se justifier autant pouvait marquer un manque de confiance en soi croissant. De plus, je suppose que je ne fasse pas parti de cette catégorie, au moins, aux yeux d’une personne qui me semble agréable. Mais après tout, chacun a son propre jugement sur chaque chose. Kaen dit bien avoir le sien sur ma propre personne, que ces pensées lui plaisent ou non.

Une série de cabrioles en plus, ainsi que quelques paroles qui voulaient être rassurantes mais ne l’étant que bien moindres, la demoiselle semblait me fixer dans les yeux. Elle devait comprendre à travers mon regard que je trouvais tout cela bien dangereux, et que la souffrance corporelle pour arriver à un tel résultat a dû être extrême pendant une longue période. Je n’éprouve pas de pitié envers la demoiselle, simplement une compassion particulière. Kaen s’était éprise d’une passion extravertie, et elle en a payé les conséquences pour être fier de son art. En soi, je n’avais rien à la blâmer. Il est même plutôt incroyable qu’elle soit si heureuse et épanouie de continuer ces acrobaties avec finesse.

Cependant, si mon regard se penchait sur son corps quelques instants supplémentaires. Je pouvais observer sa maigreur assez anormale. Elle semblait légèrement plus mince que la normale. Mon regard se posait au niveau de ses côtes, pour observer le tracé de celui-ci le long de son corps. Mon affirmation sur ses longs entraînements douloureux devaient s’avérer être vraie. Je ne savais pas si cette maigreur était alarmante aux yeux du monde entier, même si quelques suppositions se formaient au creux de mon esprit. Je ne pouvais donc pas la juger sur son mode de fonctionnement. Ce n’est pas à un inconnu que l’on confie sa vie de la sorte.

Par ailleurs, Kaen ne semblait pas le moins du monde éprouver une douleur au cours de sa finesse sans égale. Tout semblait être dans les gestes, calculés depuis bien longtemps pour se courber ou se former d’une telle manière. La demoiselle était maîtresse de son corps et elle l’employait simplement sans efforts particuliers. Cela en devenait même remarquable avec une telle rapidité et efficacité Kaen était capable de reproduire les mouvements qui lui plaisaient entièrement. Je demande bien de quoi je suis capable. Le simple fait de marcher sur ces poutres sans difficulté, me procure un certain plaisir. Je me demande bien alors ce que pourrait donner ces cabrioles impressionnantes.

« Je me suis blessée plus d'une fois, croyez-moi mais je connais les risques et je les accepte. Ils font partie de ma vie depuis ma naissance, j'ai toujours vécue dans ce milieu là alors je m'y suis habituée. C'est vrai que parfois mon corps a souffert mais ne vous inquiétez pas, je ne le détruit pas. Je suis hyperlaxe, c'est-à-dire que mes muscles, mes tendons et mes ligaments sont excessivement élastiques. Normalement, cette maladie provoque une fragilité du corps avec de possibles douleurs et blessures mais je fais partie des très rares cas où cette affection donne une souplesse anormalement développée au point que nous pouvons réaliser des contorsions impossibles pour les personnes dites "normales". Cette tare, en plus du reste, ne m'a jamais aidée à me faire accepter mais je n'ai pas le choix que de vivre avec cette maladie héréditaire. »

Les révélations paraissaient importantes, malgré le ton aussi gassouillant que celui d’un jeune oiseau. Les joues de la demoiselle se tintèrent malgré tout d’une jolie teinte rouge. Je ne la connaissais pas encore, mais je doutais qu’elle raconte cette maladie à quiconque. J’ai bien dû mal à me livrer concernant ma douce amie, tant les questionnements sans réponses occupent mon esprit à ce moment-là. Probablement que Kaen voit une certaine confiance à travers mes prunelles et qu’elle devine mon caractère compréhensif, voire protecteur ? Un fin sourire se dessinait sur mes lèvres face à la gêne de la jeune fille.

Ses mains se joignirent, tandis que sa tête se baissait rapidement. Il me semble que ces signes sont particuliers au rituel japonais. Il était agréable de voir que certaines manières pouvaient rester selon les individus, trahissant leurs derniers voyages dans des contrés éloignées. Malgré tout cela, la demoiselle n’en était que plus ravissante, alors que son sourire semblait toujours présent, qu’importe la situation. Mon esprit supposait que la demoiselle avait dû traverser des moments bien difficiles pour se mettre à sourire autant dès maintenant. La souffrance intérieure la force à sourire en extérieur pour ne pas attiser la pitié d’une personne incommode. C’est courageux.

« Oh pardonnez-moi. J'en dis trop et je dois certainement vous ennuyer. »

L’idée me fit doucement rire. La société actuelle préférait largement parler et se faire écouter. La plupart des personnes se trouvaient dans la première catégorie. Tandis que le peu de personnes qui restent se retrouvent dans la deuxième. Personnellement, j’apprécie plus le fait d’écouter une personne que de devoir parler de ma propre vie ou de mes propres jugements. Kaen avait tant à raconter que son débit de parole était relativement important. Et cela ne me dérangeait pas d’être cette personne qui l’écoute, sans porter de jugement péjoratif. Juste l’écouter, et s’il le faut ou qu’elle le demande, la conseiller.

« Oh, mais ne vous inquiétez pas pour cela. Je suis flatté que vous vous confiez quelque peu à moi. Et cela ne m’ennuie pas. J’apprécie écouter les gens, ainsi que connaitre leurs parcours jusque-là. J’ai plus peur de vous ennuyez à ne pas beaucoup parler. On me catégorise plus comme étant timide que très social. Et puis, je pense être bien moins intéressant qu’une « globe-trotteuse » comme vous. »

Je ne savais combien de temps s’était écoulé depuis nos premiers débits de paroles. Le temps ne semblait rien indiqué sur l’heure actuelle. La chaleur était simplement toujours aussi étouffante ainsi que la lumière produite qui paraissait, parfois, aveuglante.

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MessageSujet: Re: Du soleil, quelques livres et une rencontre atypique (Privé)   Dim 10 Avr - 12:17

Du soleil, quelques livres

et une rencontre atypique



Von Snorri et Kaen




Les minutes s'égrainent lentement, les aiguilles de l'horloge ne paraissent pas vouloir bouger d'un iota tant elles sont plongées dans une sublime torpeur, comme elles-mêmes touchées par cette écrasante canicule. Magnifiquement cruel, le soleil laisse ses rayons pénétrer en cet antre du savoir pour foudroyer quelques innocentes victimes, mortifiées par cette chaleur semblant insoutenable. Le thermomètre interne souffre le martyr et le résultat affiché affole de plus belle ceux dont les regards sont assez courageux pour oser affronter la terrible réalité avant que leurs propriétaires ne désespèrent sous le poids du chiffre indiqué.

Le ciel semble vouloir tomber sur leurs pauvres têtes accablées tant l'atmosphère est lourde. Les gorges assoiffées ne sont jamais satisfaites, à peine une goutte de liquide précieux retiré de leurs lèvres qu'elles en réclament d'autres. Les fenêtres grandes ouvertes laissent passer une douce fraicheur mais rien ne sera assez puissant pour contrer les rayons de l'astre solaire aux penchants sadiques.  Un sourire malveillant sur son visage éclatant mais invisible, il déverse sa force avec une joie immense à l'idée de torturer ces représentants de la race humaine, celle qui détruit la nature et la beauté sans aucun scrupule au nom de quelques liasses de papier.

Pourtant, la canicule parait épargner deux personnes perchées à plusieurs mètres de hauteur. Installés sur des poutres étroites, le garçon et la demoiselle sont l'objet d'une rencontre atypique mais bien plus agréable que l'immense majorité que l'adolescente a pu faire au cours de sa jeune existence.  Leurs corps ne réclament pas d'eau comme dotés d'une résistance exceptionnelle. Avec sa peau bronzée, la lycéenne rousse a de grands chances d'être originaires d'une chaude contrée où le soleil daigne se montrer quotidiennement si bien que ce dernier ne peut l'atteindre aussi facilement. Quant à son interlocuteur, sa pâleur et son désir des hauteurs semblent montrer un désir d'isolement, comme pour échapper à une puissance dont il ne pourrait se dépêtrer.

Les rouages des pensées de l'étrangère aux yeux dorés s'active à une vitesse effroyable. Son regard perçant détecte rapidement le moindre signe avant-coureur d'une soif insoutenable.  Ses pupilles se baissent sur le spectacle de détresse se jouant plus bas.  Les habits jouent les rebelles, refusant de se coller une seconde de plus à leurs propriétaires en cette journée de canicule.  Les plus timides se contentent de remontrer leurs manches ou quelques centimètres de leurs pantalons mais ceux dotés d'une effroyable audace laissent entrevoir quelques monceaux de peaux. Les garçons ne sont pas assez impolis pour oser se mettre torse nu dans un endroit public et comme de bien entendu, les filles en font de même en gardant leur tee-shirt ou débardeur.  Seuls les bras et les jambes, et encore pas forcément dans leur ensemble, sont montrés et donnés en sacrifice au compagnon de la lune.

S'ils le pouvaient, certains de ces jeunes gens se seraient carrément déshabillés en public tant ils sont accablés par la canicule. Les quelques filles en robe ou en jupe paraissent vouloir tout remonter tant elles en souffrent alors que certains hommes n'attendent que cela, à la limite d'avoir leurs doigts sur le bouton d'activation de leur téléphone pour ne rien rater de l'évènement. Souvent courtes et osées en plus de ne pas rendre justice à leur morphologie,  les tenues des filles ne sont pas un modèle de charme. Les garçons ne sont guères mieux avec leurs pantalons remontés à l'extrême, leurs tee-shirt sans manches trop moulants ou leurs chemises limite trempées par la transpiration.

Comme de concert avec le soleil et résistante à sa chaleur à sa chaleur impitoyable, la jeune fille s'est vêtue de façon fort adéquate sans avoir à tomber dans le vulgaire. Sa robe couleur de neige lui arrive sous les genoux et le tissu épouse à la perfection ses formes généreuses sans trop en dévoiler non plus. Son décolleté n'est pas profond mais laisse deviner une poitrine bien formée tandis que le tout souligne sa taille de guêpe et ses jambes fines.  La matière semble suffisamment fine pour la protéger de la canicule sans trop en montrer non plus.  Sa peau brunie et ses yeux d'or complètent l'ensemble en compagnie de ses longs cheveux flamboyants. Des origines étrangères au pays du soleil levant se détachent sans aucun doute de ce physique hors-norme.

Les yeux sanguins du jeune homme détaillent l'adolescente sans avoir l'audace de ne s'aventurer sur une seule partie dans un effroyable désir de perversion. Ils semblent vouloir enregistrer le moindre détail, même infime. Tandis qu'il se livre à son inspection visuelle, son interlocutrice en fait de même avec une vitesse effarante. En un instant, sa mémoire retient son regard rouge éclatant, sa peau pâle, ses mèches aussi sombre que ses habits et sa morphologie fine semblant taillée pour la vitesse et l'agilité.

Si à peine quelques minutes les séparent depuis le début de leur rencontre, l'adolescente peut déjà deviner certains faits de sa personne. Son physique à la fois pâle et sombre accompagné de ses réflexes instantanés à la vitesse surhumaine ne laissent planer aucun doute quant à son identité.

Pour bien connaître l'une des races pouvant correspondre à ce genre de descriptions, elle en déduit qu'il n'en fait pas partie au vu de son aura. Un fond humain s'y conserve dans une infime parcelle alors que les premiers êtres auxquels elle a pensé n'en possède aucune.

La demoiselle ignore comment cette situation pourrait évoluer mais elle est certaine d'une chose. Elle associera à tout jamais le nom de Von Snorri avec ce visage blanc et ce regard de lave. Elle est bien incapable d'oublier une telle personne et elle conserve, souvent malgré elle, précieusement ses souvenirs. Sa mémoire est suffisamment puissante pour retenir d'innombrables évènements et la plupart sont terriblement douloureux, le bonheur semble vouloir s'effacer petit à petit.

L'incompréhension du jeune homme face la prouesse technologique dont elle est capable déclenche un nouveau sourire amusé sur les lèvres de la jeune fille. Il est bien normal de ne pas posséder des connaissances poussées sur tous les sujets, elle pourrait parier sa vie qu'il peut lui en apprendre bien plus sur divers domaines où elle peut subir quelques lacunes. De plus, autant profiter du fait de se trouver dans une bibliothèque pour approfondir sa culture par le biais des livres ou des autres.

Se levant rapidement, l'adolescente marche gracieusement sur les poutres sans éprouver la moindre difficulté ou idée de vertige.  Le fin tissu blanc de sa robe reste sagement à sa place malgré ses mouvements aériens. Seuls les funambules, les spécialistes de la marche sur un fil ou une corde, les équilibristes et autres passionnés d'escalade pourraient se permettre ce genre de jeux dangereux.  Du sang artistique semble couler dans les veines de la rousse si bien qu'elle avance sur ces poutres comme s'il s'agissait tout à fait plat et banal.

Attrapant son ordinateur portable à l'écran de taille relativement moyenne, elle le rapporte auprès de ses interlocuteur. Ses doigts ne bougent pas et pourtant les touches s'activent frénétiquement comme possédés par une vie propre et d'une conscience les incitant à se démener comme de beaux diables. Un diaporama se construit avec les mots et les effets s'enchaînant les uns à la suite des autres sans que la demoiselle ne vienne frôler quoi que ce soit.  Sa voix douce vient apporter un léger plateau en guise d'apéritif d'explications.

-Vous avez raison, la technologie n'est pas encore avancée pour être 100% autonome sans que l'être humain n'ait à intervenir d'une façon ou d'autre. Même pour une simple télé, il faut appuyer sur la télécommande. Je suppose qu'en tant que résident de cette Académie, vous savez que tous les élèves ici sont spéciaux.

Au vu de l'infime surprise traversant durant une seconde les yeux du garçon, la demoiselle devine que pendant un moment, son esprit lui a fait occulter la présence de jeunes gens hors-normes vivant au sein de cette étrange école. Tous dotés de dons spécifiques ou de diverses malédictions, ils sont les porteurs de l'irrationnel et de l'impossible pour les âmes fermées.  Inhumains pour les plus gentils, des monstres pour qui cette prétendue anormalité est terrifiante, magiciens ou sauveurs pour les cœurs purs, tous les surnoms peuvent leur convenir en fonction de leur passé et personnalité.

Avec les premiers propos de la jeune fille, son interlocuteur peut laisser ses méninges lui ouvrir un premier passage vers la voie de la vérité. Les objets technologiques semblent être sous son contrôle absolu et tous sont liés à son esprit au point que ce n'est plus son corps qui office les mouvements et diverses fonctionnalités mais bien ses propres pensées.

- J'ignore quel nom lui donner mais j'ai le pouvoir de manipuler tout ce qui a été inventé par l'être humain. Aucun appareil ne m'échappe, qu'il soit à piles, à moteur, électrique ou autre. Je maitrise la technologie dans son ensemble pour faire simple. Avec une telle magie, je n'ai pas besoin de toucher mes appareils pour qu'ils fonctionnent. Ils sont comme dotés d'une vie propre et c'est bizarre à dire mais je crois que...qu'ils seraient prêts à tout pour moi. C'est comme les animaux bénissant la nature sauf que là, ce sont divers appareils.


Le repas explicatif se poursuit avec des hors d'œuvre parfois un peu ardus à avaler tant ils sont effroyables. Les premières déductions de l'adolescent sont au plus justes avec cette idée de la manipulation des objets inventés par l'homme,  peu importe comment ils travaillent.  Le seul fait de la naissance de la magicienne rousse les ont tous dotés d'une existence propre. Si elle en éprouve la volonté,  ils sont capables d'une autonomie totale et de pousser leurs limites au-delà des frontières de l'impossible humain.  

Fortement liée aux objets sur lesquels elle exerce une influence, la nommée Kaen a réellement l'impression qu'ils sont vivants et dotés d'une conscience des plus déterminés au point de tout faire pour la satisfaire. Elle est l'investigatrice de leurs vies et de leurs âmes, elle ne les réduit pas à l'inactivité et à l'immobilité mais les monte au statut d'êtres-vivants au même titre que les humains, les animaux et les végétaux. Cette pensée peut paraître exagérée pour tous les autres mais elle se sent en telle connexion avec ces divers appareils qu'elle est certaine que s'il ne leur manque que la parole, elle se sent pleinement aimée pour la première fois depuis bien des années. Il semblerait qu'ils la comprennent et la soutiennent en toutes circonstances. S'ils lui ont parfois portés malheur à cause des esprits étriqués de certains hommes, elle ne peut renier leur utilité. Aussi offensif que défensif, ce pouvoir lui permet d'offrir une vie plus décente aux gens dans le besoin, d'améliorer un quotidien difficile ou de booster des performances jusqu'à percer le ciel de l'impossible.

Des plus dangereux, avec la possibilité de s'assoir sur le monde en manipulant tous les ordinateurs et en déverrouillant toutes les bases secrètes ou bombes de la planète, ce pouvoir pourrait être terriblement agressif si sa propriétaire avait un caractère qui correspond avec cette idée.

Il faut croire que l'entité distribuant les divers dons magiques ne donne que ce chacun mérite. Un don aussi puissant ne pouvait être offert qu'à des mains douces et pacifiques. Imaginez un malfrat ou un tyran avec un tel talent, la population entière serait sous sa dictature.

L'incompréhension et la réflexion se lisent sur le visage du jeune homme et le regard affuté de la demoiselle arrive à déchiffrer son expression bien qu'elle disparaisse en moins d'une seconde. Secouant les doigts, un téléphone et un lecteur MP3 se matérialisent dans l'atmosphère comme venus de nulle part.  Une tendre musique s'échappe du deuxième appareil sans que la demoiselle y touche et pendant un instant, le garçon est comme happé par ces sons au point d'en être presque obnubilé. Seule la douce voix chantante de l'adolescente le fait sortir de sa torpeur.

-  Je vous prie de me pardonner si je me trompe mais...vous semblez sceptique sur les possibilités de mon pouvoir. Bien sûr, il peut me servir à me simplifier la tâche comme sur l'ordinateur, le téléphone, les appareils de cuisine etc mais pas seulement. Songez à ce que je pourrais détruire ou construire avec une telle magie. Tous les secrets des états sont cachés dans de puissantes bases de données et autres que je pourrais détourner, je suis également capable de déverrouiller des codes et des bombes si j'en avais le désir. Mes capacités pourraient attiser l'envie de tous les puissants et corrompus mégalomanes. J'ai déjà apporté le malheur malgré moi...Au fond, ce n'est pas si étonnant que certains aient voulu attenter à mes jours.


Si son sourire éclatant ne disparait jamais, une brève lueur de tristesse traverse son regard couleur de l'or l'espace d'un instant. Son ton est toujours aussi gazouillant mais un fond de mélancolie et de regrets y subsistent. Sa dernière phrase a été murmurée comme pour ne jamais être entendue, à croire qu'elle s'adressait à elle-même en ayant oublié pendant une seconde la présence du garçon.
Sa vie entière est tournée sur les coups et les insultes qu'elle n'a que trop subis au simple prétexte d'être différente, trop aux yeux des autres. Son physique, son don, sa maladie et ses divers modes de vie n'ont jamais été offerts en pardon mais reçus comme un sacrilège, une punition infligée par un blasphème. Sa famille paye le prix que d'avoir éprouvé le désir de connaître les autres cultures au fil des générations.

Toutes ces  horreurs ne méritent que les bras squelettiques de la Mort pour les plus jaloux ou haineux. Certains sont tant frappés par la folie que quelques uns ont tenté de lui infliger mille souffrances dans l'espoir de récupérer ses formidables capacités sans jamais y parvenir, vaincus par cette même magie qu'ils rêvaient de s'approprier avec malveillance.  Les plus prudents ont voulu la corrompre jamais réussir à déséquilibrer la parfaite harmonie pacifique de son cœur.

Elle n'est pas encore majeure et pourtant elle a l'impression d'avoir vécu plusieurs vies en seulement quelques années tant elle cumule mauvaises expériences et infinies douleurs. Le bonheur semble l'avoir occulté dès le jour de sa naissance. Sans les mots encourageants et emplit de bonté d'une femme malienne, jamais elle n'aurait eu le courage de se relever à ce point. Elle ne nie pas qu'elle puisse avoir des moments de faiblesse mais face à ses bourreaux, elle espère arriver à garder la tête haute sinon elle leur donnerait la victoire, à tous ces êtres s'étant acharnés à détruire sa vie.

Sa voix aussi gazouillante que le chant d'un oiseau résonne à nouveau pour se lancer dans un nouveau mystère des plus intrigants.

-Quant à mes origines, vous avez partiellement raison. Si je vous disais la vérité, je ne suis pas certaine que vous me croirez tant elle est extravagante. Disons que je suis issue d'au moins sept cultures différentes, huit si ma présence ici au Japon est incluse, neuf en comptant mon mode de vie avant mon arrivée en cette école. Et encore, j'oublie mes quelques voyages humanitaires. Je crois que ma famille est ce que nous nommons communément globetrotteuse.


Pour l'avoir expérimenté dans le passé, elle ne sait que trop bien comment est ce que la plupart des gens réagissent à une telle vérité. Certains auront l'air impressionné mais le désir de fuir la demoiselle demeurera toujours présent, des fois qu'elle pourrait les "contaminer" à leur tour avec son idée de globe-trotter à la découverte du monde.  Les autres n'hésitaient pas à lui jeter leur mépris au visage. Quelle idée ont eu ses proches que de se mélanger avec des étrangers, ceux qu'on ne connait pas au fond ? Pour les derniers, il s'agissait d'une trahison, les différentes "races" ne pouvant décemment se reproduire.

Si en plus ils apprenaient son mode de vie, ils en rajoutaient dans le dégoût et les grands gestes désapprobateurs.  Leur expression hautaine trahissait un forte impression de supériorité écrasante face à cette artiste à l'existence décalée. Pour eux, les enfants de ce milieu ne vont jamais à l'école et n'acquièrent aucune connaissance. Considérés comme peu intelligents, les concernés peinent à faire entendre leurs voix dans ce monde discriminant où chaque différence est passée au crible.  Personne ne peut imaginer qu'ils puissent être aussi, voire plus, doués intellectuellement que le reste de la population.

Ayant deviné la nature de son interlocuteur, l'adolescente doute que ce dernier ait le culot de la rabaisser si jamais elle devait tout lui avouer. Avec son don, il a dû découvrir bien des choses et son esprit est sans doute plus ouvert que la plupart des êtres humains aux âmes renfermées. Néanmoins, elle n'ignore pas que son existence suscite bien des réactions, entre l'incrédulité et l'envie de crier à la plaisanterie pour les plus gentils.

Ses doigts remuent légèrement et les deux objets technologiques disparaissent aussi vite qu'ils sont venus. La musique du mp3 cesse de résonner entre eux deux, réussissant l'exploit de faire sortir le garçon de sa brève rêvasserie avant de prendre la parole avec un certain étonnement.

-  Je ne savais pas qu’il était possible de voyager autant en si peu de temps. Ne le prenez pas mal, mais à première vue, vous me semblez plus jeune que ma personne. Pourtant, je ne suis pas bien mieux malgré ma.. spécialité.


Les remarques du jeune homme dessinent un large sourire sur les lèvres rosées de la magicienne rousse. Ses yeux dorés brillent d'un éclat mystérieux tandis qu'un rictus énigmatique traverse son visage l'espace d'une seconde. Avec ses yeux de sang, sa peau pâle et son désir ardent de s'installer à l'ombre sont des indices suffisamment puissants pour que son esprit puisse lui souffler la nature exacte de son correspondant.

De plus, ses nombreuses années d'entraînement quotidiens et sa vie au soleil lui ont donné une formidable acuité visuelle au point d'avoir un regard perçant. Si très peu de personnes en sont capables, elle a réussi à repérer l'extraordinaire vitesse des réflexes du garçon. En à peine une demi-seconde, il a manqué de faire chuter son livre avant de le rattraper avec une vivacité surhumaine. À sa connaissance, seules deux races sont aptes à réaliser un tel exploit avec tous les êtres démoniaques et les dits vampiriques.

Pour connaître une représentante de la première catégorie, elle devine que le garçon fait partie de la seconde communauté. Malgré toutes les horribles légendes racontées à leurs sujets, elle n'esquisse aucun geste de crainte ou autres. Peut-ils sont-ils buveurs de sang en effet puisqu'il s'agit pour eux d'une survie nécessaire mais ce fait ne signifie pas pour autant qu'ils sont tous malveillants. La preuve, s'il l'avait voulu, Von Snorri aurait pu l'attaquer tout de suite et l'acculer dans un coin discret du plafond pour lui voler un peu de vie. De plus, elle refuse de se comporter comme ses bourreaux en n'accordant aucune chance à ceux qui sont différents. Certains pourraient considérer ce trait de caractère comme de la naïveté mais la jeune fille pense que la gentillesse est préférable face à tout ce qu'elle a subi du seul fait d'être née.

Elle refuse de plonger dans les stéréotypes comme quoi, tous les êtres de cette nature sont malveillants ou gentil. C'est tellement facile de mettre tout le monde dans le même panier sans chercher à réfléchir. Après tout, les autres "races" sont comme les humains, chacun possède son propre caractère et son histoire. Il peut y exister autant de bienveillants que de cruels. Après toute une existence de souffrance et de rejet, la demoiselle refuse de juger négativement au premier regard au prétexte que telle ou telle personne serait différente.

Sa voix douce apporte des brides d'éclaircissements dans un sourire aussi beau que l'innocence d'un enfant, ses mots ne pouvant résonner qu'entre eux deux dans un désir d'isolement total.

-Je crois avoir deviné qui vous êtes en effet...Pour les voyages, je vous dois une explication. Je vis seule depuis mes douze ans environ et mon pouvoir m'a permis de faire de l'humanitaire tout en bénéficiant d'une scolarité en autodidacte. Autrement, en comptant mes parents, mes deux couples de grands-parents et moi-même, je totalise sept pays différents et j'ai pu parfois visiter quelques coins durant mes vacances. Nous n'étions guère riches mais ma famille faisait tout pour que je profite de cette diversité culturelle.  Il faut croire que c'est devenue une tradition chez moi que de s'unir avec une personne étrangère et d'avoir des enfants dans une autre contrée.  


Ainsi se lève une partie du voile mystérieux entourant la vie de l'adolescente aux cheveux de flamme. De par sa naissance et ses proches, elle a pu bénéficier d'une dizaine de cultures au cours des années sans oublier les quelques voyages humanitaires qu'elle a pu effectuer.  Sans doute douée pour les langues, son esprit devait être rempli de mille traditions et connaissances sur les pays d'où sont originaires tous les membres de sa famille.

La voix du jeune homme traverse ses pensées en une question innocente sur sa capacité à grimper sur de telles poutres en dépit d'une dangerosité extrême.  Pour mieux justifier sa présence en ces hauteurs effroyables, la magicienne de la technologie laisse son corps partir à la dérive. Se pliant et se contorsionnant à volonté, les muscles et les os semblent presque inexistants tant elle est dotée d'une souplesse sans égales.

Suite à sa démonstration, sa voix gazouillante tente d'apporter des explications à sa prise de risque comme quoi l'adrénaline ressentie est plus forte que le danger. De plus, pour avoir vécu dans ce milieu artistique, l'entraînement lui permet de ne plus éprouver de douleurs. Elle n'avait aucun talent particulier pour ce domaine et seule une spécificité hors-norme lui a permis de passer outre la règle du don naturel.  

Lorsque son corps se contorsionne dans des positions extravagantes, sa robe blanche accroche admirablement ses formes et son short blanc lui permet de s'exercer sans avoir à subir la gêne d'un dévoilement involontaire de son intimité.  Pourtant, malgré ses habits prévoyants, un souci se montre sous la force de ses mouvements. De haute taille pour une demoiselle, son poids ne parait pas avoir suivi une courbe linéaire des plus parfaites. Quelques cotes sont saillantes selon sa manière de tenir son corps dans une maigreur supposée. Sans doute plus mince que ne le voudraient les dictats des médecins, la demoiselle ne semble pas en souffrir.

De son propre aveu, elle vit seule depuis l’âge de douze ans, peut-être n’a-t-elle pas pu manger à sa faim tous les jours ou préférait-elle se sacrifier pour le bien d’enfants affamés et des victimes des catastrophes naturelles auxquelles elle a porté secours. Devant tant de détresse humaine et d’aide à apporter, remplir son ventre n’a jamais été sa priorité. Ses exercices physiques ne sont pas la cause principale de cette perte de poids mais au final, sa santé reste très bonne alors les quelques docteurs ayant pu l’observer ont cessé de s’inquiéter.  Quelle importance si elle est plus mince que la moyenne si elle s’en porte bien ?

Ayant vécu dans un milieu où l’art du spectacle est de mise,  l’entraînement fait partie de son quotidien et la pratique d’un tel sport lui permet de se maintenir en forme.  Chaque geste est calculé avec une redoutable efficacité. Ses muscles se courbent et se laissent mouvoir sans en retirer une quelconque souffrance. Ses mouvements rapides sont maîtrisés à la perfection et la peur du danger ne peut exister dans ses yeux couleur de l’or. Dire qu’il lui a fallu une tare pour pouvoir atteindre un tel niveau, c’est d’un pathétique effroyable.

La complimentant sur ses prouesses physiques tout en exprimant une certaine inquiétude dans son regard sanguin, le garçon semble être doté d’une compassion infinie que malheureusement trop peu d’êtres sont capables de ressentir à ce point. Son sourire contagieux continue d’éclairer son visage bronzé tandis qu’elle se lance dans un flot de mot que même son esprit ne semble maîtriser.

- Je me suis blessée plus d'une fois, croyez-moi mais je connais les risques et je les accepte. Ils font partie de ma vie depuis ma naissance, j'ai toujours vécue dans ce milieu là alors je m'y suis habituée. C'est vrai que parfois mon corps a souffert mais ne vous inquiétez pas, je ne le détruis pas. Je suis hyperlaxe, c'est-à-dire que mes muscles, mes tendons et mes ligaments sont excessivement élastiques. Normalement, cette maladie provoque une fragilité du corps avec de possibles douleurs et blessures mais je fais partie des très rares cas où cette affection donne une souplesse anormalement développée au point que nous pouvons réaliser des contorsions impossibles pour les personnes dites "normales". Cette tare, en plus du reste, ne m'a jamais aidée à me faire accepter mais je n'ai pas le choix que de vivre avec cette maladie héréditaire.

Sans qu’elle ne puisse contrôler la cascade de son discours, les révélations s’échappent dans un soulagement que seul son inconscient peut ressentir. Lorsqu’elle saisit l’importance des termes employés, les joues de l’adolescente se teintent d’un rouge criard, prenant limite le dessus sur sa peau brunie par le soleil.

Depuis quand elle révélait sa maladie au premier venu ? Elle ne veut pas dire que Von est n’importe qui mais tout de même. Jusqu’à présents, seuls ses proches, sa protectrice et le directeur étaient au courant de cette étrange pathologie. Sa famille l’a appris très tôt, tout comme elle, alors que pour les deux derniers, elle n’a pas eu à le leur avouer. Ils sont suffisamment puissants pour le lire en elle et tout connaître de sa personne sans qu’elle n’ait à ouvrir la bouche. Tous lui ont dit qu’elle n’a pas à en avoir honte, elle est née ainsi et ce qui aurait dû être une tare lui a fourni une formidable prédisposition aux arts de la contorsion et de l’acrobatie.

Certes, le doux sourire et le tendre regard du jeune homme peuvent encourager aux confidences mais elle n’a pas l’habitude d’une telle attention à son égard. Une aura compréhensive et protectrice s’échappe de lui comme pour l’inciter de plus belle à commettre ce qu’elle n’avait jamais osé auparavant. Ses lèvres s’étirent en un rictus des plus agréables devant sa gêne.

Joignant les mains en signe de pardon, elle baisse également la tête pour s’excuser de sa conduite dans un rituel du pays du soleil levant. Il est coutume de s’incliner en cas d’excuses à offrir et ces gestes sont simples à reproduire.  Arrivée au Japon depuis peu de temps, Kaen a réussi à acquérir certaines des habitudes de sa population, trahissant ainsi ses capacités à s’adapter à tous ses voyages dans des contrées éloignées. Néanmoins, avec toutes ces cultures transmises par sa famille, nul doute qu’elle connait d’innombrables traditions et autres. Elle pourrait se faire pardonner autrement mais instinctivement, elle choisit les rituels du pays dans lequel elle se trouve à ce moment-là, ne serait-ce que pour faire preuve de respect. En dépit de sa gêne, elle ne cesse de sourire bien que son rictus soit légèrement tremblant en raison de son embarras.

-Oh pardonnez-moi. J'en dis trop et je dois certainement vous ennuyer.


Elle n’a certainement pas l’habitude d’être aussi volubile en paroles et ne comprend comment un tel phénomène a pu arriver. D’ordinaire, elle fuit les relations si elle peut les éviter de crainte que le cauchemar permanent ne reprenne vie. La sociabilité avec de jeunes gens de son âge n’a jamais été une formidable aventure, au contraire. Influencés par les pensées de leurs parents ou par des préjugés sans fin, enfants et adolescents se sont acharnés sur elle avec la même férocité que les adultes, voire parfois amplifiée.

De par son expérience dans l’humanitaire, elle écoutait bien plus qu’elle ne parlait. Bien sûr, elle devait rassurer et donner des conseils mais surtout elle avait le rôle de soutien pour ces familles dont la vie a été détruite par la guerre ou un caprice de la nature. Avec les différentes langues qu’elle connait grâce à sa famille et son pouvoir, elle arrivait à comprendre les dialectes de ces différents pays et pouvait répondre à tous ces gens effrayés et désemparés. Personne ne lui a demandé de parler, tout restait enfoui en elle jusqu’à l’explosion.

Après des années de retenue, ses nerfs ont lâché et ont déclenché une catastrophe sans précédent. Elle ne peut prendre le risque que tout recommence et doit tout endurer sans broncher. Seuls sa famille, sa protectrice et le directeur connaissent son passé dans le moindre détail, elle n’a jamais offert la moindre confidence.

Pourtant, une légère voix intérieure,  celle incarnée par ses pensées et son inconscient sans doute, lui souffle que parler lui ferait le plus grand bien. Elle ne peut porter un tel poids à elle seule et s’en soulager la libérerait intérieurement. Elle est trop jeune pour tout supporter sur ses épaules, son histoire est trop conséquente pour qu’elle en garde l’immense fardeau. Elle sait que des enfants plus jeunes qu’elle ont connu un passé aussi terrible, voire pire, que le sien et si elle se trouvait en face d’eux, elle leur conseillerait la même chose mais comment pourrait-elle parler et partager son existence de cauchemar à quelqu’un ?

Comment expliquer que sa naissance même est une malédiction ? Comment avouer que ses différences n’ont jamais été acceptées ? Comment révéler que ses particularités seraient une preuve évidente de sa filiation avec le Diable et une sorcière ? Comment dire qu’elle est accusée de sorcellerie ou que son père est le Malin en personne dès qu’elle va quelque part ? Comment faire part de tous les coups et les insultes qu’elle a reçus ?

-Oh, mais ne vous inquiétez pas pour cela. Je suis flatté que vous vous confiez quelque peu à moi. Et cela ne m’ennuie pas. J’apprécie écouter les gens, ainsi que connaitre leurs parcours jusque-là. J’ai plus peur de vous ennuyer à ne pas beaucoup parler. On me catégorise plus comme étant timide que très social. Et puis, je pense être bien moins intéressant qu’une « globe-trotteuse » comme vous.


Les propos du garçon la sortent brutalement de sa brève torpeur. Heureusement qu’elle avait la tête baissée sinon il aurait pu apercevoir l’absence dans ses yeux dorés et s’en vexer.  Elle relève lentement le visage vers lui et lui offre un sourire aussi beau que possible bien que sa gêne y soit encore palpable avec ses joues légèrement rosées.

-Je vous remercie… Un être comme vous a bien plus d’intérêt que quelqu’un comme moi. Avec votre particularité, vous avez dû en voir des choses et découvrir des connaissances insoupçonnées. Vous êtes infiniment bon et empli de compassion mais je n’ai pas le droit de partager mon fardeau ou de me plaindre, ça serait bien trop égoïste.


Lorsque les derniers mots s’échappent de ses lèvres fines, un éclat de vive tristesse traverse ses yeux d’or au point d’en ébranler son magnifique sourire.  Le chagrin se peint sur son visage mat dans un dessin à serrer le cœur. À trop jouer avec le feu, celui-ci se vengera à un moment ou à un autre en brûlant l’âme imprudente.  Elle a retenu le flot de ses souffrances pendant des années et a offert un sourire éclatant pour pouvoir contrecarrer la victoire malveillante de ses bourreaux mais le passé est là pour lui rappeler combien il est lourd à porter.

Ses yeux dorés se fixent sur ses doigts et un léger tremblement s’y perçoit comme porteurs d’un immense poids qu’ils n’assument plus. Son sourire s’efface lentement et un triste soupir lui échappe en compagnie de quelques mots murmurés à elle-même.

-La différence ne sera jamais pardonnée, on préfère l’accuser de tous les maux quitte à détruire une vie sans aucun remord.


Les mots durs sont prononcés dans un léger chuchotement comme pour en limiter l’impact mais il est trop tard pour revenir en arrière. Regardant ses doigts, la demoiselle semble avoir oublié l’espace d’un instant la présence du jeune homme et ses propos lourds de sens le confirment. Elle ne les adressait pas à lui en particulier mais à elle.

La gentillesse naturelle de Von a ouvert en elle un barrage d’émotions retenues depuis bien trop longtemps pour les supporter sans basculer dans la folie. Sans même s’en rendre compte, elle commence à s’en libérer même si son petit discours n’était destiné qu’à elle-même, seule elle peut comprendre le poids infini de ses propres mots.

Si son sourire est naturel et sublime en toutes circonstances, il cache une gigantesque souffrance qui ne demande qu’à éclater pour enfin espérer acquérir un peu de baume apaisante. Sa joie n’était pas hypocrite ou feinte, sa contagion pouvant même atteindre les autres races mais en la présence du garçon, son esprit décide de se rebeller quitte à prendre possession des muscles de son visage et des expressions se lisant dans son superbe regard doré. Son histoire est bien trop lourde à porter pour que sa gaieté reste éternelle, aucun humain ne peut supporter un tel fardeau en restant inébranlable tout au long de sa vie.  

Serait-il enfin temps de laisser son passé s’échapper pour ne plus qu’il la torture en permanence ? Pourrait-il enfin sourire pour elle-même et non plus pour se battre contre ses anciens bourreaux ?


Dernière édition par Kaen le Sam 16 Avr - 0:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Du soleil, quelques livres et une rencontre atypique (Privé)   Ven 15 Avr - 19:40



Du soleil, quelques livres et une rencontre atypique

Avec Kaen



Je ne saurais combien de temps s’était coulé depuis nos premiers flots de parole. Des secondes, des minutes, des heures, que sais-je.. La durée du temps me semblait bien abstraite aux côtés de la demoiselle. Il faut dire que mon esprit ne pouvait se détacher de cette nouvelle connaissance. La possibilité d’acquérir de nouveaux savoirs auprès d’une quelconque personne me semble être une idée tout à fait respectable. De plus, je n’oublie pas l’être qui se cacher derrière ce puits de savoir pour autant. La demoiselle m’intéresse tout autant, d’après son expérience de globetrotteuse. Son expérience doit être assez incroyable.

Mon incompréhension pouvait se lire parfaitement sur mon visage pale. Il est vrai que son pouvoir ne me semblait pas capable d’être offensif. Probablement que j’avais grandes difficultés à envisager une quelconque pulsion pour faire du mal à quelqu’un. Suis-je peut-être de quelqu’un de trop empathique et la douleur est quelque chose pour moi d’assez insupportable. J’apprécie peu le fait de faire quelque chose à quelqu’un si tu ne l’apprécies pas toi-même cette chose.  De plus, un pouvoir qui permet le contrôle total d’objets technologiques me fait envisager simplement le fait de pouvoir éteindre ou d’allumer une lumière sans difficulté. Probablement que dans un établissement scolaire, ce fait pourrait être gênant. Cependant, à première vue, la demoiselle ne me semble pas de ce bord-là.

Je juge probablement la demoiselle uniquement sur cette première impression. Une robe légère, ainsi que des cheveux de feu et des yeux dorés.  Il est vrai que si je suivrais l’avis général des lecteurs avertis. Une chevelure de feu ainsi que des yeux de couleurs dorées ne sont pas des bons présages. Simplement le fait que la demoiselle me semble agréable contrecarre tous ces arguments sans fondements. De plus, cette simple robe blanche ne fait que l’embellir, même si elle cache minutieusement sa corpulence relativement mince du regard des autres. Je comprends le fait qu’avoir une grande différence avec la majorité peut poser quelques problèmes au quotidien notamment à travers le regard des personnes qui nous entoure.

Ma pâleur naturelle m’a fait beaucoup de défauts à mon arrivé dans cet établissement. Mais progressivement, les êtres vivants ici finissent par accepter ma différence naturelle. Finalement, mon comportement général est tout aussi retenu dans leurs esprits que mon physique quelque peu atypique.  Je me doute que sa chevelure, ses yeux ainsi que sa corpulence ont attiré les faveurs de demoiselles en proie à une jalousie féroce. Il est bien dommage que la nature humaine veuille se mettre des bâtons dans les roues quand une personne adverse contient quelque chose que l’on désire. Cela ressemble à un comportement puéril, sans réflexion en soi-même.

« Je vous prie de me pardonner si je me trompe mais...vous semblez sceptique sur les possibilités de mon pouvoir. Bien sûr, il peut me servir à me simplifier la tâche comme sur l'ordinateur, le téléphone, les appareils de cuisine etc mais pas seulement. Songez à ce que je pourrais détruire ou construire avec une telle magie. Tous les secrets des états sont cachés dans de puissantes bases de données et autres que je pourrais détourner, je suis également capable de déverrouiller des codes et des bombes si j'en avais le désir. Mes capacités pourraient attiser l'envie de tous les puissants et corrompus mégalomanes. J'ai déjà apporté le malheur malgré moi...Au fond, ce n'est pas si étonnant que certains aient voulu attenter à mes jours. »

Je sortis de ma torpeur quand la demoiselle m’annonça les actions qu’elle pouvait commettre avec un tel pouvoir.  Il est vrai que vu par cet angle-ci, Kaen semblait être un atout majeur d’une manière politique par exemple. C’était un aspect que je ne pouvais envisager seul. La demoiselle semble être consciente ce qu’elle puisse entreprendre, mais selon ses propres propos, Kaen ne semble pas vouloir attenter à la vie d’une quelconque personne. Son pouvoir peut lui permettre de l’envisager, mais il semble que même l’idée lui déplaise. De plus, à travers ces voyages humanitaires, la demoiselle semblait acquérir une vraie pensée envers les autres. Cela m’étonnerait qu’elle veuille briser la vie de nombreuses personnes.

Cependant, ce pouvoir semble la maître en danger dans de nombreuses situations quelques peu tordues. Mon cœur se serra légèrement à cette réflexion. Les jours doux et heureux doivent être bien rares pour cette demoiselle. Le monde semble être corrompu de toute part, les hommes doivent la maltraiter pour une raison futile. De plus, sa dernière phrase laissée en suspens laissait bien traduire toute l’animalisé humaine qu’elle a du subir pour que ces êtres puissent assouvir des besoins personnels sans l’avis des autres. Que l’être concerné ne pense plus qu’à son bonheur, au détriment de celui des autres.

La violence qui pouvait se répandre sur un monde ou un univers entier avec un tel pouvoir serait d’une catastrophe sans pareille. Je me questionne sur ce qu’il se passe dans la tête des personnes qui désire détruire tout ce qui les entoure. N’existe-t-il pas des solutions plus pacifiques,  voire plus orales pour faire passer une idée ou pour contrer quelque chose qui plaît guère ? Doit-on résumer cela à une unique violence, solution de tous les maux possibles et imaginables ? Je présume qu’à cause de ma tendre amie, tout type de violence me brusque et m’horripile.  Avoir côtoyé la mort quelques instants fait réaliser certains aspects de la vie, ainsi que la violence ne résout pas grand-chose.

Si ma tendre amie avait un quelconque problème avec ma personne, n’aurait-il pas été plus simple si elle me l’avait dit directement ? La solution pour elle était-elle simplement de me faire souffrir, voire de me tuer à petit feu pour son bon et tendre plaisir ? Je ne pouvais et ne comprendrais sûrement jamais ce que ma tendre amie aura voulu de moi ce jour-ci. Il était pourtant au centre de nombreuses réflexions au cours de mon arrivé dans cet établissement. Cependant, j’étais toujours incapable de procurer une quelconque réponse, tant son comportement était totalement étranger à tout ce que je connaissais de sa personne.

« Oh, je n’avais pas envisagé ces faits-ci. Je pensais simplement aux côtés pratiques et quotidiens d’un tel pouvoir. Mais vu de ce côté-ci, je comprends parfaitement l’ampleur de votre pouvoir. »

Et pourtant, son flot de parole ne s’arrêtait pas là pourtant. La demoiselle semblait se confier, avec quelques retenues tout de même. Je veux bien croire que je suis une personne bien inoffensive malgré mon appartenance à la race vampirique. Il faut croire que l’on me compare plus à une peluche aimante qu’un être assoiffé de sang voulant goûter tout ce qu’il pourrait être à porté de main. Je ne vais pas m’en plaindre pour autant. L’expérience de cette globetrotteuse devrait être enrichissante pour le peu de mes connaissances actuelles. Toute histoire me semble intéressante qu’importe la personne en face de moi.

« Je crois avoir deviné qui vous êtes en effet...Pour les voyages, je vous dois une explication. Je vis seule depuis mes douze ans environ et mon pouvoir m'a permis de faire de l'humanitaire tout en bénéficiant d'une scolarité en autodidacte. Autrement, en comptant mes parents, mes deux couples de grands-parents et moi-même, je totalise sept pays différents et j'ai pu parfois visiter quelques coins durant mes vacances. Nous n'étions guère riches mais ma famille faisait tout pour que je profite de cette diversité culturelle. Il faut croire que c'est devenue une tradition chez moi que de s'unir avec une personne étrangère et d'avoir des enfants dans une autre contrée. »

Ma simple surprise devait se lire sur mon visage. Je me contentais d’écarquiller les yeux face à un aveu comme celui-ci. Il est vrai que je me suis que très peu intéressé à ma propre famille, mais connaître plusieurs pays malgré son si jeune âge, avec une famille aux revenues modestes. Je trouve cela relativement incroyable. Kaen devait se réjouir d’avoir autant de connaissance malgré sa  vie passée actuelle. La vision de nouveaux pays, de nouveaux paysages ainsi que de nouveaux visages, une nouvelle culture et de nouvelles traditions.. Tout cela pouvait être une expérience très enrichissante, notamment dans les jeunes âges. La capacité d’apprendre et de s’adapter est bien plus rapide qu’à l’âge adulte, selon plusieurs revues littéraires.

L’explication de son talent de globetrotteuse était donc vérifiée. La demoiselle restait tout de même humaine malgré son espérance de vie relativement faible. Mes yeux ne cessèrent de regarder Kaen et sa chevelure cendrée. Sa corpulence la faisait paraître si frêle et délicate qu’on a cette impression de la briser en un instant par mégarde. Cependant, son esprit semblait bien plus fort que cela. Son mental devait être d’une assez grande puissance pour avoir traverser tant d’épreuves qui devraient être complexes et dures à supporter. Je n’avais émis que des hypothèses sur sa vie, mais je doute qu’elle soit d’un bonheur infini. De plus, il existe toujours des hauts et des bas. Par ailleurs, son sourire est toujours présent. N’essaye-t-elle pas de cacher sa peine à travers un faux sourire, malgré le fait qu’il soit bien réaliste ?

« C’est donc à votre tour de vous unir à une personne étrangère. Peut-être que cette personne se trouve dans cet établissement même ? Cela pourrait ressembler à un conte de fée. »

Ses cabrioles ainsi que son flot de parole incessant démontraient que la demoiselle avait une envie de se confier. Ou que cela faisait un léger moment qu’elle ne s’était pas sentie bien et confortable avec une personne pour parler doucement d’une partie de sa vie. Je ne savais pas s’il m’était permis de connaître amplement la vie de Kaen, si cela m’était permis d’une quelconque manière. La brusquer sur quelque chose qu’elle semblait protéger au fond d’elle sous n’importe quel prétexte. Son passé devait être sacrément bien rempli pour afficher un sourire aussi magnifique que faux.

« Je vous remercie… Un être comme vous a bien plus d’intérêt que quelqu’un comme moi. Avec votre particularité, vous avez dû en voir des choses et découvrir des connaissances insoupçonnées. Vous êtes infiniment bon et empli de compassion mais je n’ai pas le droit de partager mon fardeau ou de me plaindre, ça serait bien trop égoïste. »

Avant qu’elle ne reprenne la parole, un éclat de tristesse semblait se lire sur son visage angélique. La demoiselle venait d’apparemment se bruler les ailes à vouloir faire semblant aussi longtemps. On ne peut pas souffrir indéfiniment sans le laisser paraître une seule fois. De plus, il y avait de nombreuses choses qui me vénèrent à l’esprit pour contredire ses paroles.  La première chose que je fus était de me lever et de m’asseoir adroitement à côté de la demoiselle, brisant cette barrière invisible entre nos deux corps. Mon sourire voulant être sincère et toujours présent, il fut accompagné d’un léger serrement au niveau du cœur. Voir Kaen triste semblait assez peu agréable, du fait de sa bonne humeur contagieuse. Il semblerait que sa tristesse le soit aussi.

« Un être comme moi pourrait être intéressant à première vue. Mais ce n’est pas réellement mon cas. La plupart des vampires que l’on rencontre soit âgées de plusieurs décennies. Pour moi, cela fait très peu de temps que je suis devenu vampire. De plus, ce fait ne m’a même pas marqué. Je serais incapable de vous dire depuis combien de temps que je suis vampire. C’était un sujet tabou dans ma famille. Il l’était tellement que je ne l’ai appris que très récemment que je faisais parti de cette catégorie. »

Un léger tremblement apparût au niveau des doigts de la demoiselle, ainsi qu’un chuchotement incertain. Je ne compris pas vraiment le sens de ses paroles. La seule chose que je pouvais déduire, c’est qu’il ne m’était pas réellement adressé. La demoiselle semblait se parler à elle-même, et être entourée par ses tourments les plus profonds. Son sourire disparut même, malgré tout ce bonheur dégagé plus tôt.  Ce retournement de situation faisait un certain effet à ma personne. Je ne savais comment la réconforter. Je voulais qu’elle me conte un bout de son passé, pour que ses épaules soient moins lourdes. Probablement ne suis-je pas l’être approprié, mais il était inconcevable que je ne fasse rien pour l’aider.

« Je vais vous conter quelque chose me concernant. Tout d’abord, j’aimerais vous tutoyer. Il faut dire que je ne suis pas si vieux que cela. La dernière fois que je vis mes parents, il me parlait de ma dix-neuvième année.  Je ne suis pas aussi éloignée que.. toi. Il y a quelques instants, je .. racontais que je ne savais même pas le fait que j’étais vampire avant mon arrivé à cette académie. Pourquoi ? Parce que j’étais un enfant très obéissant et que l’on me faisait boire tous les soirs une sorte de jus de fruit rouge délicieux. On m’a réprimandé la fois où je me demandais ce que ça pouvais bien être. On m’avait demandé de ne plus y penser. Alors je le fis. Je ne l’ai appris que la veille de mon arrivé à cette académie, à travers un élément tragique, que ce que je buvais tous les soirs, sans m’en rendre compte, n’était que du sang fraîchement sélectionné à mon attention.  Ironique tout de même non ? » Un léger rire s’échappe de ma gorge. « J’étais un enfant très obéissant au point de ne même pas savoir ce que j’étais réellement. La seule chose qu’on me permit de connaître. C’était la signification de mon prénom. En réalité, je me prénomme « Espoir » dans une langue nordique. ? N’est-ce pas amusant quand on sait que je suis censé répandre la mort et les cadavres autour de moi ? »

Me voilà à déballer une grande partie de ma propre vie. J’espère au moins qu’avec cela, la demoiselle se sente légèrement mieux, voire même qu’elle rigole de ma personne. Cela ne me dérange en aucun cas. Tant que son sourire puisse réapparaître sur son visage. Durant mon long monologue, je ne l’avais pas lâché du regard. Mon sourire restant présent du début à la fin.
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Kaen

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MessageSujet: Re: Du soleil, quelques livres et une rencontre atypique (Privé)   Sam 16 Avr - 1:00

Du soleil, quelques livres

et une rencontre atypique



Von Snorri et Kaen




La cascade du temps accomplit son impitoyable travail en déversant son eau tantôt bienfaisante tantôt dévastatrice. Les aiguilles des horloges avancent à une vitesse ahurissante pour certains, à la lenteur d'un escargot pour les autres. La chaleur ne cesse d'appliquer son terrible traitement sur les peaux réclamant grâce des jeunes gens venus à la bibliothèque dans un espoir vain de tenter d'y échapper.  Les secondes et les minutes s'égrainent trop lentement pour ces corps tordus par la canicule tandis qu'elles filent comme l'éclair pour les deux adolescents aux âmes assoiffées de connaissances. Perchés à des dizaines de mètres du sol, ils échangent quelques flots de parole sans se préoccuper du monde en dessous.

Lorsque la demoiselle à la peau brunie évoque son don, le visage pâle du garçon lui répond en pur contraste de par son expression d'incompréhension. S'il comprend l'idée générale de son pouvoir et de sa pratiquer au quotidien, il ne semble pas en saisir toute la puissance ainsi que ses immenses possibilités. Pour défendre ses pensées,  les deux jeunes gens respirent le pacifisme et la paix, aucune once de violence ne se dégage de leurs douces auras.

Bien que bien des bourreaux se soient acharnés à lui infliger mille et un maux, la magicienne rousse est incapable de répandre souffrance et torture au seul motif de la vengeance ou d'un trait de caractère des plus détestables. Portée par l'élan de son cœur, elle préfère apporter espoir et sourires à tous ceux ayant survécu au pire. Nourrie par le don de soi à travers les associations humanitaires, elle n'envisage pas d'offrir autres choses que aide et réconfort.

Pourtant, sa volonté a souvent été contrecarrée par le regard malveillant des autres. Beaucoup se permettent de la juger comme inévitablement malfaisante au premier coup d'œil. Les crachats, les coups et les insultes n'ont eu de cesse de voler au seul prétexte de sa différence trop marquée. Si encore il y avait eu que ses capacités irrationnelles, peut-être que le cauchemar aurait-il été moins pénible à supporter ? Néanmoins ce fait demeure la plupart du temps invisible et les âmes bestiales de ses bourreaux auraient pu ne jamais le remarquer.

Seulement, il a fallu qu'elle vienne au monde avec des cheveux couleur des flammes et des yeux teintés d'or. Ce physique hors-norme suffit à déclencher les passions furieuses, sa magie, aussi bénéfique puisse-elle être, n'a fait que rajouter du feu aux poudres.  Les langues de vipères les plus virulentes persiflaient à qui voulait l'entendre qu'elle ne peut être que l'enfant du Diable et d'une sorcière venue répandre malheur comme le désirerait son célébrissime paternel.  Les progrès des sciences et de la génétiques n'ont jamais pu franchir les frontières de ces esprits étriqués. Il est bien plus simple de trouver un bouc émissaire que de se remettre en question en cas de problèmes.

De plus, les explications d'une filiation démoniaque est bien plus compréhensive que toutes ces choses tordues que peuvent déblatérer les prétendus médecins avec leur mystérieux A.D.N, invention du Malin sans aucun doute. La génétique pour expliquer une chevelure rousse ? Certainement pas, cette population à part n'a pu être conçue que par Satan.

Lorsqu'elle est arrivée ici où sa protectrice lui a certifié que tous les êtres y vivant sont à part, possédant des dons aussi puissants que le sien, elle croyait avoir enfin droit au répit. Dire qu'elle a osé en rêver ! Sa déception n'en est que plus cruelle encore, révélant son sourire éclatant de sadisme dans un éclat démoniaque.

Avec  sa chevelure de feu, son regard doré, sa peau bronzée et ses jolies formes, elle attise les faveurs de certaines personnes  alors que d'autres lui portent une jalousie féroce.  Le don circulant dans ses doigts ne fait qu'altérer la violence naturelle dissimulée chez beaucoup d'êtres. Ce n'est plus une question d'envie mais juste de la haine à l'état pur pour quelqu'un étant trop différent.  Les pensées les plus primitives s'enchaînent dans un idée de porter leurs propres frustrations et autres colères de leur vie sur une demoiselle née en dehors de tout moule.

Si les souvenirs douloureux se dessinent un à un dans son esprit, la joie se dégageant de ses pupilles demeure toujours présente. Son sourire contagieux se peint avec magnificence sur son visage mat. Sa voix chantante laisse échapper quelques mots dans un discours entre le sérieux et la tristesse.  

- Je vous prie de me pardonner si je me trompe mais...vous semblez sceptique sur les possibilités de mon pouvoir. Bien sûr, il peut me servir à me simplifier la tâche comme sur l'ordinateur, le téléphone, les appareils de cuisine etc mais pas seulement. Songez à ce que je pourrais détruire ou construire avec une telle magie. Tous les secrets des états sont cachés dans de puissantes bases de données et autres que je pourrais détourner, je suis également capable de déverrouiller des codes et des bombes si j'en avais le désir. Mes capacités pourraient attiser l'envie de tous les puissants et corrompus mégalomanes. J'ai déjà apporté le malheur malgré moi...Au fond, ce n'est pas si étonnant que certains aient voulu attenter à mes jours.

Son discours prouve qu'effectivement, elle est de nature pacifiste et que son âme n'est certainement pas tournée vers la violence. Abhorrant toutes les armes et autres moyens d'apporter le mal, elle n'utilisera jamais son don à mauvais escient. Si elle le voulait, elle pourrait amener le monde en guerre en se servant des base de données nationales et autres codes informatiques qu'elle pourrait pirater sans aucune difficulté.  

Si sa magie peut faciliter le quotidien, il attise aussi les convoitises et la fureur.  Chaque jour est un défi à la survie, ne vivant plus que pour supporter la colère des autres.  Le danger est quotidien, de même que le cauchemar. Les instants heureux ne sont que trop rares, voire inexistants. Depuis peu, elle est entrée en classe avec des camarades de son âge mais elle sait que les regards et sourires portés sur elle ne sont pas sincères. La méfiance reste prioritaire dans leurs yeux en compagnie du dégoût devant tant de différences. De plus, une fille originaire de sept contrées ne peut être qu'étrange et impossible à aborder socialement sur le long terme. Comment devenir ami avec une adolescente aux multiples traditions et cultures ? Comment se lier avec une adolescente dont les bruits courent qu'elle serait l'enfant du Malin ?

Le monde est corrompu où les êtres puissants cherchent à s'étendre sans se préoccuper des sentiments des autres. L'argent et la violence dominent à l'infini au détriment de ceux ne pouvant se battre ou ne désirant qu'un peu de paix. La colère et le mal sont des solutions pour les êtres primaires, incapables de communiquer autrement que par le négatif. Pour avoir côtoyé la mort à plusieurs reprises, l'adolescente sait pourtant que les pulsions violentes n'apportent qu'une solution temporaire. Servant de défouloir à leurs colères et frustrations intérieures, la jeune fille n'a commis que l'unique erreur d'exister.

Au lieu de lui parler et d'apprendre à la connaître, la plupart des personnes préféraient lui souffler mépris et dégoût. Les rares sourires dont elle a bénéficié n'ont été engendré que par l'aide humanitaire qu'elle a apporté au cours de ses quelques missions.

Seuls l'irréductible soutien de ses proches et dernièrement l'amour sincère d'une femme malienne lui chuchotant de sourire pour contrecarrer ses bourreaux lui ont permis de traverser toutes les épreuves. Humiliée, rabaissée, blessée, insultée,  elle a pu malheureusement constater que rien n'arrête la bêtise humaine dans toute son horreur.

-  Oh, je n’avais pas envisagé ces faits-ci. Je pensais simplement aux côtés pratiques et quotidiens d’un tel pouvoir. Mais vu de ce côté-ci, je comprends parfaitement l’ampleur de votre pouvoir.


Les paroles du garçon permettent à la demoiselle de s'échapper de sa légère torpeur et un sublime sourire lui est offert en guise de réponses. Inclinant la tête en signe de remerciement, elle souhaite ainsi lui signifier qu'elle lui est reconnaissante pour sa compréhension de sa magie.

Pour autant, le flot de confidences de la demoiselle ne semble pas vouloir s'arrêter ici. Entre la retenue et l'explosion imminente de ses secrets, l'adolescente est sur un fil en équilibre précaire au dessus d'un profond gouffre. Depuis sa naissance, seule sa famille la connait véritablement et elle n'a jamais eu d'amis à qui se confier, personne avec qui partager mauvais moments et fous rires. Les enfants de son âge déversaient leur cruauté sur leur camarade si différente d'eux et leurs parents les encourageaient dans ce flot de violence et de rejet. Ses anniversaires se déroulaient avec ses proches mais jamais des petits ne sont venus s'amuser avec elle.

Vouée à la solitude et aux moqueries les plus terribles les unes que les autres, elle n'avait droit à l'admiration que lors des spectacles avec son talent d'acrobate contorsionniste mais ce sentiment artificiel s'effaçait aussitôt l'entrée du chapiteau franchi. Dès le lendemain, les mêmes spectateurs pouvaient la croiser dans la rue et lui infliger mille souffrances, oubliant la petite trapéziste qui les avait émerveillés la veille.  Dès qu'elle posait le pied hors de son territoire, elle était vulnérable et passible de toutes les violences inimaginables.  Ses voyages culturels, son physique, son don irrationnel, tout en elle contient sorcellerie et horreur.  Même sa famille a payé le prix de sa naissance, son existence même est une aberration sans nom.

Ne pouvant se confier à personne, elle a conservé l'habitude de tout garder pour elle mais un jour ou l'autre, tout explose et ce qui représentait une honte pour ses bourreaux sort sous un léger discours ponctuée d'une minime forme de fierté. Ses proches lui ont toujours répété que ses différentes cultures sont une chance et non pas un fait profondément dégoûtant et contre nature comme le lui hurlaient ceux ne supportant pas l'inconnu.

Comme soufflée par la gentillesse naturelle émanant du jeune homme, la demoiselle laisse les mots lui échapper sans qu'elle n'arrive à les contrôler comme s'ils attendaient que depuis trop longtemps leur délivrance.

-Je crois avoir deviné qui vous êtes en effet...Pour les voyages, je vous dois une explication. Je vis seule depuis mes douze ans environ et mon pouvoir m'a permis de faire de l'humanitaire tout en bénéficiant d'une scolarité en autodidacte. Autrement, en comptant mes parents, mes deux couples de grands-parents et moi-même, je totalise sept pays différents et j'ai pu parfois visiter quelques coins durant mes vacances. Nous n'étions guère riches mais ma famille faisait tout pour que je profite de cette diversité culturelle. Il faut croire que c'est devenue une tradition chez moi que de s'unir avec une personne étrangère et d'avoir des enfants dans une autre contrée.

La surprise et l'étonnement se lisent sur le visage pâle du garçon aux cheveux sombres.  L'adolescente ne peut s'empêcher de hausser rapidement un sourcil. D'ordinaire, si de telles informations sont divulguées à son écart, elles attirent la méfiance et le dégoût. C'est aussi pour cette diversité culturelle et cette histoire unique de famille que bien des langues venimeuses préfèrent siffler qu'elle est la fille du Diable plutôt que d'avouer que tant d'origines lui apportent connaissances et ouverture d'esprit. Il ne manquerait plus que la petite du Malin soit plus intelligente que leurs propres enfants ! Leur progéniture est normale, elle !

Malgré les modestes revenus rapportés par les spectacle, ses proches ont tenu à lui offrir au moins un voyage dans les différents pays dont ils sont originaires afin que la fillette puisse découvrir diverses cultures et traditions. Les paysages et les personnes se succédaient mais le mépris ne prend jamais de vacances, apparaissant sur l'immense majorité des visages que la famille hors-norme croisait.  Globetrotteuse et ouverte d'esprit, elle n'en était que plus infréquentable pour beaucoup de peur de se mélanger avec leurs gênes étrangers et d'être contaminé par leur prétendue bizarrerie au prétexte qu'ils ne sont pas comme tout le monde.

De corpulence frêle et assez maigre, la jeune fille ne semble pas avoir connu une vie des plus roses. La faim a dû la torturer bien d'une fois pour en conserver quelques minimes séquelles à travers sa maigreur dissimulée sous sa robe blanche. Seules ses formes généreuses d'adolescente lui sauvent la mise en détournant le regard de ses quelques cotes saillantes. Quelques cicatrices, traces de coups et de brûlures subsistent sur sa peau brunie montrant une existence loin d'être idyllique. Sans sa famille et le soutien de cette femme malienne, jamais elle n'aurait eu le mental pour résister longtemps à ce cauchemar. Chaque jour, elle a l'infime espoir que tout change. Elle ignore pourquoi mais elle continue de croire en l'être humain alors que la plupart des gens qu'elle a rencontré n'ont eu que du négatif à lui offrir. Seulement, les rares positifs, sourires et reconnaissances de tous ceux à qui elle a redonné une vie décente au cours des dernières années lui ont donné un nouveau souffle de vie.

Sourire pour montrer à ses bourreaux combien ils sont faibles d'esprits et qu'ils ne l'ont pas détruit comme ils le désiraient, voilà son nouveau crédo. Ils voulaient l'anéantir et faire de sa vie un enfer ? Un simple sourire suffit à les décontenancer pour leur prouver qu'elle est plus forte que la violence. Bien sûr qu'elle est peinée et que parfois elle le cache mais sa récente joie de vivre est sincère. Si elle est abattue alors cela voudra dire que tous ceux qui lui ont du mal auront gagné. Elle ne peut plus se permettre de leur donner une victoire de plus, ils en ont déjà honteusement acquis une sans le moindre remord. Son sourire n'est ni hypocrite ni faux mais d'une sincérité devenue trop rare dans ce monde corrompu.

- C’est donc à votre tour de vous unir à une personne étrangère. Peut-être que cette personne se trouve dans cet établissement même ? Cela pourrait ressembler à un conte de fée.


Les propos du garçon la sortent de ses souvenirs et un tendre éclat de rire lui sert d'abord de réponses. Les joues mates de la demoiselle se teintent d'un doux rose et sa voix chantante, aussi belle que le chant d'un oiseau, résonne de nouveau entre les poutres.

- Hihihi, j'ignore si je suis capable d'assurer cette "tradition familiale" mais allez savoir ce que réserve l'avenir.  Je ne sais pas s'il existe un esprit aussi ouvert que semble l'être le vôtre. Tiens, à propos de personnes étrangère, de quelle contrée venez-vous ?


Bien qu'ayant un passé des plus douloureux, elle affiche toujours son extraordinaire sourire sincère. Si elle ne peut changer l'histoire et revenir en arrière, autant se battre maintenant avec une arme pacifiste à laquelle ses bourreaux n'auraient jamais pensé : la joie de vivre et le sourire contagieux. Ils pensaient la détruire pour qu'une telle abomination ne puisse plus voir le jour ? Ils désiraient l'anéantir au point qu'elle irait s'offrir aux bras de la mort ? Dommage pour eux, une bouillante volonté et combattivité coule dans ses veines.  Ses proches aussi ont connu les affres du racisme, pas autant que l'adolescente mais ils connaissent la souffrance de ne pas être acceptés par les esprits fermés. Pourtant, ils ont tous affronté les regards et les jugements pour pouvoir vivre leur amour mixte au grand jour.

Lui assurant sa compréhension et son absence d'ennui face aux longs propos de l'adolescente, le jeune homme fait preuve d'une gentillesse des plus exemplaires. En fait, il est le premier depuis bien trop longtemps à lui témoigner autant de bienveillance. Partagée entre son éducation ouverte aux autres et le cauchemar dû à sa différence, ses prochains propos sont ponctués entre le sérieux et la tristesse.

- Je vous remercie… Un être comme vous a bien plus d’intérêt que quelqu’un comme moi. Avec votre particularité, vous avez dû en voir des choses et découvrir des connaissances insoupçonnées. Vous êtes infiniment bon et empli de compassion mais je n’ai pas le droit de partager mon fardeau ou de me plaindre, ça serait bien trop égoïste.

Un bref éclat de douleur traverse ses yeux dorés et son sourire vacille l'espace d'un instant. Non pas que sa joie de vivre n'est pas sincère, elle l'est infiniment, mais n'ayant jamais pu se confier à personne auparavant, elle a tout gardé pour elle et après de si longs temps de retenu, tout semble vouloir exploser. Personne ne peut tenir dans le bonheur si longtemps alors que quelque chose hante l'âme dans une souffrance terrifiante. Parfois, le masque de joie craquelle et laisse apparaitre un soupçon de mal-être.

Un court chuchotement parvient aux oreilles du jeune vampire mais le sens lui échappe totalement. Bref et rapidement tombé dans l'oubli comme s'il ne lui était pas adressé mais plutôt à sa propre émettrice.  Baignée par ses profonds tourments, elle peine de plus en plus à les contrôler au point que ces derniers cherchent à s'échapper pour se révéler.

Ayant capté cette parcelle infime de torture, le garçon se lève brusquement pour escalader adroitement les poutres et finalement s'installer aux côtés de la demoiselle rousse. Les yeux dorés de celle-ci s'écarquillent sous la surprise, à ce jour personne n'a su l'approcher de si près sans qu'elle ne vienne d'elle-même. Seuls ses proches n'hésitaient pas  à marcher vers elle pour venir au plus près. Autrement, soit elle est victime de violence aussi bien verbales que physiques soit c'est elle qui doit approcher les survivants de divers conflits et caprices de la nature. Apparemment, si son sourire peut être contagieux, sa tristesse l'est aussi au vu de l'expression du garçon. Il lui sourit avec sincérité mais l'adolescente a le sentiment que son cœur se serre devant son bref témoignage visuelle de peine.

- Un être comme moi pourrait être intéressant à première vue. Mais ce n’est pas réellement mon cas. La plupart des vampires que l’on rencontre soit âgées de plusieurs décennies. Pour moi, cela fait très peu de temps que je suis devenu vampire. De plus, ce fait ne m’a même pas marqué. Je serais incapable de vous dire depuis combien de temps que je suis vampire. C’était un sujet tabou dans ma famille. Il l’était tellement que je ne l’ai appris que très récemment que je faisais parti de cette catégorie.

Le sentiment de tristesse de la demoiselle semble s'évaporer face aux propos du garçon. Attisée par sa soif de connaissances et l'étonnement, elle oublie l'espace d'un instant les tourments venus la torturer quelques secondes plus tôt. Elle voudrait prononcer quelques mots mais le vampire semble pris dans sa lancée et son discours s'allonge au grand ravissement intérieur de son interlocutrice.

- Je vais vous conter quelque chose me concernant. Tout d’abord, j’aimerais vous tutoyer. Il faut dire que je ne suis pas si vieux que cela. La dernière fois que je vis mes parents, il me parlait de ma dix-neuvième année.  Je ne suis pas aussi éloignée que.. toi. Il y a quelques instants, je .. racontais que je ne savais même pas le fait que j’étais vampire avant mon arrivé à cette académie. Pourquoi ? Parce que j’étais un enfant très obéissant et que l’on me faisait boire tous les soirs une sorte de jus de fruit rouge délicieux. On m’a réprimandé la fois où je me demandais ce que ça pouvais bien être. On m’avait demandé de ne plus y penser. Alors je le fis. Je ne l’ai appris que la veille de mon arrivé à cette académie, à travers un élément tragique, que ce que je buvais tous les soirs, sans m’en rendre compte, n’était que du sang fraîchement sélectionné à mon attention.  Ironique tout de même non ?  J’étais un enfant très obéissant au point de ne même pas savoir ce que j’étais réellement. La seule chose qu’on me permit de connaître. C’était la signification de mon prénom. En réalité, je me prénomme « Espoir » dans une langue nordique. ? N’est-ce pas amusant quand on sait que je suis censé répandre la mort et les cadavres autour de moi ?

Autant il a montré une part timide de sa personnalité, autant il est capable de déballer quelques monceaux de sa vie privée avec une grande habileté. Interrompue dans l'élaboration de sa précédente réponse, coupée par la virulente envie de parler du garçon, la magicienne rousse reste silencieuse quelques secondes, le temps de trouver les mots appropriés.

Pour un histoire de vampire, il faut bien avouer qu'il sort de l'ordinaire lui aussi ! De manière générale, les romans adorent décrire des êtres âgés, vivant depuis bien longtemps alors que leurs corps restent éternellement jeunes.  De plus, elle n'a jamais entendu d'un être immortel qui s'ignore ! Ainsi, ce fait serait le tabou de sa famille ? Pendant des années, il a été conditionné à sa future existence sans en avoir conscience tant il était tourné vers l'obéissance pure et simple ?

La jeune fille a beaucoup lu au fil des années mais elle n'a jamais vu un récit aussi peu commun pour tout ce qui concerne les être fantastiques et inhumains. Comment a t-il pu ignorer une vérité aussi importante ?

Les points d'interrogation et l'incompréhension se peignent dans les pupilles d'or de la magicienne aux cheveux de feu. Les pensées tournent ensemble telles les roues motrices d'une immense horloge.

Ne lâchant pas son regard sanguin de celui de son interlocutrice,  le jeune vampire fait preuve d'un respect auquel elle n'est pas habitué, elle qui n'a quasiment que connu la violence et le mépris de la part des autres. Seuls ses proches osaient la regarder dans les yeux en lui parlant quand la majorité de l'humanité préférait lui cracher dessus ou éviter de croiser ses iris, aussi porteurs de malheurs et de sorcellerie que le reste de sa personne.  Les plus étriqués affirmaient que le Diable avait volé d'infinis richesses d'or sur Terre pour l'offrir à sa sorcière de fille à travers ses pupilles.

Un timide sourire se dessine sur ses lèvres rosées, l'éclat naturellement brillant de son regard revient prendre sa place et sa voix gazouillante résonne en quelques mots entre les hautes poutres.

-Pardonnez mon vouvoiement mais bien que vous ayez 19 ans humains, je suis tout juste rendue à mes dix sept printemps, vous êtes mon ainé mais je vais essayer de faire un effort.

Cherchant encore ses propos, la demoiselle s'arrête quelques secondes de peur que son discours ne paraisse trop impoli ou vexant malgré elle avant de reprendre avec mille tendresses.

-Je dois avouer que je n'avais jamais entendu parler de...d'un vampire...qui...qui s'ignore en quelque sorte. Comment avez-vous...pardon, as tu pu ne rien voir ? Je dis peut-être des bêtises ou des clichés mais votre famille ne devait jamais sortir le jour ? Vos proches devaient avoir votre..zut pardon...ton regard, non ? Si tout le monde le savait, pourquoi...te cacher la vérité ? J'avoue que vous...pardon : tu m'intrigues...Dans le genre extraordinaire, tu places la barre très haut avec cette histoire de sang quotidien sans que tu ne comprennes...à côté, je fais pale figure...oups pardon, le jeu de mots était bien involontaire.

Partagée entre la timidité, la surprise et le rire, le discours de la jeune fille est ponctué de légères maladresses de par l'alternance entre le vouvoiement et le tutoiement  et son désir de mieux comprendre l'abracadabrante histoire de son interlocuteur. Maniant une légère plaisanterie sans le vouloir, elle fait même référence au visage blanc de son compagnon bien qu'elle n'ait eu aucune intention méchante .

Son sourire revient sur le devant de la scène à travers son visage bronzé que le soleil aime tant éclairer. Récupérant ses puissants rayons, la demoiselle préfère épargner au garçon sa chaleur de par sa nature surnaturelle n'étant guère ami avec l'astre du jour.

L'immense résistance retenant encore son passé n'est pas loin de céder, le barrage s'effrite mais semble tenir bon de par la volonté de sa propriétaire. De temps à autre, un peu d'eau s'écoule mais l'inondation n'est pas encore arrivée. Pourtant les planches vacillent pour la première fois depuis des années, elles tremblent de vouloir exploser et libérer la force dévastatrice de son passée pour qu'il ne la hante plus jamais.
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MessageSujet: Re: Du soleil, quelques livres et une rencontre atypique (Privé)   Mer 27 Avr - 21:47



Du soleil, quelques livres et une rencontre atypique

Avec Kaen


La chaleur semblait toujours présente, qu'importe l'endroit où nous nous trouvions. La demoiselle semblait toujours aussi souriante que d'ordinaire. Ma simple blague semblait l'amuser quelque peu dans cette atmosphère qui paraissait de plus en plus gênante. Nos regards se croisèrent, ainsi que quelques goûtes de sueurs tombèrent au vu de cette chaleur tout de même insupportable. Il faut dire que j'avais troqué ma combinaison habituelle pour quelque chose de plus léger et de moins contraignant.  De plus, toute personne sensée se retrouvait avec leurs vêtements estivaux.  

Il est vrai que parler de descendance à  son âge probablement proche du mien n'est pas la meilleure des idées. Mais c'est l'une des manières appropriées pour détourner l'attention de la demoiselle sur ses propres tourments. Il est peu probable qu'un être aussi enjoué ne cache pas quelque chose au plus profond d'elle-même. La demoiselle reste libre de se confier ou non à une quelconque personne.  Je ne me désigne pas comme tel. Nous venons à peine d'échanger quelques mots. La tradition voudrait que nous passions d'autres moments ensembles avant qu'elle ne se confie à ma propre personne. Une confiance aveugle est relativement dangereuse, et je présume que Kaen n'est pas une personne irresponsable de ce qui l'entoure.

« Hihihi, j'ignore si je suis capable d'assurer cette "tradition familiale" mais allez savoir ce que réserve l'avenir. Je ne sais pas s'il existe un esprit aussi ouvert que semble l'être le vôtre. Tiens, à propos de personnes étrangère, de quelle contrée venez-vous ? »

La probabilité de rencontrer son âme-sœur dans un endroit aussi grand et peuplé était relativement forte. De plus, au vu du physique ainsi que du caractère de la demoiselle, je doutais sur le fait qu'elle ne trouve pas une ou deux personnes qui pourraient être intéressées par quelque chose de sérieux. Il doit, cependant, exister des personnes qui ne lui désirent que du mal. Mais je ne désire pas cela pour une demoiselle comme Kaen. Il est vrai que je ne la connais en aucun cas. Mais le peu de présence que la demoiselle offre est tout bonnement féérique. Je ne verrais pas pourquoi je lui souhaiterais un quelconque mal dans sa vie future.

Sa voix restait tout de même dans des notes relativement aigues, montrant une certaine joie de vivre intense. Ainsi que son sourire qui permettait un paysage splendide. En guise de fond, il y avait ces quelques rayons de soleil qui se perdaient, accompagné de cette chaleur étouffante. L’une de ses phrases m’interpella tout de même. Je ne peux nier le fait que je sois relativement ouvert d’esprit. Mais au point, où ma personnalité pourrait correspondre avec celle de la demoiselle. Je ne sais pas si j’en serais réellement capable. Il est vrai que j’évite de porter un jugement trop hâtif sur quiconque, Kaen n’est pas une exception.

« Je pense qu’il n’y a aucun mal à poursuivre cette tradition familiale. Et pour répondre à votre question, je suis originaire d’un pays du Nord. Il est vrai que ma langue maternelle n’est pas le japonais, mais j’ai fini par me faire une raison à force d’écouter les conversations des autres. »

La peine se lisait sur le visage de la demoiselle. Nos quelques paroles échangées semblent créer au fond d’elle un grand tourment. Probablement que mes dires ont fait réagir la demoiselle dans le mauvais sens du terme. Je m’en sens touché, et cela m’attriste. Le sourire disparut de son si joli visage crée une sorte de vide au sein de cette ambiance que nous avons créé. Comme si une brume de tristesse venait de s’installer entre nos deux personnalités pour mieux prendre racine. Il était possible que cette action se passe en un seul instant, mais j’ai été capable de l’apercevoir. Apparemment, la demoiselle ne pouvait pas tromper tout le monde avec ce sourire féérique.

Une vérité semblait se cacher au plus profond d’elle. Ne pas vouloir la révéler est son propre droit. Et je ne suis pas là pour réprimander une demoiselle de cacher trop de choses pour elle. Cependant, il est vrai que garder trop de chose en soi pourrait nuire la demoiselle sur le long terme. Je présume que Kaen est déjà au courant de ce risque et que c’est avec conviction que la demoiselle continue d’avancer tout en sachant les dangers. Etait-elle vraiment en tord de réagir de la sorte ? Kaen devait sûrement penser qu’à travers cette action, elle ne nuirait à aucune personne. Probablement que la demoiselle avait trouvé une quelconque raison à ses agissements, sûrement pas celle que je venais d’émettre au plus profond de mon esprit.

Cet éclat de tristesse me fendit le cœur en un court instant. La pensée de la laisser se morfondre durant ce faible instant, semblait être une véritable torture pour mon esprit. Mon corps réagit de lui-même. Prenant appuie sur mes jambes, je me levai pour me diriger en direction de la demoiselle. Ses yeux s’agrandirent face à mon geste aussi sûr. Je n’avais pas hésité une seule seconde avant de m’asseoir à ses côtés. Je me doutais que ce geste ne voulait pas dire grand-chose aux yeux de la demoiselle. J’aurai préféré l’enlacer doucement pour qu’elle ne pense plus à ce qui la tourmente. Mais je supposais que nous n’étions pas assez proches pour que je permette un tel avancement.

Je mis donc à fixer la demoiselle tout du long. Affichant, de même, mon sourire le plus sincère pour l’occuper d’une certaine manière. J’envisageais le fait de la détourner de ses pensées en racontant un pan de ma personnalité. J’espérais simplement que cela pouvait marcher. Je ne savais pas si cela marcherait. Probablement que la demoiselle allait me repousser, faute d’être trop extraverti. Probablement que mon récit n’allait pas l’intéresser. Probablement qu’elle espérait autre chose qu’une histoire sans queue ni tête. Je pouvais comprendre cela parfaitement.

Et pourtant, je me mis à réciter un bout de ma vie. Essayant de ne pas paraître trop gêné, face à une nouvelle rencontre féminine. Je ne voulais pas qu’elle comprenne qu’à travers ce geste, j’espérais qu’elle se retrouve dans ma chambre. Ce n’était absolument pas cette intention qui m’habitait. Je voulais simplement qu’elle envisage autre chose un instant. Que cet éclat que j’ai pu voir, disparaisse pour aussi longtemps que je sois à ses côtés dans ce puits de savoir.

De plus, à travers ce récit, je me doutais que Kaen se poserait de nombreuses questions. Mon histoire n’est pas des plus banales. Elle est vraisemblablement incroyable voire même irréelle. Je supposais que toutes ces questions la feraient détournées de ses douleurs personnelles, le temps d’un instant. Ses yeux trahissaient son incompréhension face à cette histoire rocambolesque. Un faible sourire finit par pointer le bout de son nez sur le visage de la demoiselle, malgré ce petit instant de silence.

« Pardonnez mon vouvoiement mais bien que vous ayez 19 ans humains, je suis tout juste rendue à mes dix sept printemps, vous êtes mon ainé mais je vais essayer de faire un effort. »

Mon hypothèse sur son âge était donc quelque peu erronée. J’avais supposé qu’elle avait le même âge que ma personne. Qu’elle soit un peu plus jeune ou légèrement plus âgée que ma personne m’importe peu il faut dire.

« Si le tutoiement t.. te dérange, on peur rester sur le vouvoiement. Pour moi, je trouve qu’apporte une barrière invisible en plus le vouvoiement. Je trouve ça bien dommage. Les êtres vivants sont fait pour cohabiter ensemble, pas apporter des barrières superflues. Enfin, tout dépend du point de vue. »

La demoiselle semblait chercher ses mots. Elle ne voulait vraisemblablement pas me blesser face à mon histoire probablement incompréhensible. Avais-je fait une erreur en me confiant quelque peu à la demoiselle ? Je présume que non, Kaen semblait simplement chercher ses phrases pour paraître le plus clair possible. Et je supposais que le passage entre le vouvoiement et le tutoiement serait rude. J’espérais simplement ne pas l’importuner avec cette importance pour le tutoiement auquel je suis attaché.

« Je dois avouer que je n'avais jamais entendu parler de...d'un vampire...qui...qui s'ignore en quelque sorte. Comment avez-vous...pardon, as tu pu ne rien voir ? Je dis peut-être des bêtises ou des clichés mais votre famille ne devait jamais sortir le jour ? Vos proches devaient avoir votre..zut pardon...ton regard, non ? Si tout le monde le savait, pourquoi...te cacher la vérité ? J'avoue que vous...pardon : tu m'intrigues...Dans le genre extraordinaire, tu places la barre très haut avec cette histoire de sang quotidien sans que tu ne comprennes...à côté, je fais pale figure...oups pardon, le jeu de mots était bien involontaire. »

Mon rire éclata au cours de son discours, ainsi qu’à travers cette petite plaisanterie de sa part. Je me doutais qu’elle n’avait pas pour but de me déplaire. Je supposais qu’elle ne s’était pas vraiment rendue compte de ce qu’elle venait de dire sur le coup. De plus, il y avait beaucoup de choses à répondre dans son discours. Cependant, je pouvais voir que son sourire était revenu, comme ce que j’attendais. J’avais donc visé juste sur le fait de me dévoiler légèrement pour que la demoiselle puisse envisager autre chose. Cette pensée me rendit heureux et cette douleur au fond de mon ventre disparut subitement.

« Tu ne dis pas de bêtises. Ma famille ne sortait pas le jour. Nous avions tous ce regard qui rappellent le sang de toutes ces victimes. De plus, je dois t’avouer que je ne sais pas vraiment la cause de ce mensonge.  Je présume que ma famille désirait que je sois un simple petit garçon docile et non pas un meurtrier ? Il est vrai que je n’ai rien vu. Mais il faut dire que ma famille a tout fait pour que je ne sache rien. Aucune sortie en extérieur, sauf la nuit. Je restais confiné dans notre maison continuellement. Je n’avais pas le droit de poser trop de questions, sinon je me faisais réprimer sévèrement. » Un frisson me parcourut. « Je dois dire que mes parents n’y allaient pas de main morte quand je posais trop de questions sensibles. Mais c’est ma vie. »

Son doux gazouillement était revenu, ainsi que son sourire angélique. La belle Kaen était de retour de mille feux. De plus, à travers mon discours, je me rendis compte que je venais de raconter plus en détails ma vie passée. Depuis mon arrivé, je ne l’avais pas encore fait une seule fois. Je n’osais aborder ce sujet qui me semblait sensible. Il faut dire que dans mon discours, j’évite le véritable sujet tabou. Ma chère et tendre amie qui a essayé volontairement de mettre fin à mes jours..

Mes yeux s'assombrirent un instant en songeant à cette scène qui hante mes journées et mes nuits. Je ne pouvais que y faire face, misérablement.


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Kaen

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MessageSujet: Re: Du soleil, quelques livres et une rencontre atypique (Privé)   Jeu 28 Avr - 21:00

Du soleil, quelques livres

et une rencontre atypique



Von Snorri et Kaen




Les puissants rayons du soleil écrasent le bâtiment dans un chaleur insoutenable pour le commun des mortels. Les habits d'été commencent à sortir, certains ont tout juste le courage de courir à leur chambre se changer de peur que leur corps ne fondent presque sous l'effet de cette accablante température.

Du haut de leurs poutres, les deux jeunes gens s'isolent du monde et seule la demoiselle demeure imperturbable face à la canicule, sa peau brunie semblant prouver combien elle y est habituée. L'astre du jour vient frapper sur son épiderme avec douceur tandis que sa robe de neige semble vouloir attraper brillance et élégance.

La voix du garçon atteint l'esprit de l'adolescente et sa suggestion comme quoi elle pourrait rencontrer son âme sœur et vivre un conte de fée au sein de ce bâtiment déclenche sa légère hilarité. Elle n'aurait jamais osé penser une chose pareille, persuadée qu'elle ne le mérite en rien et elle doute que cette école soit propice à ce type de relations. Du moins rectifie t-elle le tir : elle n'a pas le droit d'espérer ne serait que effleurer ce rêve du bout des doigts.

Elle sait bien que son sourire permanent cache au fond une grande souffrance mais elle ne peut faillir à sa promesse qu'elle a tenue à la douce femme malienne lui ayant redonnée courage. Si elle tombait dans le gouffre du désespoir alors ses bourreaux auraient gagné et il lui est impossible de leur accorder une telle victoire au nom de ses proches qui l'ont défendue envers et contre tous. Il est temps que sa famille retrouve l'honneur après des années de persécutions et de mépris du seul fait de sa différence.

La logique voudrait qu'elle se confie à quelqu'un pour espérer se décharger un peu du poids de son passée mais personne n'a pu acquérir sa confiance jusqu'à présent. Seuls le directeur de l'établissement et sa protectrice savent tout d'elle sans qu'elle n'ait eu besoin d'ouvrir la bouche, leur magie étant infiniment puissante au point de lire dans les esprits sans aucune difficulté. Autrement, personne ne connait son histoire et encore moins les détails sordides.

Ses pensées s'estompent pour finalement revenir en direction du jeune homme. Un tendre sourire se dessine sur le visage bronzé de la magicienne rousse et sa voix aussi chantante que celle d'un oiseau revient offrir quelques mots à l'atmosphère.

- Hihihi, j'ignore si je suis capable d'assurer cette "tradition familiale" mais allez savoir ce que réserve l'avenir. Je ne sais pas s'il existe un esprit aussi ouvert que semble l'être le vôtre. Tiens, à propos de personnes étrangère, de quelle contrée venez-vous ?


Si elle donne le change avec son éblouissant sourire, elle est convaincue que sa première phrase est factice. Comment pourrait-elle espérer quelqu'un qui voudrait partager la vie d'une sorcière maudite au pouvoir immensément dangereux ?

Si elle attire quelques regards de par son physique et ses jolies formes, les pensées sont bien trop limpides pour qu'elle se donne la peine de vouloir les côtoyer. Les yeux brillants de malveillance et autre perversité ne mentent pas sur les émotions assaillant les concernés à ces moments-là. Elle se souvient d'une fois particulièrement humiliante où un homme de son âge avait tenté de l'aborder avec délicatesse et courtoisie. Néanmoins, sans qu'elle ne sache pourquoi, quelque chose dans son attitude lui soufflait qu'il n'était pas naturel. S'excusant poliment, elle a trouvé un moyen de s'esquiver quelques instants. Se servant de son don, elle a pu lire les messages de l'adolescent affichés sur son téléphone.

Le dégoût a gagné son cœur en comprenant qu'il s'agissait d'un pari avec ses amis comme quoi il réussirait à embrasser, voire plus si affinités, la prétendue fille du Diable. La bande d'adolescents l'avaient repérée au centre commercial et séduits par son physique, ils se sont lancés des défis sans jamais envisager le sérieux avec une possible sorcière. Bizarrement, son appareil s'est tout de suite éteint pour ne jamais se rallumer avant que son lecteur mp3 n'en fasse de même.

Depuis sa naissance et à cause de ses nombreuses différences, elle a été violemment assailli par le mal à l'état pur, seuls ses proches ne souhaitaient que son bonheur, les autres lui offrant haine et mépris comme tout présent.

Von est l'unique exception à la règle qu'elle a connue en dehors de sa famille, la femme l'ayant emmenée ici et le directeur. Insultée ou rouée de coups tout au long de son existence, elle ne connait que trop bien la folie des esprits étriqués mais elle n'aurait jamais imaginé rencontrer quelqu'un d'aussi ouvert que le garçon, surtout en ce lieu où ce lieu si étrange où le surnaturel n'est pas toujours bien accepté bien qu'il se côtoie tous les jours.  Elle-même se demande comment elle a pu résister à de tels traitement sans sombrer dans l'obscur. Au contraire, elle n'a jamais voulu devenir comme ses bourreaux incapables de voir des bienveillances dans ses différences.

- Je pense qu’il n’y a aucun mal à poursuivre cette tradition familiale. Et pour répondre à votre question, je suis originaire d’un pays du Nord. Il est vrai que ma langue maternelle n’est pas le japonais, mais j’ai fini par me faire une raison à force d’écouter les conversations des autres.


La voix de l'adolescent la sort de sa torpeur et son visage mat affiche un grand sourire étincelant. Ainsi donc, il serait né dans le Nord du monde alors qu'elle est originaire des contrées Sud ? Néanmoins, le japonais n'est pas sa langue maternelle tout comme elle et intérieurement, elle s'en sent rassurée. Il lui est arrivé que certaines personnes la regardent de travers à cause de son accent étranger, bien qu'elle maitrise très bien la grammaire et autres complexité du pays du soleil levant. Ses paroles gazouillantes reviennent chatouiller l'air avec mille tendresses.

- Hihihi, je doute que beaucoup soient intéressés par une fille ayant une dizaine de cultures différentes, ça en fait trop d'un coup. Le japonais n'est pas ma langue maternelle non plus, je l'ai appris en venant ici mais comme j'en maitrisais déjà neuf, j'ai pu vite apprendre celle-ci. Un pays du Nord...Un suédois, un danois ou un finlandais peut-être ? J'avoue que j'adorerais en savoir plus sur les langues et mœurs de ces contrées.


Doux et sincère, son discours signe aussi la fin d'une situation presque idyllique. Un flux de souvenirs désagréables frappe violemment ses pensées  et ses prochains mots sont ponctués par une soudaine tristesse, disant qu'elle n'a pas le droit de s'en plaindre, semblant dire que les malheurs des autres valent bien plus que les siens au point de négliger son bien-être.

L'espace d'un instant, son sourire vacille comme une mauvaise image sur un téléviseur et bascule dans la peine. Une ombre malveillante invisible glisse entre les deux jeunes gens en espérant s'installer confortablement  et les laisser à leur gêne. Le tout n'a duré qu'une seconde ou deux mais suffisamment pour être repéré par le regard affurant des gens de sa nature.  Si son sourire donne le change en permanence, ce bref instant de faiblesse lui a été fatal puisqu'il a été attrapé au vol par les yeux perçants du garçon.

Elle sait bien qu'elle devrait se libérer d'un poids immense qu'elle porte depuis bien trop longtemps en se confiant à quelqu'un mais personne n'a été digne de cette confiance, le monde s'acharnant plutôt à transformer sa vie en un cauchemar permanent.  Elle n'ignore pas que ce état de fait pourrait la nuire mais elle préfère prendre ce risque plutôt que de dévoiler sa terrible histoire à une personne ne le méritant pas au final. Elle ne tient absolument pas à ce que son passé soit divulgué sur tous les toits bien que quasiment le monde entier semble être convaincu de ses prétendus dons en sorcellerie ou sa possible filiation avec le Diable.  

Son corps émet un court sursaut et ses yeux dorés s'écarquillent de surprise lorsque le jeune homme se lève soudainement avec une grâce incroyable. Ses jambes s'élancent sans difficultés vers la poutre où la demoiselle se trouve et sans hésiter, s'assoit à ses côtés avec un naturel déconcertant. Ses paupières papillonnent sous le coup de l'incompréhension avant de se calmer devant l'éblouissant sourire de son interlocuteur. Une douce teinte rose vient s'emparer des joues de l'adolescente, ajoutant une légère touche de couleur sur sa peau déjà bronzée. Si elle savait les pensées habitant son interlocuteur à cet instant-même, nul doute qu'elle serait devenue rouge d'émotions.

Les yeux sanguins de l'adolescent se posent sur les iris d'or de la magicienne rousse sans jamais cesser de lui offrir un magnifique sourire. Ses joues rosissent légèrement et avant même qu'elle n'ait le temps d'ouvrir la bouche, Von part dans un long discours qu'il ne lui jamais offert depuis le début de leur rencontre. S'échappant de sa réserve naturelle, il s'exprime avec une facilité extraordinaire. Les mots s'alignent les uns après les autres sans jamais perdre de leur logique.

Il débite un monceau de sa vie, lui confiant des faits devant être bien difficiles à porter. La tête légèrement penchée sur le côté, elle l'écoute attentivement, voulant se souvenir de chacun de ses termes et retenir son passé. Aucun soupçon de mauvaises intentions ne s'échappe de son être si bien que la magicienne sait qu'elle n'a rien à craindre de lui.

En analysant son récit, elle se rend bien compte combien son histoire n'est pas banale. Qu'il soit né vampire ne l'étonne pas puisqu'elle l'avait percé à jour assez facilement mais en revanche, qu'il l'ait ignoré jusqu'à tout récemment la surprend sincèrement.  Comment un être de la nuit a t-il pu rester autant dénué de connaissances sur sa propre nature ?

Les romans peuvent être un ramassis de clichés mais dans tous ceux qu'elle a lus où il est question de ces créatures immortelles, elle n'en a jamais vu une qui ne savait pas l'être à la base. C'est comme imaginer le comte Dracula vivre comme un être humain normal sans jamais se connaître, le livre aurait eu bien moins de succès avec une telle idée.

Une fois son discours terminé, les paupières de la demoiselle papillonnent quelques instants comme pour remette de l'ordre dans ses pensées avant qu'un tendre sourire ne naisse sur son visage bruni par le soleil. Un doux éclat vient se nicher dans son regard à la couleur inhabituelle mais ô combien précieuse.

- Pardonnez mon vouvoiement mais bien que vous ayez 19 ans humains, je suis tout juste rendue à mes dix sept printemps, vous êtes mon ainé mais je vais essayer de faire un effort.


Si avec sa nature vampirique, le garçon doit avoir quelques années de plus qu'elle, leur différence d'âge humaine reste minime. Qu'importe qui est le plus mûr des deux en termes d'expérience de vie, ils sont encore dans le plein éclat de la jeunesse dont l'une est éternelle.

L'adolescent reprend la parole pour divulguer son avis sur la question à la grande joie intérieure de son interlocutrice.

-Si le tutoiement t.. te dérange, on peut rester sur le vouvoiement. Pour moi, je trouve qu’apporte une barrière invisible en plus le vouvoiement. Je trouve ça bien dommage. Les êtres vivants sont fait pour cohabiter ensemble, pas apporter des barrières superflues. Enfin, tout dépend du point de vue.


Un doux rire s'échappe de la gorge de la demoiselle, non pas pour se moquer du jeune homme mais parce qu'il parle avec raison et qu'elle se rend compte que le vouvoiement excessif peut aussi être gênant. Elle incline la tête devant lui en signe d'infini respect et sa voix chantante revient planer dans l'air.

-Cette manière de raisonner est tout à fait vrai. Je suis tellement habituée à vouvoyer que c'en est devenu naturel mais à nos âges respectif, il est en effet plus logique de passer par le tutoiement.

Afin de pouvoir répondre du mieux possible au discours du garçon sans avoir à froisser son histoire, la jeune fille s'arrête quelques secondes afin de trouver ses mots avec soin. Elle souhaite rendre ses propos le plus clairvoyants possible afin que l'incompréhension ne soit plus une barrière entre eux et par dessus tout, elle ne voudrait pas le blesser même de manière involontaire. Elle finit alors par se lancer lentement, certaine que le passage au tutoiement sera ponctué de quelques difficultés du à son habitude du vouvoiement.

-  Je dois avouer que je n'avais jamais entendu parler de...d'un vampire...qui...qui s'ignore en quelque sorte. Comment avez-vous...pardon, as tu pu ne rien voir ? Je dis peut-être des bêtises ou des clichés mais votre famille ne devait jamais sortir le jour ? Vos proches devaient avoir votre..zut pardon...ton regard, non ? Si tout le monde le savait, pourquoi...te cacher la vérité ? J'avoue que vous...pardon : tu m'intrigues...Dans le genre extraordinaire, tu places la barre très haut avec cette histoire de sang quotidien sans que tu ne comprennes...à côté, je fais pale figure...oups pardon, le jeu de mots était bien involontaire.

Si ses joues mates se teintent d'un doux rose au fur et à mesure de son discours, les éclats de rire spontanés de son interlocuteur la font rougir davantage lui conférant un doux charme. Elle papillonne légèrement des yeux, tentant de se souvenir de ses mots afin d'y déceler une possible raison de déclencher l'hilarité sans réellement y parvenir. Sa plaisanterie involontaire augmente la rougeur de son visage lorsqu'elle saisit combien cette expression était inappropriée vu la nature de son interlocuteur.

Néanmoins, la subite bonne humeur de l'adolescent suffit à lui redonner la sienne, s'insufflant en son âme avec ardeur. Son éclatant sourire revient prendre sa place sur ses fines lèves rosées et l'or de ses yeux brille de plus belle encore.  Lorsque le jeune homme reprend son discours, elle l'écoute avec mille attentions, semblant possédée par l'incarnation de la joie.

- Tu ne dis pas de bêtises. Ma famille ne sortait pas le jour. Nous avions tous ce regard qui rappellent le sang de toutes ces victimes. De plus, je dois t’avouer que je ne sais pas vraiment la cause de ce mensonge.  Je présume que ma famille désirait que je sois un simple petit garçon docile et non pas un meurtrier ? Il est vrai que je n’ai rien vu. Mais il faut dire que ma famille a tout fait pour que je ne sache rien. Aucune sortie en extérieur, sauf la nuit. Je restais confiné dans notre maison continuellement. Je n’avais pas le droit de poser trop de questions, sinon je me faisais réprimer sévèrement. Je dois dire que mes parents n’y allaient pas de main morte quand je posais trop de questions sensibles. Mais c’est ma vie.


Surprise et compassion traversent délicatement le regard de la magicienne aux cheveux de feu. Il faut avouer que la famille du garçon semble vraiment très douée pour réussir à lui cacher une telle vérité pendant des années sans jamais se trahir.  Un soupçon d'admiration nait aussi dans les beaux yeux de la jeune fille. Connaissant aussi le lourd poids du passé, elle ne sait que trop bien combien cela doit être difficile de tant en révéler sur soi.

Elle voudrait ouvrir la bouche pour oser répondre au discours du vampire mais le changement d'expression de celui-ci l'arrête dans son élan. Un air sombre traverse ses yeux sanguins et le plus effroyable de ses souvenirs semble vouloir revenir sur le devant de la scène.

Avançant d'abord la main, la demoiselle finit par la reculer, pressentant que leur contact n'est peut-être pas assez proche pour que Von apprécie son initiative. Portant l'un de ses doigts à ses lèvres, elle plonge rapidement dans ses réflexions, cherchant ses mots pour ne pas blesser plus encore son compagnon de rencontre.

Après quelques secondes, un doux sourire plus timide se peint sur son visage mat et elle fait tout son possible pour transmettre des belles ondes au cœur sans doute meurtri du jeune homme. Sa voix est aussi gazouillante qu'à l'ordinaire bien que le sujet soit plus grave que les précédents évoqués.

-Je comprends...Ta famille avait sans doute ses raisons de tout te cacher...Tu as dû être déboussolé et bouleversé lorsque tu as su la vérité...C'est sans doute indiscret mais...je sens que quelque chose d'autre te tourmente...Je ne sais pas, une impression de... de trahison semble émaner de toi...Quelque toi comme toi ne mérite pas cette tristesse ces possibles douleurs.

Des paroles pouvant sembler ironiques si le garçon pense à la jeune fille qui elle-même souffre d'un lourd passé sans jamais oser l'avouer mais l'innocence de la magicienne est telle qu'elle ne se rend pas compte de sa légère contradiction.

Levant légèrement les yeux, elle aperçoit les dangereux rayons du soleil commencer à tomber droit sur l'adolescent. N'écoutant que son cœur, elle se lève rapidement pour se placer devant lui, parant de son corps frêle la puissante chaleur de l'ennemi naturel de l'être vampirique. Habituée à la force infinie de l'astre du jour, elle n'émet aucune faiblesse physique et pourtant la canicule la frappe de plein fouet de là où elle est désormais.

Les pieds en équilibre sur une étroite poutre, debout devant Von, elle n'est habitée par aucune crainte de tomber ou autre et pourtant sa position est infiniment dangereuse avec le peu d'espace qu'elle lui permet d'occuper.

Les ardents rayons solaires sont arrêtés par son dos couvert de sa légère robe blanche mais la font baigner dans une douce luminosité, valorisant de plus belle son teint mat, sa chevelure enflammée et ses yeux couleur de l'or. Son sourire est toujours aussi beau sous la chaleur du compagnon de la lune tandis qu'elle tente de lui transmettre joie et sentiment de sécurité à ses côtés.

Elle sent son rythme cardiaque augmenter doucement tandis que ses joues rougissent instinctivement de se retrouver dans une telle situation, elle debout devant lui et ses jolies formes à hauteur des yeux. Non pas qu'elle pense que son camarade soit porté sur ce genre de jeux malsains mais la situation reste légèrement intimidante pour n'importe quelle adolescente se trouvant face à un jeune homme plaisant alors que son corps est en plein développement.

Pourquoi a t-elle l'impression que cette rencontre ne sera jamais comme les autres ?
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MessageSujet: Re: Du soleil, quelques livres et une rencontre atypique (Privé)   Mar 10 Mai - 18:58



Du soleil, quelques livres et une rencontre atypique

Avec Kaen


L’amusement semblait s’installer entre les deux personnes. En effet, il était assez amusant de savoir que l’un venait d’un pays du Nord tandis que l’autre venait d’un pays du Sud. Probablement que l’éclaircissement de la peau jouait aussi dans cette drôlerie peu commune. De plus, on pouvait presque calquer cela avec le comportement de moi et de Kaen. La demoiselle semblait tellement enjouée et pleine de vie, que je devais faire pale figure à côté d’une telle boule de chaleur. Il faut dire que la demoiselle avait une forte présence et elle ne pouvait que m’écraser.

Il faut dire que je n’étais pas doté d’une réelle présence. Ma famille m’avait appris explicitement que je ne devais point me mettre en valeur face à une quelconque personne. Par conséquent, ma présence est relativement moindre comparée à n’importe quelle personne. Cependant, ce n’est pas pour me déplaire. Avec cela, je suis capable de mesurer les paroles de la personne en face de moi. Il faut dire que celle-ci est souvent bien obligée de me parler longuement. Ma timidité naturelle ne peut pas être vaincue en une seule fois.

La chaleur semblait toujours à son apogée, tandis qu’une goûte de sueur coulait le long de mon front. Je suis bien heureux que cet endroit puisse être protégé des rayons solaires meurtriers. Et je m’en fiche quelque peu de la façon dont cela fonctionne. Cela me permet simplement de me balader dans tout cet espace sans avoir peur qu’un rayon de soleil apparaisse au milieu de mon chemin et me bloque l’accès. Je pourrais être bien triste de ma situation à vivre dans de telles conditions, mais il me semble que j’ai fini par m’habituer. Je vis simplement avec aujourd’hui.

Notre conversation venait de dériver sur nos origines respectives. Nous pouvons nous contenter de celles approximatives, mais n’est-il pas plus amusant d’apprendre plus de choses avec de nouvelles têtes et personnalités ?  La demoiselle m’en avait déjà beaucoup dit sur elle-même. Son passé de globetrotteuse pouvait en faire  pâlir plus d’un.  Cependant, cela ne coupait pas l’intéresser que je pouvais porter à cette demoiselle qui m’intriguait continuellement. Je suppose que cela ne soit pas en mal, Kaen ne m’avait rien fait de mal. Je ne pouvais donc souhaiter que son bonheur, et rien d’autre.

« Hihihi, je doute que beaucoup soient intéressés par une fille ayant une dizaine de cultures différentes, ça en fait trop d'un coup. Le japonais n'est pas ma langue maternelle non plus, je l'ai appris en venant ici mais comme j'en maitrisais déjà neuf, j'ai pu vite apprendre celle-ci. Un pays du Nord...Un suédois, un danois ou un finlandais peut-être ? J'avoue que j'adorerais en savoir plus sur les langues et mœurs de ces contrées. »

L’envie de la demoiselle semblait grimper au cours de la conversation. Kaen semblait intriguer par ma personne.  Il faut dire que les pays du Nord ne devaient pas être sa destination durant tous ces voyages durant son enfance. Ce n’est d’aucun problème, si la demoiselle accepte bien de converser avec moi légèrement plus longtemps. Je pourrais lui conter les légendes de mon pays, les personnes que je pouvais rencontrer quand j’en avais l’occasion, les mœurs de mon pays, les danses et autres divertissements forts intéressants, je trouve.

« Je suis impressionné de voir que vous aviez appris le japonais aussi rapidement. J’ai encore quelques difficultés personnellement, mais je présume que ça vient avec le temps. Vous n’êtes pas loin. Je suis Norvégien. Je pourrais vous conter mille choses sur ce beau pays. Mais il me faudrait un peu plus de temps. Mise à part, si votre temps n’est pas compté ? Sans mauvais jeu de mot bien sûr. »

Mon expression n’était pas volontaire et pourtant, je ne désirais en aucun cas voir sa mort programmée dès maintenant. J’avais, de plus, peur que de parler de mortalité la ramène à des souvenirs douloureux dont elle ne veut faire face. Il était clair que la demoiselle cachait un passé  bien sombre. Il faut dire que quand celle-ci m’a décrit son pouvoir, je pouvais bien sentir cette légère tension où des êtres malfaisants auraient pu lui faire grand mal.  Cette pensée ne me plaisait guère, tandis que mon regard restait plongé sur la demoiselle.

Une lueur déplaisante apparût au creux de ses prunelles. Et son sourire si idylle semble disparaître le temps d’un instant, se perdant dans les méandres de la vie. Cependant, cette disparition si soudaine ainsi que ces paroles qui ne m’étaient pas destinées me paraissaient très étranges. La demoiselle semblait bien cacher quelque chose de bien pire au fond d’elle et sa manière de masquer les choses  paraissait s’effondrer petit à petit au cours des remarques des personnes au alentour.  

Emu par ce combat intensif au fond d’elle-même, je me levai en guise de soutien pour la demoiselle. Je m’assis à ses côtés sans hésiter une seule seconde.  Mon regard se plongeait dans les yeux de la demoiselle pour lui montrer que je pouvais être son épaule pour quelques instants si cela lui chantait. Même si je ne devais pas être la personne la plus apte à ce genre de situation. De plus, la réaction de la demoiselle m’étonna de même. En fait, je devrais dire qu’entre nous deux, ce fut la demoiselle qui fut la plus surprise. Ses yeux s’écarquillèrent à mon arrivé si soudaine sur sa poutre.

Pour ne pas la laisser tourmenter sur ce que je supposais être son passé, j’entrepris de raconter un bout de ma vie. Il n’y avait pas grand-chose à dire, mais je devais bien dire mon histoire n’était pas des plus communes. Je supposais qu’avec cet acte, la demoiselle n’envisage plus de penser à ce qui la hante le temps d’un instant. Pouvoir se vider totalement l’esprit de ce qui tourmente est quelque chose de complexe. Je n’en suis toujours pas capable. Il faut dire que cela ne fait que quelques semaines que cette épreuve m’arriva dans la figure. Probablement que je finirais par me faire une raison.

Kaen ne semblait pas y croire, et cela attisa sa curiosité d’autant plus. Cela était en quelque sorte un léger mal pour moi, pour un bien pour la demoiselle. J’espérais simplement que Kaen n’éprouve pas  de pitié pour ma personne. Je ne me considère pas comme quelqu’un ayant eu une vie difficile. J’ai eu une vie normale comme de nombreuses personnes, contenant des hauts et des bas. Je ne peux me permettre de m’apitoyer sur mon sort, sûrement que de nombreuses personnes souffrent bien plus que moi. Je m’estime donc heureux de ce que j’ai vécu, malgré mon incompréhension total des événements récents.

Le rappel de ces événements me pris légèrement au cœur, me sentant totalement impuissant face à tout ce que se passe. Mes yeux sombrèrent quelques instants dans une certaine torpeur,  laissant ma compagnie seule le temps de mon incompréhension. Il était certain que la demoiselle avait remarqué ce changement d’ambiance, qui semblait relativement ambivalente suivant l’humeur de tout un chacun. Je pouvais voir, pourtant, un léger sourire se peindre sur les lèvres de la demoiselle, comme s’il m’était adressé spécialement. Il en était presque plaisant de la regarder aussi joyeuse et timide à la fois.

« Je comprends...Ta famille avait sans doute ses raisons de tout te cacher...Tu as dû être déboussolé et bouleversé lorsque tu as su la vérité...C'est sans doute indiscret mais...je sens que quelque chose d'autre te tourmente...Je ne sais pas, une impression de... de trahison semble émaner de toi...Quelque toi comme toi ne mérite pas cette tristesse ces possibles douleurs. »

Ma voix était quelque peu monotone, sans vraiment d’émotions dedans, malheureusement.

« Je ne considère pas ma vie triste. J’ai eu cette vie, j’ai une famille, j’avais des amis. Je n’étais pas malheureux. Pourtant, t.. tu as raison. Il y a bien une trahison qui s’est faite dernièrement. Elle est d’ailleurs la raison de ma venue ici. Je ne saurais comment l’expliquer. »

Les rayons venaient de déplacer quelque peu et j’allais rapidement être en proie face à mon destin monstrueux. Cependant, la demoiselle se leva d’un bond, mettant une barrière entre ce destin fatidique et ma propre personne. Tout son corps semblait s’illuminer, l’embellissant d’autant plus. La situation était tout de même gênante, la demoiselle était placée bien plus haut que moi-même. Je devais donc lever les yeux pour capter son regard. Cependant, je pouvais discerner parfaitement ses courbes et une légère teinte de rouge apparut le long de mes joues. Je m’efforçais de ne pas paraître pour un quelconque pervers.

J’essayais de laisser ma voix telle qu’elle était. Retrouvé mes émotions, la demoiselle semblait tant y faire pour me faire retrouver tous ces petits plaisirs. Allais-je la laisser dans cette tentative désespérée ? Je n’étais pas si fourbe et vilain que cela, enfin je le suppose. La demoiselle venait de me secourir en quelque sorte, malgré le fait que ces vitres spéciales me protègent.  Cette action simple me touchait, car Kaen semblait ne pas vouloir que je sois en peine pour quoique ce soit. Probablement que nos sentiments sont réciproques et que cela fait parti de nos premières impressions.

« Probablement que cette personne avait une bonne raison de me trahir. Mais je dois dire que je n’arrive pas à comprendre cette raison. Elle m’ait inconnue, et pourtant j’essaye continuellement de savoir qu’est-ce qu’elle pourrait être ? Mmh. Je suis désolé de devoir m’étaler sur ma vie de la sorte. Tu. Tu auras dû mal à m’aider, je suis encore trop mystérieux pour cela. Cependant, merci m’écouter. Cela fait chaud au cœur. »

Un faible sourire s’installa sur mon visage. Je baissai mon regard en direction du sol, comme pour échapper à son regard.

« Tu sais.. Les fenêtres ici sont spéciales.. Elles me protègent des rayons du Soleil. Mais c’est très plaisant que tu viennes de me.. protéger de la sorte. »

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Kaen

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MessageSujet: Re: Du soleil, quelques livres et une rencontre atypique (Privé)   Mar 10 Mai - 22:44

Du soleil, quelques livres

et une rencontre atypique



Von Snorri et Kaen




La coïncidence déclenche une légère sensation d'amusement venant s'immiscer dans le cœur des deux jeunes gens. Si le garçon est originaire des pays du Nord, au vu de sa peau pâle et de son accent plus grave, la demoiselle est tout son contraste. Marquée par les puissants rayons du soleil de par son bronzage éternel, la demoiselle émet les mots avec une chaude tonalité que certains disent propres aux gens du Sud. C'est comme si l'astre solaire ayant toujours baigné sa vie se transmettait à travers sa douce voix et sa peau brune.

Si un lourd passé joue à cache-cache dans l'âme de la jeune fille, il est cependant mis à mal par la joie de vivre qu'elle dégage malgré elle. Sur les conseils d'un des trop rares êtres humains ayant cru en elle, cette émotion au préférable à l'abattement tant espéré par ses bourreaux. Sourire pour déconcerter la face ricanant et méprisante du monde, lui offrir beauté et lumière pour contrer les ténèbres des innombrables tortures vécues.

En temps habituel, elle rase les murs pour éviter de gêner quiconque mais ses cheveux roux sont trop flamboyants pour demeurer dans la discrétion. Les adolescentes lancent leur venin, crachant des mots empoisonnés et des insultes comme pour mieux espérer se valoriser face à celle qu'elles considèrent avec haine une rivale pour l'attention des garçons. Les jeunes hommes sont nombreux à lui tourner autour mais aucun n'a obtenu une réponse, ne serait-ce qu'un minimum positive, tous ont subi l'affront de l'échec et tous brûlent de revanche.  Malgré sa réserve et sa timidité naturelle, son physique atypique la dote d'une lourde présence qu'elle aimerait pouvoir effacer.

Comme en ce moment d'ailleurs. Elle souhaiterait que son existence soit réduite pour que celle de son compagnon de rencontre puisse se révéler au grand jour. Elle désirerait avoir la capacité de s'écraser pour laisser place aux grands méritants de ce monde. Pour ses pensées tourmentées par une histoire des plus douloureuses, le jeune vampire en fait partie. De par ses questions et ses discours raccourcis, la magicienne à la chevelure de flamme se sent obligée de verser de forts débits de paroles avant de les regretter presque aussitôt de peur d'en dire trop ou d'ennuyer son interlocuteur.

Sans qu'ils ne puissent contrôler quoi que ce soit, la conversation finit par dériver sur leurs pays de naissance. Si Von a avoué être originaire du Nord, la demoiselle cumule une dizaine de cultures différentes de par sa famille globetrotteuse, assoiffée  par la découverte des autres et la richesse de leurs apports.

Elle fait d'ailleurs part de son amusement quant à l'idée qu'un homme puisse s'intéresser à une jeune fille comme elle, certains trop intimidés par ses diverses connaissances sur les pays dont elle est originaire ou a visité tandis que d'autres ne peuvent admettre une quelconque forme de supériorité de la part d'une femme. Les plus odieux ont tenté de rabaisser le danger qu'elle représentait pour leur intellect en déversant paroles sexistes et poison discriminant, insinuant lourdement que sa place est aux pieds de l'homme. Inutile de préciser que suite à la panne générale et spontanée de tous les appareils autour d'eux, dont leurs objets personnels, ils ne sont pas attardés sur le débat.

Polyglotte assumée, elle maitrise dix langues sans grandes difficultés et le japonais est sa plus récente acquisition intellectuelle. Si son accent démontre une origine étrangère à celle du pays du soleil levant, son physique le confirmant de toutes façons, sa grammaire et sa prononciation sont quasiment sans défauts.

Intriguée par l'origine nordique de son jeune compagnon de bibliothèque, elle essaye de deviner ses contrées de naissance tout en avouant son intérêt pour les connaissances que ce pays peut lui procurer, confirmant bien là la soif d'enrichissement culturel propre à sa famille.

- Je suis impressionné de voir que vous aviez appris le japonais aussi rapidement. J’ai encore quelques difficultés personnellement, mais je présume que ça vient avec le temps. Vous n’êtes pas loin. Je suis Norvégien. Je pourrais vous conter mille choses sur ce beau pays. Mais il me faudrait un peu plus de temps. Mise à part, si votre temps n’est pas compté ? Sans mauvais jeu de mot bien sûr.

Un doux sourire se dessine sur les lèvres rosées de l'adolescente et un très léger rire lui échappe quant à la plaisanterie involontaire du jeune homme. Il est vrai que comparé à lui, dont l'immortalité colle à la peau, sa vie se réduit de jour en jour mais avec le pouvoir dont elle dispose et les capacités d'inventions de l'être humain, elle sait qu'il y a de fortes chances qu'elle vive jusqu'à un âge fort avancé à moins d'obtenir la jeunesse éternelle entre temps.  Elle incline lentement la tête et son accent chantant revient prononcer une réponse.


- Rien de mieux que de s'immiscer dans un pays pour en connaitre la langue, ou du moins être forcé à l'apprendre. Je ne perçois pourtant aucune difficultés de langue chez vous.  Personnellement, je pense m'accorder autant de temps que nécessaire pour en savoir plus sur votre belle Norvège natale.  Je pourrais aussi vous raconter ce que vous souhaitez sur les pays dont sont originaires tous mes proches et moi-même.


Un bien bel échange que voilà pour deux amoureux des richesses de la connaissance. L'un peut raconter les mœurs et coutumes de son pays nordique quand l'autre peut lui enseigner une dizaine de cultures. La proposition est fort alléchante pour ce duo assoiffé d'en savoir plus sur leurs différences culturelles mais pourtant si complémentaires au fond.

Si son magnifique sourire semble pourtant indestructible, il vacille l'espace d'un instant tandis qu'un mauvais souvenir plonge en son esprit dans un éclat de rire sadique. Elle avait presque failli oublier que la différence est loin d'être toujours pardonnée et qu'elle peut aussi apporter son lot de souffrance infinies. Une lueur de tristesse traverse son regard doré et sa détermination est ébranlée durant quelques secondes.  Pourtant, sa joie de vivre est sincère désormais alors pourquoi faut-il toujours que le passé revienne la hanter ?

Les yeux carmin perçants du jeune homme attrapent instantanément son combat intérieur et son cœur le pousse à lui procurer mille soutiens, aussi discrets puissent-ils être. Ses jambes se dressent dans un lever brutal avant qu'elles ne marchent dans sa direction et n'incitent leur propriétaire à les plier pour qu'il puisse s'assoir à ses côtés. Surprise par son geste spontané et sa gentillesse cachée, la magicienne rousse laisse son regard s'écarquiller sous le coup de l'émotion.

Elle n'a pas le temps d'ouvrir la bouche que déjà, il s'accapare l'atmosphère dans un désir évident de lui conter une partie de sa vie. Émue à la fois par sa générosité et son histoire, elle sent son rythme cardiaque s'accélérer. Un vampire qui s'est ignoré ainsi jusqu'à très récemment est loin d'être un passé banal. C'est comme imaginer le comte Dracula sans cette caractéristique sanglante, le roman n'aurait pas connu un telle succès si l'écrivain avait osé un personnage dont la nature lui a toujours été inconnu et menant une existence presque banale jusqu'au jour où tout se déclenche.

Si la demoiselle ne peut réellement comprendre les raisons de la famille de Von à lui cacher une telle vérité, lui-même l'ignorant, elle perçoit une plus grande souffrance qu'il ne veut bien en révéler. Elle sent un parfum de trahison baigner autour de son âme. S'il en était l'investigateur, elle ne serait pas si visible pour la sensibilité de l'adolescente alors il ne en être que la malheureuse victime.

D'ailleurs, le rappel de ces tristes évènements arrachent toute joie du visage du vampire durant un instant. Ses pupilles sanguines se voilent dans un dessin plus sombre pour plonger droit dans la torpeur des souvenirs. Elle ne pouvait lui reprocher ce léger changement d'ambiance, elle-même l'ayant amené quelques minutes auparavant.  Le laissant dans son intimité pendant un temps, elle finit par lui adresser un doux sourire à la fois joyeux et timide pour espérer le laisser sortir de sa triste rêverie.

- Je comprends...Ta famille avait sans doute ses raisons de tout te cacher...Tu as dû être déboussolé et bouleversé lorsque tu as su la vérité...C'est sans doute indiscret mais...je sens que quelque chose d'autre te tourmente...Je ne sais pas, une impression de... de trahison semble émaner de toi...Quelque toi comme toi ne mérite pas cette tristesse ces possibles douleurs.

Malheureusement, les impressions ressenties sont belles et bien réelles. Les propos presque indifférents du jeune homme le confirment.

- Je ne considère pas ma vie triste. J’ai eu cette vie, j’ai une famille, j’avais des amis. Je n’étais pas malheureux. Pourtant, t.. tu as raison. Il y a bien une trahison qui s’est faite dernièrement. Elle est d’ailleurs la raison de ma venue ici. Je ne saurais comment l’expliquer.


Il peut y amener autant de monotonie et de tentations de froideur qu'il veut dans ces quelques mots, sa légère hésitation et sa manière d'aborder les choses montrent pourtant combien il a été touché par les évènements. La trahison n'épargne personne et celui qui en est la victime souffre de ses blessures jour après jour sans pouvoir arriver à  mettre une explication sur ce qui a pu concrétiser un tel retournement de veste.

Elle aurait bien voulu répliquer quelque chose mais un étirement soudain de l'astre solaire la pousse à agir selon son bon cœur. Les rayons agissent en toute liberté, leur puissance chaleureuse traversant murs et vitres pour venir tourmenter les faibles corps des êtres vivants. La température grimpe de plus en plus et le soleil s'amuse de son propre sadisme.

Se levant brusquement pour se placer devant le vampire, elle s'érige comme un bouclier protecteur entre lui et son ennemi diurne.  Le compagnon de la lune cherche à brûler son dos mais ne fera qu'effleurer sa peau trop longtemps habituée à ses petits jeux sarcastiques. Tout son être semble briller sous la force solaire tandis que sa robe blanche se colle à elle, épousant ses formes à la perfection.  Heureusement, elle produit suffisamment d'ombre pour ne pas remarquer la légère rougeur montant aux joues du garçon devant sa proximité.  

L'âme humanitaire de l'adolescente la pousse à porter assistance et soutien à ceux en ayant besoin, que le mal soit d'origine physique ou psychologique. Aucun être ne mérite de vivre dans le tourment et si une action toute simple peut aider à évacuer sa peine alors elle pourra s'estimer infiniment heureuse.  Sa tentative de protection aura au moins le mérite de permettre la renaissance des émotions dans la voix de Von

-  Probablement que cette personne avait une bonne raison de me trahir. Mais je dois dire que je n’arrive pas à comprendre cette raison. Elle m’est inconnue, et pourtant j’essaye continuellement de savoir qu’est-ce qu’elle pourrait être ? Mmh. Je suis désolé de devoir m’étaler sur ma vie de la sorte. Tu. Tu auras dû mal à m’aider, je suis encore trop mystérieux pour cela. Cependant, merci m’écouter. Cela fait chaud au cœur.


Elle n'a pas le temps de répliquer que déjà, il s'efforce à peindre un faible sourire sur son visage alors que ses yeux échappent à ses iris couleur de l'or pour se diriger vers le sol comme incapable de soutenir son doux regard.

-Tu sais.. Les fenêtres ici sont spéciales.. Elles me protègent des rayons du Soleil. Mais c’est très plaisant que tu viennes de me.. protéger de la sorte.


Tout à son souhait de protéger le vampire, la jeune fille n'a pas entièrement évolué la situation, occultant que les vitres de l'Académie baignent dans une puissante magie qui empêche le soleil de venir tuer les représentants de sa race immortelle. Une douce teinte rouge s'empare de ses joues brunies avant qu'elle ne rit de bon cœur devant son étourderie.

- Oups pardon, j'avais oublié ce dispositif installé spécialement pour les gens comme toi. Je n'ai pas réfléchi et n'ai voulu que te protéger puisque j'en supporte très bien les effets moi-même.


Contorsionnant son corps avec dextérité, elle s'assoit de nouveau aux côtés du jeune homme. Sans cesser de rosir, elle ose pourtant l'impensable en attrapant délicatement son visage entre ses doigts fins pour forcer ses yeux carmin à venir rencontrer les siens tandis que sa voix chantante revient planer dans l'air.

- Pour ton histoire...Il ne faut pas chercher à savoir le pourquoi d'une trahison. Le plus souvent, il y en a pas vraiment ou elle est incompréhensible pour notre esprit. Aucune raison ne justifie une trahison. Chercher à s'en dévorer l'âme fait plus mal encore. Je suis presque sûre que cette personne elle-même ne sait pas pourquoi elle t'as tourné le dos à ce point. Il arrive parfois que des circonstances changent nos opinions durant un instant pour finalement jeter le bien derrière soi.  Tu ne devrais plus essayer de comprendre ou du moins plus seul. C'est idiot à dire mais je ne veux plus que tu souffres ainsi, tu as dû suffisamment en baver pour porter en plus ce poids. Je désire t'aider de tout mon cœur et le mystère autour de toi ne me fait pas peur. Personne ne mérite pareille torture surtout quelqu'un d'aussi gentil que toi.


Transportée par sa volonté et sa générosité d'âme, la demoiselle ne saisit même pas les possibles doubles sens émotionnels de ses mots et encore moins qu'ils pourraient s'appliquer à sa propre personne, elle qui porte un lourd passé derrière son sublime sourire sincère. Elle souhaite réellement mettre fin aux mille interrogations douloureuses du garçon sans même penser un instant à histoire personnelle qui la tourmente encore et encore. Pour essayer de compenser désespérément le mépris et la haine, elle a donné sans compter et risquant son âme plus d'une fois. Le don de soi est un merveilleux présent mais savoir recevoir n'est pas encore intégré en son esprit, elle qui se sent incapable d'être aimée pour ce qu'elle est.

Ses petits bras entourent timidement la taille du garçon dans un geste de réconfort se voulant infini. Une douce aura baigne autour d'elle et semble vouloir s'immiscer en lui pour mieux l'apaiser. Tendrement amicale et maternelle à la fois, elle le serre doucement contre elle espérant attraper ses tourments à sa place, ou du moins qu'ils puissent s'échapper l'espace d'un instant. Son odeur naturellement fruitée peut remonter aux narines affutées du jeune homme dans une tendre effluve des plus agréables. Son sang circule librement dans ses veines, sans aucun signe de peur ou d'une quelconque crainte bien cette partie sensible de son anatomie soit placée à proximité des crocs dangereux d'un vampire. Prouvant par là qu'elle a toute confiance en lui, la demoiselle n'hésite pas à jouer avec le feu comme pourrait le qualifier certains.  

Elle ne désire ne lui apporter que réconfort et joie, puisse t-elle se sacrifier pour exaucer ce vœu. Pourtant ce  rapprochement avec un membre de la gente masculine est une première, bien que spontanée, alors son cœur bat la chamade malgré elle et ses joues rougissent de son acte sans qu'elle n'en éprouve le moindre regret.
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MessageSujet: Re: Du soleil, quelques livres et une rencontre atypique (Privé)   Mer 18 Mai - 18:58



Du soleil, quelques livres et une rencontre atypique

Avec Kaen


Les phrases s’étaient échappées de ma bouche d’une propre libre pensée. Cette simple blague n’était véritablement pas voulue. Il est vrai que ma vitalité est notamment plus élevée que la demoiselle, mais ce n’était pas une raison pour forcer la demoiselle à prendre conscience de sa vie sur le long terme. Il y avait un côté embarrassant à employer ces termes-ci, mais Kaen devait se douter de ma véritable intention. Il n’y avait rien de bien méchant dans mes paroles.

Mes paroles voulaient simplement dire que toutes mes histoires sans importances pouvaient prendre un bon moment à toutes être dite. Il serait dommage que la demoiselle loupe un quelconque rendez-vous important ou une activité diverse pour mes histoires futiles. Je présumais que la demoiselle avait deviné ma pensée et que ma « blague » ne la fit que simplement doucement rire. Un fin sourire se dessina sur les lèvres de la demoiselle, naturelle. Un soulagement me prit, Kaen ne m’en voulait pas pour cette blague mal placée.

L’ambiance paraissait pourtant bien partie. Deux personnes se rencontraient dans un endroit atypique pour parler de tout et de rien. Il est vrai qu’il pouvait y avoir des situations plus communes que celle-là. Mais cela voudrait sûrement dire qu’une forme de destin voulait que nos deux personnalités se rencontrent dans ce genre d’endroit insolite. Les sourires ne pouvaient s’empêcher d’apparaître tant la bonne humeur contagieuse de la rousse pouvait être présente. Mettant du baume à mon cœur avec une telle facilité, que cela en pouvait être déroutant.

De plus, je supposais que ma vie de Norvégien n’était pas quelque chose de fortement intéressant face à une demoiselle qui connaît plus d’une dizaine de langues. Probablement que pour la belle rousse, je n’étais qu’une nouvelle expérience en quelque sorte. Un nouveau domaine à acquérir et à approfondir pour sa culture personnelle. De même, je pense que ma compagnie ne lui déplaît pas. Il est donc tout à fait logique que la demoiselle veuille connaître un tant soit peu plus la culture norvégienne. Ce que je comprends parfaitement en soi.

« Rien de mieux que de s'immiscer dans un pays pour en connaitre la langue, ou du moins être forcé à l'apprendre. Je ne perçois pourtant aucune difficultés de langue chez vous. Personnellement, je pense m'accorder autant de temps que nécessaire pour en savoir plus sur votre belle Norvège natale. Je pourrais aussi vous raconter ce que vous souhaitez sur les pays dont sont originaires tous mes proches et moi-même. »

La proposition d’en connaître plus sur tous les pays de cette femme me semblait fortement intéressante. Je présume que ma proposition sur la Norvège devait lui faire le même effet. Je ne devais donc avoir aucun doute en sa vision des choses et son envie de connaissance. La demoiselle semblait me ressembler quelque peu, en tout cas, dans la soif de connaissance. J’étais face à une joie intérieure. Connaître de nouveaux pays ainsi que de nouvelles cultures ne pouvaient n’être que bénéfiques pour ma personne. Je supposais bien sûr, que la demoiselle ne me parlera pas que de massacres en tout genre.

« Il a bien fallu s’habituer rapidement à cette atmosphère. Je ne voulais pas me faire distancier par les autres. Je voulais avoir toutes les armes pour pouvoir engager une discussion avec quelqu’un. Si mon pays vous intéresse tant, je serais prêt à vous conter ça une prochaine fois. Dans un lieu un peu plus typique et autour d’une quelconque boisson ? Si cela vous en dit, bien sûr. Et je suis volontiers pour en connaître plus sur vos origines et vous-même. »

L’action suivante était quelque peu perturbante. La disparition du sourire de la demoiselle. Cela n’était que pendant une courte période, mais je réussie à la distinguer parfaitement. L’envie de la réconforter était tellement puissante que je me laissai guider par cette folle envie. Je me levai subitement pour m’asseoir précipitamment à côté de la demoiselle. Lui affichant mon plus beau sourire, cherchant subtilement à la distraire quelque instant de ces tourments.

L’action marchant moyennement, je décidais de raconter un morceau de ma vie, peu commun, pour la faire passer du tout au tout. Et il faut dire que cette action réussit parfaitement. La demoiselle ne semblait plus penser à ce qui lui faisait probablement du mal. Mais elle essayait de démêler mon histoire au clair. Me posant des quelques questions ainsi qu’à elle-même. Son sourire finit par revenir, même s’il était un peu plus timide que celui du départ. Mais j’étais tout de même fier de moi. D’avoir pu lui faire penser à quelque chose si rapidement. Même si tout cela me semblait passer pour une éternité.

Cependant, mon rêve fut de courte durée. A vouloir prendre soin des autres, j’en oublie de penser à ma propre personne de temps en temps. Le souvenir de cette trahison me revient brutalement à la surface, me secouant quelque peu. Mon sourire disparut dans les néants, laissant la demoiselle seule à la surface. Je présumais que cela n’allait pas lui plaire et que j’allais sûrement l’inquiéter pour pas grand-chose. Mais j’avais tant dû mal à remonter à la surface, que je finis par me laisser baigner dans les vagues du désespoir.

Les rayons de soleil se décalaient petit à petit face à la longueur de notre rencontre. Sans réellement m’en rendre compte, je vis la demoiselle se décaler de telle sorte qu’elle me protégea d’un rayon meurtrier. Son action me toucha au plus profond de mon cœur. C’était venu si subitement qu’il n’y avait sûrement aucune mauvaise pensée à cet événement. Elle avait agit de bon cœur pour me protéger de mon ennemi naturel. Il était, de plus, amusant de savoir que ces vitres pouvaient me protéger de celui-ci. Cela rendait cette action encore plus mignonne qu’à l’origine.

« Oups pardon, j'avais oublié ce dispositif installé spécialement pour les gens comme toi. Je n'ai pas réfléchi et n'ai voulu que te protéger puisque j'en supporte très bien les effets moi-même. »

Un faible rougissement apparut sur son doux visage, tandis qu’un léger sourire apparut sur le mien. Elle se permit de s’asseoir à nouveau à mes côtés. Elle entreprit de prendre mon visage entre ses doigts pour me forcer à lui faire face. Son geste me surprit énormément, mais étrangement, je voyais bien qu’elle faisait cela pour ma personne. Je ne voulais plus la regarder de peur de l’attrister encore plus. Cependant, en me forçant de la sorte, elle me prouve que cela ne l’affectera pas et qu’elle fera tout pour me distraire ou pour me faire entendre raison.

« Pour ton histoire...Il ne faut pas chercher à savoir le pourquoi d'une trahison. Le plus souvent, il y en a pas vraiment ou elle est incompréhensible pour notre esprit. Aucune raison ne justifie une trahison. Chercher à s'en dévorer l'âme fait plus mal encore. Je suis presque sûre que cette personne elle-même ne sait pas pourquoi elle t'as tourné le dos à ce point. Il arrive parfois que des circonstances changent nos opinions durant un instant pour finalement jeter le bien derrière soi. Tu ne devrais plus essayer de comprendre ou du moins plus seul. C'est idiot à dire mais je ne veux plus que tu souffres ainsi, tu as dû suffisamment en baver pour porter en plus ce poids. Je désire t'aider de tout mon cœur et le mystère autour de toi ne me fait pas peur. Personne ne mérite pareille torture surtout quelqu'un d'aussi gentil que toi. »

Ses paroles me touchèrent pleinement. Pris d’un grand élan, la demoiselle finit par m’enlacer doucement. Sûrement pour me montrer à quelle point elle n’avait pas peur de ma personne, voire même qu’elle avait confiance en moi. Cela m’étonna d’autant plus que je ne savais plus vraiment comment réagir. Ces paroles me firent réfléchir sur ma condition. Il est vrai que vu sur ce point de vue, je pourrais arrêter de penser à pourquoi ma tendre amie aurait voulu me trahir. Je devrais plutôt essayer de la pardonner et d’avancer avec cette expérience en guise de bagage. Je ne devrais pas désespéré autant pour si peu.

Cependant, je me rappelais que la demoiselle avait elle-aussi, perdu son sourire au cours de notre dialogue. Elle devait être dans la même position que moi, voire même pire. Au vu de son explication sur son pouvoir. Kaen a dû subir de nombreuses choses peu recommandables. Je me sentais en quelque sorte mal de m’apitoyer sur mon sort alors que d’autres pouvaient vivre des horreurs encore plus grandes que les miennes. Prenant mon courage à deux mains, je finis par rendre le geste de la belle rousse. J’entourais mes bras autour de la demoiselle. Posant une main sur sa longue chevelure, la caressant doucement du bout des doigts.

« Tu.. as bien raison. Je devrais arrêter de me poser autant de question. Tes paroles sont réconfortantes et tu sais parler aux gens quand ils sont dans le besoin. Cependant.. Ta nature adorable et gentille te trompe. Je n’ai pas tant subi de choses que cela. Une trahison, deux tout au plus. Pourtant toi.. Tu sembles porter un fardeau encore plus grand que le mien. Je ne te demande pas de me raconter toute ta vie en entière. Mais tu sais, pleurer peut aussi faire beaucoup de bien. Tu n’as pas à te cacher avec ton si grand et beau sourire.. »

Mes paroles étaient sûrement mal exprimées, elles pouvaient aussi exprimées de nombreuses choses qui m’échappaient totalement. J’espérais simplement qu’elle comprenne que j’étais tout aussi sincère qu’elle. Et que Kaen n’avait pas à s’inquiéter pour ma personne car elle n’est que peu signifiante dans ce monde.

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Kaen

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MessageSujet: Re: Du soleil, quelques livres et une rencontre atypique (Privé)   Lun 30 Mai - 16:39

Du soleil, quelques livres

et une rencontre atypique



Von Snorri et Kaen




La libre pensée percute l'atmosphère dans une plaisanterie involontaire sur les effets du temps qui passe, fort ironique de la part de quelqu'un bénéficiant de l'immortalité. L'embarras ne peut montrer son masque sur le visage mat de l'adolescente puisqu'un doux éclat de rire lui échappe dans une hilarité aussi gazouillante que le chant d'un oiseau.

Son esprit est suffisamment affuté pour qu'elle puisse deviner la gêne du garçon devant sa blague d'un goût douteux pour certains mais au vu de la situation et de sa reprise automatique, il est clairvoyant qu'il n'a jamais voulu la toucher ou quoi que ce soit. Parfaitement consciente de sa condition d'humaine face à l'éternité, elle n'a pas à prendre mal l'évidence même.

Commençant à bien comprendre les pensées du jeune homme, elle saisit que par ses propos, il veut tout simplement signaler que ses histoires ne doivent en aucun cas lui faire perdre du temps qu'elle pourrait dépenser en rendez-vous et autres activités. Elle secoue la tête pour lui signifier que non, elle n'a aucun prétexte à s'échapper de la conversation et surtout pas lorsqu'elle prend une tournure des plus intéressantes pour une amoureuse de nouvelles connaissances.

Il est vrai que leur rencontre est des plus atypiques. En soi, il parait logique que deux adorateurs de diverses cultures puissent engager une conversation au sein d'une bibliothèque, lieu sacro-saint pour tous les gens qui aiment enrichir leur intellect. En revanche, ce qui l'est moins est de se voir pour la première fois à une vingtaine de mètres du sol, perchés sur d'étroites poutres et sous un immense plafond de verre où le soleil adore s'y refléter.

Pour la première fois de sa jeune existence, la demoiselle aux cheveux de flamme prend conscience de l'incroyable pouvoir du sourire. Qu'elle laisse éclater sa joie à travers ses fines lèvres rosées et le garçon l'imite de manière automatique, sentant son cœur se réchauffer au contact d'un baume invisible mais ô combien puissant.

Descendante d'une famille aux diverses cultures, la jeune fille maîtrise une dizaine de langues mais son enrichissement ne connaît aucune frontière. Toujours désireuse d'en apprendre plus, elle parcourt de centaines de pages à la découverte du monde ou bien se rend t-elle sur le terrain si elle en a la possibilité. Lorsque le vampire lui avoue être originaire de Norvège, son esprit se met aussitôt en marche pour lui faire matérialiser en pensées la carte du pays et les quelques connaissances qu'elle possède sur le sujet. Elle même typique du Sud, elle adorerait en savoir plus sur les coutumes du Nord et puis elle doit avouer que la compagnie du garçon n'est certainement pas pour lui déplaire. Il existe de biens pires situations que de parler avec quelqu'un d'agréable au cours d'une après midi ensoleillée.

La complimentant sur sa capacité à maîtriser le japonais, l'adolescent reçoit un doux sourire en retour à la fois tendre et ironique parce qu'il a bien conscience que l'accent chantant de la demoiselle est tout sauf originaire du Pays du soleil levant. Lorsqu'elle parle, il est évident qu'elle n'est pas née ici même si la prononciation et autre structures grammaticales ne lui posent guère de soucis. Les attaques racistes et discriminantes ne cesseront jamais de toutes façons quand bien même elle aurait parfaitement intégré les différentes modulations du Japon.

- Rien de mieux que de s'immiscer dans un pays pour en connaître la langue, ou du moins être forcé à l'apprendre. Je ne perçois pourtant aucune difficultés de langue chez vous. Personnellement, je pense m'accorder autant de temps que nécessaire pour en savoir plus sur votre belle Norvège natale. Je pourrais aussi vous raconter ce que vous souhaitez sur les pays dont sont originaires tous mes proches et moi-même.


Sa petite voix gazouillante résonne de nouveau entre les hautes poutres pour lui offrir compliments et propositions des plus innocentes. Si l'échange ne paraît très équilibré, avec une culture contre une dizaine, il est néanmoins fondé sur d'excellentes bases puisqu'il est conclu entre deux amoureux des connaissances du monde. Dans tous les cas, le duo en tirera de magnifiques bénéfices avec un enrichissement personnel accru et un intellect  plus ouvert sur le monde.

- Il a bien fallu s’habituer rapidement à cette atmosphère. Je ne voulais pas me faire distancier par les autres. Je voulais avoir toutes les armes pour pouvoir engager une discussion avec quelqu’un. Si mon pays vous intéresse tant, je serais prêt à vous conter ça une prochaine fois. Dans un lieu un peu plus typique et autour d’une quelconque boisson ? Si cela vous en dit, bien sûr. Et je suis volontiers pour en connaître plus sur vos origines et vous-même.


La proposition éclairée du jeune homme laisse la demoiselle s'échapper de sa douce torpeur. Elle lui adresse un tendre sourire contagieux en retour. En tant qu'étrangers résident en une autre contrée, ils sont encore plus rapidement jugés que les prétendus pures souches. Ils se doivent de montrer leur motivation et leur intégration en sachant parler la langue sans trop de difficultés. Néanmoins gare aux résidents extérieurs qui oseraient mieux maitriser les mots que les japonais eux-mêmes. La jeune fille a déjà reçu un grand nombre de regards noirs de par ses capacités multilingues et sa maitrise de l'oral. Seul son accent chantant leur permettent encore de se sentir supérieurs à elle, refusant d'admettre qu'une dite immigrée puisse mieux parler qu'eux qui sont fièrement en ce pays du soleil levant.

-Dans ce cas, que dis-tu d'attendre le coucher du soleil pour pouvoir sortir en ville ? Nous devrions bien trouver un lieu où nous restaurer tout en parlant discrètement.

Sans y voir une quelconque arrière-pensée dans ses propos, l'adolescent n'a de cesse de sourire jusqu'au moment où un souvenir éclate en son esprit pour laisser la douleur divaguer en son sein. Coups et insultes s'enchainent sans jamais s'arrêter tandis que la joie de son visage vacille l'espace d'un instant. Un voile sombre tombe devant ses yeux dorés pendant quelques secondes. Un temps tellement bref que jamais des yeux humains n'auraient pu l'attraper mais le regard perçant du vampire est l'exception qui confirme la règle.

Transporté par une douce folie, il se lève brusquement pour s'assoir à ses côtés avant de lui offrir un sublime sourire. Si l'intention de la détourner de ses tourments est évidente, elle réchauffe le cœur de la concernée. Elle hausse légèrement un sourcil et voudrait placer quelques mots mais le garçon l'en empêche en racontant un monceau de son existence.

La mission destruction des mauvaises pensées est un succès total puisqu'au fil de son récit, l'intérêt et le sourire de la magicienne rousse reviennent au grand galop. Les questions s'échappent naturellement d'entre ses lèvres et les réponses lui parviennent avec une certaine monotonie, presque de l'indifférence mais les pupilles affutées, la demoiselle ne peut rater la mince commissure au coin des lèvres de son interlocuteur.

Durant un bref instant, la lueur de ses yeux carmins n'est plus aussi scintillante qu'auparavant et son sourire manque d'équilibre. Il semble tomber au bord d'un gouffre, la laissant seule au dessus des profondeurs tandis qu'il sombre dans les abysses. Une vague de désespoir l'entoure à la manière d'une aura faussement protectrice. Seule l'extrême sensibilité de la jeune fille lui permet de percevoir un tel changement d'émotions.

Elle entrouvre les lèvres, prête à lui porter assistance en le délivrant de cette menaçante torpeur se faisant passer pour bénéfique.  À cet instant, le soleil laisse pénétrer ses rayons meurtriers à travers le plafond vitré. La chaleur se faufile doucement et la lumière est plus vive que jamais.

Transportée par son instinct et l'élan de son cœur,  elle se lève pour parer de son frêle corps la puissance de l'astre du jour.  La vive lueur éclate dans son dos et sa peau bronzée n'en scintille que plus encore, à l'aise au sein de son élément naturel.  Profondément touché par son geste, le jeune homme doit néanmoins lui rappeler les caractéristiques des vitres du bâtiment  qui protègent ceux de sa race des rayons dangereux. Rougissante durant une seconde de par son étourderie, elle laisse échapper un doux rire.

- Oups pardon, j'avais oublié ce dispositif installé spécialement pour les gens comme toi. Je n'ai pas réfléchi et n'ai voulu que te protéger puisque j'en supporte très bien les effets moi-même.

Son léger rougissement s'estompe peu à peu tandis que dans un geste gracieux, elle se rassoit aux côtés du garçon qu'elle a voulu protéger de bon cœur. Se souvenant du changement d'expression de son visage et de l'infinie tristesse ayant déchiré son regard carmin avant son action généreuse, l'adolescente se laisse aller à des gestes qu'elle aurait pourtant cru impossibles jusque là. Ses doigts fins attrapent délicatement le visage du vampire pour l'obliger à plonger ses yeux dans l'or des siens. Il a tenté d'y échapper pour ne pas la toucher de par sa mélancolie et autres ressentiments possiblement négatifs mais la magicienne rousse ne peut adhérer à l'idée qu'il puisse tomber dans le profond gouffre qui a bien failli l'entrainer elle-même au fin fond des abysses de la folie. Une chute éternelle avec toujours les mêmes questions qui résonnent en écho. Pourquoi ? Comment ? Qui ? Bien sûr, les réponses ne parviennent presque jamais, apparaissant parfois mais si faiblement qu'il est impossible de les rattraper.

Ses pensées lui ramènent le récent souvenir du garçon lui contant une trahison incompréhensible de la part de quelqu'un qu'il considérait comme proche et que cet acte ne cesse de l'obséder. L'ironie doit bien s'amuser avec cette belle interrogation lorsqu'elle songe qu'elle tient en son pouvoir un être immortel qui aura l'éternité pour encore et encore s'interroger.  Refusant de la laisser remporter une victoire mordante une fois de plus, la demoiselle entreprend de laisser son cœur et sa raison parler en son nom pour espérer réconforter son compagnon.

-Pour ton histoire...Il ne faut pas chercher à savoir le pourquoi d'une trahison. Le plus souvent, il y en a pas vraiment ou elle est incompréhensible pour notre esprit. Aucune raison ne justifie une trahison. Chercher à s'en dévorer l'âme fait plus mal encore. Je suis presque sûre que cette personne elle-même ne sait pas pourquoi elle t'as tourné le dos à ce point. Il arrive parfois que des circonstances changent nos opinions durant un instant pour finalement jeter le bien derrière soi. Tu ne devrais plus essayer de comprendre ou du moins plus seul. C'est idiot à dire mais je ne veux plus que tu souffres ainsi, tu as dû suffisamment en baver pour porter en plus ce poids. Je désire t'aider de tout mon cœur et le mystère autour de toi ne me fait pas peur. Personne ne mérite pareille torture surtout quelqu'un d'aussi gentil que toi.

Les mots s'échappent seuls, épris d'une immense liberté et rassasiés par la générosité. Il est vrai que les trahisons donnent matière à réfléchir et à se replier sur soi mais elles ne laissent aucune réponse à leurs victimes, condamnées à l'errance. La jeune fille ne sait que trop bien de quoi elle parle, très rares étant ceux ne lui ayant pas tourné le dos ou craché leur mépris au visage.

Seul l'immense sourire à l'infinie tendresse d'une femme malienne a eu l'extraordinaire pouvoir de commencer à la faire remonter le gouffre. Ses mots d'une belle tendresse murmurés avec tout l'amour d'une mère ont su mettre du baume à son cœur déchiré.  De par les conflits, cette africaine a pourtant perdu la moitié de sa famille, ne survivant qu'avec sa sœur et trois enfants. Alors que l'adolescente en mission humanitaire s'affairait à soigner ses blessures dues à une énième explosion sur le territoire, elle a prononcé le discours allant changer sa vie.

Sourire pour ne jamais laisser les bourreaux l'emporter encore une fois, leur montrer que la force de combattre ne vient pas par les armes ou la violence mais par le cœur.  Elle comme tant d'autres personnes dans le monde ont subi mille horreurs mais se laisser abattre trop longtemps serait donner raison à la cruauté qui se croira libre d'agir de plus belle.

Plus tard, elle a appris que cette femme se battait au sein de diverses associations humanitaires pour sortir son pays et tant d'autres de la misère et de la guerre, étant même une membre reconnue de l'UNISEF et fortement admiratrice, la jeune Kaen s'est jurée de tout faire pour lui rendre hommage, ou du moins la rendre fière. Aujourd'hui, l'un de ses rêves serait de la revoir une fois qu'elle se sentira enfin un être humain et non plus une sorcière. Elle aimerait lui montrer la force de son sourire même si elle sait combien il peut cacher des horreurs quand bien même il est d'une sincérité désarmante. Elle ne sourit pas pour jouer les hypocrites, elle est franche dans ses actions mais elle n'ignore pas que parfois, la force peut vaciller comme elle-même et son interlocuteur l'ont prouvé aujourd'hui.

Les expériences apportent douleurs et connaissances du monde, certaines sont plus intenses que d'autres au point d'en imprégner l'âme sur le long terme. Le désespoir peut parfois les accompagner en guide de lourd bagage à mains et vient s'embarquer sur l'avion du cœur.  Tournant en rond sans jamais s'arrêter, il déverse des tonnes d'encre noire derrière lui pour mieux assombrir l'esprit dans un immense élan de sadisme.

Alors que ses pensées menacent de revenir en son passé, la demoiselle sent une douce torpeur lui échapper lorsque les bras du garçon viennent l'entourer à son tour. Ses doigts se mêlent à ses longs cheveux de flamme et les caressent avec tendresse.  Sursautant brièvement à ce contact et les yeux papillonnant de surprise, elle doit laisser sa concentration agir d'elle-même pour qu'elle puisse entendre le discours de son compagnon immortel.

- Tu.. as bien raison. Je devrais arrêter de me poser autant de question. Tes paroles sont réconfortantes et tu sais parler aux gens quand ils sont dans le besoin. Cependant.. Ta nature adorable et gentille te trompe. Je n’ai pas tant subi de choses que cela. Une trahison, deux tout au plus. Pourtant toi.. Tu sembles porter un fardeau encore plus grand que le mien. Je ne te demande pas de me raconter toute ta vie en entière. Mais tu sais, pleurer peut aussi faire beaucoup de bien. Tu n’as pas à te cacher avec ton si grand et beau sourire..


Elle devait bien s'en douter que le regard perçant d'une créature à la vie sans fin détecterait immédiatement son changement d'expression, aussi bref soit-il. Tous deux semblent dotés de ce même don d'une vue excellente capable de déceler les moindres détails, l'un de par ses capacités physiques accrues et l'autre grâce à son expérience dans le milieu artistique.

Elle sait parfaitement qu'une grande sincérité émane du garçon à travers ses mots encourageants mais se sent-elle réellement prête à franchir ce pas ? Elle n'a jamais conté son histoire ou laisser aller à ses émotions devant quiconque. La dernière fois que ses sentiments ont explosés, une catastrophe sans précédents s'est déclenchée laissant une scène de cauchemars à tous ceux qui en ont été victimes.

Elle semble réfléchir durant quelques secondes, ses yeux dorés plongés dans le vide sans qu'elle n'ose prononcer un mot. Finalement, son sourire éclatant revient sur le devant de la scène tandis que sa chevelure rousse semble scintiller de plus belle sous le soleil.

-Ne crois pas que je suis hypocrite ou quoi avec mon sourire. Je le fais parce que ça me vient naturellement et pas pour cacher un lourd passé. Je ne nie pas avoir eu une histoire difficile mais il y a eu bien pires que moi. Une femme m'a dit de sourire pour ne jamais laisser nos bourreaux gagner  une fois de trop alors qu'ils souhaitent nous voir abattus.  Je ne sais pas réellement parler aux gens, tu sais. Les mots viennent et je peux aussi dire d'énormes bêtises comme tout le monde. Puis si je devais pleurer de nouveau, ça serait sur quasiment l'humanité entière.


Le mystère ne cesse de planer sur la jeune fille qui tout en disant légèrement plus continue d'en cacher. Son sourire et sa joie de vivre sont ses seules armes contre la cruauté du monde. Se battant aux côtés de diverses associations humanitaires, elle connait la souffrance, aussi bien la sienne que celle des autres mais elle porte toujours une immense foi envers l'être humain en dépit de tout le mal que nombreux de ses représentants ont pu lui faire au cours de sa courte existence.

La demoiselle n'a que dix-sept printemps mais au vu de son expérience, elle pourrait en avoir bien plus. Ses yeux ont vu des horreurs inadmissibles, ses oreilles ont entendues d'infinies injures, mots empoisonnés et bruits de terreur.  Son nez a senti des odeurs insoutenables de la mort quand les hommes s'acharnent à se détruire quand ce n'est pas Dame Nature qui se plie à divers caprices.  Sa peau a touché et perçu quantité de sang et autres matières des plus désagréables. Son âme a encaissé mille et un maux. Son écoute a été mis à rude épreuve avec les terribles confessions  qu'elle a pu recueillir.

La vie l'a fortement affectée mais son cœur déborde toujours de gentillesse, aussi doré que ses yeux.  Néanmoins, qui serait capable de lui rendre cet amour qu'elle donne sans compter envers ses contemporains dans le besoin ?
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MessageSujet: Re: Du soleil, quelques livres et une rencontre atypique (Privé)   Lun 1 Aoû - 13:25



Du soleil, quelques livres et une rencontre atypique

Avec Kaen


Les mots semblaient s’enchaîner sans difficulté dans cette atmosphère dès plus atypiques. Deux êtres surhumains s’étaient rencontré au creux d’un morceau de ciel avec pour armes leurs bonnes volontés et leurs soifs de connaissances inassouvies. Le temps paraissait s’échapper naturellement comme s’il regroupait deux personnalités proches depuis belle lurette. Je dois bien dire qu’il se trouve assez fourbe car cette première rencontre n’est pas des plus ordinaires. De plus, je m’efforce de parler avec naturel et sincérité, sans laisser imaginer un quelconque suspens dans la conversation engagée.

Les thèmes s’enchaînent tandis que le temps s’étire de manière infinie. Cela faisait-il quelques heures, quelques minutes ou tout simplement une journée entière que nous voilà à raconter un bout de ce que nous sommes ou de ce que nous connaissons. Il faut dire que l’endroit est propice à ce genre de racontars. Je ne percevais aucune gêne dans les propos de la demoiselle, son sourire s’étendait en toute légèreté comme s’il n’y avait rien capable de l’arrêter. Une force brute des plus admirables et, je dois bien dire, des plus adorables de nos temps.

Seul un faible vent venait nous caresser doucement la peau, tandis que le Soleil propageait ses rayons qui pouvaient m’être d’une douleur infernale. Je présume que la pire des souffrances que j’ai dû subir devait bien être cela. La chaleur insupportable du soleil se portant sur ma tendre peau sans mon consentement. Les hurlements qui s’en suivaient, la peau se mettant doucement à rougir puis l’odeur de quelque chose brûlant rapidement et fortement. La peau se noircissant avec plaisir, tandis que le Soleil ne s’arrête en aucun cas face à ce spectacle réjouissant.

Ce faible souvenir me fit sourire. Pour la plupart des personnes, cet événement serait traumatisant, malgré tout, il me permet d’avancer pleinement. Il me rappelle clairement quelles sont mes faiblesses mais aussi mes avantages à me retrouver dans cette « boîte » de vampire. Je ne me vois pas en mal, j’apprends à connaître tout ce qu’il pourrait m’être important pour l’avenir quand je ne serais plus protégé de la sorte à cause de cette enceinte. Je ne m’imagine pas passer le restant de mes jours dans cet univers-ci. J’aimerai tout de même retourner auprès de ceux que j’apprécie tout particulièrement.

Ma proposition de conter notre enfance ainsi que nos pays respectifs, malgré l’exubérance des pays de la demoiselle. Cela semblait donner une envie plus forte de mon côté, au vu des nombreuses aventures. Kaen semble tout de même assez heureuse de ne vouloir connaître que plus sur ma Norvège natale. Je dois avouer que cela me soulage. Je n’aurais imaginé la demoiselle décliner mon offre. De plus, la demoiselle pouvait bien avoir un emploi surchargé, j’avais oublié d’émettre cette hypothèse qui aurait pu me couter une gêne relativement grande.

« Dans ce cas, que dis-tu d'attendre le coucher du soleil pour pouvoir sortir en ville ? Nous devrions bien trouver un lieu où nous restaurer tout en parlant discrètement. »

La proposition était alléchante. Je ne voyais aucune raison de refuser. De surcroit, Kaen semblait avoir pris en compte ma nature exceptionnelle. La douce chaleur de l’astre solaire ne me manquait pas plus que cela, mais je le préfère à l’astre lunaire qui ne procure que de douces chaleurs nocturnes et bien plus glaciales. Cette faible attention toucha mon cœur directement. Probablement qu’elle mettait un pied d’honneur à ne pas perturber son interlocuteur. De plus, je me sentirais assez mal de passer ma vie au sein de cette établissement malgré sa protection divine.

« Ce sera avec plaisir. »

Cependant, après ce pur instant d’innocence et de bonté, un voile de désespoir prit soudainement la demoiselle. Cette action me fit marcher mes méninges à vive allure pour trouver un moyen de la détourner de ses pensées sûrement sombres. Ma seule rédemption possible serait d’attirer son attention avec quelque chose qui serait susceptible de l’intéresser fortement. Au vu de notre rencontre si proche, je ne pouvais supposer qu’une seule chose. Mon histoire si peu commune.

Les événements prirent donc une tournure relativement inattendue. S’asseoir à côté d’elle, la faire réagir sur mon passé rocambolesque, revoir ses yeux scintillés comme aux premiers instants, la voir s’intéresser de près ou de loin à cette aventure peu probable, la voir s’inquiéter de nouveau, voir ma propre division s’amoindrir, voir mes pensées tourbillonnées dans un torrent de questions incompréhensibles et tortueux pour la plupart, mon visage s’évanouissant, ses mains contre mon visage, son sourire se voulant réconfortant.. Et ces questions, encore et toujours, sans cesse, sans relâche.

Notre conversation s’était pourtant suivie. Essayant avec ferveur de remonter cette pente sinueuse du désespoir, je regardais la demoiselle au cœur même de ses prunelles. Il fallait dire qu’elle me tenait de manière à ce que je ne puisse voir rien d’autre. Mais ce n’est pas pour me déplaire je devrais dire. Son sourire ainsi que ses yeux avaient véritablement un pouvoir inqualifiable qui semblait tout à fait extraordinaire. Celui de pouvoir, en quelque sorte, remonter le moral de n’importe qui, le voir dans son humeur la plus formidable du moment.

Son pouvoir magique semblait marcher sur ma personne, me raisonnant de la meilleure façon qui soit. Je ne certifierais pas non plus que cela marchera immédiatement pour le reste de ma longue vie. Mais il semblerait que cela ressemble à un coup de pouce venant de la part d’une demoiselle innocente, qui ne possède que de bonnes intentions. Je me devais de la remercier d’une certaine manière. De plus, le temps semblait ne plus se soucier de nous. Il avançait, maître de lui-même, dans son espace habituel, nous laissant derrière sans remord particulier.

Cependant, cet écran qui venait disparaitre de ma personnalité venait de prendre possession de Kaen. On aurait un transfert des plus étranges. Comme si la demoiselle venait de récupérer cet état d’incompréhension et de tourment pour la prendre au sein d’elle-même pour que cet état ne touche quiconque. Je me doute que ce soit véritablement cela, en tout cas, ce serait un acte héroïque de sa part. Récupérée la douleur des autres pour que le monde et les personnes y vivant se sentent véritablement bien.

Voyant cette expression, je pris mon courage pour l’enlacer tendrement. Je laissais mes doigts s’échapper dans sa chevelure de flamme, laissant libre court à mon imagination. A travers ce geste, je ne voulais pas qu’elle m’entrevoit comme un dangereux psychopathe, simplement comme une épaule sur laquelle se reposait de temps en temps pour souffler un peu. Je ne suis pas assez fou pour qu’elle accepte de me conter son histoire dans les plus grands détails. J’avais bien omis d’omettre certains détails dans ma propre affaire. Il va de soit que je ne la forcerais en aucun cas.

« Ne crois pas que je suis hypocrite ou quoi avec mon sourire. Je le fais parce que ça me vient naturellement et pas pour cacher un lourd passé. Je ne nie pas avoir eu une histoire difficile mais il y a eu bien pires que moi. Une femme m'a dit de sourire pour ne jamais laisser nos bourreaux gagner une fois de trop alors qu'ils souhaitent nous voir abattus. Je ne sais pas réellement parler aux gens, tu sais. Les mots viennent et je peux aussi dire d'énormes bêtises comme tout le monde. Puis si je devais pleurer de nouveau, ça serait sur quasiment l'humanité entière. »

Un faible sourire apparut au bord de mes lèvres. Je me levais subitement, tandis qu’une mèche de ses cheveux resta au creux de ma main. Elle me caressait doucement la main, puis chuta lentement pour retrouver sa propriétaire. Je me mis à la regarder tendrement. Elle avait finalement bien raison.

« En tout cas, tu sembles être tout à fait apte à parler à n’importe qui et à pouvoir le réconforter. Et puis, c’est dans notre nature de pouvoir dire autant de bontés de que bêtises. Je ne pense pas que tu sois hypocrite, mais je voulais juste que tu saches, que si par malheur ou par envie, cela ne me dérange pas d’être ton épaule sur laquelle tu puisses t’appuyer un moment. Tu es libre de tes actes. »

A plusieurs mètres de hauteur, je ne ressens aucune différence que quand je me retrouve sur la terre ferme. Je lui affiche un grand sourire, tout à fait naturel, me demandant combien de personne avait-elle envouté avec ce pouvoir invisible mais fort. De plus, bien que les rayons du Soleil ne me touchent pas à travers ces vitres spéciales. Je ne me sens tout de même pas rassuré face à ceux-ci. Je suis encore faible d’esprit pour ce genre de chose. De plus, je pense que nous sommes arrivés au terme de notre discussion nouvelle.

Son visage, ses fines lèvres, ses cheveux flamboyants, ses joues rougissantes, ses yeux couleur d’or, sa longue chevelure, ses yeux pétillants de vie, ses formes, ses courbes ainsi que ses vêtements collant contre sa peau.. Tout était marqué au creux de moi, cette journée était écrite d’une fine écriture rouge sur un tableau blanc. Ma rencontre avec Kaen. La toute première, peut-être pour une longue liste ensuite ?

« Je suis heureux de t’avoir rencontré et j’espère pouvoir te voir rapidement ce soir. Mais je dois m’en aller de ce pas, merci beaucoup en tout cas. »

Je lui adressai un clin d’œil peu subtil mais qui semblait faire tout de même son effet. De même, je me mis à effectuer une révérence maladroite mais pleine de bonnes intentions, tandis que je me laisse chuter de cette poutre, tombant sur une haute étagère, avant de tomber lestement sur le sol. Je lève la tête pour la regarder à nouveau, toujours ce sourire aux lèvres. Ce baume au cœur semble s’échapper petit à petit. Tant qu’on ne se retrouve pas proche de la demoiselle, son pouvoir ne marche que de manière moindre. Il est bien dommage d’ailleurs.

Malgré tout, le sourire collé aux lèvres, je la remercie encore une fois mentalement avant de me diriger en direction de la sortie de ce lieu divin. Le tableau mental toujours en tête, avec cette même écriture. « Kaen, bibliothèque, magicienne, 2 pouvoirs : technologie et bonté infini. » Je me demande bien comment cela fait de vivre quotidiennement comme la demoiselle. Je secoue vivement la tête, j’ai déjà bien du mal à comprendre mon propre quotidien. Je ne vais pas aller voir ceux des autres.

Je pouffe silencieusement, avec comme souvenir son visage et sa manière spécifique de parler de tout et de rien en toute liberté.

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