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 Qui osera croiser le regard du diamant ? (Privé)

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Syria
MessageSujet: Qui osera croiser le regard du diamant ? (Privé)   Ven 9 Oct - 14:34


Qui osera croiser le regard

du diamant ?


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Syria et [Unknown]



Le soleil éclate à travers le ciel d'un bleu scintillant, ses rayons écorchant délicatement les nuages d'une tendresse infinie. La haute chaleur éclaire le doux paysage avant de traverser les murs avec une effroyable puissance. Les jeunes gens enfermés en leur sein commencent à en ressentir les effets, leur gorge réclamant de l'eau et leurs vêtements collants à leur peau dans un rythme de gémissements plaintifs. Les fenêtres ouvertes n'apportent qu'un trop léger réconfort à cette danse infernale de l'astre solaire. L'air frais s'engouffre dans les différentes salles avant d'être empoisonné malgré lui par la formidable force de l'amoureux de la lune.

L'eau coule à flots dans les bouteilles plastiques et les gosiers assoiffés, tous terrassés par cette caniculaire journée de printemps. Pourtant, une ombre mystérieuse semble échapper à la délicieuse torture de l'étoile flamboyante du système solaire. Se faufilant discrètement dans les couloirs lumineux de l'établissement, elle se déplace en silence, ses pas aussi légers qu'une plume sur le sol à la fois brûlant et trempé dû à la maladresse de certains étudiants désireux de se rafraîchir trop rapidement.  

Les lourdes portes de bois poli s'ouvrent sans un bruit avant qu'une très mince silhouette ne s'y engouffre en vitesse. Lorsque la professionnelle des lieux relève la tête, croyant avoir perçu un mouvement, l'entrée est fermée et sa bibliothèque est vide à l'exception d'une personne et d'elle-même. Sans doute a t-elle rêvé, personne ne vient ici à cette heure ci, surtout par une chaleur aussi accablante où les élèves préfèrent profiter de l'ombre extérieure s'ils ne sont pas en classe.

Entre deux rayons, l'ombre déambule avec une discrétion parfaite. Une cape noire à capuche couvre son petit corps pareille à celui d'un pré-adolescent, ni tout à fait un enfant ni celui d'un adulte. Aucun signe physique ne se distingue à travers cet étrange costume, même ses yeux y sont invisibles.

La douce ironie du sort vient jouer avec son existence encore une fois. D'ordinaire, le parc et la forêt de cette étrange école lui sont préférable que son intérieur de par sa massive fréquentation. Lorsque les cours ont lieu, le dehors ne peut lui être que délectable pour éviter de croiser quiconque serait amené à rencontrer son regard maudit. De par la forte chaleur, les élèves préfèrent se réfugier à l'ombre des nombreux arbres que de s'enfermer en classe. Pour une fois, les professeurs leur accordent la permission exceptionnelle de participer à leurs cours en extérieur. Chaque niveau se regroupe dans un coin de l'immense parc si bien que de très rares personnes sont encore obligées de travailler au sein même du bâtiment.

Malgré le fait qu'elle souffre également de la canicule, la bibliothécaire ne peut quitter son poste de par la présence, aussi unique soit-elle, d'un usager et même si tel n'était pas le cas, elle se doit de respecter les horaires d'ouverture. Pourtant attentive au moindre détail de son lieu de travail, elle ne  peut percevoir la mystérieuse ombre recouverte d'une cape encapuchonnée se glissant entre les rayons.

Si elle ne peut se rendre à l'extérieur, elle surveille prudemment les alentours, ne pouvant pas se permettre de croiser qui que ce soit ou les conséquences pourraient lui être funestes. À de très rares exceptions, personne n'a pu lui pardonner sa différence alors autant tout faire pour éviter la souffrance et la peur empoisonnant son âme à jamais.

Avec une agilité hors-normes et une discrétion à toutes épreuves, elle escalade rapidement le mur pour se retrouver sur l'une des hautes poutres retenant le lourd plafond. Heureusement que ses rares talents physiques peuvent lui êtres utiles, ses dons seraient immédiatement repérés en ce lieu où ils règnent en maître. Appuyant son dos sur un croisement de deux d'entre elles, elle s'allonge doucement sur une troisième, camouflant à merveille sa présence avec sa cape noire sur un ton tout aussi sombre.

Les mains délicates de l'ombre attrapent doucement un livre dissimulé habilement sous la cape. Sur la couverture, une étrange écriture inconnue de tous les érudits, composée de mystérieux signes impossibles à décrire. Un pinceau vient se reposer entre les doigts fins avant que son encre noire ne vienne tracer sur le papier des formes magnifiques. Les contours se dessinent à merveille, révélant l'éblouissant talent de leur créateur sans qu'aucune imperfection ne vienne se pencher sur la feuille. Les gestes sont maîtrisés, aussi doux et légers que celui des danseurs et des artistes. La correction ne peut exister dans ce monde de perfection.

Quelques épais crayons de couleur, propres aux dessinateurs, reposent près de la silhouette, attendant patiemment que les doigts ne viennent les bercer pour magnifier de plus belle la représentation d'un éclatant coucher de soleil pointant à l'horizon d'une mer éblouissante et d'une plage merveilleuse tandis que les rayons du soleil couchant frappe doucement la falaise dressée sur la gauche du papier. Les moindres détails sont exécutés avec finesse, chaque grain de sable et chaque pierre tracés avec magnificence. Un talent que peuvent lui envier tous les grands maîtres de la profession, aucun ne pouvant dessiner ou peindre sans un quelconque gommage ou une correction, aussi minime soit-elle. Chez la mystérieuse ombre, tout est improvisé sans erreurs, ses doigts courant sur la feuille avec une délicatesse semblable à celle des légendaires fées.

Non loin d'elle, au dessus, une large ouverture de verre laisse pénétrer la lumière du soleil avec la puissante chaleur de ses rayons. Cachée dans l'ombre des poutres, la mystérieuse silhouette est indétectable pour la bibliothécaire sans talents particuliers et pour tous ceux qui oseraient entrer en ce lieu suffocant sous la canicule. Pourtant, la haute température ne paraît n'offrir aucun effet à cette étrange ombre et comme respectueux, le soleil n'a pas le culot de venir  trop l'éclairer, se contentant de lui offrir sa puissance sans qu'elle en éprouve un quelconque inconfort.

La présence d'une partie du plafond en verre et des rayons lumineux lui procurent bien une légère présence mais il est impossible de la percevoir, à l'exception du directeur et de tous ceux levant suffisamment la tête pour remarquer une forme noire à plus d'une vingtaine de mètres de hauteur mais pouvant être facilement être confondue avec les formes des poutres sombres.

Une cachette parfaite pour une ombre se réfutant à se montrer à la lumière du soleil bien qu'elle en soit l'enfant...


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MessageSujet: Re: Qui osera croiser le regard du diamant ? (Privé)   Dim 11 Oct - 19:27

Épuisé par des heures passées à courir sous un soleil de plomb, Elric s'affala sur un banc. Il n'avait pas imaginé qu'ici les cours de sports seraient de mise. Il se sentait dépérir, chaque instant passé sous les rayons brûlants semblaient lui arracher de force les quelques restes d'énergie qu'il avait réussi à conserver. Néanmoins, sa fatigue était telle que le fait d'avoir l'idée de se lever était impossible. Il attendait donc, presque allongé sur le banc, victime, comme tant d'autres, de la chaleur. Il songea à un instant à prendre sa forme animale et de se ruer vers le lac le plus proche pour s'y plonger, mais outre la douleur que sa transformation lui infligerait, il ne pouvait s'imaginer courir sous une telle canicule, recouvert de poils.

Alors qu'il avait perdu tout espoir de salut, il entendit un appel, une voix qui résonna dans ses oreilles comme un chant angélique. Il força, dans un dernier effort, ses paupières à se soulever, désirant au moins entrevoir son sauveur. L'espoir commençait déjà à renaître dans son esprit, il imaginait son messie, les bras pleins de bouteilles d'eau qui n'attendaient que d'être bues. Malheureusement ce qu'il pensait être une intervention divine, se révéla n'être qu'Erwan, qui venait de finir sa gourde au moment ou Elric avait ouvert les yeux. Le lycan soupira, il ne savait si il devait être agacé de voir le jeune homme ou dépité de réaliser que celui-ci n'avait pas de quoi le revivifier. Le jeune garçon s'assit à côté de lui, apparemment toujours aussi énergique qu'à son habitude. « Allez du nerf ! Tu vas te transformer en momie si tu restes là ! ». Elric grimaça à cette allusion. Il termina finalement d'ouvrir les yeux et plongea son regard flamboyant dans celui de son camarade. Il remarqua par ailleurs qu'Erwan n'eut pas le mouvement de recul que la plupart des gens avaient lorsqu'ils voyaient ses yeux luisants et azurés. Elric supposa que c'était du au fait que ce n'était pas la première fois qu'il discutait avec le garçon. Enfin, discuter était un bien grand mot, ce n'était pas la première que le garçon venait lui adresser la parole pendant de longues minutes. C'était aussi sûrement à cause de la jovialité, ou stupidité selon Elric, d'Erwan.

Erwan se saisit alors de son sac et farfouilla dedans pendant de longues minutes avant d'en sortir une bouteille d'eau qu'il brandit fièrement sous le nez de celui qu'il considérait comme son ami. « Tiens, ça me fait de la peine de te voir dans cet état. ». Elric eu un hoquet de surprise avant de fixer longuement le jeune adolescent, qu'il considéra un instant comme son sauveur avant de se rappeler qui il était. Il hésita un instant, il ne désirait pas renforcer le « lien d'amitié » qui semblait déjà être présent entre eux deux. A vrai dire le jeune homme l'agaçait, mais il n'arrivait pas à s'énerver contre lui. En premier lieu de part qu'il n'en avait pas le courage et ne désirait pas le conflit, mais aussi parce que le blondinet, parce que oui, Erwan était blond, dégageait une sorte d'innocence qui empêchait Elric d'être plus qu'agacé par sa présence un peu trop pesante.

Il sourit donc au garçon et le remercia d'un geste de tête avant de saisir de ce Saint Graal et de le vider d'un trait. « Eh beh ! » dit Erwan en riant à moitié « Je me disais bien que t'avais soif ! ». Elric soupira une nouvelle fois, cette fois ci plus à cause de la chaleur que à cause de remarque puis s'affala une nouvelle fois, toujours aussi fatigué. « Reste pas là ! Avec la chaleur qu'il fait tu vas attraper une insolation ! Viens, avec des amis on allait à la bibliothèque de l'académie pour réviser nos cours ! En plus il y a la clim là bas ! ». Le lycan remarqua au loin un groupe de jeunes qui leur faisait signe, il eu un moment de stupeur quand il se rendit compte que l'un d'entre eux semblaient avoir 5 bras de couleurs différentes. Ils semblaient tous avoir l'âge d'Erwan, ce qui désespéra encore plus le jeune homme.

Il se leva néanmoins, avec énormément de difficulté et suivi la troupe jusqu'au lieu susnommé. Non pas qu'il ressentait un quelconque besoin d'étudier, quoique qu'il ait eu masse de travail assez conséquente à rendre pour la semaine suivante, mais il ne supportait plus la chaleur extérieure et la mention d'air climatisé avait réveillé en Elric une détermination dont il ne se serait jamais cru capable. Il marcha, enfin, il traîna lentement le pas, comme ceux qui l'accompagnait d'ailleurs, accablés qu'ils étaient par les rayons ardents du soleil. Au bout de 15 minutes de marche, ils arrivèrent, enfin, seul Erwan ne laissait transparaître aucune trace de fatigue. A vrai dire, Elric n'était pas vraiment fatigué, comme tous les autres jeunes, selon lui. Ses capacités surhumaines et sa régénération lycanthropique ne laissait pas à son corps la possibilité de s'épuiser pour de telles conditions. Cette fatigue venait plus du mental que des conditions extérieures, le fait qu'il fasse chaud et qu'il ait fait du sport, laissait Elric supposer qu'il était fatiguer et il n'avait pas vraiment la motivation de le nier, il lui était plus aisé d'accepter cette fatigue et de s'affaler de tout son séant.

Une fois entrés, les jeunes ne tardèrent pas à s'éparpiller dans le lieu « supposé » d'études pour chercher tel ou tel livre, BD ou magazine. Le lycan, quant à lui, ne fit pas attention et s'assit juste sur un siège, posant ses pieds sur la table avant de mettre ses écouteurs et de se laisser emporter par la musique. Encore une fois il se laissa bercer par cet enchaînement de notes, fermant les yeux et profitant de la fraîcheur de la pièce. A sa plus grande satisfaction, Erwan ne vint pas le déranger pendant les minutes qui suivirent, si bien qu'il ne tarda pas à s'endormir. Etrangement, il ne rêva pas, du moins, il ne s'en souvint pas à son reveil. Lorsqu'il fut réveille, à vrai dire. En ouvrant les yeux, qu'elle ne fut pas son absence de surprise de voir un regard auquel il était, trop, habitué. « On y va on a cours cet aprem ! Tu viens ? ». Elric esquissa un mouvement de tête pour refuser l'invitation de son « camarade » avant de se plonger à nouveau dans les bras de Morphée. Néanmoins, il fut, à nouveau, dérangé, non pas par un jeune homme un peu trop insistant cette fois mais par un vieil esprit. « Monsieur, votre téléphone est bientôt déchargé, je vous conseille de le mettre en veille afin que nous puissions toujours communiquer. ». Il soupira longuement avant de mettre fin à la seule piste présente sur son portable, avant de se redresser et de se mettre à déambuler dans les rayons à la recherche d'une quelconque œuvre littéraire susceptible de l'intéresser. Au bout de quelques minutes , il trouva enfin un livre qu'il jugea digne d'être lu et s'en saisit avant de retourner s’asseoir.

Les minutes passèrent tandis qu'il tournait, sans conviction, les pages. Le trame narrative n'était pas intéressante et le personnage principal niais au possible. Il posa le livre, et fit mine de se redresser lorsqu'un bruit attira son attention. Des pas, légers, arpentaient la pièce. Il tendit l'oreille, de toute évidence la présence ne semblait pas être repérée. Néanmoins, l'ouïe animale du jeune homme lui permettait de repérer le moindre son et chaque mouvement de la personne pouvait sonner comme le plus assourdissant des vacarmes pour celui qui possédait la sensibilité d'un traqueur né. Il suivit mentalement la progression de celle qui ne tarda pas à se révéler être un fille de poids léger, chaque expiration était pour lui un indice supplémentaire quand à la description de l'adolescente et son état physique actuel. Le chasseur en lui ne prit pas longtemps avant d'être pris au jeu et il ne tarda pas à se lever, tous ses sens à l’affût. Pourtant, après quelques minutes de « traque » il ne retrouva pas la trace de sa « proie » malgré les preuves évidentes de sa présence. Lassé, il décida d'abandonner son petit jeu avant qu'une fois encore, le crépitement typique de l'intervention de son majordome ne sorte d'un casque audio, posé sur une table à côté du jeune homme. « Monsieur, j'ai réalisé un balayage rapide de la zone, il semblerait que la personne que vous cherchez ne se situe pas à votre niveau. Vous devriez essayer de chercher en hauteur. ». Il soupira, le vieux fantôme prenait un plaisir malin à ne lui dévoiler qu'une partie des informations, il supposa que son serviteur connaissait l'attrait de son maître pour la chasse et ne désirait pas lui dévoiler trop d'indices.

Il se mit donc à écouter plus attentivement, focalisant son attention sur les étages supérieurs. Il tarda pas à entendre un grattement léger sur ce qui semblait être du papier, du moins le supposa-t-il, se concentrant encore plus, il retrouva le rythme de respiration qu'il avait repéré plus tôt. Il marcha sur quelques mètres avant de lever la tête et remarqua, à l'aide sa vue perçante, une silhouette posée sur une poutre. Il sourit et murmura : « Trouvé. ». Reprenant son sérieux, il posât ses mains sur ses hanches et leva la voix : « Eh ! Ne reste pas en haut tu risques de tomber ! ».
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Syria
MessageSujet: Re: Qui osera croiser le regard du diamant ? (Privé)   Dim 11 Oct - 21:42


Qui osera croiser le regard

du diamant ?


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Syria et Elric Virevoletant



Les puissants rayons du soleil traversent le fin plafond de verre avec un ravissement non feint, éclairant toute la pièce avec force. Sur les poutres soutenant le lourd toit, une fine silhouette est assise dans l'ombre malgré la présence de l'astre solaire, son corps dissimulé à travers une large cape noire à capuche.

Comment pourrait-elle se montrer lorsqu'elle connait inévitablement les réactions qui vont s'en suivre ? Dégoût, mépris et haine se mélangent avec une effroyable dextérité pour lui offrir ces présents empoisonnés dont sa jeune vie est malheureusement ponctuée.

Les doigts fins courent à une vitesse effrayante sur le papier, peignant des formes avec une précision incroyable digne des plus grands artistes. La couleur vient ajouter sa magnificence en ce tableau improvisé tandis que le paysage de soleil couchant sur la mer resplendit sur la feuille. Tout son être s'est isolé du monde extérieur, entièrement concentré sur la puissance de son dessin. Les clameurs des étudiants venus malgré la chaleur percutent violemment ses oreilles mais son esprit les repousse, assoiffé par l'âme créatrice de la main de sa propriétaire.

-  Eh ! Ne reste pas en haut tu risques de tomber !

Un léger sursaut traverse son corps fin et ses doigts se resserrent instinctivement sur le crayon qu'ils tiennent à cette seconde. Son cœur s'emballe à un rythme des plus diaboliques tandis que sa respiration suit le mouvement dans un pur sadisme. L'affolement et la peur la plus pure s'emparent de son âme à une vitesse vertigineuse tandis que sous sa capuche, ses yeux s'écarquillent avec une violence inouïe.

Son regard se pose avec horreur sur l'être lui adressant la parole plus d'une vingtaine de mètres plus bas. De grande taille, ses cheveux noirs ébouriffés font contraste avec son regard aussi puissant que l'azur. Néanmoins, peu importe l'apparence physique, elle pourrait être d'une laideur exécrable ou d'une beauté fulgurante, qu'elle déclencherait les mêmes émois en son être. Un violent haut-le-cœur manque de franchir la fine barrière de ses lèvres rosées encore dissimulées sous la capuche.

Ses doigts s'activent à une vitesse effroyable pour ranger ses affaires dans un léger sac à dos avant que son corps ne se lève pour courir agilement sur la poutre. Ses mains s'accrochent au mur et avec une dextérité hors du commun, elle descend sans encombre, le tout en moins de cinq secondes. Ses pieds aussi légers que l'air foulent à peine le sol pour courir sur le sol de la bibliothèque, sa légère cape noire frôlant à peine sa peau.

À cet instant, la professionnelle des lieux relève la tête, son esprit dérangé par un infime bruit. Ses yeux tombent sur la fine silhouette dissimulée sous cet étrange vêtement et une grimace d'horreur déforme ses traits avant que les mots venimeux ne sortent de sa bouche pour résonner dans l'atmosphère avec une incroyable cruauté.

-Vous ! Sortez d'ici, sale petite sorcière ! Vos yeux dégoûtants n'ont rien à faire ici !

Le cœur et l'âme en mille morceaux, tel un puzzle sans fin, l'étrange ombre file sans demander son reste.  Le discours empoisonné résonne encore en ses pensées tandis qu'elle court sans que son esprit n'imprime le chemin de ses jambes. Partout où elle va, jamais elle ne pourra être acceptée même dans un endroit recueillant des êtres aussi différents qu'elle. Si la bibliothécaire s'est habituée à voir toutes sortes de créatures, elle n'a jamais pu supporter la malédiction incombant en son âme d'enfant. Sa singularité est trop puissante pour être assimilé avec bienveillance dans les esprits.

En ses souvenirs, les coups et les insultes fusent en cascade tandis que le mépris et la haine à l'état pur flotte dans le paysage comme pour le couvrir à la manière d'une obscurité totale. Le poison de cruelles paroles se déverse avec une atrocité inimaginable.

Au détour d'un couloir, ses jambes épuisées la forcent à marquer un arrêt. La respiration sifflante sous le rythme cardiaque effréné, une effroyable nausée s'empare de son être avant de franchir ses lèvres pour se répandre sur le sol en un son terrifiant. Toussant à en perdre la raison, la fine silhouette encapuchonnée demeure agenouillée tandis que le paysage danse lentement sous ses yeux.

Son âme rappelle en sa mémoire le terrible instant qu'elle a connu quelques minutes plus tôt.  Alors que la solitude et la quiétude se sont emparés d'elle, une terrifiante présence a osé l'interpeller.  Son pire cauchemar vient de reprendre brutalement contact avec la réalité, la plongeant dans une torture des plus infernales.

Personne ne peut l'approcher sans risquer de perdre à tout jamais la moindre compassion, les âmes dévoilant toute leur cruauté face à l'enfant maudit. Sa propre naissance est synonyme de catastrophe et la moindre trace de masculinité ne peut être sujette qu'aux plus terribles malheurs.

-Tu en as croisé encore un, n'est ce pas ?

La douce voix superficielle résonne dans le couloir avant que la silhouette ne tourne lentement la tête vers sa provenance.  À quelques mètres, un jeune garçon se tient debout, un carquois pourvu d'une douzaine de flèches accroché dans son dos.  Ses courts cheveux roses framboise brillent légèrement sous la magnifique lumière du soleil éclatant dans le couloir. Son visage de pêche révèle des yeux de la même teinte que ses mèches et de fines lèvres. Son tee-shirt blanc aux étranges signes rouges se fond à merveille avec son pantalon bleu foncé et sa veste noire. De petite taille, son corps semble être plus taillé pour la vitesse et l'agilité que pour la force physique. À son cou, un pendentif brille doucement avec un cœur doré entouré d'une lune de la même teinte et cette dernière est surmontée de légères ailes bleues. Ses doigts dansent un instant dans l'atmosphère avant de se baisser doucement, une tendre lueur baignant autour d'eux.

Avec un effort infini, l'ombre à capuche hoche lentement la tête.  Son corps aussi gracieux qu'une plume, le garçonnet s'en approche sans peur et ses bras l'entourent avec un amour sans fin. Le silence plane dans le couloir sans que ce fait n'appréhende nullement les deux jeunes enfants enlacés comme si toute leur vie en était composée.

Un son aussi infime que perceptible vient baigner autour de l'oreille du préadolescent. En une seconde, il se retourne, ses doigts accrochés habilement à la corde de son arc tendu, une flèche pointue visant avec précision la haute silhouette apparaissant au bout du couloir. Les reflexes hors du commun des mortels du jeune archer lui permettent de protéger celle vers qui son cœur se dirige instinctivement.

Ses iris framboise se dirigent rapidement vers l'ombre portant toujours sa cape noire et échange un regard entendu avec elle, sa tête dansant légèrement en direction de l'inconnu. Pour répondre à sa question silencieuse, la seconde silhouette se contente de hocher le crâne sans qu'aucun son ne s'échappe de ses lèvres.

C'est bien celui ayant osé lui adresser la parole à la bibliothèque pour la sommer de descendre des poutres où sa sécurité et sa discrétion étaient assurés. Son nom et tout ce qui peut lui composer lui sont totalement inconnu mais peu lui importe. Il est le représentant de ses pires cauchemars, ceux dont la race ne s'éteindra jamais et pour qui son âme connait une infinie répulsion.

Le temps semble s'être arrêté dans le couloir tandis que l'archer continue de tendre son arme, ses yeux brillants de volonté sans qu'aucun mots ne s'échappent de leurs lèvres. Ses doigts accrochés à son arc et le bout de sa flèche, il ne peut se permettre de les relâcher pour adresser quelques mots à l'inconnu. Et comment pourrait-il l'effectuer oralement lorsque son être est privé du moindre son depuis bien des années ?




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Dernière édition par Syria le Sam 17 Oct - 15:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Qui osera croiser le regard du diamant ? (Privé)   Sam 17 Oct - 0:21

Il attendit un instant, fixant toujours cette silhouette dissimulée dans la seule parcelle d'ombre qu'offrait la pièce baignée dans le soleil. La réaction ne se fit pas attendre, et si il désirait, intérieurement, surprendre celle qu'il venait d'interpeller, il ne s'attendit pas à cet océan de peur qu'il s'abattit sur lui. Ses sens extrêmement aiguisés qui venaient d'être poussés de manière extrême lors de sa « traque », furent percutés de plein fouet par les sentiments qui assaillirent sa cible perchée. Un forte odeur de terreur pure lui attaqua le nez en même temps qu'il essayait tant bien que mal de supporter le rythme effréné que venait d'adopter tant bien le cœur que la respiration de la jeune fille et qui résonnait dans ses oreilles comme le plus assourdissant des vacarmes. Ainsi, il ne remarqua pas la cavalcade qu'elle effectua pour descendre de son perchoir et tenter de se ruer hors de la pièce, et ce à une vitesse étonnante. Trop occupé qu'il était a contrôler ses propres pouvoirs. Passèrent de longues secondes ou il essaya tant bien que mal de reprendre le contrôle de sa perception du monde, qui semblait augmenter à chaque seconde, la bête prenant petit à petit le contrôle de son corps sans qu'il puisse y faire quelque chose. Au contraire, plus son esprit perdait pied, plus il commençait à accepter sa transformation. Voilà de nombreuses lunes qu'il ne s'était pas changé et le fait d'avoir poussé ses capacités le lui rappelait.

Alors que la dos de sa main commençait déjà à se déchirer et sa peau à tomber en lambeaux, la transe dans laquelle il venait d'entrer fut brisée par la voix stridente de la bibliothécaire « Vous ! Sortez d'ici, sale petite sorcière ! Vos yeux dégoûtants n'ont rien à faire ici ! ». Reprenant ses esprits, il jeta un regard à la femme, autant surpris par ses mots et le regard de dégoût qu'elle arborait que par ce qu'il venait de lui arriver. Il hésita un moment avant de tendre, légèrement, l'oreille et ne tarda pas à repérer le bruit des pas celle qui venait de fuir, elle semblait courir, fuyant quelque chose dont il n'osait même pas imaginer, au vu de vague de peur qui l'avait envahie. Il fut prit de l'envie de la suivre, c'était autant sa curiosité humain que son désir bestial de traque qui l'y poussait, mais il s'y refusa dans l'instantané. Sa main était encore tremblante et cuisante de douleur, il avança difficilement jusqu'à la porte de la bibliothèque. Son corps hurlait de douleur, l'effort qu'il venait de faire avait brisé la barrière qu'il établissait généralement lorsqu'il adoptait sa forme humaine et à chaque pas qu'il faisait il sentait le loup désireux de jaillir de sa cage thoracique. Il s'apprêtait à sortir lorsque son mouvement fut interrompu par la maîtresse des lieu qui semblait toujours aussi énervée « Vous là ! Nettoyez donc ces traces que vous avez laissé au lieu de vous enfuir de la so.... ». Sa langue s'arrêta net tandis qu'elle pointait du doigt les gouttes de sang qu'Elric avait laissé sur son passage. Déjà, le liquide vermeille commençait à se dissiper, se dissolvant dans une légère brume. La femme soupira longuement avant de rehausser d'un geste ses lunettes et de se plonger à nouveau sur le livre qu'elle tenait, perdant tout semblant d'intérêt pour le jeune homme.

Il sortit alors en titubant et s'adossa sur le premier mur qu'il trouva, fermant les yeux. La douleur réduisait, il sentit alors le processus de régénération s'enclencher et les tissus de sa main se lier petit à petit. Elric souffla alors longuement, épuisé moralement plus que physiquement. Cela n'avait duré que quelques secondes, mais pour lui cela faisait une éternité qu'il essayait de reprendre le dessus. Une fois sa peau parfaitement recomposé et son esprit parfaitement serein, il se redressa, déterminé à retourner à la recherche de cette fille aux « yeux dégoûtants ».

Il aurait pu, s'il le désirait, affiner son ouïe au maximum pour retrouver les bruits de course de celle qu'il désirait retrouver, mais il ne désirait pas gâcher les efforts qu'il venait de faire pour refréner la bête. Il se concentra alors un instant et se remémora l'odeur qu'il avait perçu quelques minutes auparavant. Cette odeur de pureté, de fraîcheur, mais aussi de crainte. Une fois cela fait, il tendit le nez et commença alors à remonter sa piste. Il marchait de la manière la plus banale qui soit, les mains enfoncées dans les poches, le pas traînant mais pourtant rapide, néanmoins ce qu'il était en train de faire était une tâche des plus ardues, amplifié par le fait qu'il devait contenir son odorat pour ne pas se laisser emporter.

Toujours est-il que plus il avançait, et plus cela commençait à lui plaire. Il était pris, une fois encore, dans cette traque qu'il avait commencé plus tôt dans la bibliothèque. Son pas s'accélérait à mesure que les traces se multipliaient, et il ne tarda pas, malgré toutes ses précautions, à se prendre au jeu et à abandonner toute notion de rationalité quant au besoin de garder contrôle sur soi. Si peu de temps auparavant il avait fait de douloureux efforts pour se maîtriser, à présent ce souvenir semblait lointain et gênant. Un sourire se dessina sur ses lèvres alors qu'il commençait, lui aussi à courir. Voilà des jours qu'il n'avait pu partir chasser dans la forêts, et cet instant était ce qui le rapprochait le plus de ce plaisir perdu. La peur qu'avait dévoilé sa proie n'avait fait que l'exciter, inconsciemment au départ, et sciemment à présent, même si il n'était pas la raison de cet effroi et ne désirait pas la connaître, cela ne faisait que le pousser à continuer sa poursuite.

Une nouvelle dimension s'ouvrir à lui alors qu'il cherchait frénétiquement sa cible. Chaque pas, chaque souffle, chaque mouvement, il voyait tout, entendait tout et sentait tout. Il était omniscient, tout du moins il le ressentais ainsi, c'était le prélude à sa transformation et il le savait. Il ne pouvait pourtant s'arrêter, trop excité par la chasse, ses papilles sentaient déjà le goût du sang.

Soudainement, il s'arrêta, à nouveau. Plus fortes que toutes les autres, une odeur immonde venait de lui assaillir le nez, il fronça les narines de dégoût. Il connaissait cette odeur, c'était celle du dégoût, celle de la peur et des relents. Une vague d'inquiétude le parcourut : qu'est-ce qui avait pu pousser la jeune fille à régurgiter ainsi ? En pleine réflexion, il remarqua alors une autre chose, bien plus inquiétante, tout du moins pour lui. Il était haletant, sans grand étonnement, mais pire de tout, il avait vraiment le goût du sang en bouche. Il cracha dans sa main, elle aussi ensanglantée par ailleurs, l'extrémité de ses doigts déchirés par des griffes aiguisées, expulsant quatre canines apparemment humaines. Il passa sa langue le long de sa dentition, découvrant des crocs là ou auraient du se trouver les dents manquantes. Il soupira, lâchant par la même occasion une pluie de gouttelettes vermillonnes. Puis, serrant les poings du plus fort qu'il put, força son corps à retrouver un état normal, à l'exception de ses dents qui n'allaient revenir qu'à sa prochaine transformation de loup à homme.

Il essuya du mieux qu'il put, les taches de sang qui couvraient ses avant bras, puis, d'un pas lancinant arriva à l’extrémité du couloir dans laquelle il se trouvait, avant de tourner pour se retrouver face à celle qu'il avait traqué pendant de longues minutes, ainsi qu'un étrange archer aux cheveux roses. Il avait brièvement discerné sa présence, mais ne s'était pas attardé dessus, trop préoccupé par ses altérations radicales d'état. Il leva les mains, désirant montrer qu'il n'était pas venu avec de mauvaises intentions. Ce qui n'avait pas été totalement vrai pendant un certain temps, mais qui l'avait été à la base et qui l'était à présent.

Il lui sourit donc, avançant lentement devant la menace de l'arc pointé sur lui.

Quelque part, dans les couloirs de l'académie, roulaient sur le sol, deux globes oculaires d'un bleu azuré, qui ne tardèrent pas à se dissoudre dans une épaisse fumée. Elric, pendant ce temps, continuait d'essayer d'offrir son plus beau regard, fixant les deux jeunes gens de ses yeux d'ambre.
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Syria
MessageSujet: Re: Qui osera croiser le regard du diamant ? (Privé)   Sam 17 Oct - 15:44


Qui osera croiser le regard

du diamant ?


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Syria et Elric Virevoletant



Le rythme effréné de son cœur entre violemment dans une danse diabolique, manquant de lui arracher la poitrine à chaque battement. Une douleur infernale traverse chaque fibre de son corps tandis que sa respiration s'emballe sans qu'aucun son n'ose franchir la barrière de ses fines lèvres. Son visage mat dissimulé sous la capuche noire blêmit l'espace de quelques secondes tandis qu'une paralysie sourde boque ses muscles tendus à l'extrême. Une brutale nausée remonte le long de sa gorge avant qu'elle n'en retienne l'ardeur de justesse.  Tout son être est abattu par cette terreur à l'état pur venant lui rendre visite avec un large sourire malveillant. Ses quelques défenses psychologiques ne font pas le poids et son massacrés sans pitié par cet océan de peur intense les noyant à la manière du plus terrible des tsunamis.

Son corps se redresse tel un diablotin sortant de sa boite avant que ses pieds légers ne lui offrent la permission de courir sur les poutres avec une agilité hors du commun. Ses petites mains attrapent les pierres rêches du mur sans qu'elles n'en ressentent une quelconque souffrance avant de le descendre dans un jeu ô combien dangereux mais son habilité la ramène au sol sans encombres. La silhouette à cape sombre se retourne et ses pas filent en direction de la sortie sans jeter un coup d'œil en direction de celui ayant osé l'interpeller.

La voix sèche et grondante de la professionnelle des lieux résonne avec une cruauté sans pareille tandis que les mots empoisonnés tombent les uns à la suite des autres. Les insultes et la méchanceté gratuite s'entremêlent pour lui offrir un présent des plus venimeux. Une souffrance infinie vient se déverser sur son cœur tel une cascade de poison. Au coin de ses yeux cachés sous sa capuche, des éclats de larmes viennent y briller sans qu'elle n'arrive à les retenir.

L'âme en miette, elle fuit sans plus s'arrêter, loin de cet endroit où une fois de plus, la cruauté et la torture sont venus la malmener avec un plaisir évident. Ce cauchemar ne cessera t-il donc jamais, même au sein de cet établissement où la différence est omniprésente ? Jamais sa malédiction ne pourra être accepté, sa singularité étant bien trop puissante pour lui être bénéfique. Si elle en avait le pouvoir, elle aurait demandé à ne jamais naître pour ne pas connaître cette existence vaine où le mal et la douleur lui servent de destin. Aussi doux soient-ils,  jamais ses dons ne lui permettront de changer ce physique porteur de mépris et de haine.  Même les moyens superficiels ne peuvent lui être d'aucun secours, ses cheveux refusant la moindre couleur et ses yeux maudits bien trop fragiles pour supporter ce que les êtres terriens nomment lentilles.

Ses pieds courent en tout sens sans que son esprit n'en suive l'effrayant parcours. Les dédales de couloirs l'avalent avec un sadisme inouïe avant que le carrelage ne vienne accueillir ses genoux, ses jambes se dérobant sous l'épuisement, se révoltant contre cette course sans fin.  Sa peau fine s'écorche sur le sol et quelques gouttes de sang y perlent sans qu'elle n'y prête attention. Sa respiration haletante ne laisse échapper aucun bruit à l'oreille humaine. Le silence plane avec maléfice dans ce sombre endroit alors qu'elle porte instinctivement la main à son cœur s'affolant sous sa poitrine.

Libérée de la vision cauchemardesque de l'être lui ayant adressé la parole, ses haut-le-cœur s'agitent avec une joie malsaine, se confrontant à ses dernières forces mais celles ci l'abandonnent petit à petit. Sans plus aucune opposition, sa nausée traverse ses délicates lèvres avant de s'effondrer sur le sol  avec mille délectations.

Une fois délivrée de ce poids fracassant son estomac, la silhouette s'assoit sur le carrelage glacial tout en tentant de rattraper une respiration plus bénéfique. Les larmes coulent sur ses joues dissimulées dans une cascade de mal-être. Cette peur ne cessera t-elle jamais de lui empoisonner l'existence. Son âme maudit le nom de celui l'ayant déclenchée sans qu'elle n'en prenne conscience, son esprit aussi pur que l'enfant venant de naître. L'innocence même semble baigner autour d'elle dans une douce lueur blanche.

Une tendre voix résonne en quelques mots dans le couloir. Relevant la tête, elle se contente de la hocher avec lenteur à la question posée, n'ayant aucun mal à reconnaître le propriétaire de cette intervention. Vêtu d'un haut blanc aux étranges signes couleur du sang avec une veste bleu noire par dessus et un simple pantalon sombre, ce ne sont pas ses vêtements attirant tout de suite l'attention sur lui. Ses cheveux roses framboise lui siéent à merveille tandis que son regard de l'étrange même teinte brillent de compassion. Un carquois rempli de flèches est accroché avec adresse dans son dos tandis que l'une de ses mains tient un arc semblant limite deux fois plus grand que lui.  

Son sourire se veut symbole de tendresse tandis qu'il s'approche sans crainte de la silhouette encapuchonnée avant de l'attraper délicatement entre ses bras et la serrer avec amour. Sans qu'aucun mot ne soit échangé, il s'emploie à lui offrir apaisement et douceur. Le silence règne en maître sans que cet état de fait n'affecte les deux silhouettes contrairement à la plupart des êtres ne pouvant supporter la sensation de mort l'y accompagnant.

Un bruit infime, non perceptible pour l'oreille humaine,  traverse brutalement les oreilles du jeune garçon et dans un réflexe étonnant, bande son arc à une vitesse effroyable. Les cordes sont tendus à l'extrême tandis que la flèche pointe dangereusement en direction de la haute silhouette apparaissant à l'entrée du couloir. Sans dire un mot, l'archer se contente de la fixer de ses yeux framboise, une vive lueur de volonté y brillant à la manière d'un incendie. L'absence de tremblements et ses gestes sûrs ne laissent planer aucun doute quant à l'étendue de son jeune talent. Il maitrise son arme à la perfection et n'hésitera pas à s'en servir le cas échéant.

De haute taille, le regard d'ambre semble être en contraste avec ses cheveux plus sombre tandis qu'une étrange aura parait se dégager de lui. L'instinct du garçonnet ne le trompe pas, cette puissance caractéristique mêlé à l'odeur de l'hémoglobine est celle de ces créatures en totale connexion avec la lune, ces humains touchés par ce phénomène effrayant de métamorphose.

S'avançant avec calme, il lève doucement les mains comme pour signaler son manque de mauvaises intentions. Sans qu'aucun changement d'expression n'affecte son visage, le petit garçon permet à ses dons de s'immiscer dans l'esprit de l'étranger pour lui fournir la vérité. Aucune sensation de malveillance ne lui est donnée en retour. Néanmoins, il ne peut se permettre de le laisser trop s'approcher à cause de la fine silhouette derrière lui, une terreur infinie torturant son cœur. Roulée en fœtus, elle replie ses bras sur son visage encapuchonné, son rythme cardiaque dansant toujours avec sa phobie avec une cruauté sans précédents.

Un étrange son siffle dans l'atmosphère à une vitesse effroyable. La flèche traverse le fin espace entre deux des doigts de l'inconnu avant de se planter avec adresse dans le mur derrière lui. Le regard rose de l'archer ne profère aucun mensonge, il n'a commis aucun erreur en visant et s'il le désirait, il pourrait parfaitement faire en sorte que son arme blesse sérieusement l'étranger.

Sa flèche n'est qu'un avertissement. Ses yeux perçants et son habileté en font un redoutable archer, pareil à celui dont les terriens chantent les légendes dans les forêts de Sherwood. Baissant son arme, il la garde tout de même en main et nul doute que ses réflexes seront encore plus aiguisés si le jeune homme arrivant ose émettre une quelconque mauvaise intention.
Ses doigts fins dansent dans l'atmosphère et une voix masculine d'enfant résonne dans le couloir sans que ses lèvres ne s'ouvrent à la manière d'une langue des signes hors du commun.

-Nétanzer levait pawil...Sisi n'aime pas zommes...Pwochaine fois, Nobin né vize na peau...(L'étranger devrait partir...Sisi n'aime pas les hommes...La prochaine fois, Robin visera la peau...)

Si les semblants de menaces enfantines pourraient être sérieuses, elles sont altérées par les erreurs de langage du petit garçon. Ses doigts signent à une vitesse impressionnante et une traduction imparfaite parvient à son interlocuteur, lui procurant du fil à retorde avec des mots écorchés et une grammaire incertaine. Néanmoins, la vérité ne peut que le frapper de plein fouet,  l'enfant est atteint de mutisme et cette étrange langue des signes traduite est la seule manière permettant compréhension à ses interlocuteurs, la magie aussi imparfaite puisse t-elle être.

Autre fait étrange, le garçonnet parle de lui-même à la troisième personne du singulier comme si plus aucune individualité ne lui était permise et que le "je" ait disparu dans les limbes de l'infini. Sa parfaite habileté à l'arc parait presque lui avoir été tracée dès le jour de sa venue au monde puisqu'il porte le même prénom que le plus célèbre des archers, le légendaire et admiré Robin des Bois. Pourtant, aucune onde de méchanceté n'émane de lui malgré la présence de son arme. Il semble être composé de la même essence que la silhouette à capuche, tous deux dégageant cette impression de fraicheur et de pureté propre aux enfants. La même innocence baigne autour de lui, l'arc contredisant sa nature pacifique. Seul son désir ardent de protéger l'ombre derrière lui le pousse à s'en servir si besoin est alors que tout son être crie sa candeur. Il n'est certainement pas animé de violence mais de naïveté. Jamais il n'offrira le mal de manière volontaire mais son instinct de protection est surpuissant à l'égard de la silhouette dissimulée dans son dos.

Un second fait avéré explose dans l'air sous les révélations involontaires du petit garçon. La silhouette dans son dos est touchée par une peur des plus extrêmes, celle de tous les représentants de la figure masculine. Seule une phobie irraisonnée ait pu la pousser à s'enfuir aussi vite de la bibliothèque et seule cette terreur infinie a le pouvoir de lui transmettre ses angoisses à travers de violentes nausées après avoir croisé ceux que son esprit craint le plus.

Un second bruit imperceptible à l'ouïe humaine parvient à ses oreilles et aussitôt ses bras légers bandent son arc avec une adresse pareille à celle du légende ennemi du shérif de Sherwood. Sa flèche pointe en direction de quelque chose se trouvant à quelques pas derrière l'inconnu.

-Allons, allons, Robin...Tu sais bien que tes flèches ne me feront aucun mal...


Comme sortie de nul part, même les puissants sens des lycans et autres créatures surnaturels ne pouvant la détecter, une silhouette apparait devant l'inconnu au regard d'ambre. Sa taille de guêpe est tout juste couverte par une robe couleur vert d'eau tandis que sa peau de pêche ne parait accepter aucune imperfections. Ses lèvres délicates et rosées peuvent déclencher torrents de fantasmes et de rêves tant elles sont défauts. Ses longs cheveux bleu noir de nuit tombent en une gracieuse cascade dans son dos, de délicates roses noires venant orner quelques mèches dans un dessin de magnificence. Ses pupilles de prune sont si claires qu'elles posséderaient le pouvoir de noyer dans une tendre mare violacée quiconque les croise. Ses yeux violets luisent avec amusement tandis que ses jambes fines frôlent à peine l'atmosphère, ses pas aussi légers que l'air. Sa robe courte lui descend juste au dessus des genoux et son décolleté attire les regards sur sa poitrine généreuse mais si ce genre d'habits peut sembler provoquant chez certaines femmes, aucun ressenti négatif de ce genre n'émane de cette apparition.

La beauté à l'état pur, la femme fatale par excellence, sans superficialité et la perfection au naturel, voilà tout ce que cette femme dégage bien malgré elle.  Aucune indifférence n'existe sur son passage. Si beaucoup d'êtres tombent raides devant son charme ou sentent leur cœur gonfler d'amour, les autres ne peuvent nier combien elle est belle. Toutes les créatures de tous les mondes peuvent s'entendre sur ce point.

Une moue contrariée à la manière d'un chaton mal réveillé, le petit garçon baisse son arc avant que ses doigts ne s'agitent de nouveau en une danse des signes imparfaite, prêts à laisser les mots sortis de nul part traduire ses pensées mais l'irrésistible femme l'arrête d'un doux geste, sa silhouette se retrouvant soudainement devant lui alors qu'une seconde auparavant, elle se trouvait aux côtés du jeune homme inconnu. Sa rapidité d'action surpasse celle du petit archer qu'elle attrape doucement par le poignet sans qu'il n'ait le temps de réagir.

-Sisi n'avait-elle pas promis de faire des efforts ? La protéger à l'excès ne vous aidera jamais.


Le garçonnet tend les doigts, prêt à protester avec véhémence mais la main de l'inconnue se pose sur son front et l'inconscience s'empare de son être tandis qu'il s'écroule à la manière d'une poupée de chiffons sur le sol. Ses yeux fermés dans un sommeil réparateur, tous ses muscles se sont relâchés instantanément si bien que l'étrangère n'a aucun mal à le soulever dans ses bras avant de se tourner en direction de l'homme au regard d'ambre. Elle lui adresse un sourire entre la douceur et l'ironie tandis que ses yeux violacés luisent de défi.

-Voilà bien longtemps que je n'avais pas perçu des gens de ta race, jeune lycan...Dommage que je n'ai pas le temps de m'amuser un peu...oh, et très sympathique le fantôme de ton serviteur en passant...En fait, désolée si ce jeune archer ait pu t'importuner, il est très protecteur envers sa cousine, la petite derrière moi. La peur des hommes face au loup-garou, un défi des plus extrême...Bon courage...

La voix mélodieuse s'arrête doucement avant qu'une formidable puissance n'enveloppe l'inconnue dont le corps s'évapore instantanément en emmenant avec elle le petit garçon endormi. À quelques pas de là, la silhouette à capuche est toujours allongée en fœtus sur le sol, ses jambes et ses bras repliés contre elle telle une fragile coquille de protection., comme si elle tentait de se protéger de possibles volées de coups. S'ils sont silencieux, ses sanglots ne font aucun doute et sa peur pure éclate dans l'atmosphère avec évidence. Son corps est secoué de soubresauts et de tremblements des plus violents dans une phobie des plus terrifiante.

Pourquoi l'a ELLE laissée en compagnie de son pire cauchemar ? Ses promesses ne pourront  êtres tenues, elle ne le sait que trop bien alors pourquoi insister. Tous ces êtres masculins, à l'exception de deux, lui inspirent horreur et répulsion. Ils sont l'incarnation de sa souffrance et cette dernière s'imprime si fortement dans sa peau qu'elle ne pourra jamais l'oublier.
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Hors rp : Pour que tu aies une idée de à quoi ressemblent Robin et la femme magicienne, je te donne deux liens ^^
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MessageSujet: Re: Qui osera croiser le regard du diamant ? (Privé)   Ven 23 Oct - 4:10

Elric, stupéfait, resta immobile durant toute la scène. Cette apparition, d'une beauté inouïe semblait-il l'avait abasourdie, tant par son arrivée que par son départ. Lui qui n'avait pas été surpris depuis des années eut le plus grand mal à comprendre l'absence de présence qu'avait dégagée cette femme en se présentant en plein milieu de l'action. Qui plus est, elle semblait avoir remarqué la présence d'Esteban, chose qui lui semblait impossible puisque le majordome ne possédait pas de corps, même intangible et n'était qu'un esprit s'incarnant dans les objets à sa portée. La disparition du jeune garçon aux cheveux roses n'eut, pourtant, aucun effet sur le lycan qui semblait déjà être au summum de l'étonnement si bien que les quelques mots qu'ils échangèrent ne traversèrent même pas son esprit, il n'en garda aucun souvenir. Non, à vrai dire ce n'était pas cela, il ne les entendit même pas, sa stupéfaction semblait lui avoir coupé ses sens pendant le laps de temps qui s'écoula.

Non pas qu'il ait peur, pas à proprement dire. Voilà juste des années qu'on ne lui avait pas causé une telle « frayeur », soit percé le mur de son ouïe et de son odorat pour le forcer à se relayer à sa vision, chose qu'il ne faisait plus depuis des lustres. Il avait pris l'habitude de ne s'en servir que pour noter les quelques détails qu'il ne pouvait percevoir qu'avec ses yeux. « Monsieur ! Ressaisissez vous voyons ! ». La remarque de l'esprit n'eut en premier lieu aucun effet sur lui et ce n'est qu'après moult réflexion que l’attentionné serviteur réussit à capter l'attention de son maître. Le temps d'un battement de cils, Elric se ressaisit, revenant à la réalité il nota un goût métallique dans sa bouche, celui du sang. Dans sa stupeur, il avait inconsciemment serré les dents, ses crocs perçants lui entaillant profondément les lèvres. Il prit le temps de relativiser dans l'instant suivant, alors que déjà l'hémoglobine se transformait en une légère fumée s'évaporant par sa bouche, après tout il était dans une établissement réputé pour ses résidents aux capacités hors normes. Il n'y avait, dans le fond, rien d'étonnant à que certains puissent outrepasser ses talents avec les leurs.

Une fois remis de son propre malaise, il repensa à cette femme, bien que ça beauté dépasse les normes humaines, il n'éprouvait aucune attirance à son égard. Rien ne pouvait surpasser Sa Dame. Aucune splendeur n'était plus étincelante que la sienne et aucune voix n'était plus douce que celle qu'il entendait lorsqu'elle chantait pour lui. Charmé par cette délicieuse évocation, son regard ambré devint vague alors que son esprit se plongeait dans des songes étincelants et argentés. Ce fut, une fois encore Esteban qui le ramena à la réalité d'un léger toussotement qui le fit prendre conscience de la silhouette recroquevillée sur le sol. Il la regarda plus attentivement, il ne faisait aucun doute que c'était cette même jeune fille que celle qu'il avait dérangé auparavant dans la bibliothèque. Ce n'est qu'en se concentrant qu'il remarqua les nuances de gris et de noirs qui avaient pris possession de son champ de vision. Les couloirs ternes de cette partie de l'académie l'avait en premier lieu induit en erreur. Il soupira en se rendant compte, de part ses découverte, que son regard azuré avait tourné à l'ambre sans qu'il ne le sente. Sûrement cela s'était-il passé lors de sa course effrénée et son semblant de métamorphose. Bien que toujours aussi luisants, ses yeux arboraient à présent une lueur animale et des pupilles bien plus étroites qu'il détestait porter lorsqu'il revêtait sa forme humaine. « Qu'importe... » Murmura-t-il avant de se focaliser à nouveau sur la personne face à lui.
Il hésita, lui qui rejetait habituellement toute interaction s'apprêtait à essayer de porter secours à un individu encore plus introverti que lui semblait-il. Il fit un pas hésitant avant de s'arrêter et de se mettre à réfléchir. Il avait par le passé, traversé de telles crises, lors de ses premières métamorphoses. C'est son père, à l'époque compréhensif, qui l'avait sauvé. Il se décida alors à faire la même chose, enfin à essayer tant bien que mal. Il s'approcha et s'accroupit, posant ses coudes sur ses genoux, de manière à essayer de capter le regard de la pauvre chose en face lui. En cet instant, le regard qui tentait de se plonger dans celui de la dénommée « Sisi », selon ce qu'il en avait compris, n'était pas celui d'un homme, c'était celui d'un animal. Non pas celui d'une bête assoiffée de sang non plus, celui d'un être simple, on ne y pouvait lire aucune intention, aucune joie, aucune haine, juste un calme apparent. Ces deux sphères, semblable à deux soleils percés de ténèbres, ne cachaient rien, car elle n'avaient rien à cacher.

Alors, lentement, il tendit la main.
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MessageSujet: Re: Qui osera croiser le regard du diamant ? (Privé)   Lun 2 Nov - 17:14


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Syria et Elric Virevoletant



Les longs cheveux noir bleu de nuit tombent en cascade dans le dos avec une grâce inouïe tandis que ses jambes fines se déplacent à une vitesse infernale. Ses yeux d'eau violacé luisent de défi tandis que ses lèvres fines s'étirent en un sourire amusé. Ses mots s'envolent dans l'atmosphère dans une voix aussi douce qu'une mélodie d'enfant. À peine une seconde ne s'écoule avant qu'elle n'attrape le poignet du jeune garçon dans un mélange de tendresse et de fermeté. Le corps de l'enfant s'effondre à la manière d'une poupée de chiffon, comme privé de toute volonté, tandis que son esprit sombre dans l'inconscience et le sommeil sans rêves. L'étrange femme d'une beauté surnaturelle le soulève entre ses bras et adresse quelques mots en direction du jeune homme au regard ambré. Un rictus ironique se dessine sur son visage durant une seconde, son instinct lui susurrant qu'il ne l'a sans doute pas entendu. Un frisson de joyeuse impatience traverse son corps parfait sans que ce infime mouvement ne soit perceptible à l'œil de quiconque.

Ses extraordinaires dons lui permettent de percevoir toutes les faces cachées de son environnement avec une facilité que les communs des mortels ne pourront jamais posséder. La nature de ses yeux ambré et de son expression partagée entre l'animal et humain ne mentent pas, l'inconnu est un représentant des amoureux de la lune, la race des lycans à la fois tant redoutés et admirés. Ses sens invisibles lui murmurent la présence d'un être fantomatique pourtant indétectable pour les terriens initiés. Néanmoins, son héritage est bien plus immense que la rumeur ne veut le laisser courir si bien qu'elle se contente d'annoncer les faits sans qu'aucune émotion particulière ne traverse son visage à la peau mate.

L'atmosphère accueille avec ravissement son être tandis qu'elle se volatilise en silence, le garçonnet endormi dans ses bras. Une rencontre des plus hors normes risque de se dérouler dans les prochaines minutes et l'idée d'un affrontement, aussi peu violent soit-il, parait la remplir de satisfaction. En son esprit, une promesse timide résonne et sa mémoire la conserve précieusement tel un diamant d'une valeur inestimable.

Dans la sombre clarté du couloir, la fine silhouette se recroqueville à la manière d'un fœtus. Ses bras et ses jambes se replient dans une douloureuse contorsion comme pour mieux s'ériger d'une protection des plus dérisoires. Sous la capuche noire, ses paupières fermées laissent couler les larmes tandis que tout son corps est secoué de violents tremblements comme possédé par une quelconque entité des plus effrayantes.

L'aura inconnue approche lentement de l'ombre dissimulée sous la cape et celle ci se replie de plus belle dans l'infime espoir de se métamorphoser en une sphère imprenable. Son cœur s'emballe dans un rythme terriblement dangereux, manquant de lui arracher la poitrine à chaque battement, alors que sa respiration poursuit la même destinée, le tout dans un silence étonnant. Aucun son n'émane de l'être apeuré comme si elle vivait dans un monde où le son ne pourrait jamais exister.

Ses muscles se tendent à l'extrême et un violent-haut-le-cœur remonte jusqu'au bord de ses lèvres qu'elle retient de justesse tandis que l'étranger s'accroupit à quelques minuscules pas d'elle. Son regard tente de percer l'amas de ténèbres de sa capuche alors qu'elle reste cloitrée sur le sol. Un léger mouvement dans l'air lui indique qu'une main se tend dans sa direction. Son corps se contracte de plus belle et comme possédé par une violente impulsion, se relève pour reculer et finalement rencontrer un mur de pierres dans son dos. Glissant le long de la cloison rocheuse, sa capuche tombe légèrement en arrière révélant le visage de la fine silhouette.

Une peau de pêche pareille à celle d'un enfant accompagnée de lèvres rosées et délicates, bien qu'empreints d'une tendre beauté, sont éclipsés par les longs cheveux tombant dans son dos. Couleur de neige, aucune mèche coloré n'ose déchirer l'ensemble de perfection nacrée.

En revanche, les yeux demeurent obstinément fermés alors que son escapade à la bibliothèque prouve que la fine ombre n'est pas atteinte de cécité. Sa respiration est tout aussi silencieuse que les battements pourtant effrénés de son cœur, leur danse infernale ne pouvant être perçue que par une ouïe non-humaine tandis que les terriens ne se confronteront qu'à un terrifiant silence de mort. De légères gouttes de terreur viennent courir sur son épiderme alors qu'une sensation étouffante de chaleur noie tout son être avec un sadisme inouïe. Le paysage commençant à danser dangereusement dans son esprit, ses petits doigts ont tout juste la force de défaire le nœud fermant sa cape pour la laisser tomber sur le sol, silencieusement essoufflée.

Une robe couleur verte d'eau couvre son petit corps jusqu'aux genoux tandis que de fins tissus de dentelles entourent joliment ses poignets tandis qu'une seconde bande orne délicatement ses seins généreux dissimulés sous un fin décolleté à peine visible. Ses formes de jeune femme se dessinent sous ses habits mais pourtant sa fine silhouette et son visage aux yeux fermés révèlent une âme plus enfantine. Autour de son cou brille un léger pendentif d'un cœur doré entouré d'une lune de la même teinte, elle-même ornée de délicates ailes rosées.

Sitôt le chaud vêtement enlevé, les tortures de chaleur s'estompent légèrement mais dans un dessin de contradiction infini, sa peau est secoué de soubresauts glacés. La terreur n'a de cesse de venir la hanter mais un second élément perturbateur vient s'immiscer au sein de son être pour la torturer avec délices. Déchirée entre le chaud et le froid, elle alterne entre remettre sa cape et l'enlever durant quelques secondes sans qu'elle ne sache réellement quoi faire.

Si la peur à l'état pur est bel et bien présente, un deuxième adversaire vient s'implanter en son âme sous la forme d'une fièvre maligne. Les très légères gouttes apparaissant sur le front de la fillette  ne sont porteuses d'aucun mensonge, l'enfant est touchée par les symptômes de la haute température corporelle. Étrange phénomène qu'en ce jour de canicule mais cette soudaine faiblesse pourrait-elle avoir un rapport avec l'état de frayeur permanent manquant d'arracher le cœur de la petite fille à chaque battement ?
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