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 La partition du silence est une si belle musique (Privé)

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Syria

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MessageSujet: La partition du silence est une si belle musique (Privé)   Mer 11 Nov - 15:00


La partition du silence

est une si belle musique




Syria et [Unknown]



Un labyrinthe de couloirs et de dédales sans fin s'écoule sur des kilomètres, le tout plongé dans une obscurité des plus inquiétantes. Quelques maigres torches enflammées se battent en duel sur les murs effrités, offrant une faible lueur pour ceux venus s'aventurer dans cette horreur personnifiée. Les pierres se lézardent comme prêtes à s'écrouler à tout instant. La poussière et le sable se mêlent dans une danse macabre tandis qu'un silence terriblement angoissant règne en maître suprême sur les lieux.  Des grilles souillées par l'effet du temps menacent de grincer pour quiconque aurait le malheur de les frôler. Au sein des cellules de fortune, des vieux tas de paille défraichie et des chaines rouillées reposent dans un scénario des plus frissonnants.

Quelques rats osent encore courir dans ce cauchemar incarné, suivis avec vigueur des araignées se promenant vivement sur les murs et construisant leurs toiles maléfiques dans tous les coins. Au sein de quelques niches creusées à même la pierre, des ossements luisent dans un dessin cauchemardesque, les crânes édentés souriant avec cruauté.

Une grille d'or sert office d'entrée précédée d'escaliers en pierre ébréchées, abîmées par l'effet du temps et des rongeurs venant se nourrir dans ce lieu synonyme de cauchemar et de noirceur.

Depuis des années, un étrange bruit ne cesse de circuler dans les couloirs et autres lieux plein de vie de cet établissement transpirant la puissance. Les catacombes abriteraient un démon des plus cruels et il dévorerait l'âme de tous les imprudents qui auraient l'audace de pénétrer dans son territoire. Personne ne sait à quoi il ressemble, certains disent qu'il a des cornes pareilles à celles de la représentation biblique du Malin, d'autres prétendent qu'il est fait entièrement d'ombre et que seuls ses crocs étincelants de sang luisent dans les yeux de ses victimes avant qu'elles ne périssent.  Il est également raconté que les ossements appartiendraient à tous ceux qu'il a massacrés par pur plaisir et que parfois, son rire glacial et diabolique résonne dans la nuit. Les rumeurs les plus folles, largement plébiscitées par les étudiants, murmurent que la sournoise créature les aurait littéralement pressés contre les murs au point de leur broyer les os et que leurs silhouettent s'enfoncent dans les pierres qui en prennent automatiquement la forme. Par la suite, les corps sont dévorés et les os soigneusement jetés dans les niches comme pour lancer un effroyable avertissement à tous ceux qui auraient l'audace de s'aventurer ici.

Le surnommé Broyeur ou Presseur suscite suffisamment de peur et d'horreur pour calmer les plus vives ardeurs de tous les adolescents vivants au sein de cette mystérieuse école. L'accès menant aux escaliers du sous sol puis à la grille de l'entrée des catacombes est fermé en permanence, les deux serrures scellées par un cadenas.

Pourtant, aujourd'hui la sécurité a été déjouée avec habileté. Une reproduction fidèle d'une clé permettant de décoincer les verrous ou un quelconque tour de passe-passe, peu importe comment cet terrifiant miracle a pu opérer.  À quelques mètres de là, une lourde porte de bois indique qu'il s'agit de l'accès aux catacombes et que y pénétrer est formellement interdit, le tout renforcé par un lourd cadenas. Derrière se trouverait un long couloir obscur puis une porte donnant sur des escaliers menant au sous sol avant de tomber sur la grille dorée, entrée officielle des oubliettes de l'horreur et territoire du Broyeur.  

Dans le silence et l'obscurité terrifiante des catacombes, une cellule se distingue parmi ses consœurs. Une silhouette se dessine à la manière d'une ombre invraisemblable. Les poignets enchaînés au mur, les doigts eux mêmes liés par une corde incroyablement serrée, elle semble comme être sans vie. Un long bandeau couvre ses yeux et la poussière s'envole avec plaisir sur le fin tissu du vêtement.

De longs cheveux couleur de neige entourent son visage délicat au teint mat tandis que les fines larmes coulent de ses pupilles aveugles. Sa robe noire claire couvre son corps de guêpe. Une araignée se promène tranquillement sur sa poitrine généreuse, dissimulée sous le fin tissu à moitié déchiré, révélant de légers monceaux de peau mate. Son habit est brisé sans remords au niveau de ses épaules, révélant le dessin d'une croix rougeâtre peint avec perfection à même son épiderme sur son bras gauche. Un ruban noir est délicatement attaché sur ses mèches blanches tandis que des oreilles noires de chat factices complètent le joli accessoire.

Au niveau de son cou, une sorte de légère ceinture est relié à une sorte de long filin de cuir comme une laisse démoniaque, une extrémité attaché à un genre de mousqueton sur sa robe et le second sur un point haut du mur, manquant de lui infliger la torture de l'étranglement au moindre mouvement.

Ses jambes nues sont repliées contre elle-même, ses pieds crispés sous le contact glacial du sol. Non loin d'elle, son collant transparent lui a été retiré comme pour mieux satisfaire l'effroyable Presseur, avide de chair fraîche. Un sac à dos blanc débordant de feuilles de dessin, de pinceaux, crayons et tubes de couleurs est négligemment jeté dans le fond de la prison. Le tissu de sa robe est déchiré et des traces de griffures subsistent sur son visage.

Tremblante de froid et de frayeur, aucun son ne s'échappe pourtant de ses lèvres, libres de tous mouvements, aussi silencieuses que le reste du lieu. Aussi épouvantable et surprenant soit ce scénario, une petite fille est enfermée dans les terrifiantes catacombes.

Ce matin encore, elle cherchait calmement un endroit où se poser avec son matériel de dessin lorsque des mains l'ont violemment agrippée en arrière.  Incapable de pousser un cri ou une quelconque protestation, un bandeau est noué sur ses yeux et ses doigts sont liés avec fermeté par une corde lui striant la peau. Traînée de force jusqu'ici, elle a dû s’asseoir avant que des solides fers ne soient refermés sur ses poignets. Les voix cruelles et sournoises se sont mélangées entre le rire et le discours des plus méchants. Pour une spécificité insupportable aux yeux de certains, elle est jetée en pâture au Broyeur ou s'il n'existe pas, du moins restera t-elle suffisamment longtemps ici pour y mourir ou quitter cette école si jamais elle s'en sort.

Si elle n'a jamais vu les identifier du fait du bandeau, elle n'ignore pas, du fait de leur vantardise, que ses agresseurs se sont bien renseignés sur elle. Ils ont attendus patiemment que les deux protecteurs de la fillette soient absents pour s'attaquer à elle et la punir d'être si différente, voire même "insolente" à en croire le dégoût transperçant leurs voix. C'est vrai, elle n'aurait jamais dû naître avec ce regard maudit si bien que le Presseur lui même ne mérite pas de voir avant de lui dévorer l'âme, de même pour ses doigts, créateurs de répulsion.  

Prisonnière du froid glacial, de la peur lui nouant le ventre et des sanglots silencieux courant sur ses joues, l'enfant attend son sort sans pouvoir y échapper, ses propres tours bloqués par l'ingénuité de ses bourreaux. Sans une minime présence de la nature, inutile d'espérer une quelconque aide de ses amis faune et flore. Pire encore, elle est incapable de se nourrir par elle-même, ses poignets enchaînés au mur et les doigts liés.

Condamnée à une mort certaine, ou du moins une extrême faiblesse si jamais un miracle venait la sauver, il est prévisible que ses agresseurs comptent sur la légende du Broyeur, trop lâches pour rester eux-mêmes dans le coin et cruels au point de n'éprouver aucun remords à l'idée de laisser une fillette dans une sombre cellule, livrée à l'horreur et à l'angoisse. Assurés qu'elle ne pourra jamais les dénoncer grâce au bandeau et ayant sans doute modifié leurs voix lors de leurs propos venimeux, ils ne laissent aucune preuve derrière eux.

Dans le couloir précédant cette scène d'horreur, une poubelle remplit son rôle avec zèle et accueille quelques feuilles jetées négligemment par les élèves. Tout en dessous, à peine perceptible, un trousseau contenant quatre clés d'argent dort. Les forts rayons du soleil traversent les fenêtres du couloir  et comme désireux de procurer un indice permettant un miracle, traversent le trousseau au point que les clés se mettent à légèrement briller sous l'afflux de papier.

Que le destin daigne qu'une âme éclairée puisse repérer cette étrange lueur et comprenne le fonctionnement des clés avec à proximité la lourde porte de bois menant au territoire du Presseur, lieu maudit et terrifiant tous les élèves.

© Lith'


Dernière édition par Syria le Lun 25 Avr - 17:20, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: La partition du silence est une si belle musique (Privé)   Dim 15 Nov - 5:47


"Le Cimetière des Chants"
Zoldik Suto et Syria



Suto sortait d'une rencontre unique, bouleversante serait le plus convenable. Une nouvelle partition écrivait les notes du cœur de Suto. Cette mélodie avait réchauffée le cœur de ce dernier. Il avait cru apercevoir cette journée plusieurs symphonies qui ne demandaient qu'à être jouées. La nuit pourtant avait bousculé le ciel bleu pour laisser un voile nocturne recouvrir son immensité. Tel un peintre ou pouvait voir une personne ajouter des lumières scintillantes sur cette toile noire.
Suto marchait silencieusement capuche recouvrant ses cheveux. Ses pointes éclairée par la lueur de la lune et son chemin tracé par le sable des dunes. Il s'arrêta un instant pour essayer de trouver un endroit ou dormir. Un coup d’œil à droite puis à gauche... il ne voyait rien. Rien ? Attendez...
Oui, la journée avait été chaude et une fenêtre était ouverte surement pour refroidir un peu le château.
Ces vielles fenêtre s'ouvrant vers le haut. La cadre était en bois vernis mais on y voyait l'usure du temps faire son ouvrage. C'était donc pas une pièce principale du château. Il sauta sur le rebord laissant son pouvoir masquer tout les sons pouvant sortir de ses mouvements. Il toucha le rebord et vit de la poussière. De son point de vue, il voyait seulement un couloir peu décoré. Suto comprenait alors qu'il s'agissait d'un couloir peu fréquenté et voilà qui arrangeait son affaire. Il en profitait pour faire de la reconnaissance des lieux. Cette nuit semblait calme et l’ouïe de Suto lui permettrait d'entendre quiconque s'approcherait de lui. Il cligna plusieurs fois des yeux regardant autour de lui comme pour photographier cette allée dans sa mémoire. C'était peut être un excellent point d’infiltration pour plus tard. Il décida de descendre de sa hauteur pour pénétrer le couloir. Il regarda plus attentivement la fenêtre avant de poser son regard sur un petit loquet qui servait à la bloquer de l’intérieur. Il décida donc d'utiliser son anneau de feu pour faire fondre le ressort, la pièce la plus fragile du système et surtout la moins visible.

Après cette manœuvre réalisée, il s'enfonça dans la pénombre du couloir. Il avait surement eu beaucoup de chance d’atterrir ici. Après plusieurs minutes de marches silencieuses scrutant les murs et le sol à la recherche du moindre défaut du moindre indice, il s'arrêta devant une porte. Cette porte en bois semblait scellée. Pourtant, au sol des traces de frottement. De légères rayures en arc de cercles indiquaient une porte lourde. en se penchant plus près, on pouvait apercevoir qu'un côté possédait plus du tout de poussière et qu'elle avait été traînée contre le mur. Une porte scellée récemment ouverte n'indiquait qu'une effraction. Quelqu’un était donc passé par ici avant lui ? Il s'approcha de la serrure utilisa une dague pour comprendre le système. Posant sa main sur la port pour l'insonorisée, il commença à trifouiller cette cavité renfermant des réponses à ses questions. Au bout de quelques secondes, il parvînt à comprendre le système. Une serrure classique n'arrêterait pas le garçon en si bon chemin. Il se faufila derrière la porte en la refermant discrètement avant de tomber sur une porte en bois qui indiquait les catacombes. Du bois massif avec une armature en fer forgé. Deux chaînes s'embrassant au creux d'un cadenas devant. Un endroit mystérieux qui intriguait le jeune homme.
C'était peut être un bon endroit pour passer la nuit sans se faire repérer au sein même du château.
Il approcha de la serrure et écarquilla les yeux. Un lourd cadenas possédant un système bien plus complexe que le précédent. Le sourire de Suto en disait long sur ce puzzle qu'il venait de rencontrer. Il utilisa un kit de crochetage qu'il avait dans son sac. Il essaya plusieurs tiges avant de voir qu'il faudrait relever une série particulière de loquets. Il utilisa donc une fine aiguille dentée avant de parvenir à résoudre l'énigme. Toujours dans le même esprit, les chaînes glissèrent de part et d'autre de la porte et le cadenas tomba sur le sol froid, tout ceci évidemment sans un bruit.

Le jeune homme posa la paume de ses mains sur les portes et poussa pour ouvrir ces deux dernières.
Son regard portait maintenant sur un escalier menant à une grille. Il franchissait les portes pui les referma inspectant de nouveau les lieux. Des traces de pas dans les deux sens étaient visibles. Le sable était moins présent en haut des marche que devant la grille. Les murs étaient froids et en passant les doigts dessus, il pouvait ressentir de l'humidité. Il savait donc qu'il était sous le niveau de la mer et que la rosée était le reliquat de la terre. Ce froid transporté par une intense chaleur extérieure faisait transpirer les murs. Pendant sa descente, il prenait soin d'éviter les traces laissées par ses prédécesseurs. Il s'arrêta dans sa descente choqué par une réalité. Il manquait des traces.
En effet, les empreintes semblaient venir d'un groupe ayant fait un Aller-Retour rapide. Cet endroit n'était pas scellé inutilement après tout ils n'avaient surement pas le droit d'être là. Les traces étaient fraîche car le sable étant plus lourd que la poussière, le fait que le sables est remonté les escaliers était impossible sans le passages d'être vivants. Il comprit aussi que le retour se faisait avec une personne en moins. Les traces de petites tailles manquaient sur le retour. Quelqu'un était restait là dedans. Suto
reprenant doucement sa descente décida d'aller voir de plus près ce qu'il se passait. L'enquête avait éveillé ses soupçons.

C'est ainsi qu'il arriva devant la grille où le travail avait été bâclé. La grille était tordue au niveau d'un barreau pour que le cran ne puisse plus se loger d'en l'entaille de sa voisine. Il poussa donc la grille et eu accès à un long couloir sombre. Mal éclairée cette escapades s’avérait compliquée. Il était en face d'un tunnel sans fin dans lequel il avait décidé de s'aventurer. De part et d'autre, on trouvait des cellules où les ossements se répandait ne laissant parfois qu'une poussière d'os. Chaque pas que le garçon faisait  déplacé un mélange de sable et de poussière. Le sol étant froid, aucunes empreintes à suivre. Suto était prudent. Cela faisait maintenant une heure qu'il s'engouffrait dans les couloirs inspectant chaque cellules. Alors que rien ne semblait indiquer signe de vie, Suto tomba sur des stries étranges. Il commença à suivre les traces avant de tomber sur un spectacle troublant.

Élevant peu à peu les yeux, il vît une fillette accrochée par les poignets. Les yeux bandés, elle s'était résignée. Les larmes avaient tracé un chemin sur ses joues ou la poussière pouvait se loger. Pas de traces de lèches, elle n'avait pas essayé de boire ses larmes. C'était elle... la personne manquante au groupe. Un abandon donc. De son silence le plus complet Suto leva le voile. Il passa ses mains derrière la tête de la petite afin de lui permettre de récupérer sa vision, enlevant ce morceau de tissu lui obstruant la vue. La garçon voyait à présent deux yeux clos. Pourquoi les ouvraient-elle pas ?  Il lâcha le bandeau trempé qui devait avoir absorbé toutes les larmes de son corps. Suto était subjugué. Voyant aucune réaction et les tremblements de la jeune fille, il ouvra la paume sur le peu de torches dans l'endroit afin de les embraser. Suite à ça, il posa son manteau sur la jeune fille tremblant légèrement sous les caresses de ce froid transperçant la peau. Il cherchait des clés ou de quoi briser les chaînes. Dans l'attente d'une réponse à ce qu'il cherchait du regard, il croisa le regard de la jeune fille. qui ne semblait pas bavarde. Peut être était-elle sous le choc de voir quelqu'un. Suto se contenta de rester debout paniquant au centre de cette cellule macabre recherchant quelconque indice pouvant rendre la liberté à cette jeune demoiselle ne lui adressant aucun mot.




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Syria

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MessageSujet: Re: La partition du silence est une si belle musique (Privé)   Dim 15 Nov - 14:43


La partition du silence

est une si belle musique




Syria et Zoldik Suto



L'obscurité dévore l'espace, se régalant de tous les élans de peur et de mort flottant en permanence dans l'air. Les ténèbres surpuissantes se déploient, impératrices suprêmes de ce royaume sans vie où leurs seuls sujets sont de terrifiants crânes édentés accompagnés de leurs rares ossements dispersés de ci et là. De rares torches osent encore se rebeller, diffusant une trop faible lueur pour être prise au sérieux par les maîtres démoniaques des lieux.

Sources d'inspiration inépuisable des racontars les plus sordides, les catacombes de cette mystérieuse école sont synonymes d'horreur et de répulsion.  La rumeur la plus célèbre prétend avec certitude qu'elles sont le repaire d'une terrifiante créature qu'aucun être sensé n'irait affronter. Sans corps matériel à l'état pur, Le Presseur ou le Broyeur serait une sorte d'entité diabolique dont le plus grand plaisir est de massacrer ses victimes en les pressant contre les murs au point de broyer leurs os et que leur silhouette décharnée se creuse à travers la pierre rêche. Les uns racontent qu'il posséderait une paire de cornes semblables à celles du Diable selon les visions de la Bible, les autres préfèrent dire que ses crocs luisent du sang de tous ceux qu'il a pu tuer, leurs restes ornant encore ces lieux maudits pour l'éternité.

Entre la vérité et le mensonge, il n'existe qu'un pas mais personne n'osera le vérifier dans le cas de ces horrifiants bruits de couloirs. Qui serait assez fou ou téméraire pour risquer sa vie et son âme, que le montre dévorerait intégralement, au cas où ce dernier existerait bel et bien ? Comme pour mieux confirmer tous ces dires d'étudiants, les portes sont condamnées depuis fort longtemps.

Pourtant, la ruse et l'habileté de la jeunesse viennent encore une fois de faire leurs preuves avec le détournement des règles de sécurités. Cadenas forcés, ouvertures déliées et grille sans protection frayent désormais un chemin vers les effroyables ténèbres. Les cellules aux fers rouillés se succèdent les unes à la suite des suite, toutes dignes des films d'horreur les plus réussis.

Dans l'une d'elle, une fine silhouette se détache dans l'obscurité. De longs cheveux couleur de neige tombent avec grâce dans son dos tandis que son visage de pêche est strié par les traces de violentes griffures. Un bandeau est serré avec hargne sur ses yeux comme pour mieux l'enfermer dans la nuit la plus sombre.

Une robe noire de taille moyenne couvre à peine son corps frêle d'où suinte pourtant des jambes fines et une poitrine généreuse, fait bien troublant pour les yeux avisés ayant détecté son visage d'enfant accompagnant des formes d'adolescente. Ses épaules dénudées par son vêtement déchiré montrent une peau sans imperfections tandis qu'une croix rougeâtre est peinte avec magnificence sur son bras gauche. Ses cheveux blancs recueillent la présence d'un nœud noir et d'oreilles factices de chat, accessoires à la mode ridicules chez certaines personnes mais ô combien mignon chez une fillette aussi hors-norme.

Les chaines glaciales et rouillées se referment sur ses frêles poignets, les emprisonnant dans une torture des plus terrifiantes.  Ses doigts fins sont enserrés par une corde impitoyable lui empêchant le moindre mouvement.  Pire encore, son cou est emprisonné par une sorte de ceinture relié au mur par un long filin, manquant de lui procurer étranglement et souffrance à chaque geste qu'elle oserait esquiver dans l'atmosphère.

Le froid des catacombes s'incruste à même son corps d'enfant, déclenchant des tremblements incessants. Ses pieds se crispent au contact du sol râpeux tandis que les pierres coupantes s'amusent à irriter sa peau mate. Une araignée se promène effroyablement sur sa poitrine généreuse, légèrement couverte par le fin tissu de sa robe noire. Son collant déchiré git pitoyablement à côté d'elle de même que son sac à dos remplit de son matériel à dessin. Quelques tubes de couleur, crayons, feuilles et pinceaux reposent lamentablement sur la poussière des lieux, tout leur talent gâché par l'effrayante obscurité.

Les larmes silencieuses coulent en cascade sur ses joues tandis que des violents soubresauts agitent son corps de temps en temps, emportés par la force de ses sanglots. Elle ignore depuis combien de temps elle est ici. Tout ce dont elle se souvient, ce sont des mains l'agrippant en arrière aux alentours de 10 h ce matin avant de lui bander les yeux et l'entraîner violemment dans cet effroyable endroit pour l'y enfermer, quitte à avoir sa mort sur la conscience.  Son regard porteur de malédiction n'engendre que la haine et le mépris autour d'elle, seulement les sanctions ne sont jamais allées aussi loin qu'aujourd'hui.

Alors qu'elle suit le fil de ses pensées et souvenirs douloureux, ses muscles se tendent soudainement avec une extrême violence. Son instinct se réveille brusquement pour lui susurrer sournoisement l'approche d'une aura inconnue et pire encore, représentante de ses pires cauchemars.  Ses jambes se replient de plus belle sous elle et elle tente de se débattre mais la ceinture autour de son cou stoppe son entreprise en l'étranglant tandis que les chaines et cordes strient de plus belle sa peau.

Les pas se rapprochent inexorablement autour d'elle telle une sentence irrévocable. Des mains la frôlent et un frisson de terreur parcourt son corps à la manière d'une violente décharge électrique. Des doigts jouent derrière sa tête et enfin les nœuds de son bandeau ne sont plus qu'un mauvais souvenir.  Pour autant, il est impossible à l'inconnu d'en savoir plus sur la jeune prisonnière. Demeurant obstinément muette en dépit de sa présence, ses yeux sont clos et pourtant il est clairvoyant qu'elle n'est pas atteinte de cécité, sa tête s'étant levée à l'approche pourtant silencieuse de l'étranger.  

Le bandeau trempé de ses larmes abandonné sur le sol, elle devine qu'il essaye de trouver un moyen de la délivrer de sa prison morbide. Pressentant ses tremblements incessants, il a la décence de s'éloigner légèrement avant de poser son long manteau sur sa peau rafraichie par le froid glacial des catacombes.  Le long tissu, infiniment trop grand pour elle, lui procure un peu de chaleur mais aucun mot ne semble vouloir s'échapper de ses lèvres même pour exprimer sa reconnaissance, la moindre des politesses dans une telle situation.

Des sanglots silencieux continuent de couler le long de ses joues d'enfant tandis que son corps émet des tremblements permanents tandis que l'aura de la peur la plus pure suinte inévitablement d'elle.  Son rythme cardiaque s'emballe dans une danse infernale tandis que sa respiration suit le mouvement, le tout dans un silence des plus déconcertants. Aucune fibre de son ne s'échappe d'elle, pas même les signes élémentaires de vie.

Dans son esprit, les pensées les plus terrifiantes courent en tout sens, lui hurlant que l'être qu'elle craint par dessus tout se trouve en face d'elle. Alors qu'elle fait tout pour éviter la foule et le contact des autres, elle est malgré tout approchée par quelqu'un et pas n'importe qui. Un homme...un représentant de la gente masculine, cette espèce qu'elle abhorre par dessus tout, ce cauchemar hantant en permanence son âme et lui souillant l'existence.  

Gagnée par la panique la plus pure, sa douce aura explose de manière invisible autour d'elle et comme irrémédiablement attirées, des centaines d'araignées pénètrent soudainement dans la cellule. Grimpant avec dextérité sur le mur derrière la petite fille, elle font face au jeune homme dans un tableau de menace. Elles sont rapidement suivies par quelques rats se plaçant non loin d'elle comme pour la défendre. Aussi moindre soit-elle, la rare faune présente en ces lieux va pouvoir l'aider.

Comme fortement liées à la demoiselle et comprenant instinctivement la situation, les araignées se séparent lentement. Quelques unes se regroupent et après quelques secondes, un étrange signe se dessine sur le mur grâce à leurs corps velus.

Quelques lignes sont tracées par les insectes peignant sur les pierres rêches quelques kanji japonais. Le premier désigne le mot "fillette" pour montrer  l'enfant enchainée et le second éclaire enfin le garçon quant au silence obstiné de la petite. Il décrit l'adjectif "muette".  Voilà pourquoi elle ne lui répondait pas, elle en est tout simplement incapable, privée du moindre son. Elle n'est pas malpolie comme pourrait le suggérer son absence de reconnaissance mais prisonnière du monde du silence, elle ne peut émettre la moindre oralité, même une simple respiration, tout est marqué par l'absence de sons.

Désireuses d'aider leur jeune amie, les araignées restent ainsi, espérant que le garçon comprenne rapidement la situation et qu'il puisse délivrer leur maitresse. Aussi douées soit-elles pour que leurs corps dessinent des termes du pays du soleil levant, elles ne peuvent être mobilisées pour défaire les lourdes chaines l'emprisonnant sans oublier la corde striant ses doigts et la ceinture étranglant son cou.

Animés d'une volonté à toute épreuves, les rats se rapprochent de la petite fille et émettent quelques couinements dans sa direction. Tournant lentement la tête vers eux malgré l'étranglement procuré, une grimace de douleur naissant sur ses lèvres fines et les larmes de souffrance venant se rajouter à celles de sa terreur, une douce aura baigne autour d'elle et semble toucher en plein cœur les rongeurs.

Fuyant sur leurs petites pattes, ils sortent de la cellule comme porteurs d'une mission de la plus haute importance où la vie de l'enfant serait en jeu. Tournant de nouveau le cou en dépit de sa torture, elle se repositionne comme auparavant,  le visage face à l'étranger qu'elle refuse pourtant obstinément de regarder. Que cachent donc ses yeux clos pour qu'elle n'ose les montrer ?
Tandis que le garçon est toujours en recherche du moyen de la délivrer, un étrange bruit résonne derrière lui comme une course folle accompagnée du cliquètement du fer. Les rats reviennent au devant de l'enfant prisonnière et déposent à ses pieds l'improbable incarné. Un trousseau de clés argentées  brillent sur le sol poussiéreux.

Aussi incroyable que cela puisse paraitre, les rongeurs semblent avoir compris ce qui pourrait sauver la fillette à la chevelure de neige. Leur odorat développé et leur instinct puissant leur ont permis de trouver un objet inconnu de leur quotidien pour le rapporter dans la cellule comme souhaitant par dessus tout aider l'étrange enfant.

Pour autant, la demoiselle semble toujours gagnée par la résignation, comme acceptant son terrible sort sans posséder la volonté de se battre. Non pas qu'elle ne désire pas être libre mais l'apport des clefs lui procure à la fois soulagement et horreur. Pour pouvoir ouvrir ses chaines, défaire la corde serrée sur ses doigts et lui enlever la ceinture lui étranglant le cou, le jeune homme n'aura d'autre choix que de l'approcher. Cette simple perspective l'emplit de terreur et instinctivement, elle se débat en dépit de la souffrance intense de l'étranglement, torture délicieusement inventée par ses bourreaux.  Les sanglots se déversent de plus belle sur son visage et ses mouvements désordonnés font même tomber le manteau gentiment offert par l'inconnu.
 
Chaque battement de son cœur manque de lui arracher la poitrine dans une danse diabolique tandis que sa respiration s'emballe silencieusement. Son corps est agité d'infinis soubresauts et ses sentiments de terreur l'emportent sur la raison lui criant que chacun de ses mouvements risque de l'entraîner vers l'étranglement pouvant la priver de vie.

Les tremblements et les pleurs permanents ne mentent pas : l'enfant est prisonnière de la panique et la peur court sur tout son corps.  Pour autant, elle semble être l'amie des araignées et des rats, créatures fortement répugnantes pour la plupart des êtres humains. Mieux encore, celles ci sont capables de l'aider en déployant leurs corps à la manière de l'écriture japonaise ou en courant chercher un objet étant inconnu à leurs esprits.

La fillette aux longs cheveux de neige et au corps de femme semble être bien plus mystérieuse qu'il ne le parait. Enfermée dans un profond mutisme, aucun son n'a le pouvoir de franchir ses lèvres, aussi simple soit-il comme un couinement de peur ou même des pleurs, demeurant éternellement silencieuse.

Un physique hors du commun et prisonnière du monde du silence, et réagissant étrangement à la présence d'un homme dans la pièce, voilà une rencontre des plus atypiques mais ô combien effrayante.

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Dernière édition par Syria le Mar 17 Nov - 13:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La partition du silence est une si belle musique (Privé)   Mar 17 Nov - 3:13


"Le Cimetière des Chants"
Zoldik Suto et Syria



Suto, figé au milieu d'une pièce lugubre était face à un tableau macabre. Une jeune fille terrifiée, frigorifiée, gesticulant dans tous les sens. Suto avait allumé les torches se trouvant sur des murs en piteux état. La pierre s’effritait et on voyait l’érosion lisser sa surface. Quelques cavités sombre abritaient des insectes ayant élu domicile dans ces catacombes. Le sol sous ses pieds était lui aussi imparfait. Sable et poussière semblaient se côtoyer depuis longtemps peignant un sol bien froid et solide. On pouvait sentir le froid s'échapper des divers angles de la pièces.

Un frisson traversait le jeune homme alors qu'il essayait de prendre connaissance de la situation dans son ensemble. Il venait de donner sa veste à la jeune fille mais était maintenant lui-même sous le souffle glacé qui s'emparait de l’endroit. On se sentait comme aspiré par un tourbillon glacial. La fraîcheur, il la portait à présent. Dans la partition de sa dernière symphonie. Il s'apprêtait à utiliser son pouvoir quand des choses anormales se produisirent. Il entendait des pas rythmés frapper le mur d'un crescendo constant. Des centaines pour être plus proche de la vérité. Son œil était attiré sur des araignées sortant de leur chaud foyer pour venir s’agglutiner sur le mur derrière la petite fille. Elles prenaient une forme spéciale. Un....signe.? Non, un message que Suto avait à présent compris.
C'étaient en fait les pièces d'un puzzle bien trop évident pour que Suto ne le résolve pas.
La jeune fille était donc muette.  Mais ce n'était pas la seule bizarrerie de ce lieu. Il entendait des respirations rapides de petits êtres griffant le sol dans leurs marches. Eux aussi venaient voir la petite fille torturée par son cœur. Quelle était cette sensation de contrôle. Les partitions de tout les êtres vivants s'accordaient. Ils agissaient d'un seul être en partant tous dans la même direction. Oui, les petit rongeurs avaient quitté la pièce alors que Suto ne bougeaient que la tête dans ce spectacle incompréhensible.

Suto avait compris que les animaux agissaient dans l’intérêt de la jeune fille. Ils venaient de lui ramener un trousseau de clefs. Donc elle est un compagnon des animaux ? pensait-il.
La poussière se déplaçait et il se pencha pour ramasser les clefs à ses pieds. Les petits cliquetis avaient secoué la jeune fille. Elle avait l'air de ne pas apprécier son sauveur tant que ça. C'est alors que Suto activa son pouvoir pour enlever tous les sons de la pièces... plus de bruit... même le plus lointain ne s'entendrait pas. Il prenait soin de ne pas secouer la jeune fille plus qu'elle ne l'était et alors que les sons avaient disparu, Il récupéra sa veste, les chaînes tombèrent toutes dans une synchronisation presque totale, et les clefs plantées dans les serrures rouillées.

Ces lourdes chaîne auraient normalement laissé un hurlement strident mais rien ne sortait. Il récupéra toutes les chaînes afin de les déposer dans le sol soulevant un peu de poussière par la rapidité d’exécution de Suto. Puis, le jeune garçon recouvrît la jeune fille à nouveau de sa veste. Il imprégna la cellule de son à nouveau pour rendre la vie auditive de cette pièce. L'air se bleutait pour apaiser la petite fille. Il se baissa déplaçant légèrement la poussière sur le sol pour poser ses mains paume vers le plafond et accueillir un rat dans chacun de ses mains. Il se posa à genoux en face de la jeune fille présentant les deux rongeurs dans ses main. Il se demandait comment il allait faire ouvrir les yeux à une jeune fille qui avait peur d'une simple présence. Il répandait doucement cette symphonie agitant les araignées sur le mur.  Ces dernières fuyaient le murs pour se regrouper autour de Suto.

Il attendait entouré du peu d'êtres vivant qu'elle daigne ouvrir les yeux. Il allait donc utiliser de sa ruse pour lui donner envie de voir ce que Suto lui préparait.

" Petite, je me nomme Suto, je peux te montrer un jeu ? "

Il enveloppa un des de rat dans ses mains d'une lumière douce. L'aura bleue de l'atmosphère déposait son pigment sur l'aura de cette petite créature. La jeune fillette était maintenant libre de s'enfuir loin sans recherche le dialogue. Pourvu que la mélodie de Suto l'apaise. Elle restait pour lui un puzzle à résoudre, et le jeune homme adorait les énigmes. Il la regardait avec conviction et voulait la rassurer.
Mais pourquoi donc Suto agissait-il si bizarrement ? Le sommeil, il l'avait oublié. Il était dans une enquête et il voulait la résoudre, comme toutes celles auparavant. La pièce commençaient à se réchauffer légèrement les flammes rampant sur les murs au rythme la partition de Suto. Il concentrait à présent cette chaleur dans le corps par l'onde d'apaisement qu'apportait la mélodie circulant dans tout les êtres vivants de la pièce. Il se contenta d'attendre que ce stratagème fasse effet laissant ses autres pensées derrières lui.



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Syria

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MessageSujet: Re: La partition du silence est une si belle musique (Privé)   Mar 17 Nov - 13:31


La partition du silence

est une si belle musique




Syria et Zoldik Suto



Les chaines s'agitent avec diablerie sous l'effet de la jeune demoiselle aux cheveux de neige se débattant avec l'énergie du désespoir. En fait, il s'agit littéralement de son dernier espoir, sans doute imprégné de folie et de panique, chacun de ses mouvements l'étranglant atrocement de par la présence de la ceinture attaché à son cou et reliée au mur.

La poussière du sol et des murs s'envole avec lenteur sous l'effet de ses gestes désordonnés. Les pierres rêches semblent vouloir s'effriter à tout moment, les sombres cavités sont les parfaites habitations des centaines d'insectes ayant choisi de vivre dans le royaume des ténèbres. Le froid glacial s'échappe de partout, aucun air chaud ne pouvant pénétrer à l'intérieur de ces lieux macabres où une terrifiante créature aurait élu domicile.  

Ses jambes nues s'écorchent sur le sol rocailleux et ensablé tandis que la fillette continue de bouger comme possédée. Les tremblements dansent en permanence avec son corps frêle aux formes pourtant généreuses alors que les larmes coulent sur son visage d'enfant à la peau de pêche. Son cœur manque de lui arracher la poitrine à chaque battement tant il est entraîné par un rythme des plus démoniaques. Sa respiration silencieuse suit les indications du metteur en scène que représente la peur à l'état pur. Plus rapide, elle exprime la panique sans concessions et son jeu est d'autant plus admirable que tout est exécuté dans un silence absolu.  

Comme animée par une formidable volonté, la pierre du mur derrière l'enfant commence lentement à émettre une musique étrange. Le son de pas fourmillant dessus par centaines résonne aux oreilles des connaisseurs, le tout dans un rythme parfait. À la faible lueur des torches, un nombre effroyable de petites créatures noires s'agglutinent dans un mystérieux rassemblement. Leurs corps sombres s'allient à la perfection pour former des signes propres à la langue japonaise. Deux kanji s'alignent avec magnificence pour  emboiter l'une des pièces du puzzle complexe que représente la petite fille enchainée sous leurs pattes. Atteinte de mutisme, elle est tout simplement incapable d'émettre le moindre son, condamnée au monde du silence même pour exprimer la plus petite chose comme la reconnaissance. Du moins, elle ne peut le faire sans moyens artificiels.

Attirés par la détresse de son cœur, les rats se rapprochent d'elle sans peur et couinent dans sa direction. Alors qu'un simple mouvement de la tête l'étrangle à chaque seconde, la demoiselle s'offre une insoutenable torture comme pour leur donner une communication qu'eux seuls peuvent comprendre. Leurs pattes griffent le sol et sans hésiter ils détalent en direction de la sortie sans se préoccuper de la présence du jeune homme dans la pièce.

Alors que la demoiselle tente de calmer les rythmes effrénés de sa peur sans succès, le son des centaines de pas résonne pour la seconde fois avant que les rongeurs ne reviennent comme par enchantement, déposant avec espoir un trousseau de clés sur le sol. Animaux d'une vive intelligence, jamais leur instinct n'aurait pu leur dire d'aller rechercher un objet inconnu de leur quotidien sans la présence de l'enfant aux mèches enneigées.

Araignées et rats se regroupent autour d'elle dans un cercle de protection évidente, leurs petits yeux presque invisibles surveillant attentivement les gestes du garçon debout en face d'eux. Leurs physionomie ne leur permet pas de pouvoir la délivrer de ses chaines, délier la corde enserrant ses doigts et la ceinture étranglant son cou contrairement à l'inconnu mais il n'empêche qu'ils semblent tenir à rester auprès d'elle, prêts à la défendre si besoin, tous ressentant la panique effroyable de son âme.

À cet instant, l'instinct de l'enfant s'éveille brusquement pour lui signaler un fait étrange au milieu de sa panique permanente. Non seulement, un représentant de ses pires cauchemars se tient devant elle et possède le pouvoir de la libérer mais en plus, il semble doté de facultés des plus étranges.  Ses oreilles habituées à capter le moindre son, son ouïe bien supérieure à celle des terriens, ne perçoivent plus le moindre bruit comme s'ils avaient été éradiqués de la surface de la Terre. Seule sa signature surnaturelle lui permet de percevoir les mouvements d'air du jeune homme et son rythme cardiaque s'affole de plus belle alors qu'il s'approche d'elle pour lui offrir la liberté.

S'agitant sur ses chaines, elle sent que son cœur s'accélère de plus belle, la cadence effroyable lui coupant la respiration durant quelques secondes avant qu'elle ne devienne haletante mais étonnement silencieuse. Muées par le désespoir et la peur, ses jambes se débattent et les sanglots ne cessent de déchirer son si beau visage.

Un violent haut-le-cœur manque de franchir ses lèvres rosées avant qu'elle ne le retienne de justesse. Elle tremble de tout son corps tandis que son cœur lui procure d'atroces souffrances à chaque battement effréné que sa peur lui impose. Très bientôt, elle sent une bouffée d'air s'engouffrer dans ses poumons avec bienfaisance.

Ses poignets et ses doigts sont délivrés des chaines et de la corde avant que son cou ne subisse la même guérison, le poids de la ceinture et autre instruments de sa torture tombant sur le sol en silence. Pour autant, les yeux de l'enfant demeurent obstinément clos et les tremblements s'agitent toujours en leur proie innocente.

Une fois libre, la fillette opère un effroyable manège. S'agenouillant dans le coin le plus proche d'elle, de dos à l'inconnu, elle laisse sa nausée prendre le dessus sur son corps pour la rejeter sur le sol poussiéreux. Aussi répugnant puisse être cet acte, les araignées s'empressent de délier leurs corps pour former de nouveau un dessin de la langue japonaise. Pendant que la petite fille soulage son malaise, les kanji des bestioles procurent une explication des plus terrifiantes. "Peur des hommes", voilà les trois mots que les petites bêtes ont tout eu juste le temps de tracer avant que l'enfant ne se retourne, la respiration haletante et les yeux toujours fermés.

Non pas qu'elle soit impolie ou prise d'une violente maladie, sa nausée est sans aucun doute due à sa peur panique de sa proximité avec le garçon bien qu'il l'ait libérée de ses chaines. Au pays du soleil levant, une telle démonstration publique est très mal vue mais comment une enfant terrorisée par la gente masculine pourrait-elle évacuer tout son stress alors qu'elle a été en fort contact avec l'objet même de sa phobie, ces réactions sont mêmes naturelles chez les personnes atteintes de ce genre de pathologies mentales.

Pressentant quelque chose, elle s'empresse de dissimuler ses yeux sous ses petites mains avant de les entrouvrir très discrètement et comprendre que le jeune homme lui offre gentiment son vêtement afin qu'elle se protège du froid glacial des catacombes.  En dépit des torches éclairant la cellule, l'enfant refuse obstinément de montrer ses yeux, préférant les cacher derrière ses paumes et l'interstice entre ses doigts étant si fins que personne ne peut attraper leur mystère.

Secouant tout d'abord la tête dans un refus enfantin, un éternuement mêlé à la promesse qu'elle a dû tenir devant ses protecteurs atténue sa volonté. Selon sa marraine, un geste généreux ne doit jamais tomber dans l'indifférence et mérite au minimum des remerciements. En son esprit candide, son éducation et sa phobie s'engagent dans une bataille féroce, la première lui murmurant que bien qu'il lui fasse peur, le garçon a le droit d'être récompensé pour ses bonnes actions tandis que la seconde ricane qu'il est l'un des pire représentants de son cauchemar permanent. L'esprit de sa marraine est plus puissante que tout et finit par remporter l'ardent combat. Sans cet inconnu, elle ne serait peut être jamais sortie d'ici et la moindre des choses est de tenter de lui exprimer sa reconnaissance, aussi puérile et maladroite soit-elle.

Refermant ses pupilles, des tremblements ne cessent jamais de l'assaillir violemment tandis qu'elle tend lentement le bras avant de le faire revenir brutalement vers elle. Recommençant avant d'échouer à nouveau, l'étrange manège dure quelques minutes avant qu'un sursaut de courage ne parvienne à lui faire attraper la veste. Un véritable exploit au vu des dires exprimés secrètement par les araignées.

Enfilant gauchement le vêtement bien trop grand pour elle, la fillette s'y retrouve presque noyée tant leur différence de corpulence est flagrante. Les manches tombent à terre, cachant ses petites mains. Levant les bras pour faire retomber le lourd tissu, elle finit  par arriver à les faire réapparaitre dans l'atmosphère.

À cette même seconde, son instinct mêlé à son ouïe surnaturelle s'agitent. Ses sens lui indiquent que les araignées et les rongeurs commencent à se regrouper autour du garçon et que deux d'entre eux sont même soulevés dans ses mains. Une peur effroyable s'empare de nouveau d'elle, lui coupant le souffle l'espace d'un instant. Serait-elle en train de perdre son inestimable don sur tous les êtres vivants que représentent la faune et la flore ? La douce mélodie s'échappant de nul part manque d'augmenter sa panique avant que les méandres de ses pensées ne l'emmènent dans une sorte d'apaisement à court terme.

Seule cette étrange musique attire les animaux vers l'inconnu même s'ils restent irrémédiablement fidèles à la fille de la nature, celle qu'ils aiment par dessus tout. En venant vers le garçon, ils ne la trahissent pas mais espèrent lui apporter l'aide dont elle a infiniment besoin sans qu'elle n'ose se l'avouer.

- Petite, je me nomme Suto, je peux te montrer un jeu ?

Les étranges sonorités résonnent à ses oreilles sans qu'elles n'en comprennent le sens. Cette langue inconnue lui traverse l'esprit sans qu'elle soit capable de la déchiffrer seule. Sa protectrice lui a bien parlé d'un certains français mais malheureusement elle n'a jamais pu apprendre ce langage au cours de sa jeune existence. Elle en maitrise une dizaine mais celui-ci lui est encore mystérieux et de toutes façons, son mutisme l'empêche de l'apprendre de manière naturelle.

Une douce aura baigne en continu autour d'elle et lui transmet les connaissances dont elle a besoin pour déchiffrer les mots du garçon. Seule la magie lui permet de traduire ces discours dans sa langue maternelle pour qu'enfin elle puisse en attraper le sens.

Si sa peur ne l'en empêchait pas et si ses tremblements n'agitent pas perpétuellement son corps alors peut-être aurait-elle réprimé un doux sourire. Dans la langue de son monde, le prénom du garçon possède une signification bien particulière et au vu de ses capacités, nul doute qu'il lui sied à merveille.

Malgré toute la tendresse qu'elle peut percevoir dans sa voix, sa méfiance naturelle et sa phobie l'emportent sur la raison. Ses pensées s'entremêlent pour lui souffler qu'il tente de voir ses yeux. Elle secoue mentalement la tête. Personne ne doit les croiser sous peine de s'attirer répulsion, dégoût et mépris. Son regard est maudit, bien des êtres le lui ont crachés ces mots venimeux avec un amas infini de haine. Son physique lui-même est porteur de malédiction et sa naissance n'a été que préjudices. Certains sont devenus fous en tombant sur ses pupilles effroyables.  Bien qu'elle évite tout contact avec la foule et les autres, si jamais elle doit croiser quelqu'un, ses yeux se fermeront immédiatement pour ne pas déchaîner coups et insultes.

Malgré tout, sa curiosité d'enfant et son inquiétude légitime vis-à-vis de ses compagnons animaux l'emportent l'espace d'un instant sur sa peur panique. Ses mains dissimulent de nouveau son visage et la tête penchée sur le côté, elle observe la scène grâce au très faible interstice entre ses doigts afin d'être certaine que le garçon ne captera jamais le dégoût qu'ils inspirent. Elles les entrouvrent à peine, impossible de saisir leur mystère à travers ses paumes.

L'un des rats est entourée d'une tendre lueur bleutée et la musique continue de résonner avec mille perfections dans la cellule. Secouant instinctivement la tête au rythme de la mélodie, elle en épouse parfaitement les méandres, n'effectuant aucune erreur. Si elle est atteinte de mutisme, nul doute qu'elle connait le monde de la musique et qu'elle l'affectionne en dépit de son infirmité. Si les tremblements ne cessent jamais leur course folle, son corps commence lentement à dodeliner comme entrainé malgré lui par ces magnifiques sons.

Si les mouvements peuvent sembler désordonnés pour l'amateur, ils ne laissent planer aucun doute pour les connaisseurs. La demoiselle est également une experte de ce monde et ses doux mouvements trahissent l'irrésistible envie s'emparant du corps des danseurs à chaque note venant résonner à leurs oreilles. Si les pensées du garçon sont ingénieuses, il devinera sans peine que la fillette est une danseuse innée, sa passion s'étant comme fondue à sa personnalité et qu'elle se retient à grande peine de se lever pour laisser ce noble art s'exprimer, sa peur la clouant encore au sol malgré elle.

En son esprit, sa bonne éducation et sa phobie luttent férocement pour espérer prendre le pouvoir. Les armes invisibles s'entrechoquent avec une infinie violence, les lames froides chantant les couleurs de l'espoir face à la terreur. Après de longues secondes, l'une des deux armées doit rendre les armes face à la puissance de plus en plus grande de la seconde. Enlevant ses paumes de son visage, la petite fille laisse ses yeux clos pour que leur malédiction ne touche pas celui l'ayant libéré. Les doigts fins s'agitent et une voix d'enfant résonne dans la cellule sans que ses lèvres ne s'ouvrent.

- Nasson né lilèwe Sisi...nalo Sisi né lit merchi... n'à Chuto...Lan lanze Sisi, Chuto né chinifie "Muzile" né Sisi n'aime bien...En wai, Sisi né Sywia...Sisi né chavait pwlé n'avant mais né muelle...et Sisi né chait n'aussi...n'araignées n'ont wewélé...Sisi n'a peuw zommes...n'asson né lewait pati..Sisi né maulile...né zyeux Sisi né chon maulits... (Le garçon a délivré Sisi alors Sisi lui dit merci...à Suto...Dans la langue de Sisi, "Suto" signifie "Musique" et Sisi adore cela.En vrai, Sisi se nomme Syria. Sisi sait que les araignées ont dit au garçon...Sisi savait parler avant mais elle est muette...Et Sisi sait aussi...que les araignées ont révélé que Sisi a peur des hommes...Le garçon devrait partir. Sisi est maudite...les yeux de Sisi sont maudits)

Bien qu'atteinte de mutisme, la fillette semble être capable de s'exprimer grâce à la langue des signes et à une étrange magie l'entourant en permanence.  Ses doigts dansant avec une merveilleuse grâce, elle demeure lèvres closes comme pour mieux prouver qu'elle ne ment pas et que si le jeune homme entend une voix résonner en son esprit, ce n'est certainement pas la sienne mais seulement un artifice destiné à la rendre compréhensible sa langue des signes, connaissances très rarement présente chez les êtres humains.

Preuve que le fantastique n'est pas infaillible, la traduction dans ce que ses protecteurs nomment le français qu'elle est incapable de comprendre est plus qu'imparfaite avec ses nombreuses erreurs de prononciation et sa grammaire bancale. Ce mystérieux sortilège ne fonctionne mieux si la personne qui en bénéficie, ici l'enfant à la chevelure de neige, a une bonne connaissance de la langue de ses interlocuteurs. Hélas pour la fillette et ceux à qui elle s'adresse, que trop rarement, elle n'a jamais appris ce langage. Pour autant, ses deux protecteurs ne sont jamais inquiétés du phénomène, lui assurant qu'avec toute autre langue, le résultat aura été le même.  

De par ses mots emplit d'innocence, la fillette a pourtant révélé plusieurs aspects de sa personne sans le vouloir. Grâce à son anecdote sur le prénom du garçon, ce dernier peut aisément deviner qu'elle n'est certainement pas issue de la culture japonaise ou française vu la prononciation incertaine et écorché de ses propos.

Plus effroyable encore, la fillette ne s'exprime jamais à la première personne du singulier, préférant se désigner par l'étrange son de "Sisi", sans aucun doute un surnom, comme si toute individualité lui a été retirée. Elle ne semble plus exister en tant que personne unique mais comme un pronom, sa personnalité détruite et foulée aux pieds de son pire cauchemar.

Toujours victime de ses tremblements et des traces de pleurs coulant sur ses joues, la pette fille demeure assise sur le pierres glaciales, la tête baissée et les yeux obstinément fermés. Bien que déliés de leur bandeau, ils refusent de croiser le regard du jeune homme, ou plutôt leur propriétaire apeurée.

Des cheveux aussi blancs que la neige, des formes pareilles à celles d'une femme, un profond mutisme mêlé à une extraordinaire et maladroite langue des signes sans oublier une phobie évidente envers la gente masculine, preuves en sont ses tremblements et ses sanglots permanents, voilà une rencontre hors du commun, même au sein des murs de cette étrange académie.

Si seulement elle pouvait réentendre le son de sa propre voix.

© Lith'


Dernière édition par Syria le Jeu 19 Nov - 14:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La partition du silence est une si belle musique (Privé)   Jeu 19 Nov - 1:53


"Le Cimetière des Chants"
Zoldik Suto et Syria



Il y a quelques heures de ça, Suto empruntait le chemin menant aux catacombes. Des traces de pas et des indices visuels évidents menaient à la conclusion qu'un groupe était passé par la. Cela dit, une personne manquait sur le retour. Des traces plus petites et saccadées indiquaient un être plus petit que la moyenne du groupe. Surtout.. Elles ne se voyaient pas sur le retour. Cherchant dans un premier temps un endroit pour dormir, Suto était intrigué. Il décida de pousser la grille vandalisée qui marquait le début de son enquête. A priori, rien ne semblait bien extraordinaire dans ces catacombes. Suto voyait l’humidité ruisseler comme si le mur transpirait. La lumière se faisait rare et était transportée par quelques torches peu présentes. Sur le chemin de Suto, cellules et renforts ornaient le tableau. Des ossements, des toiles d'araignées et des insectes préférant les ténèbres et la noirceur pour leur vivre.  Une scène macabre mais suffisamment classique pour ne pas inquiéter Suto. Sa route se terminait sur une cellule étrange. Là, devant lui une fillette enchaînée et frigorifiée. Le peuple de ces lieux donnait des indices à Suto essayant de l'aider. Alors Suto, fidèle à lui même, commençait à résoudre les énigmes devant lui une après l'autre. Malgré l'aide du jeune homme, la jeune fille se semblait terrorisée. Il l'avait pourtant délivré suivant les conseils des araignées et l'aide de ces petits rongeurs. Mais alors de nouveau indices survenaient  par ces insectes. De nouveaux Kanjis qui indiquaient qu'elle était terrorisée par les hommes. Le "H" étant minuscule il s'agissait sans doute des mâles. Suto comprenait qu'il y avait autre chose dans sa terreur que ce simple groupe... peut être de garçons. Non cela remontait à plus loin. Alors peut être que son frère ou son père avaient blessé la jeune fille.

SUto voyait maintenant qu'après hésitation elle avait accepté sa veste pour finalement regarder la scène sans pour autant dévoiler ses yeux. Après quelques tourments se déroulants dans son esprit,la petite fille, yeux clos, faisaient pianoter ses doigts dans le vide. Il entendait à la suite de ça une fillete lui parler sans pourtant voir les lèvres de la jeune fille bouger.


- Nasson né lilèwe Sisi...nalo Sisi né lit merchi... n'à Chuto...Lan lanze Sisi, Chuto né chinifie "Muzile" né Sisi n'aime bien...En wai, Sisi né Sywia...Sisi né chavait pwlé n'avant mais né muelle...et Sisi né chait n'aussi...n'araignées n'ont wewélé...Sisi n'a peuw zommes...n'asson né lewait pati..Sisi né maulile...né zyeux Sisi né chon maulits...

Suto était interloqué par ce discours pourtant pas si évident à comprendre. Les "S" se remplaçaient donc par le son "ch" et il comprenait aussi très vite que les consonnes à prononciations d'attaque comme le "D" ou le "R" étaient remplacées. Comprenant ça il arrivait à une autre logique. Ainsi, le "Sisi" la désignerait elle. Peut être un surnom qu'elle avait tellement entendu que le son "S" semblait comprit. Surtout, les "Q" et les "G" se remplaçaient sans cesse par les même consonnes. Le "L remplaçait la plupart de ces accroches avec le "Z" mutant du "S" pour les mots plus doux, à liaison. La phrase était décrypté. Ainsi, Suto signifiait musique dans sa langue. Plus tôt, Suto avait remarqué que la musique avait eu un impact sur elle. Alors qu'elle avait relâché sa terreur sur le sol quelques secondes plus tôt, elle devait avoir une conviction profonde pour se laisser aider. Cette fillette aimait donc la musique et Suto en profiterait.

Il avait assez d'indices pour comprendre ce qu'il lui restait à faire. Le sac à dos à l'entré de la pièce il sortit un instrument de musique semblable à une flûte. Des cavités à l’intérieur de petits roseaux liés par une cordelette fine et surtout. Semblable à un radeau les bûches coupées de longueurs inégales.
Prenant son instrument et se mettant dans le côté opposé de la pièce, il s'adossa au mur en face d'elle.


" Je vais te montrer quelque chose demoiselle Sisi "

On y était, la force du pouvoir de Suto. Dès lors qu'il posa ses lèvres sur l'instrument, il lança une mélodie douce venant d'ailleurs. L'air chaud qui transportait les notes se bleutés également jusqu’à prendre possession du corps de tout les être vivants de la pièces accordant leurs partitions. Rythmant les cœurs sur le flot de la musique, les rats se balancèrent de gauche à droite dans une synchronisation parfaite. les vêtement semblaient flotter comme si un courant d'air les traversaient. C'est alors seulement quelques secondes après le début de la mélodie que Suto lâcha sa flûte de pan continuant sa mélodie et flottant autour de lui. Il glissait alors contre le mur froid et mouliié avant de s'assoir en tailleur au sol. Agitant ses mains comme des percussions il tapait le rythme sur une base de huit temps. Claquant dans ses mains sur le dernier temps de chaque phrase il regardait Sisi pensant avoir compris cette dernière.

" Tu veux bien danser pour moi Sisi-chan ? ça me ferais très plaisir "

Continuant d'envahir la pièce la musique reposait maintenant dans le creux des oreilles de tous. Les flammes des torches s'étaient mêlées à la danse. Il se contentait d'attendre la réponse de Syria, les yeux fermés, attendant le moindre signe de sa part. Maintenant assis à une hauteur plus basse que la sienne il voulait lui donner le sentiment de grandeur dont elle avait besoin. Il se contentait de jouer sa mélodie au sens littérale et pas par insufflation comme il avait pu le faire plus tôt. Les notes étaient réelles et il se demandait si elle y serait attentive.



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Syria

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MessageSujet: Re: La partition du silence est une si belle musique (Privé)   Jeu 19 Nov - 14:18


La partition du silence

est une si belle musique




Syria et Zoldik Suto



La douce humidité ruissèle sur les murs de pierre rêche tandis que les insectes et autres araignées y courent à cœur joie. Les rongeurs préfèrent l'ambiance glaciale du sol poussiéreux et s'y délectent avec mille plaisirs. Au sein de ce royaume des ténèbres, quelques faibles torches osent encore se rebeller sans convictions, éclairant sans violence à quelques centimètres de leur position. Des crânes aux sourires édentés et aux orbites vides reposent pour l'éternité en ces lieux macabres.

Dans une cellule sombre, une petite fille est enchaînée, les doigts enserrés dans une corde et le cou étranglé par la présence d'une ceinture relié au mur. En dépit de la présence rassurante de ses amis animaux, une autre aura suffit à la plonger dans un monde de terreur. Chaque battement de cœur lui procure une douleur inimaginable, manquant de lui arracher la poitrine. La moindre de ses respirations est précipitée dans un rythme insoutenable mais étonnement silencieux. En son esprit, les images de cauchemars se succèdent tandis que sa phobie lui susurre sournoisement que l'inconnu n'est pas différent de tous les représentants de sa nature.

La clé tourne lentement avant que l'enfant ne sente un lourd poids tomber de ses frêles poignets. Ses doigts fins sont délivrés de la corde venue les torturer quelques instants plus tôt et une gorgé d'air emplit ses poumons avec soulagement lorsque la ceinture l'étranglant est officiellement  partie.  Pour autant, un violent haut-le-cœur manque de franchir ses lèvres rosées lorsque l'étranger ose la frôler pour pouvoir la libérer de ses tourments physiques.  

Pour autant, les souffrances psychologiques sont toujours fortement présentes à en croire ses tremblements permanents et surtout son étrange réaction une fois que ses mouvements sont de nouveaux disponibles. Sa nausée mêlée à sa vive terreur prend le dessus et tombe littéralement sur le sol en des sons forts désagréables.  Serait-elle touchée par ces maladies d'hiver affaiblissant fortement l'organisme et apportant son lot de désagréments ?

Avec mille agilités, les araignées se réunissent de nouveau pour que leurs corps forment un troisième kanji de la langue japonaise. Entremêlant leurs pattes et leurs abdomens sombres, une forme se dessine peu à peu et les yeux affutés du jeune homme n'ont aucun mal à en décrypter le sens. L'explication du comportement aberrant de la fillette tient en l'espace de trois mots : "peur des hommes".

Une phobie sociale lui empoisonnant l'existence au point de la rendre aussi fragile que du verre en lui insufflant une terreur sans précédent à la moindre approche des représentants de cette race dont elle abhorre la nature. Pour tout esprit ingénieux compatissant, cette peur effroyable n'est pas soudaine et due à son emprisonnement en ces lieux morbides. Un traumatisme ancien est enfoui au fond de son âme, prêt à ressurgir à tout instant avec un large sourire démoniaque bardé de crics terrifiants.

En son esprit d'enfant terrifiée, les souvenirs éclatent à la surface tels des feux d'artifice de mauvaise augure. Les flashs crépitent avec violence pour dessiner sans remords une ombre gigantesque dont seuls les yeux bleu ciel ressortent à la manière d'une créature de cauchemar pourtant doté de magnifiques traits.  La fine écriture sur un cahier à la couverture rouge décrivant des mots porteurs d'une atroce vérité explose en sa mémoire. L'éclat d'un miroir taché de sang éclaire reflète la scène d'horreur où une fine silhouette est allongée sur le sol, ses mèches claires baignant dans l'hémoglobine.

Pour nombre habitants de la contrée japonaise, une telle représentation publique de nausée serait très mal vue, digne de mépris, de dégoût et de fureur mais comment des êtres habitués à dissimuler tous sentiments pourraient-ils comprendre cette peur infinie et incontrôlable au point d'en éprouver le besoin de tenter de la rejeter physiquement parlant.

L'ouïe et l'odorat écorchés de tout être doué de raison auraient fui cette scène de maladie psychique ou du moins la colère et autres émotions négatives seraient venus compléter le tableau comme pour mieux accabler la jeune responsable de mille culpabilités sans même se préoccuper de savoir ce qu'elle peut ressentir. À de très rares exceptions près, son médecin et les proches la défendant corps et âme, personne ne daigne la considérer comme une victime mais comme une coupable. Si elle n'était pas née avec ces yeux maudits, rien ne lui serait arrivé. De quel droit se permet-elle de provoquer le monde en osant se montrer avec un physique pareil et surtout un intellect doté d'infinis facilités. Comment un être doté de tels handicaps peut-il avoir le culot de dépasser la normalité alors que sa place est au fond du classement ?

Pourtant, le garçon ne semble pas désirer partir en dépit de la nausée fulgurante de la petite fille aux cheveux de neige. Au contraire, il demeure sur place alors que les araignées et les rats entourent la demoiselle dans un puissant cercle de protection.

Le froid glacial s'immisce dans ses fins muscles d'enfant, lacérant sa peau de frissons et de tremblements. À travers le voile sombre de ses yeux clos, elle perçoit un léger mouvement dans l'atmosphère et ses petites mains dissimulant ses pupilles, elle regarde timidement le jeune homme aux cheveux blancs lui tendre sa veste avec compassion et générosité.

Secouant d'abord la tête pour exprimer un refus timide, un éternuement et les frémissements continus de son corps ont raison de sa volonté. Assise à même le sol de pierres, elle tend son bras avec hésitation avant de le reculer précipitamment comme violemment piquée par un quelconque insecte. Cet étrange manège dure quelques minutes durant lesquelles elle ne cesse de trembler comme en proie à une effroyable peur. Finalement, sa petite main réussit à attraper le vêtement avant de le ramener à elle dans mille efforts. L'enfilant un peu gauchement, de par la différence évidente de corpulence et n'ayant pas l'habitude de se vêtir de la sorte, elle termine avec une veste d'homme trois fois trop grande pour elle. Les manches couvrant ses mains, elle secoue ces dernières tout en levant les bras afin de faire tomber le tissu.

Quelques mots s'échappent de la bouche du jeune homme, résonnant sans impact aux oreilles de la fillette. Les yeux clos, elle laisse son esprit analyser les étranges sonorités que ses connaissances ne lui permettent pas d'appréhender. Si elle en avait eu la force, peut-être qu'un doux sourire serait né sur ses lèvres rosées à l'évocation du prénom du garçon. Les anciens de son monde prétendent que les noms ne sont jamais choisis au hasard. Dès qu'une naissance a lieu, ils vont rendre visite au nouveau-né et peuvent deviner quel mot lui conviendrait à merveille, ayant le pouvoir de lire une partie du futur et des aptitudes. Dans sa langue maternelle, le terme de "Suto" se rapporte au monde musical, un domaine qu'il ne maitrise que trop bien d'après ce que son instinct lui souffle.

Le reste de ses mots parvient enfin à son esprit et manque de la faire réagir. Pourquoi souhaite-il lui montrer un jeu ? Pourquoi ne fuit-il pas comme les autres ? Les questions s'enchainent naïvement en son âme avant que son souffle ne soit coupé par la terreur. Autour d'elle, la présence animale si rassurante se raréfie et elle sent que deux rats sont au plus près du jeune homme. Ses amis seraient-ils en train de l'abandonner alors qu'ils admirent par dessus tout la fille de la nature, celle née sous le signe du soleil ?

Le son de douces notes lui apportent un bref sursaut d'assurance et vient titiller sa curiosité d'enfant. Protégeant ses yeux de ses paumes, elle écarte très faiblement les doigts pour voir l'étrange manège du garçon. L'un des rongeurs est entouré d'une tendre lueur bleutée et la musique semble s'échapper de nul part, suintant dans tous les pores de sa peau. Une puissante envie s'empare d'elle avant qu'elle ne la refrène de justesse. Comme elle connait bien ce sentiment de frénésie s'emparant de tous les danseurs dès qu'ils perçoivent le moindre morceau de solfège. Luttant avec ferveur, elle réussit à réprimer en partie cette délicieuse ivresse mais son corps dodelinant légèrement trahit ses connaissances du monde de la musique.

Au creux de l'âme de la fillette, son éducation et sa panique luttent avec acharnement, chacune mordant son rival avec intensité, le trône tant convoité à portée de main. L'une clame avec fierté que chaque geste généreux mérite reconnaissance et remerciements, aussi maladroits peuvent-ils être quand l'autre susurre avec cruauté combien l'objet de sa peur est imbibé de méchanceté et que son seul salut se trouve dans la fuite. La seconde ose même rajouter que de toutes façons, si elle ouvre les yeux, il ne pourra qu'être dégoûté face à son regard si dérangeant alors autant qu'elle prenne les devants. Après une guerre sans merci, la phobie rend les armes devant son adversaire triomphant et file se dissimuler dans l'obscurité en jurant vengeance.

Ses doigts s'agitent doucement telle une danseuse étoile évoluant sur scène avec une grâce infinie. Sans que ses lèvres, pour le moment privées de la capacité de parole, ne s'ouvrent, une voix enfantine et butant sur la grammaire et la prononciation des mots résonne dans l'esprit du jeune homme.

- Nasson né lilèwe Sisi...nalo Sisi né lit merchi... n'à Chuto...Lan lanze Sisi, Chuto né chinifie "Muzile" né Sisi n'aime bien...En wai, Sisi né Sywia...Sisi né chavait pwlé n'avant mais né muelle...et Sisi né chait n'aussi...n'awaignées n'ont wewélé...Sisi n'a peuw zommes...n'asson né lewait pati..Sisi né maulile...né zyeux Sisi né chon maulits...


Le discours écorché laisse son interlocuteur dans la surprise et l'incompréhension le temps de quelques secondes avant que son esprit aiguisé n'arrive à en décrypter le sens. Le son [s] est parfois doublé ou remplacé par le son "ch" selon la difficulté des mots. En fait, seul son étrange surnom, Sisi, semble être prononcé correctement. Les lettres "D" et "R" sont quasiment toutes occultées. Quant au "G" ou "Q", ils paraissent imprononçables pour l'enfant au point que la voix de la magie préfère les désigner par des "L" ou autres consonnes. De temps en temps, le "Z" sert de liaison alors que le "W" et le "N" arrivent souvent sur le devant de la scène.

Si l'enfant est incapable de s'exprimer d'elle-même de manière orale, sa langue des signes et une étrange magie lui servent de moyens d'expression mais ce sortilège n'est réellement efficace que si son bénéficiaire connait déjà la langue employée par son interlocuteur. Or, bien qu'elle soit douée pour ce genre de connaissances, son infirmité l'a empêché d'en apprendre plus et elle n'a jamais appris ce langage nommé le français. Même si elle avait pu se le faire enseigner, son mutisme est en grande partie responsable de la fragilité de cette magie. Si un jour, elle arrive à réentendre le son de sa propre voix alors les temps d'apprentissage seront longs au vu des années qu'elle a passé dans le monde du silence.

-Je vais te montrer quelque chose demoiselle Sisi

Après un léger temps de décalage, les mots lui parviennent enfin dans sa langue maternelle, le seul son qu'elle ait reconnu étant celui de son surnom. Instinctivement ses muscles se tendent et elle secoue mentalement la tête.

Pourquoi personne ne daigne l'écouter ? Pourquoi cet étranger nommé Suto ne part-il pas ? Il a pourtant bien entendu combien elle est maudite ! L'histoire se répète encore une fois en son âme douloureuse. Les mots sortant de ses doigts filent dans le vide sans prodiguer un semblant d'obéissance ou autre. Elle lui a pourtant bien confirmé sa phobie des hommes et la malédiction de ses yeux alors pourquoi a t-il volontairement occulté cette partie pour se concentrer sur d'autres propos ?

Une douce mélodie flotte dans l'atmosphère et ses yeux légèrement entrouverts entre ses doigts observent le spectacle. Adossé au mur en face d'elle, le garçon aux courts cheveux blancs et au yeux rougeâtres souffle délicatement dans un instrument ressemblant fort à une flûte de pan. La musique qui s'en échappe est belle, douce et entraînante si bien que les rats commencent à remuer légèrement dans une danse commune quasiment parfaite. Les pattes des araignées suivent le mouvement tandis que les vêtements du jeune homme semblent presque flotter sous l'influence des magnifiques notes. Lâchant l'objet de bois, il se laisse glisser contre les pierres avant de s'assoir en tailleur sans que la musique ne cesse un instant. Pareil au héros grec Orphée, le nommé Suto est doté d'un talent unique en musique que si les dieux de l'Olympe existaient, sans doute seraient-ils descendus de leurs trônes pour le récompenser. Agitant ses mains, il percute le vide dans un dans un rythme en huit temps comme le perçoivent ses oreilles surentraînées de danseuse. Le dernier temps lui sert de prétexte pour claquer des mains et ainsi marquer la fin de chaque phase dans une musique entraînante, il laisse ses étrange mots résonner de nouveau dans l'air.

-Tu veux bien danser pour moi Sisi-chan ? ça me ferais très plaisir


Les mots filent en son esprit avec décalage et lorsqu'elle en déchiffre le sens, la scène bascule de nouveau. Les muscles de la petite fille se tendent dans une extrême violence, sa respiration retombe dans une danse infernale tandis que chaque battement de son cœur est à deux doigts de lui arracher la poitrine, lui procurant une torture inimaginable. Repliant son corps à la manière d'un fœtus, ses bras tentant de protéger  faiblement son visage, des larmes de peur intense coule sur ses joues de pêche.

Pas ces mots là...ces sonorités maudites l'ayant emmené que trop souvent dans le cauchemar et la souffrance. En son esprit embrumé, l'ombre gigantesque surgit de nouveau et si elle en avait la capacité, un hurlement terrifiant serait sorti de sa gorge. Ouvrant les lèvres dans un cri silencieux, elle pleure tous les sanglots de son âme en tremblant fortement. Puissamment touchée par la peur, elle semble incapable de s'en dépêtre au point de confondre passé et réalité. Son âme torturée lui renvoie l'image cauchemardesque et ses doigts s'agitent comme si elle s'adressait à une illusion qu'elle seule peut voir.

-Non...Sisi veut pas...Papa fait mal n'a Sisi apwès...Sisi n'y danse ni Papa ni l'atappwe...Sisi n'aime pas mains Papa...n'y louche ni Sisi n'aime pas...(Non...Sisi ne veut pas...Papa fait du mal à Sisi après...Sisi danse et Papa l'attrape...Sisi n'aime pas les mains de Papa...elles la touchent et Sisi n'aime pas...)

Emprisonnée dans un terrifiant cauchemar, elle laisse son corps se mouvoir à la manière d'une personne en détresse. Se débattant avec l'énergie du désespoir dans le vide, elle semble vouloir échapper à un mauvais rêve ô combien réel comme si elle avait occultée toute la réalité pour plonger à pieds joints dans son passé, ne pouvant plus le distinguer du présent, croyant infiniment que cette scène se déroule à l'instant-même.

Son corps se replie de plus belle et ses bras tentent de la défendre futilement contre quelque chose qu'elle perçoit, perdue dans le brouillard de son histoire. Ce genre de position n'est pas inné, elle désigne le refuge et la protection. Contre quoi peut-elle bien se protéger ? Ses mouvements et ses pleurs trahissent de terribles évènements. Seuls ceux menacés par la violence physique adoptent ce type de comportement. Un début d'explications résonne fortement dans la cellule. Maltraitée et violentée par de puissantes volées de coups offerts par son propre père, l'enfant a réagi instinctivement aux mots du nommé Suto, les mêmes que son géniteur aimait prononcer avant de se complaire dans l'horreur.

Les frappes imaginaires semblent se taire l'espace d'un instant et un geste de la fillette fait basculer la scène dans une horreur extrême. Ses petits bras viennent se poser devant son bas-ventre comme pour le protéger de façon dérisoire et l'esprit aiguisé dont a fait preuve le garçon jusqu'à maintenant devrait pas tarder à s'activer pour lui révéler une partie du cauchemar qu'a vécu la demoiselle aux cheveux de neige. Comme trop de petits dans le monde, elle a connu la destruction impitoyable de son enfance par des abus inavouables, des mensonges et la violence.

Sa phobie des hommes commence à trouver ses origines dans les actes interdits d'un père sans scrupules. Ses doigts désignent son bas-ventre avant de s'agiter en une langue des signes dont la voix magique est ponctuée d'infinis sanglots aux sonorités de souffrances, peur et espoir mille fois brisé.

-Sisi veut pas...Papa fait mal là...Sisi veut pawti...
(Sisi ne veut pas. Papa fait mal là. Sisi veut partir...)

Couchée sur le sol, elle se replie comme un fœtus, pleurant à chaudes larmes et des tremblements de terreur dansant avec sadisme sur son corps meurtri.  Sa vie est un amas de cauchemars la hantant jours après jours, ne lui laissant aucun répit, manquant de la faire plonger dans la folie à chaque instant.

Aussi fragile que du verre en raison d'une histoire atroce qu'aucun enfant ne devrait connaitre, la fillette porte pourtant en elle un infime espoir personnifié par la musique et la danse, ces passions capables de rallumer légèrement la flamme en elle bien que le véritable miracle à opérer serait de lui redonner la voix qu'elle a perdue bien des années auparavant.

Ses yeux clos laissant écouler des pleurs emplit de pureté sans qu'elle n'arrive à les arrêter. Enfant en manque d'amour et d'affection, elle n'a reçu que trahison, adoration malsaine et violence de la part de ceux qui auraient dû l'aimer par dessus tout sans oublier de lui apporter leur protection.

Ayant avoué avoir déjà parlé auparavant, son mutisme viendrait-il de ces traumatismes ou serait-il plus ancien encore ? N'importe quel enfant vivant ces horreurs sans nom pourrait réagir comme elle l'a fait, apeurée par la moindre présence et souffrant d'un silence perpétuel. Toutes les victimes d'abus et de mensonges le diront, il n'est que trop difficile de s'en relever, le cauchemar revenant jour après jour et vient les hanter en permanence.

Peut-elle redonner sa confiance envers des êtres lui inspirant terreur, méfiance et souffrance ? Serait-elle capable de surmonter atrocités et crimes pour pouvoir réentendre un jour le son de sa propre voix ?

© Lith'
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MessageSujet: Re: La partition du silence est une si belle musique (Privé)   Mer 25 Nov - 20:13


"La partie commence"
Zoldik Suto et Syria



Une quête, un puzzle, une énigme. Celle de la terreur. Une symphonie encore inconnue à Suto. Ce jeune garçon bravant le danger seul pour atteindre ses objectifs et disparaître avant que quiconque n'ait vu quelque chose d'anormale. C'est pas pour autant qu'il n'avait jamais risqué sa vie dans des missions suicides qui pourtant finissaient par réussir. Les seuls sentiments qui le motivaient dans ces moments là étaient : L'excitation, La curiosité, la Détermination et le Courage. Durant ses missions, il fut blessé plusieurs fois sur les bras ou le torse. En revanche, pas une seule marque ne se situait sur son dos. Son Tatouage représentant l'ordre Zoldik était intact. Cela ne voulait dire qu'une chose, il n'avait jamais reculé devant aucun danger. Devant lui une fillette avait été souillée d'un acte horrible et pourtant inconnu de Suto. Il avait déjà eu des partenaires mais il les sélectionnait sur ses propres critères afin d'assouvir ses pulsions. Il ne tuait pas ou très peu hors contrat et ne forçait jamais personne à se faire violence. Cette fillette semblait avoir vécu des traumatismes que seule elle dans cette pièce était capable de comprendre. Cette peur qui enveloppait cette demoiselle comme l'aura d'une mâchoire ensanglantée noire la dévorant à petit feu. Les Yeux de Suto s'embrasèrent pour permettre à son esprit de décrypter les mélodies l'entourant. Les deux protagonistes, bloqués dans une pièce lugubre avait laissé la musique s’étouffer. Tout s'était figé dans la tête du jeune homme. La musique et les habitants de ce monde sinistres se stoppèrent. Les torches avaient gagné en puissance et la pièce semblait éclairée comme si un interrupteur avait été actionné. Suto stoppa donc le raisonnement au bout de quelques secondes et laissa la petite fille se battre contre ses démons. Il prit sa flûte de pan dans les mains et sectionna d'une dague un des tubes. Gardant sa dague à la main, il perça des trous à distance égale avant de se concentrer dessus un moment. Il posa la flute droite au creux de ses mains avant de laisser une aura se former autour. Une légère magie de couleur violette se formait de façon intense. Les auras alors quasiment transparentes jusqu'à présent s'intensifièrent.  Il était maintenant depuis quelques minutes sans rien faire dans cette position. N'ayant pas bougé depuis la première question qu'il avait posée à la fillette.

Après un temps, il regarda l'objet et vit avec enthousiasme que la couleur continuait de scintiller. Regardant autour de lui il s'apercevait que le reste de la musique était présente dans l'atmosphère mais de façon plus atténuée. Cette flûte récemment créée, il l'avait confectionné avec sa flûte de pan lui ôtant ainsi une note. Il tendît la flûte à la petite fille avec un large sourire.


" C'est une flûte magique. Il te suffit de souffler dedans et tu pourras atténuer tes peurs. "

Suto tenait l'objet du bout des doigts laissant suffisamment de distance avec la jeune fille. Il avait recréé un instrument avec le sien qui lui permettrait d'aligner ses cartes. Voyant la jeune fille comme une énigme il décida de résonner sur une base de mathématiques. Même si il n'était pas sur de l'efficacité de cet instrument, il savait aussi que la psychologie pouvait soulager la jeune fille. Elle ne pouvait pas refuser de cadeau car c'était dans son éducation. Ainsi, elle n'aurait qu'à souffler dans ce bambou percé pour laisser la musique opérer. Le but premier était qu'elle souffle laissant parler son cœur, ses craintes et ses interrogations. Traduisant alors la partition, il serait capable de comprendre le traumatisme de la jeune fille.    

" Souffle toutes tes peurs dedans !! "

Le poing serré et la flûte toujours au bout des doigts il laissait la jeune fille prendre sa décision.
Le sourire au lèvres les yeux fermés et la tête penchés, ses paroles étaient déterminées et entrainantes comme les encouragements que l'on pourrait entendre lors de compétitions sportives.
Voyant toujours la mélodie dévorer cette jeune fille, il décidait de lui insuffler une mélodie venant de son propre cœur à lui pour la combattre. Cette partition n'inspirait que mépris dans l'esprit de Suto. Il savait à présent ce qui lui était arrivé. Il avait beaucoup lu et ses renseignements semblaient correspondre. Ce qu'il ne comprenait pas était pourquoi, et la suite de ces événements-ci. Toujours assis le bras tendu vers la jeune fille, il attendait que sa première carte soit jouée.





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Syria

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MessageSujet: Re: La partition du silence est une si belle musique (Privé)   Mer 25 Nov - 23:52


La partition du silence

est une si belle musique




Syria et Zoldik Suto



Les images de cauchemars se succèdent les unes à la suite des autres dans un film d'horreur digne des plus grands cinéastes. Une ombre immense se dessine au dessus de la minuscule silhouette teintée de neige, roulée en fœtus sur le sol tandis qu'un éclat de rire insoutenable résonne avec mille force dans son esprit délabré par la terreur.

La douleur insupportable dans son bas-ventre n'a de cesse de la hanter, chaque pas manquant de lui causer une souffrance sans précédent. Ses yeux subissent l'illusion de percevoir du sang séché sur ses jambes fines et quotidiennement, elle s'échine à les faire disparaître, persuadée que ces tâches reviennent en permanence alors que seul son esprit s'amuse à la torturer ainsi. Tous les matins, elle les frotte de toutes ses petites forces, sa peau marquée par des dessins rougeâtres sous l'effet de ce traitement sans fin.

En ses pensées hantées lui apparait le flash d'un miroir luisant d'hémoglobine où brille un signe étrange tracé dans le désespoir le plus pur. Sur le sol glacé, un corps aussi léger qu'une plume où le blanc domine est allongé, le sang coulant avec délectation tandis que les yeux se ferment dans un désir définitif.

La voix doucereuse et sombre résonne encore une fois en son âme, cette tonalité presque tendre avant le cauchemar et la souffrance. Son être est forcé de se laisser porter par la danse tandis que les yeux aussi bleu que le ciel s'allument d'un sentiment malsain, les flammes d'un jeu interdit sans foi ni loi éclatant sans remords. De larges bras l'attrapent pour l'emmener dans un lieu qu'aucun enfant du monde ne devrait connaître.  Un univers de violence, de trahisons et de mensonges se doit de lui servir d'existence, imposée avec une indifférence extrême.

Dès sa naissance, la malédiction s'est attachée à elle dans un désir des plus sadiques lui offrant un regard que de trop rares personnes peuvent croiser sans éprouver dégoût ou mépris. Les coups et les insultes fusent à ce seul propos avant que ses connaissances intellectuelles n'y soient intégrées suivi de très peu par son infirmité. Aucun de ses bourreaux ne daignera reconnaître que ce mutisme est en grande partie de leur fait et de leur incapacité à admettre ses différences.

Son corps cloué au sol dans une terrible illusion qu'elle est incapable de discerner de la réalité, la fillette laisse ses bras former un bouclier dérisoire tandis que les larmes coulent en abondance sur ses joues de pêche, tombant en légère mare sur le sol de pierres rêches.  Ses yeux demeurant obstinément clos, seule ses lèvres s'ouvrent dans un hurlement silencieux, aucun son ne pouvant s'échapper de son être comme bloqué par une puissance suprême impossible à discerner.

Une aura de panique baigne autour d'elle dans une lueur mi violacée mi blanche, comme si les représentations du bien et du mal se battaient en direct, chacune désirant montrer sa supériorité à sa rivale.

Sous les yeux impuissants des rongeurs et des araignées, incapables d'intervenir, la petite fille lutte avec ferveur et une peur intense contre une histoire adorant la hanter, lui insufflant que tout est de sa faute et que ô combien elle n'aurait jamais dû naître. Son corps se tord à la manière d'une marionnette aux fils manipulés par le plus grand des experts du domaine. Son dos et ses muscles se cambrent pour dessiner des positions des plus inconfortables et terrifiantes à l'exception des professionnels contorsionnistes.

Sa colonne vertébrale se tord dans un dessin affreux, formant une sorte de pont arrondi tandis que ses jambes se contractent à la manière des poteaux soutenant ces larges constructions humaines.  Ses bras semblent se mouvoir avec désordre comme une poupée possédée avant que ses muscles ne se contractent avec violence. Ses membres cessent tous mouvements tel un film mis sur pause avant de soudainement se relâcher.

Son corps retombe sur le sol dans un léger bruit sourd tandis que la poussière se soulève doucement autour d'elle. Sa respiration silencieuse s'emballe au même rythme que son cœur comme si le Diable en personne l'avait invité dans une danse infernale. L'une de ses mains posée sur sa poitrine généreuse, elle tente de s'insuffler un peu de calme après de tels moments d'horreurs.
Une fois ses inspirations et expirations revenues à une musique classique, elle force ses bras à la redresser en position assise. Ses doigts fins dissimulent de nouveau ses pupilles qu'elles entrouvrent discrètement pour observer le garçon, son instinct lui murmurant un fait des plus étranges.

Au creux de sa main, le jeune homme tend dans sa direction un objet taillé dans le bois ressemblant fortement à une flûte.  À première vue, ses pensées pourraient lui chuchoter qu'il s'agit d'un instrument de musique des plus banals mais ses sens surnaturels ne mentent pas : ils perçoivent la présence de puissante magie et la tendra aura que ses yeux sont capables d'attraper confirme son impression.

- C'est une flûte magique. Il te suffit de souffler dedans et tu pourras atténuer tes peurs.


Les mots aux sonorités étrangères tombent un à un dans son esprit avant que celui ci ne s'efforce de les déchiffrer dans sa langue maternelle. Lorsque la compréhension lui parvient, ses muscles se tendent instinctivement.  Par ses propos, le nommé Suto confirme la méfiance éprouvée par l'enfant à la chevelure enneigée.  Son présent est littéralement baigné par la magie et aussi bénéfique puisse t-elle être, jamais elle ne pourra lui apporter une quelconque aide, surtout de manière aussi superficielle.

La puissance est comme artificielle face à une âme touchée par l'horreur et dont la psychologie est des plus complexes si tant qu'elle puisse encore exister. Jamais ses peurs ne pourront être atténuées aussi facilement, après tout même les plus grands guérisseurs et magiciens de son monde se sont avoués impuissants devant son cas. Depuis qu'elle a vu le jour, elle n'a connu que violences et désespoir. Ses trop rares moments de bonheur sont instantanément effacés par la face bardée de crocs du malheur venant la dévorer avec un plaisir infini.

- Souffle toutes tes peurs dedans !!


Ses muscles se contractent de nouveau comme prêts à éclater à chaque instant. Sous ses doigts fins, ses yeux s'écarquillent avec violence et sa respiration manque de tomber dans un rythme démoniaque avant qu'elle n'arrive à la maintenir de justesse.

Comme si ses peurs pouvaient disparaitre en soufflant dans une simple flûte même imprégnée de magie ! Comme si un miracle pouvait opérer sur son être quand même le Tout-Puissant n'a pas su comment la soigner de son mal.

Et comment ose t-il proposer un instrument de musique à une fillette atteint d'un mutisme profond ayant perdu tout espoirs de guérison et de vivre son rêve ? À l'instant où les sons ont disparus de son existence, elle a su que ses espoirs s'envolaient avec eux. La musique ne peut lui offrir la danse alors qu'elle aimerait donner de sa voix et de sa maitrise des différents objets produisant des notes. Sa maladie psychologie est telle qu'elle l'empêche de savoir souffler correctement dans ce type de créations, sa respiration aussi silencieuse que le reste de sa personne.

Délivrant ses yeux de ses mains, elle les laisse fermés mais le garçon peut percevoir l'amas de sanglots coulant sur son visage de pêche tandis que ses petits poings se serrent et que son corps tremblent à la fois de peur et d'un sentiment étrange donnant l'impression que la fillette a été vexée par un fait inconnu. Ses doigts fins s'agitent dans une danse gracieuse et élégante afin que ses signes dansent dans l'atmosphère et y dessinent ses mots.

-Sisi lit mechi...mais peut pas..n'achepter...Sisi sent la mazie...et mazie pas bonne pour Sisi...peut pas la guéwiw...Sisi peut pas chouffler pake né muette et n'a plus bons pouwons...pake Sisi fwappé chouvent...  Sisi n'a plus espoiws n'en muzile...Chuto né dewait pas né moler de Sisi...né pawti...Sisi né maulit...(Sisi dit merci...mais elle ne peut pas accepter...Sisi sent la magie et la magie n'est pas bonne pour Sisi...elle ne peut pas la guérir...Sisi ne peut pas souffler dedans parce qu'elle est muette  et elle n'a plus de bons poumons parce que Sisi était souvent frappée...Sisi n'a plus d'espoirs en musique...Suto ne devrait pas se moquer de Sisi...et partir...Sisi est maudite)

Touchée dans sa sensibilité d'enfant, la petite fille croit que le garçon rie volontairement d'elle en lui proposant un cadeau qu'elle est incapable d'utiliser, son mutisme touchant la respiration sortant d'entre ses lèvres. Pour compléter dans l'horreur, les coups reçus autrefois ont touché ses poumons si bien que se servir de tels instruments lui est devenu impossible car la douleur est infinie. Toute la violence qu'elle a subie a des répercussions aussi bien physiques que morales. Elle peut encore respirer normalement mais est incapable de contrôler des souffles maitrisés par les musiciens des instruments à vents. Plus petits que la moyenne et fortement touchés par les frappes qu'elle a enduré, ses organes respiratoires font partie de ses nombreux tourments.

Sa politesse et son éducation l'emportant l'espace d'un instant, elle s'incline doucement devant le jeune homme pour le remercier de son présent bien qu'elle le refuse. Une minuscule lueur brille alors sur son tatouage de croix rouge dessiné sur son bras gauche. La peinture d'une étrange rose noire apparait alors sur sa peau dans des formes parfaites, chaque pétale représenté avec magnificence.

Aussi banal et sans importance puisse avoir ce dessin pour les êtres normaux, il n'est que trop connu de tous les initiés. Le symbole de la plus grande tueuse que l'univers n'ait jamais connu, l'emblème de la plus belle femme de tous les mondes, reconnu par tous ses pairs experts de l'assassinat et tous les êtres doués d'une quelconque magie, aucun d'entre eux ne peut l'ignorer même sans avoir aperçu le visage de cette chasseuse insaisissable.

Ses victimes, le plus souvent des politiques corrompus, des tyrans et autres êtres portés sur la violence, portent à chaque fois le tatouage d'une  discrète rose noire. Le plus souvent, elles sont parties dans l'autre monde par la peur la plus pure qu'un arrêt cardiaque aura achevé mais les plus macabres ont été littéralement torturés et déchiquetés sans remords.

Nombreux sont les initiés ayant tenté de l'arrêter, les trop rares survivants ont tout juste eu le temps de déclamer sa beauté extraordinaire dans un murmure avant de sombrer dans la folie. Une tueuse aussi belle que puissante dont la réputation n'est plus à faire. L'un de ses adversaires a tout juste eu le temps de révéler une effroyable information avant de rendre l'âme dans les bras d'un initié ayant voulu le sauver. Depuis, cette vérité passe dans tous les milieux liés et déclenchent des frissons d'horreurs. Si la mystérieuse jeune femme est aussi douée, c'est qu'elle a de qui tenir. Elle serait la fille ainée du Diable, cette créature mystique personnification du mal à l'état pur.

Si la scène n'a duré qu'une ou deux secondes, nul doute que le regard affuté du jeune homme aperçu ce symbole que trop connu. La fillette tente de dissimuler de façon dérisoire son tatouage mais il est trop tard. Très vite, la rose noire laisse place à la croix rougeâtre originelle ô combien significatif dans son monde natal. Ce signe est le pire des déshonneurs dans sa communauté et elle devra le porter à vie.

Si jamais le jeune homme a vu ce symbole alors elle ne peut que fuir, ne pouvant se permettre de rester alors qu'elle est maudite au point que sa peau soit marquée de façon magique par le terrifiant blason démoniaque. Si elle abhorre les hommes, elle ne peut nier que celui ci l'a sauvée et que par ce fait, il ne mérite pas d'être touché par l'horreur vivant en elle.

Tendant doucement les doigts en direction des rongeurs et araignées, ceux ci sortent de leur possible rêverie et s'activent alors que le bout des ongles de la demoiselle s'illumine d'une tendre lumière. Leurs petites pattes attrapent les quelques crayons, feuilles et pinceaux éparpillés sur le sol avant que les rats ne les amènent vers le sac à dos que des centaines d'araignées soulèvent afin que tout le matériel d'artiste soit rangé.

Si la fillette est hantée par son passée et manque infiniment de confiance en elle, il n'empêche qu'elle fait preuve d'un certain intellect et d'une belle puissance. Se sachant non loin du jeune homme et voulant récupérer ses affaires sans avoir à ouvrir les yeux, elle préfère solliciter l'aide de ses amis les animaux qui le lui apportent avec mille bienveillances.

Les pupilles closes, l'enfant retire lentement le manteau du jeune homme pour le déposer devant elle avec soin afin de lui rendre avec respect. Soigneusement plié, le vêtement bien trop grand pour elle a réchauffé son petit corps mais elle ne peut se permettre de le garder alors que dans son esprit, les rouages de ses pensées lui indiquent qu'elle doit partir. Elle s'incline respectueusement devant le garçon afin de le remercier silencieusement de son aide mais les tressautements de ses bras et jambes ne mentent pas : elle est toujours habitée par la plus vive peur.

Levant doucement son corps secoué de tremblements, son sac dans une main, la demoiselle exécute quelques pas avec lenteur, un bras tendu devant elle afin de tenter de repérer au mieux les obstacles, se refusant toujours d'ouvrir les yeux malgré le danger.

Forcément, le prévisible arrive sans réelles surprises. Sans percevoir ses pieds, la petite fille bute contre un quelconque gros caillou et tombe violemment sur le sol rêche à l'extérieur de la cellule. Touché par l'humidité et le long passage du temps, le plancher fragile cède soudainement et un immense trou se forme sous les jambes de l'enfant avant de l'entraîner vers les profondeurs.

Heureusement pour elle, le gouffre n'est pas profond et ne suffira pas à l'entrainer vers la mort mais est suffisamment puissant pour blesser sérieusement une corpulence aussi frêle que la sienne. Haut d'à peine six mètres, la terre et les pierres y sont assez malléables pour permettre l'escalade ou la descente sans danger.

Son sac ne peut  la protéger et les pierres coupantes glissent avec cruauté sur sa peau mate. Le sang suinte des écorchures se dessinant sur ses jambes, ses mains et son visage. Sa tête se pare en plus d'une belle bosse , s'étant cognée la première et quelques hématomes complètent le tout sur divers endroits de son épiderme. Le fin tissu de sa robe s'est déchiré dans sa chute, révélant de douces parcelles de sa peau mi mate mi pêche à la perfection absolue à l'exception de l'hémoglobine s'écoulant lentement de ses coupures.

Tombés sans pouvoir esquisser un mouvement,  ses genoux forment un dessin des plus inquiétant, ensanglantés et surtout incapables de bouger. L'œil expert d'un médecin décrètera que ses rotules se sont violemment déplacés sous l'effet de la chute et que cette luxation vers l'extérieur nécessite des soins que la petite fille ne peut se prodiguer elle-même. Ce genre de blessures peuvent sans doute se remettre par la simple manipulation de la personne  à la condition que celle ci soit coutumière de ce type d'accidents mais comment une enfant aussi jeune pourrait-elle connaître cette opération ?

Une souffrance insoutenable traverse ses muscles et elle ouvre la bouche dans un hurlement silencieux, cette fois ci touchée non pas par ses illusions mais bel et bien par une torture physique. Ses sens surnaturels manquent à l'appel, eux-mêmes brûlés par cette torture infinie. Cette-ci se personnifie presque, s'incarnant à travers l'enfant pour la plonger dans des tourments sans fins.

À la fois souffrant de ses blessures, apeurée par la situation sans oublier son stress d'avoir été prisonnière durant de longues heures et de se retrouver en compagnie d'un garçon,  la fillette laisse échapper de larmes aussi pures que du cristal à travers ses pupilles closes. Les sanglots silencieux s'écoulent sur ses joues écorchées tandis que des hoquets traversent son corps de temps à autre sans oublier ses incessants tremblements. Malgré ses formes féminines et généreuses, elle reste une enfant en proie à la panique et à des affres physiques.

Sa mésaventure tend à prouver qu'elle devra sans aucun doute se forcer à ouvrir les yeux, malgré sa peur et sa répugnance, afin d'éviter un autre incident douloureux du même genre. Ses mains écorchées se frottent sur ses paupières, y laissant quelques traces de sang tandis que les seuls sons émanant d'elle proviennent de ses hoquets déclenchés par ses sanglots. En son esprit, seule sa phobie a encore la force de subsister pour lui chuchoter que son cauchemar n'est pas loin de là et qu'il peut avoir tout le loisir de venir la torturer, volontairement ou pas. Peu importe, elle doit absolument s'enfuir.

Une volonté hors du commun mêlée à sa peur intense souffle sur ses jambes et dans un exploit extraordinaire réussissent à se relever l'espace d'une seconde avant que son corps ne retombe brutalement sur le sol, ses genoux incapables de la soutenir dans une telle épreuve. Une douleur insoutenable la traverse à la manière d'une décharge électrique et un nouveau hurlement silencieux s'échappe de ses lèvres.

La torture la brûle à l'intérieur, chaque fibre de son être semblant être touché par ce feu invisible. Un terrible supplice impossible à décrire vibre dans ses jambes. Elle a l'impression que ses articulations et ses tendons sont poignardés par mille couteaux avant d'être plongés dans l'acide et finalement se désintégrer dans la lave d'un volcan.

Son calvaire est tel que son visage se couvre d'une légère sueur et que son esprit n'ait plus la force de la soutenir. Souffrant le martyr, son corps ne tient plus et préfère sombrer dans l'inconscience en espérant se soulager. Ses yeux brièvement ouverts dans sa chute se ferment pour la porter vers le malaise le plus pur. Évanouie, la petite fille ressemble à une poupée désarticulée aux longs cheveux de neige.

Le contenu de son sac s'est éparpillé sur le sol, révélant non seulement son matériel de dessin mais étrangement, quelques objets de premier secours avec des pansements, du coton et de l'alcool désinfectant. Pour autant, la petite ne les attrape pas, toujours en pleurs, et ne semblant pas comprendre leur utilisation. Il faut croire que quelqu'un d'attentionné a réussi à glisser cette petite trousse sans qu'elle ne le sache puisque le tout était dissimulé au fin fond du sac.

Est-il possible de convaincre une petite fille terrorisée qu'elle peut montrer son regard afin de se diriger plus facilement alors que cette seule idée semble l'effrayer de plus belle ? Que peuvent dissimuler ses iris pour qu'elle s'acharne à les garder fermés ?

Une rencontre hors du commun dans de sombres catacombes, rarement le destin n'aura été aussi joueur. Pourtant, malgré sa méchanceté apparente, il désire par dessus tout aider l'enfant à la chevelure de neige, quitte à la forcer à demeurer en compagnie d'un représentant de sa phobie. Après lui avoir procuré tant de souffrances, peut-être se rattrape t-il à sa façon ?

© Lith'
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