Partagez | 
 

 Le noble et la muette (Privé avec Tetsu)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Féminin Messages : 15695
Points : 20049
Date d'inscription : 25/09/2009

Feuille de personnage
Pouvoir: Manipulation du sucre et autres vitamines. Communion totale avec la nature
Items:
Statut: Célibataire
avatar
Syria
MessageSujet: Le noble et la muette (Privé avec Tetsu)   Lun 28 Juil - 16:46

(La situation est la même que dans mon rp avec Raphael mais c'est volontaire ^^)

Le doux soleil offre sa gracieuse majesté éclatante de chaleur sur le monde, ses rayons caressant le paysage avec une tendresse infinie. Le ciel d'un bleu azur s'assoupit légèrement tandis que ses compagnons nuages viennent apporter une touche de charme ensorceleur.  

Au loin, l'immense bâtiment se détache dans une impression de puissance insondable. Les fenêtres sont toutes entrouvertes, les enfermés volontaires souffrant volontiers de la haute température et cherchant à acquérir un souffle d'air frais.

À l'extérieur, la délicate brise effleure les feuilles des arbres tandis que l'herbe préfère s'incliner devant son arrivée. La scène de la nature est un spectacle magnifique à voir pour ceux qui auront la volonté d'ouvrir les yeux sur sa beauté tandis que sa musique est un délice pour ceux qui savent communiquer avec elle.

Les troncs encore protégés par la folie humaine se dressent avec fierté dans la forêt tandis que la verdure s'y étend avec plaisir, un luxe qu'elle craint de se permettre en dehors de ces murs. Les fleurs aux mille couleurs et les plantes y poussent avec bonheur, leurs esprits rassurés de se savoir sous la bénédiction de cet mystérieux édifice.

Elle aussi devrait ressentir ce sentiment mais son cœur ne peut s'empêcher de battre dans un rythme d'angoisse. Le soulagement aurait du s'imprégner en son âme mais sa raison lui souffle sournoisement que cet endroit, aussi beau et protecteur soit-il, abrite aussi l'espèce qu'elle craint par dessus tout.  

Sa fine silhouette se camoufle parmi le sublime décor pour aller se réfugier dans un coin isolé de la large cour. Ses jambes fines effectuent des pas gracieux, le gazon à peine effleuré, tant les pieds nus sont légers et passent avec une douceur inégalable.  

Le corps à la taille de guêpe se déplace avec finesse et élégance, se laissant entraîner dans un rythme aérien alors que seul le chant de la nature semble le guider. Les bras et les jambes de la petite fille effectuent des mouvements avec une souplesse digne des plus grands danseurs. Aucune musique ne passe en ces lieux, si ce n'est celle de l'environnement, mais qu'importe elle est happée par l'esprit de la danse et s'y laisse porter avec mille et un délices.

Ses longs cheveux d'un nacre pur sont d'une beauté immaculée tandis qu'ils sont coiffés en un joli chignon relâché dont quelques mèches s'y détachent avec raffinement. Sa peau de pêche est couverte par une robe aux douces teintes. Le haut est couleur vert d'eau tandis qu'une fine couche de dentelles est placée au dessus de sa poitrine généreuse dont les formes peuvent se percevoir à travers le fin tissu. Un nœud blanc est cousu plus bas et ajoute une touche de finesse sur cet habit d'enfant. Le bas est taillé dans un pigment de neige et se soulève légèrement lors des gestes gracieux de la danseuse.

Ses yeux s'ouvrent lentement et jamais la nature n'a pu admirer une telle féerie. Aussi transparent que le diamant et le cristal, son regard est semblable à un miroir reflétant ceux qui le croisent. Rares sont ceux qui osent s'aventurer dans de telles pupilles, l'impression de s'y noyer peut mener jusqu'à la folie ou le souhait de les détruire tant le fait de se refléter dans les yeux d'une fillette provoque un malaise.

Pour le peu de personnes s'étant trouvées sur son chemin, celles ayant pu entrevoir les iris de l'enfant ont irrémédiablement détourné la tête, le cœur retourné devant cette teinte unique et si dérangeante.

Pour le moment, aucune ombre ne se détache à l'horizon alors elle se fait aspirer par la passion animant tous les danseurs. Dans  l'herbe à quelques pas de la petite fille, un objet brillant repose. Un croissant de lune en or embellie de petites ailes rosées entoure délicatement un cœur doré dans un ravissant bijou.

Tandis que les élèves et autres adultes s'enferment dans la chaleur étouffante des salles de classe, la fillette profite de son temps libre pour s'abonner au plus beau des langages corporels. Le soleil lui caresse la peau et l'herbe accueille avec plaisir  ses pieds nus aussi légers qu'une plume. La grâce et l'agilité l'enivrent tandis que l'environnement est le seul à pouvoir bénéficier de cette scène fascinante.

Du moins jusqu'au minuscule grain de sel renversé par le facétieux destin...

_________________

Merci pour les roses, Raphael, Arcaz, Lara, Shana, Angel, MayLyn, Yogi, April, Elena, Yogi, Akihito, Soudo, Zoldik, Shiruku, Rin et Alice ♥️


Merci pour les baisers, Aurore, Sirë, Lara, Hanabusa, Maylyn, Elena, Tensa, Leona, Yogi, Akihito, Shiruku, Zoldik, Rin, Miyuki et Aoi ♥️


Dernière édition par Syria le Jeu 31 Juil - 11:04, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
MessageSujet: Re: Le noble et la muette (Privé avec Tetsu)   Mer 30 Juil - 19:23

Le vent faisait voler l'herbe sous les pieds du jeune homme. Il était au bout du parc de l'école, pieds nus, il avait enlevé pour une rare raison ses chaussures et chaussettes pour sentir les caresses de la verdure sur sa peau. Il n'enlevait presque jamais le quelconque vêtements de son corps quand il était en extérieur. Il avait une tenue qu'il ne portait pas d'ordinaire non plus. Il avait une chemise blanche avec son pantalon sombre. Il avait posé sur son lit, avant de partir de sa chambre, sa veste sombre. Ce n'était pas pour une histoire de chaleur, il avait juste envie de voir ce que ça faisait de changer un peu. Il sentait l'air frais s'engouffrer dans sa chemise, qu'il n'avait pas rentrée dans son pantalon comme à son ordinaire, après tout, c'était la journée des folies pour lui. Il ne savait pas encore comment cela se passerait, mais tant pis. Il avait les yeux fermés, les sourcils étrangement normaux, c'est à dire pas froncés, et un sourire aux lèvres, mais à l'affut du moindre bruit pour éviter que quiconque ne le voit dans cette situation. C'était qu'il avait une réputation à tenir et il ne voulait pas être différent de ce qu'on le voit dans ses jours normaux.

Ce fut des paroles qui le fit sortir de sa torpeur, il redevint n une fraction de seconde comme à son habitude. Il se tourna pour voir deux garçons qui parlaient rapidement d'une fille qui dansait et qui semblait étrange. Il se tourna et la vit, un peu plus loin. Elle était là, élégante et féérique. Il se demandait quand même qui était cette jeune fille qui semblait presque se fondre dans le décor avec sa danse qui valait la plus belle des brises. C'était un tel un paysage merveilleux, il ne pu réaliser qu'il était de nouveau les sourcils normaux et un sourire aux lèvres. Il n'avait jamais vu une telle beauté de danse auparavant.

Il s'approcha.

Il resta un moment à l'observer jusqu'à ce que la jeune fille se rende compte qu'il était là. Il ne savait pas comment réagir, il restait là, lui qui n'avait pas l'habitude d'être ainsi. Il resta un instant silencieux avant d'essayer d'aligner deux mots.

« Euh … Je … Tu ... »

Oui, il bégayait, lui qui était toujours sur de lui. Ses pieds nus sur le sol étaient bien ancrés, heureusement sinon il serait sur le sol. Il secoua sa tête, reprenant son air habituel, celui d'une personne froide et hautaine. Du moins en apparance.

« Je n'ai jamais rien vu d'aussi magique … Tu danse vraiment en harmonie avec la nature. »

Oui, il savait de quoi il parlait, la nature, c'était son fort, il aimait être dans la nature, c'était un endroit préservé de la cruauté des hommes.
Revenir en haut Aller en bas
Féminin Messages : 15695
Points : 20049
Date d'inscription : 25/09/2009

Feuille de personnage
Pouvoir: Manipulation du sucre et autres vitamines. Communion totale avec la nature
Items:
Statut: Célibataire
avatar
Syria
MessageSujet: Re: Le noble et la muette (Privé avec Tetsu)   Mer 30 Juil - 21:05

La passion se personnifie à travers les légers pieds nus de la demoiselle et s'accorde en harmonie avec ses bras d'enfant. Porté par la douce brise et l'ardeur propre aux danseurs, le corps de la fillette exécute de gracieux mouvements avec une perfection effroyable. Elle est si légère que la nature pourrait croire que le vent lui même la soulève lorsqu'elle danse. Les yeux du professeur brillent lorsque sa voix raconte combien il est indispensable que la passion et la patience viennent habiter l'âme du danseur sans quoi son corps sera incapable de suivre le rythme et le rêve de devenir professionnel ne serait plus qu'une illusion lointaine.

La petite fille a bien assimilé les précieux conseils de la jeune femme lui ayant inculqué l'esprit qui l'anime aujourd'hui. Elle s'entraîne sans relâches dès qu'elle réussit à attraper du temps libre et en un instant elle se laisse posséder par le feu brûlant de cet noble art.

Inutile de recourir à un quelconque artifice pour que la musique existe, elle vit en son propre être et la transporte à travers le déplacement de ses pieds et de ses poignets. L'enfant est l'immaculée incarnée avec ses doux cheveux de nacre et surtout ses grands yeux de diamant. Son regard est un gouffre en miroir où se reflètent tous ceux qui le croisent.

L'harmonie de ce sublime spectacle est soudainement brisée lorsque le destin farceur décide de s'en mêler, un sourire mauvais sur les lèvres. Une silhouette s'approche, le haut couvert d'une élégante chemise blanche en bonne grâce avec son pantalon de teinte sombre. Ses longs cheveux reflètent des mèches noires tandis que ses pupilles violettes semblent luire d'une admiration non feinte.  Sa bouche fine s'étire en un doux sourire et les traits de son visage l'accueillent avec mille et une surprise comme si ce simple geste était totalement inhabituel.


« Euh … Je … Tu ... »

Elle ne l'avait pas entendu, son regard fermé durant quelques secondes comme pour mieux savourer le délice de la danse. Les pieds nus restent bien droits sur le sol tandis que son expression se peint en un masque de froideur et d'arrogance.

« Je n'ai jamais rien vu d'aussi magique … Tu danse vraiment en harmonie avec la nature. »


Ces mots résonnent dans le vide tandis que les pupilles de cristal de la fillette se fendent brusquement à la vue du jeune homme. Un violent haut le cœur lui remonte la poitrine et s'achève au bord de ses lèvres qui le retiennent de justesse. La peau de pêche devient pâle en une seconde avant de soudainement virer au rouge.

Un tremblement sans fin traverse son corps et sa respiration s'emballe dans un rythme terriblement rapide, comme si elle étouffait et qu'elle cherche le moindre souffle d'air dans l'atmosphère. Ses pieds légers refusent de danser, maintenant ils reculent dans un pur instinct de survie.


Son dos heurte l'écorce autrefois rassurante d'un arbre et son visage blêmit de plus belle. Agitées de frémissements incessants, ses jambes ne la portent plus et se relâchent dans un effroyable piège. Mués par un réflexe de panique, ses bras se lèvent doucement devant elle comme pour ériger un faible bouclier.

Ses yeux de diamant s'emplissent de larmes avant qu'elles ne viennent glisser sur ses joues, le tout dans un silence inquiétant. Aucun son ne s'échappe de cet enfant envahie par une crise de panique. Certains pourraient penser qu'il s'agit d'une vague plaisanterie puérile, d'autres préfèrent parler d'impolitesse ou encore de timidité maladive. Néanmoins son expression de terreur ne laisse aucun doute quant à la teneur de son ressenti. Elle est envahie par la peur, aussi inexplicable soit-elle.  

-Eh regardez ! Voilà la muette !

La voix forte et moqueuse se noie dans un formidable éclat de rire tandis qu'une bande d'adolescentes passe au loin, secoué par une hilarité partagée au détriment de leur pauvre victime, roulée en boule contre le sol à la manière d'un fœtus, le corps secoué de sanglots silencieux.

L'une des jeunes filles du groupe s'avance vers le garçon, un rictus malveillant étirant son visage.Avec ses longs cheveux châtains et ses habits à la mode, elle est une très jolie fille mais l'assurance et le mépris se dégagent d'elle telle une vague de cruauté. Ses yeux noirs sont emplit de méchanceté et sa langue venimeuse lorsqu'elle prononce ces mots durs et empoisonnés.


-Ne t'obstines pas à lui parler...Elle est muette...Et elle fait des signes bizarres avec ses doigts...et tu as vu ses yeux ? Ils sont anormaux ! Et ses cheveux, n'en parlons pas ! Depuis qu'elle est là, elle ne fait que danser, cette idiote...Et figure toi...elle a peur des hommes ! Elle est vraiment trop stupide...

Son discours déclenche une vague de fou rire parmi ses amis tandis que la concernée éclate en sanglots sans qu'aucun bruit ne sorte d'elle comme pour mieux confirmer les propos de l'adolescente.

Elle se replie de plus belle sur elle même tandis que ses bourreaux ne cessent de se moquer d'elle devant son attitude. Rejetée pour son physique, sa passion et surtout son mutisme. Méprisée pour la langue des signes, la seule qui lui permette de s'exprimer, elle est incapable de se défendre contre ce son cauchemar qui recommence même dans ce monde.

Insultée, prise de haut, frappée, seules trois personnes l'ont toujours défendue contre ces faits malheureusement quotidiens. Arrivée ici, la boucle infernale reprend et égraine en son chemin les rires moqueurs, partie intégrante de sa torture devenue ordinaire.


À travers les cruelles hilarités, la fillette perçoit son esprit lui souffler que cette fois tout sera différent...

_________________

Merci pour les roses, Raphael, Arcaz, Lara, Shana, Angel, MayLyn, Yogi, April, Elena, Yogi, Akihito, Soudo, Zoldik, Shiruku, Rin et Alice ♥️


Merci pour les baisers, Aurore, Sirë, Lara, Hanabusa, Maylyn, Elena, Tensa, Leona, Yogi, Akihito, Shiruku, Zoldik, Rin, Miyuki et Aoi ♥️
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
MessageSujet: Re: Le noble et la muette (Privé avec Tetsu)   Mer 13 Aoû - 15:05

Apparemment, Tetsu était face à une personne apeurée. En l'entendant, elle vira au rouge et elle fut prise de tremblements. Elle recula jusqu'à ne plus pouvoir, et lui, il restait là, bêta, à se demander ce qui se passait. Il n'avait jamais vraiment été positif avec les gens, mais à ce point là, c'était peut-être exagéré. Il pu la voir élever les bras pour se protéger et ses yeux se remplirent de larmes qui commencèrent à couler sur sa joue. Tetsu allait dire quelque chose quand une voix féminine et peu agréable parvint à ses oreilles. Une muette ? Voilà qui expliquait son silence. Il observa les filles qui approchaient pour lui faire remarquer l'anormalité de la jeune demoiselle. Il y avait non seulement son habitude à ne parler qu'avec des signes, normal pour une muette, ses yeux soit disant anormaux, ses cheveux qu'elle ne voulait même pas aborder, le fait qu'elle danse et qu'elle ait peur des hommes. Ah bah la voilà l'explication, elle avait peur des hommes. Pas étonnant sa réaction alors. Mais ces langues de vipères, celles qui ne crachent que le venin pour mieux haïr, elles l'exaspéraient. Il n'aimait pas que l'on dise du mal des gens sans les connaître.

« Disons qu'au moins, elle ne pourra pas vociférer de telles injures qui ne sont qu'une source de laideur dans la bouche d'une jeune fille. Je pensais à votre délicatesse, mais je m'aperçois qu'il n'y a que cette fragile fleur qui en a ... »

Oui, il venait de rembarrer les pestes qui se permettait d'insultes et de méprise pour trois fois rien. Qu'est ce que cela changeait qu'elle soit muette et qu'elle parle le langage des signes ? C'était au contraire une preuve que, malgré son handicap, elle essayait de s'intégrer non ? Lui même n'aurait jamais prit le temps d'apprendre des signes pour se faire comprendre. Il s'approcha, non sans garder ses distances pour ne pas éveiller la peur de la jeune fille et se retourne vers les autres demoiselles.

« Si votre langage n'est plus fleuri que la danse de cette demoiselle, alors il ne sert à rien de déblatérer de telles bêtises, elles ne font qu'entacher la laideur de votre âme. Si ce que vous avez à dire n'est pas plus beau que le silence, alors gardez ce silence. C'est peut-être dur à entendre, mais c'est ce qui devrait régir dans ce monde. »

Il tendit ensuite la main à la fleur qui tremblait de peur. Oui, il savait qu'elle risquait de ne pas la prendre, mais il voulait montrer qu'il n'était pas comme ces pestes qui n'avaient que de telles sornettes à l'esprit. Il fallait qu'il soit patient et doux, mais il arriverait à trouver comment cette fleur pourrait s'épanouir. Et même s'il était un solitaire et un ermite, il ne voulait pas la voir se recroqueviller, au contraire, une fleur se doit d'être belle et admirée, même si au début elle n'est qu'un bouton qui passe inaperçu.

« N'aie pas peur, je ne te veux aucun mal ... »
Revenir en haut Aller en bas
Féminin Messages : 15695
Points : 20049
Date d'inscription : 25/09/2009

Feuille de personnage
Pouvoir: Manipulation du sucre et autres vitamines. Communion totale avec la nature
Items:
Statut: Célibataire
avatar
Syria
MessageSujet: Re: Le noble et la muette (Privé avec Tetsu)   Jeu 14 Aoû - 1:04

[Oui, je sais, c'est un peu plus long mais il est difficile de décrire les émotions assaillant mon personnage en trois mots. La traduction de sa langue des signes sera donnée juste à côté du dialogue]

Le tsunami de panique se déverse avec mille et une violence dans l'âme de la fillette. Le destin cruel lui adresse un sourire malveillant et incite le cœur à s'emballer dans un rythme cardiaque affolant.  La peau de pêche perd de sa belle couleur, virant au rouge l'espace d'un instant avant de blêmir dans un dessin de terreur. Les larmes s'écoulent des yeux de diamant, aussi translucides qu'un miroir, tandis que ses bras frêles  se lèvent comme pour ériger une protection fragile et dérisoire. La peur s'immisce en elle tel le plus douloureux des poisons et lui montre sa face grimaçante comme le clown maléfique au rictus tordu pour mieux effrayer les enfants au lieu de les émerveiller.

-Eh regardez ! Voilà la muette !

Les propos déclenchent un odieux concert de rire tandis qu'un groupe d'adolescent s'approche des deux protagonistes pour s'arrêter à la hauteur du jeune homme aux cheveux noirs. Une demoiselle brune se détache de sa bande d'amis pour venir siffler son venin, les mots emplit de mépris et de méchanceté tombant les uns après les autres dans une cruauté implacable.

-Ne t'obstines pas à lui parler...Elle est muette...Et elle fait des signes bizarres avec ses doigts...et tu as vu ses yeux ? Ils sont anormaux ! Et ses cheveux, n'en parlons pas ! Depuis qu'elle est là, elle ne fait que danser, cette idiote...Et figure toi...elle a peur des hommes ! Elle est vraiment trop stupide...


Le discours odieux se termine par un éclat de rire général tandis que leur victime reste prostrée au sol à la manière d'un fœtus, ses jambes repliées contre son tout petit corps, ses mains tentant de couvrir son visage ravagé par les sanglots silencieux. Aucun son ne lui échappe,  un symptôme habituel pour la petite fille emmurée dans le monde du silence depuis bien des années.  Ses oreilles épargnées par le phénomène, elle a pu entendre de la bouche des médecins que son cas est exceptionnel et qu'il reste un infime espoir de pouvoir percevoir un jour la tonalité de sa voix. De puissants traumatismes l'ont piégée dans cette infirmité physique mais ce mal n'est pas incurable contrairement aux nombreuses croyances existantes sur ce sujet.

-Disons qu'au moins, elle ne pourra pas vociférer de telles injures qui ne sont qu'une source de laideur dans la bouche d'une jeune fille. Je pensais à votre délicatesse, mais je m'aperçois qu'il n'y a que cette fragile fleur qui en a ...

Les mots à la fois durs et compatissants plongent dans l'atmosphère. Encore des sons qu'elle est incapable de comprendre, son esprit n'ayant aucune connaissance de la langue employée. Seul le sortilège permanent déployé autour d'elle lui permet de saisir le sens des propos divulgués. Lorsque la traduction parvient à son esprit, ses pleurs cessent de mouiller son doux visage d'enfant.

Timidement, à la manière d'un papillon battant des ailes pour la première fois, elle entrouvre les doigts et ses pupilles transparentes s'écarquillent légèrement sous l'effet de la surprise lui enserrant le cœur.  Un inconnu la défend contre les insultes et le mépris malheureusement devenus son quotidien. Jusque là, seules trois personnes parmi ses proches lui ont apportées leur soutien mais jamais un étranger n'avait daigné se rebeller contre cet ignoble traitement infligé à la petite fille.


-Si votre langage n'est plus fleuri que la danse de cette demoiselle, alors il ne sert à rien de déblatérer de telles bêtises, elles ne font qu'entacher la laideur de votre âme. Si ce que vous avez à dire n'est pas plus beau que le silence, alors gardez ce silence. C'est peut-être dur à entendre, mais c'est ce qui devrait régir dans ce monde.

Son souffle se noie dans la stupéfaction et un hoquet silencieux lui échappe lorsque les mots du garçon lui parviennent, traduits automatiquement dans la deuxième langue qu'elle connait le mieux après sa maternelle. Une vague de haine et de rage s'enroule autour de la bande de jeunes gens et la demoiselle venimeuse pousse un léger cri de surprise. Un sifflement digne du plus terrible des serpents s'envole entre ses lèvres fines avant que ces dernières ne vocifèrent un dernier propos des plus méprisants, son regard se posant avec dégoût sur le jeune homme ayant osé prendre la défense de sa victime.

-Tu perds ton temps, elle est trop peureuse. Y a rien à faire avec une muette !

La tête haute malgré la fierté ravalée, le groupe s'éloigne, tous ses membres immaculés d'un mépris des plus visibles. Avec calme et infinie patience, le jeune homme tend la main en direction de l'enfant en proie à mille et une peurs tandis que sa voix murmure des mots se voulant rassurants dans l'atmosphère.


-N'aie pas peur, je ne te veux aucun mal ...

Un long frisson traverse le corps de la fillette tandis que ses yeux de cristal se remplissent à nouveau de larmes pour qu'elles viennent s'écouler en cascade sur ses joues. Des tremblements sans fins l'agitent pendant de longues minutes. Une phobie sans nom s'éprend de son regard translucide. Les mots résonnent avec une force infinie dans son esprit, combien de fois les a t-elle entendus ? Et à chaque fois, le mensonge accompagné de la douleur, le désespoir et la honte.  

Sa mémoire lui offre un bref instant de répit tandis que l'image de sa marraine se dessine petit à petit ainsi que tous ses principes d'éducation. Les remerciements vont de pair avec l'aide apportée et quoi que peut lui susurrer sa panique, toute son âme ne peut qu'avouer que le jeune homme lui a offert sa protection et l'a défendue face aux insultes et aux mépris pourtant devenus sa torture quotidienne depuis des années.  En elle, sa politesse et sa phobie s'acharnent dans une lutte féroce pour prendre le pouvoir. L'une murmure qu'un acte de gentillesse et de bienveillance ne doit pas se retrouver face à un mur d'indifférence tandis que l'autre lui siffle qu'il s'agit d'un représentant de la gente masculine et que tous ses membres sont semblables à son pire cauchemar.


Lentement, la fillette tente de se relever avant de s'abaisser à nouveau sur le sol. Ce manège dure un long moment avant qu'un sursaut de courage ne lui arrache le cœur pour l'obliger à se mettre en position assise dans l'herbe. Ses mains ne dissimulent plus son visage mais celui ci est baissé, ses yeux de diamant refusant encore de rencontrer ceux du garçon. La rougeur revient prendre possession de ses joues alors que son corps ne cesse pas un instant de trembler. Il est clairvoyant que les sanglots continuent de la ravager, les légères gouttes tombant sur le sol par intermittence.

Avec lenteur,  ses doigts fins s'élèvent dans l'atmosphère et viennent y danser dans une merveilleuse grâce avant d'offrir leur œuvre du quotidien.


-Sisi...veut pas...ces mots...lui aussi...n'avant dizait ça n'a Sisi...Sisi touzouws mal...pas wai... mais Sisi dit mewci...Sisi zamais nifendue...(Sisi ne veut pas...ces mots...lui aussi les disait à Sisi...mais Sisi avait toujours mal...ce n'est pas vrai...mais Sisi dit merci...Sisi n'était jamais défendue)

Les mots résonnent aux oreilles de l’inconnu sans que la bouche de la petite fille ne s’ouvre. Ses doigts s’expriment dans sa langue maternelle et ses propos sont retraduits en français pour qu’elle puisse être comprise. La grammaire et les sonorités donnés sont loin d'être parfaits car la petite ne connait pas un mot du langage utilisé par le garçon. Ce sortilège est plus efficace lorsqu'il est utilisé par quelqu'un qui comprend les termes prononcés par l'interlocuteur. Pour autant, ses mots ne sont pas plus significatifs de sens. Ils semblent embrouillés et presque compréhensibles uniquement par la demoiselle aux cheveux de nacre.

Quel étrange phénomène que de ne pas oser utiliser la première personne du singulier pour se désigner. Il est évident que le son "Sisi" la représente alors pourquoi se servir d'une telle tournure de phrases ? Comme si elle était incapable de se considérer comme un individu singulier...

L'enfant inspire et expire avec lenteur tandis que son cœur s'emballe dans un rythme démoniaque. Jamais encore elle n'avait pu s'exprimer devant un homme depuis des années. Elle les évite comme la peste et les seuls ayant osés l'approcher ne sont venus que pour déverser leur poison et leur mépris sur son infirmité.


Ses iris transparents se posent sur sa droite où des centaines de fleurs poussent en toute liberté, sans crainte de la folie des hommes. Malheureusement, l'une d'elle est tombée, sans doute moins vigoureuse que les autres. Pourtant, elle garde encore de sa beauté et de son éclat. Délicatement, l'enfant attrape la rose rouge entre ses doigts pour la regarder avec curiosité. Elle penche légèrement la tête sur le côté comme en proie à une grande interrogation. Ses mots silencieux existent une seconde fois grâce à la danse des doigts tandis que l'esprit de son interlocuteur en perçoit la traduction imparfaite.

-Ci n'elle...la fleuw fwazile...n'a délinate ?
(C'est elle, la fleur fragile...la délicate ?)

Le plus naïvement et innocemment au monde, la fillette pense que la fleur dont parlait le jeune homme dans ses propos précédents était une plante véritable. Sa candeur se reflète dans ses pupilles cristallines, aucune once de méchanceté n'émane d'elle. Seule la douceur et l'ingénuité imprègnent son être.

Une petite fille perdue dans un monde qui n'est pas le sien, incapable de comprendre la langue de ses interlocuteurs sans un sortilège permanent au point de prendre toutes les expressions au pied de la lettre et s'imaginer que la fleur évoquée est inévitablement un objet concret et non pas une image désignant la féminité.

À deux reprises, elle a vaincu sa phobie l'espace d'un instant pour révéler sa langue des signes mais son corps tremblant assis sur le sol ne ment pas. Elle est en permanence envahie par la peur et le garçon peut s'estimer chanceux qu'elle ne soit pas enfuie, rattrapée par sa bonne éducation.

Si seulement, elle pouvait réentendre le son de sa propre voix...

_________________

Merci pour les roses, Raphael, Arcaz, Lara, Shana, Angel, MayLyn, Yogi, April, Elena, Yogi, Akihito, Soudo, Zoldik, Shiruku, Rin et Alice ♥️


Merci pour les baisers, Aurore, Sirë, Lara, Hanabusa, Maylyn, Elena, Tensa, Leona, Yogi, Akihito, Shiruku, Zoldik, Rin, Miyuki et Aoi ♥️


Dernière édition par Syria le Ven 22 Aoû - 12:55, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
MessageSujet: Re: Le noble et la muette (Privé avec Tetsu)   Jeu 14 Aoû - 12:02

Le groupe de fille ne fut que outré des propos du jeune homme, et c'était l'effet voulut. Qu'elles s'en aillent, c'était mieux pour elles, Tetsu n'aimait pas qu'on lui dise quoi faire, quand il avait une idée en tête, il allait jusqu'au bout. Mais il devait avouer qu'il avait du mal avec cette jeune demoiselle qui semblait autant étonnée des propos qu'il avait tenu que les autres. Ne l'avait-on jamais défendue ? C'était bien dommage si c'était le cas, mais il était possible qu'elle ai l'habitude des insultes même si elle ne semblait pas vraiment pouvoir dire quelque chose pour se défendre. Il les regarda, ce groupe là, et les laissa avec leur fausse fierté pour se tourner vers la jeune fille. Celle ci avait un instant cessé de pleurer et elle avait écarté ses doigts. Mais une sorte de contraste résidait en elle, il s'en doutait, elle essayait de se lever mais n'y arrivait pas. Voulait-elle partir ? Si elle avait peur, c'était compréhensible, à moins qu'elle ne veille tout simplement se lever pour se tenir en face de lui. Elle finit par s'assoir, rouge, et le regard baissé. Elle ne voulait pas le regarder, mais une voix lui parvint délicatement à ses oreilles quand elle bougea les doigts pour s'exprimer. Etait-ce sa voix, ou une toute autre ? En tout cas, la magie des lieux fit que Tetsu compris à peu près ce qu'elle disait. Quel magnifique endroit que celui ci qui lui permettait de savoir ce que les autres disaient même si on ne parlait pas la même langue. Il compris entre les mots qu'une personne lui disait la même chose et qu'il lui avait fait mal. Pas étonnant qu'elle n'ai pas confiance en l'homme si certains lui avaient planté un couteau dans le dos. Plus étonnant, elle se nommait Sisi. Elle ne parlait pas d'elle à la première personne. Qu'est ce que cela cachait ? Un manque de confiance en elle ? Surement, mais Tetsu ne voulait pas faire de conclusion hâtive. Il se contenta de l'observer avec un sourire.

Après ces mots, elle regarda le sol, plus précisément le parterre libre de fleur qui se trouvait là. Quand elle prit en main la seule fleur un peu fanée, Tetsu se demanda si elle avait compris que la fleur dont il avait parlé, c'était elle et non celle qu'elle avait dans les mains. Il eut la confirmation quand elle lui demanda si c'était cette fleur, la fragile et délicate. Une grande naïveté dans ces propos, mais les yeux de la jeune fille montraient qu'elle était sérieuse, et que ce n'était pas une blague comme certains auraient pu faire. Il eut un soupir intérieur, cette fille avait besoin d'une protection, elle était trop fragile pour la laisser seule. Il se mit à genoux sur le sol. Le vent était toujours là, s'engouffrant sous sa chemise et il sentit ses pieds nus. Il n'avait pas son regard sérieux, mais plutôt celui d'un homme aux sourcils simplement placés, au sourire et au visage qui se voulait rassurant. Quiconque passait par là ne le reconnaitrait pas. Lui qui était toujours les sourcils froncés et le visage fermé, le voilà complètement différent. Mais tant mieux pour la jeune fille, qui malgré sa peur ne semblait pas savoir la chance qu'elle avait de voir un tel visage.

Il resta en retrait et pourtant, continuait à observer ce qu'elle faisait, puis il se dit que lui répondre serait mieux que de laisser le silence se poser. De sa voix grave mais posée, il se permit de laisser ses habitudes de côté, comme il avait commencé à faire.

« La fleur fragile et délicate était une métaphore. Cela ne concerne pas la jolie qui se trouve entre tes mains, mais toi. Quand je t'ai vu danser, tu semblait te mêler à la nature, ce n'est pas donné à tous, et j'ai trouvé qu'une fleur qui se plie au gré du vent, qui se courbe avec élégance et qui redevient toujours ce qu'elle est, c'est ce qui te ressemblait le plus à ce moment là. »

Il avait fermé les yeux pendant qu'il avait parlé. Il regardait maintenant à son tour le parterre de fleur, ne voulant pas montrer qu'il surveillait les moindres faits et gestes de la jeune demoiselle pour savoir comment s'y prendre avec elle. Elle était si fragile, comment avait-elle prit ces mots ? L'avait-elle vu comme le compliment qu'il ne faisait jamais ? Ou était-ce pour elle des mots sans importance ?

« Si tu ne veux pas que je dise que je ne te ferais pas de mal, alors je ne le dirais pas. Je ne veux pas que tu sois mal à l'aise. »

Tetsu n'avait jamais été charmeur, et même maintenant, ce n'était pas son objectif, mais il voulait la protéger, faire en sorte qu'elle puisse s'épanouir. Elle devait avoir quelqu'un pour la rassurer, et pour faire en sorte qu'elle grandisse en toute sérénité. Tetsu sentait son importance dans ce rôle. Lui, il n'était pas forcément craint, mais respecté puisqu'il savait respecter les autres et qu'ils leur laissait toujours une chance, même s'il parlait peu. Il prit à son tour une fleur un peu fanée dans ses mains et regarda celle ci. Parfois, il aurait aimé pouvoir redonner vigueur aux plantes, mais le destin lui avait donné son don d'amitié et d'invocation des dragons. Il ne s'en plaignait pas, il avait toujours des amis avec lui, contrairement à la jeune fille. D'ailleurs, que diraient-ils s'ils le voyaient discuter avec une personne « normale » et non avec des dragons ? Surement qu'il devenait plus sociable. Oui, il ne voyait que cela.

« Est ce que tu as des amies parmi les filles que tu connais, ou es-tu toujours seule ? »

Lancer la discussion était la meilleure des solutions pour essayer de briser la glace phobique qui empêchait son cœur de discuter normalement. Et puis, il ne voulait pas de suite parler de ce Il qu'elle avait évoqué, il n'avait pas à entrer dans son intimité.
Revenir en haut Aller en bas
Féminin Messages : 15695
Points : 20049
Date d'inscription : 25/09/2009

Feuille de personnage
Pouvoir: Manipulation du sucre et autres vitamines. Communion totale avec la nature
Items:
Statut: Célibataire
avatar
Syria
MessageSujet: Re: Le noble et la muette (Privé avec Tetsu)   Jeu 14 Aoû - 17:21

La tête haute et le mépris pointant dans le regard, le groupe d'adolescents s'éloigne du jeune homme au cœur bien plus généreux qu'ils ne l'auront jamais. Ses yeux transparents se montrent timidement entre ses doigts fins tandis que les mots du garçon lui parviennent dans un brouillard de sonorités inconnues à son esprit. Seule la magie émanant du mystérieux bâtiment lui permet de comprendre les propos divulgués dans un langage que très peu d'êtres connaissent.

Personne ne l'a défendue depuis bien des années, du moins jamais un inconnu n'a daigné s'attarder à vouloir ériger une protection autour d'une fillette insultée et méprisée de tous juste parce qu'elle a eu l'audace et le malheur de devoir faire danser ses doigts pour communiquer, ses lèvres autrefois pleines de mots mais aujourd'hui vides de tout sons.

Le corps enroulé à la manière d'un fœtus, elle détache lentement ses bras avant de tenter de se relever avec lenteur. Son dos atteint quelques centimètres de hauteur avant qu'elle ne retombe sur le sol en position défensive. Cet étrange manège dure quelques minutes avant qu'un sursaut de courage  ne l'oblige à se mettre en tailleur sur l'herbe verdoyante. Les joues rougies et le corps tremblant de peur, elle baisse ses yeux de diamant, elle ne sait que trop bien ce que les gens reprochent à ses pupilles. Trop transparentes, dérangeantes, elles reflètent l'image de ceux ayant le malheur de les croiser et engrènent des pulsions de violence. Des tremblements parcourant tout son être, elle lève timidement les doigts et une légère danse naît dans l'atmosphère tandis que les mots se dessinent les uns à la suite des autres.


-Sisi...veut pas...ces mots...lui aussi...n'avant dizait ça n'a Sisi...Sisi touzouws mal...pas wai... mais Sisi dit mewci...Sisi zamais nifendue...
(Sisi ne veut pas...ces mots...lui aussi les disait à Sisi...mais Sisi avait toujours mal...ce n'est pas vrai...mais Sisi dit merci...Sisi n'était jamais défendue)

Une voix douce et délicate s'envole en direction de l'esprit de son interlocuteur sans que sa bouche ne s'ouvre ne serait ce qu'un seul instant. Un sortilège permanent entoure la fillette et lui permet que sa langue des signes soit compréhensible pour ceux qui l'entourent. Les propos des individus face à elle lui sont traduits dans la seconde langue qu'elle connaît le mieux après sa maternelle tandis que les autres reçoivent une perception erronée des propos de l'enfant. La grammaire et les prononciations sont emplis d'erreurs mais cette magie ne procure qu'un meilleur effet que si elle baigne autour d'une personne ayant une parfaite connaissance de la langue qu'elle rencontre. Or, la petite fille n'a jamais appris un seul mot de français si bien que ce langage en ressort écorché. De plus, sa langue des signes n'est compréhensible que pour de très rares élites. Seules trois personnes de son entourage peuvent arriver à la suivre sans avoir besoin de sorcellerie.

Ses mots embrouillés permettent néanmoins de révéler un fait troublant. Elle n'aime pas entendre que quelqu'un ne lui veut aucun mal, cette phrase sonne comme un affreux mensonge dans son esprit. Un mystérieux «Lui aussi» semble avoir prononcé ces mots sans qu'ils ne soient réels alors que tout ce qu'elle recevait était la souffrance, la honte et le désespoir le plus pur.

Sans le vouloir, la fillette dévoile un aspect de sa personnalité en parlant d'elle à la troisième personne du singulier. Il est clairvoyant que le «Sisi» employé est un surnom la désignant mais elle semble incapable d'utiliser la marque significative du soi comme si elle se reniait être un individu singulier, comme si son âme lui avait été arrachée pour faire d'elle une poupée incapable de se définir autrement que par cette étrange tournure grammaticale.

Les prunelles de cristal se posent lentement sur l'éclatant parterre de fleurs poussant librement aux alentours, leurs couleurs chatoyantes souriant au soleil. Malheureusement, l'une d'elle a perdu sa vigueur et avec toute la délicatesse d'un enfant admiratif, la demoiselle attrape une magnifique rose rouge entre ses doigts. Elle penche la tête sur le côté, des centaines de points d'interrogation se dessinant dans son regard translucide. Affrontant sa phobie pour la seconde fois sans pour autant le regarder, son attention étant portée sur la fleur, ses doigts exécutent une nouvelle danse gracieuse dans l'air.


-Ci n'elle...la fleuw fwazile...n'a délinate ? (C'est elle, la fleur fragile...la délicate ?)

En elle, la curiosité prend une place grandissante, renversant le tyran de la panique pour venir s'installer sur le trône de son âme. Une question emplit d'innocence et de naïveté mais ô combien sérieuse. La petite fille est incapable de comprendre les expressions imagées, elle s'imagine réellement que l'objet dont parlait le jeune homme est concret et non pas un synonyme de la féminité. Ce dernier s'agenouille sur le sol tout en conservant ses distances avec la demoiselle. Lorsque ses mots lui parviennent, elle lève lentement la tête avant de la pencher une seconde fois sur le côté, ses oreilles écoutant attentivement la traduction magique.


-La fleur fragile et délicate était une métaphore. Cela ne concerne pas la jolie qui se trouve entre tes mains, mais toi. Quand je t'ai vu danser, tu semblait te mêler à la nature, ce n'est pas donné à tous, et j'ai trouvé qu'une fleur qui se plie au gré du vent, qui se courbe avec élégance et qui redevient toujours ce qu'elle est, c'est ce qui te ressemblait le plus à ce moment là.

Le discours s'engouffre dans les pensées de la fillette et une cascade d'incompréhension se dessine dans ses yeux de diamant. Tour à tour, elle regarde sa rose fanée puis le jeune homme avant de baisser rapidement le visage. Sans jamais cesser de trembler, ses doigts reviennent sur le devant de la scène pour y danser ses mots.

-Sisi...nompwend pas...Mama Masha...mawwaine Sisi...n'a dit n'a Sisi...né n'une fille...pas fleuw...Né ni...métaphowe ?Danse n'y natuwe ? Sisi sait pas... Sisi sait pas...langue...nawçon (Sisi ne comprend pas...Mama Masha, la marraine de Sisi,  a dit à Sisi qu'elle est une fille...pas une fleur...c'est quoi une métaphore? La danse et la nature ? Sisi ne sait pas...Sisi ne sait pas...la langue du garçon)

Les doigts s'effacent aussi vite qu'ils sont venus, leur propriétaire ne pouvant pas percevoir les expressions imaginées, prenant les mots dans leur globalité sans en connaître le moindre sens dissimulé. Ses iris transparents reportent leur attention sur la rose, l'admirant avec un émerveillement enfantin et candide. Cependant, une second mystérieux personnage a fait son apparition dans ses dires sans qu'elle n'en dise plus. Le jeune homme peut également prendre en compte le fait qu'elle vient d'avouer candidement qu'elle ne connaît pas sa langue d'où son incompréhension devant sa manière de s'exprimer.


-Si tu ne veux pas que je dise que je ne te ferais pas de mal, alors je ne le dirais pas. Je ne veux pas que tu sois mal à l'aise.

Les propos arrivent si discrètement à l'esprit de la petite fille qu'elle ne paraît pas les entendre tout à fait. Un papillon aux ailes multicolores se pose délicatement sur son bras frêle et un grand sourire heureux se dessine sur ses lèvres pour la première fois depuis bien trop longtemps. Par réflexes, elle avance sa main libre et le petit animal s'envole avec légèreté avant de venir sur son nez. Comme un enfant, elle tape des mains avec joie et l'insecte déploie ses sublimes ailes avant de s'éloigner vers le lointain. Si elle avait pu rire, elle l'aurait fait mais même si aucun son n'est sorti de sa gorge, nul doute qu'elle en éprouvait l'émotion, aussi puérile et innocente soit-elle.
 

-Est ce que tu as des amies parmi les filles que tu connais, ou es-tu toujours seule ? 

Son être n'étant plus accaparé par un lépidoptère joueur, la question lui parvient après quelques secondes, le temps que le sortilège permanent accomplisse sa mission. Lentement, elle lève ses prunelles de miroir sur le garçon avant de pencher la tête sur la côté pour la troisième fois et baisser son regard vers la rose qu'elle tient toujours entre ses doigts.

-Sisi...n'a pas ça...Sisi va pas n'en classe...Sisi a zuste...Obin...nouzin...né dame n'y n'a n'emmené Sisi n'y Obin ici...Mama Masha, Tonton n'y Tata néstés loin...(Sisi n'a pas de ça...Sisi ne va pas en classe...Sisi a juste Robin, son cousin et la dame qui les y a emmenés ici, Sisi et Robin...Mama Masha, Tonton et Tata sont restés loin)

Sa langue des signes s'éteint lentement tandis que son discours s'imprègne dans les pensées de son interlocuteur. Sans doute à cause de son mutisme, l'enfant n'a aucun ami si ce n'est son cousin, son plus proche parent vivant ici. Elle est souvent seule, incapable de se rendre dans les salles de cours et y suivre une scolarité normale à cause de sa phobie envers les hommes. Pour le moment, elle suit un processus spécifique et adapté à son cas même si elle n'en révèle rien ici. Cependant, deux autres faits peuvent interpeller le garçon. Qui est la mystérieuse personne l'ayant conduite jusqu'ici et surtout pourquoi a t-elle évoqué ses proches sans jamais parler de ses parents, censés être les premiers cités en toute logique.

Restant toujours à distance du représentant de la gente masculine, la petite pose ses yeux de diamant sur les alentours. Non loin de là, un couple de charmants lapins blancs les observe et ne sentant aucune méchanceté n'émaner de la fillette, s'approche sans peur. Ravie, la demoiselle caresse leur pelage avec douceur, un large sourire heureux sur les lèvres à la manière d'enfants émerveillés. Son regard brille pour la première fois depuis des années. Tant d'innocence baigne autour d'elle que les animaux peuvent se permettre d'être plus farouches en sa compagnie et elle semble leur offrir beaucoup d'amour comme si elle en avait manqué tout au long de son existence, à croire qu'elle donne ce qu'elle n'a que trop rarement reçu.

Pourtant une ombre se noie avec malveillance dans ce tableau aux semblants idylliques. Alors que ses doigts sont occupés avec les tendres animaux, elle relâche son attention vis-à-vis de ses bras. À quelques centimètres de ses poignets, une longue cicatrice rougeâtre se dessine dans une affreuse révélation. Si elle était unique, le garçon aurait pu penser à une coupure dû à un accident mais elle est présente sur les deux membres ce qui laisse présager le pire.

Son éducation l'oblige plus ou moins à rester, tant qu'elle conserve de la distance, à vaincre sa peur panique même si elle doit reconnaître qu'il existe une part de vérité dans les propos de celle l'ayant conduite ici : tous les hommes ne sont pas mauvais, si elle veut acquérir une existence apaisée, elle doit apprendre à leur donner leur chance quitte à la prévenir en cas de difficultés insurmontables.


Tant de mystères entourent l'enfant à la chevelure de perle, le jeune homme aura t-il assez de patience pour briser un à un tous les boucliers de son âme quitte à tomber dans un cauchemar  ?

_________________

Merci pour les roses, Raphael, Arcaz, Lara, Shana, Angel, MayLyn, Yogi, April, Elena, Yogi, Akihito, Soudo, Zoldik, Shiruku, Rin et Alice ♥️


Merci pour les baisers, Aurore, Sirë, Lara, Hanabusa, Maylyn, Elena, Tensa, Leona, Yogi, Akihito, Shiruku, Zoldik, Rin, Miyuki et Aoi ♥️


Dernière édition par Syria le Lun 25 Aoû - 14:26, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
MessageSujet: Re: Le noble et la muette (Privé avec Tetsu)   Dim 24 Aoû - 19:23

Ah … Elle ne comprenait pas ce qu'il voulait dire, elle ne savait pas ce qu'était une métaphore. Devait-il l'expliquer ? Surement, cela serait plus facile pour elle. Mais comment expliquer ce qu'était une métaphore ? Savait-elle ce qu'était une comparaison. Quand à la danse et la nature … Comment expliquer … oui, il allait lui expliquer, parce que si elle se retrouvait dans une situation délicate, elle en serait que plus gênée, ce qui était déjà le cas il pensait. Puis il regardait la jeune fille s'amuser avec le papillon. Elle semblait si fragile et si enfantine, il avait l'impression de voir une enfant s'émerveiller face à ce qu'elle découvrait. Et elle lui expliqua qu'elle n'avait pas d'amis, qu'elle n'allait pas en classe. Et ce qui l'étonna un peu, c'est qu'elle parlait de son oncle et sa tante sans parler de ses parents, et il y avait cette dame qui l'avait amené ici. Qui était-elle ? Il ne demanderait pas. Elle se contenta de caresser des lapins qui passaient par là. D'ailleurs, comment se faisait-il que les lapins et les papillons s'approchent autant d'elle ? C'était comme si aucune peur n'était ressentie par ces créatures de la nature.

Il remarqua ensuite les marques sur un de ses bras. Une éraflure ? Non, il y avait la même chose sur l'autre bras. Il était tenté de se lever et de l'attraper pour lui demander ce que c'était, inquiet pour elle. Mais il resta sur place. Elle avait peur des garçons, il ne devait pas l'approcher pour le moment. Il se retenait déjà pour l'emmener voir d'autres personnes pour l'aider à vaincre sa timidité, mais il savait que ce n'était pas la meilleure des manières, surtout qu'il ne connaissait pas grand monde.

Il se décida de répondre aux interrogations de la jeune demoiselle.

« Une métaphore, c'est quand on dit de quelqu'un qu'il a des qualités ou des défauts d'une autre personne ou d'un objet, ou d'un végétal. Quand je dis que tu es une fleur délicate, je veux dire que je te perçois comme quelqu'un de fragile et de sensible. Je ne dis pas que tu es une fleur mais que tu es comme une fleur. La nature, c'est ce qui nous entoure, les animaux, l'herbe, les arbres … Tout ce qui n'est pas construit par l'homme. Et enfin la danse, c'est quand tu bouge avec grâce et délicatesse et souvent au fil de la musique ou du vent. »

Il ne bougeait pas, restant à cette distance respectable de la jeune fille.

« Au moins, tu as ton cousin, c'est plutôt positif, tu n'es pas seule. Ce n'est pas comme moi quand je suis arrivé. Je n'avais d'ami que mes invocations, qui sont des dragons. Je ne connaissais personne, c'est assez difficile quand on sait que je ne suis pas sociable. Je ne vais rarement vers les gens. Il faut vraiment qu'il y ait une raison. »


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Féminin Messages : 15695
Points : 20049
Date d'inscription : 25/09/2009

Feuille de personnage
Pouvoir: Manipulation du sucre et autres vitamines. Communion totale avec la nature
Items:
Statut: Célibataire
avatar
Syria
MessageSujet: Re: Le noble et la muette (Privé avec Tetsu)   Lun 25 Aoû - 14:32

Les douces mains aux doigts dansants se posent avec légèreté sur le pelage immaculé du charmant couple de lapins, venu s'approcher de la fillette sans aucune crainte tant elle émane naïveté et tendresse enfantine. Ses yeux de diamant reflètent l'image des animaux et une joie puérile brille dans son regard. Si le son pouvait arriver à franchir le seuil de ses lèvres, nul doute que la nature aurait entendu un rire vibrant de candeur et d'un bonheur resté trop longtemps inexistant.

Pris dans leur occupation, ses bras se relâchent et l'attention portée dessus se dissipe, comme soufflée dans l'atmosphère. Une longue cicatrice rougeâtre y est peinte  dans un sentiment d'horreur et d'oppression. Tout le monde y aurait vu une marque de blessure dû à un accident de la vie quotidienne, une anecdote déclenchant aujourd'hui des rires et non plus un traumatisme. Cette innocence d'esprit est balayé par la présence d'un dessin similaire sur le second bras. Une sensation dérangeante s'échappe de ces contusions comme si elles hurlaient leur souffrance d'avoir du naître dans un acte volontaire, noyées dans un profond gouffre de désespoir.


-Une métaphore, c'est quand on dit de quelqu'un qu'il a des qualités ou des défauts d'une autre personne ou d'un objet, ou d'un végétal. Quand je dis que tu es une fleur délicate, je veux dire que je te perçois comme quelqu'un de fragile et de sensible. Je ne dis pas que tu es une fleur mais que tu es comme une fleur. La nature, c'est ce qui nous entoure, les animaux, l'herbe, les arbres … Tout ce qui n'est pas construit par l'homme. Et enfin la danse, c'est quand tu bouge avec grâce et délicatesse et souvent au fil de la musique ou du vent.

Les propos explicatifs lui parviennent dans une traduction parfaite, les mots lui parviennent dans la deuxième langue qu'elle connaît le mieux après sa maternelle. Son esprit les analyse et elle penche de nouveau la tête sur le côté avant que ses doigts ne s'emmêlent pour exécuter une gracieuse danse des signes, son seul et unique moyen de s'exprimer tant que ses cordes vocales refuseront de s'ouvrir au monde.


-Sisi n'a compwis...Sisi sait zuste pas...langue nawçon...Mama Masha dizait n'a Sisi et Wobin de wespecter natuwe...né belle...Sisi et Wobin pawlent pas...nalows n'ils dansent...mais muets pas wespectés...seuls Mama Masha, Tata et Tonton n'y défendaient Sisi et Wobin...pas n'innonnu...Nawçon sait nom Sisi...en wai Sisi né Sywia...né monsieu ? (Sisi a compris...Sisi ne sait juste pas la langue du garçon...Mama Masha disaient à Sisi et Robin de respecter la nature...elle est belle...Sisi et Robin ne parlent pas...alors ils dansent...mais les muets n'étaient pas respectés...seuls Mama Masha, Tata et Tonton défendaient Sisi et Robin..pas les inconnus...le garçon sait le nom de Sisi...en vrai, Sisi est Syria...et le monsieur ?

Une lueur de vive tristesse traverse les pupilles de cristal lorsque la petite fille évoque son propre mutisme et le fait que seulement trois de ses proches prenaient la peine de se révolter contre ce traitement devenu malheureusement quotidien. Les coups et les insultes sont bien trop souvent tombés sur deux enfants dont le seul mal est de s'être faits emmurés dans un monde de silence, gardés prisonniers par  les bras puissants de la souffrance psychologique, incapables d'oublier ce jour maudit les ayant définitivement privés de la parole sans que cette infirmité ne soit incurable.

Pourtant, une toute petite once d'espoir se matérialise à travers le fait qu'elle révèle son véritable prénom au garçon et qu'elle lui demande le sien. Preuve que si elle conserve une certaine distance, elle a réussi à se calmer au point de ne pas s'enfuir en courant et de faire part du nom qui lui a été donné lors de sa venue au monde sans compter qu'elle reste assise à communiquer avec lui grâce à ses doigts sans qu'aucunes moqueries et autres insultes ne viennent la frapper de plein fouet, jamais elle n'avait connu une telle situation. En dehors de ses proches, personne ne daignait vouloir lui parler si ce n'est pour lui lancer du poison à travers les mots et ce mépris venimeux.


-Au moins, tu as ton cousin, c'est plutôt positif, tu n'es pas seule. Ce n'est pas comme moi quand je suis arrivé. Je n'avais d'ami que mes invocations, qui sont des dragons. Je ne connaissais personne, c'est assez difficile quand on sait que je ne suis pas sociable. Je ne vais rarement vers les gens. Il faut vraiment qu'il y ait une raison.

Le regard translucide de la jeune danseuse s'illumine soudainement de curiosité somme toute enfantine. Pour la première fois depuis leur rencontre, elle ose lever ses yeux vers le jeune homme et celui ci peut apercevoir son propre reflet à travers les iris cristallines. Bien que son corps tremble nettement moins qu'auparavant, son esprit lui soufflant les propos de sa protectrice lui assénant que tous les hommes ne sont pas mauvais et qu'elle doit apprendre à leur faire confiance si elle veut espérer avoir une vie plus harmonieuse, elle conserve tout de même une certaine distance avec le garçon. Le fait qu'elle ose le regarder et qu'elle continue de lui parler à sa manière sans fuir ou verser des torrents de larme est un immense progrès néanmoins. Ses doigts fins recommencent leur manège, dansant avec agilité la langue des signes.

-Wobin n'y peut n'aller en classe...Sisi ne voit pas Wobin de la jouwnée... Sisi n'a peuw zommes..mais dame n'a dit n'à Sisi que tous pas missants...Sisi va pas vers les zens...zens n'aiment pas doigts n'à Sisi...n'avant Sisi pawlait... Monsieur n'a n'amis ? Dwagons...Chez Sisi, il n'y avait dwagons...Mama Masha n'en n'a donné n'un à Sisi et Wobin...mon mien né twanspawent nomme Sisi...n'apelle Liam...celui n'a Wobin né wose fwamboise nomme lui...né Mann...(Robin peut aller en classe...Sisi ne voit pas Robin de la journée...Sisi a peur des hommes..mais la dame a dit à Sisi que tous ne sont pas méchants...Sisi ne va pas vers les gens...les gens n'aiment pas les doigts de Sisi...Avant, Sisi parlait...Est ce que le monsieur a des amis ? Dragons ? Chez Sisi, il y avait des dragons...Mama Masha en a donné un à Sisi et Robin...le mien est transparent comme Sisi..il s'appelle Liam...Celui de Robin est rose framboise comme lui...c'est Mann...)

Les yeux de diamant s'illuminent de souvenirs heureux l'espace de quelques secondes lorsque l'enfant évoque ces magnifiques créatures considérées comme de légende mais pourtant si réelles, du moins entre les mains du jeune homme selon ses dires et dans le monde de la petite fille. Bien que naïve  et sans aucune mauvaise intention, la fillette trahit ses origines sans s'en rendre compte. En effet, les humains ne sont pas un peuple prédisposé à la magie et à la possession de monstres dits domestiques.  Alors à quelle communauté peut-elle appartenir pour parler des dragons avec une telle facilité à croire qu'ils font partie de son paysage quotidien, du moins il vaut mieux modérer ces propos et les transformer au passé.  Autre fait troublant, ses propos candides révèlent que son mutisme n'est pas dû à la naissance puisqu'elle a su parler avant de se trouver plongée dans ce monde si bien qu'il est possible de percevoir une lueur de guérison et aussi infime soit-il l'espoir d'entendre de nouveau sa voix.

Une douce lueur baigne au bout des doigts de la fillette et un nombre incalculable de friandises, fruits et légumes se matérialisent soudainement autour d'elle. Tous lévitent à ses côtés et avec délicatesse, la petite fille attrape une framboise et l'avale avec une gourmandise puérile. Ses doigts s'agitent de nouveau sans que l'étrange phénomène ne s'en trouve perturbé, le tout flottant avec mille et une légèretés.


-Monsieur peut manzer...Sisi n'a mazie sucwe n'y vitamines...
(Le monsieur peut manger...Sisi a la magie du sucre et des vitamines)

Ce don, aussi mignon soit-il, permet surtout à l'enfant de se nourrir sans avoir à sortir pour affronter la foule où s'amasse la gente masculine dans toute sa splendeur, du moins son horreur aux yeux de sa phobie.  Néanmoins si la fillette montre son pouvoir au jeune homme, c'est signe qu'elle lui accorde une certaine confiance dans une moindre mesure. Les tremblements de son corps se sont atténués même s'ils restent présents et que la distance entre les deux interlocuteurs reste plus que raisonnable. Tant qu'elle ne s'est pas enfuie, elle considère qu'elle a effectué un immense pas en avant.  Uniquement parce que ce garçon a voulu la protéger des brimades habituelles, elle ne peut lui concéder que des remerciements en acceptant de communiquer avec lui mais aussi parce qu'il s'exprime différemment des autres adultes qu'elle a pu entendre au cours de son existence. Aucun ne lui avait dit qu'elle était pareille à une fleur, que de la fragilité délicate et des émotions sensibles n'émanent de son âme. Personne ne lui a offert de tels compliments, aussi imagés soient-ils .

Serait ce lui l'infime lueur d'espoir lui tendant la main au fin fond de son être envahi par le cauchemar et le silence ?

_________________

Merci pour les roses, Raphael, Arcaz, Lara, Shana, Angel, MayLyn, Yogi, April, Elena, Yogi, Akihito, Soudo, Zoldik, Shiruku, Rin et Alice ♥️


Merci pour les baisers, Aurore, Sirë, Lara, Hanabusa, Maylyn, Elena, Tensa, Leona, Yogi, Akihito, Shiruku, Zoldik, Rin, Miyuki et Aoi ♥️
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
MessageSujet: Re: Le noble et la muette (Privé avec Tetsu)   Ven 20 Fév - 19:02

La jeune fille semblait si douce avec ces lapins qu'elle caressait, sans qu'aucune peur ne se ressente vis à vis de la jeune fille. Par contre, il doutait que ce couple animal ne s'approche de lui avec la même sérénité, même s'il était calme et doux, il n'avait pas la même aura que la jeune fille. Par contre, il voyait toujours les marques sur les bras de l'enfant qui semblaient comme déchirer ce moment de calme. Il était inquiet, qu'est ce qui avait provoqué une telle chose ? Est ce qu'elle avait vécu des horreurs ? Ou était-ce un simple accident ? Il n'en savait rien et aurait aimé en savoir plus, pour connaître ce qu'elle avait vécu, pour savoir si c'était une des raisons pour lesquelles elle avait peur des hommes … Il ne savait d'elle que quelques bribes de ce qu'elle a bien voulut dire, ou plutôt signer.

D'ailleurs, après son explication sur la métaphore, elle recommença à signer, tranquillement, sereinement, avec une telle grâce, il compris ce qu'elle disait, qu'elle avait compris et qu'ils ne parlaient pas la même langue. Ou plutôt qu'elle ne comprenait pas tous les mots que Tetsu disait. C'était vrai, sa candeur et son peu de contact avec les autres l'avait rendu un peu ignorante sur certaines expressions. Il la laissait signer, lui expliquant que sa Mama Masha, personne qu'il ne connaissait pas, lui avait dit à Robin et à elle de respecter la nature, elle était belle. Oui, il était du même avis, la nature était ravissante, c'était ce qu'il y avait de plus beau, car elle se renouvelait selon les saisons, vivant toujours et encore quoi qu'il advienne. Même après une catastrophe, naturelle ou non, elle se remettait à pousser, les fleurs revivaient, les arbres redevenaient verts. Et tout changeait de couleur selon la saison. Elle expliqua aussi qu'elle et Robin ne parlaient pas, et qu'ils dansaient. Était-ce un moyen d'exprimer sa reconnaissance vis à vis de la nature ? Ou était-ce seulement pour s'exprimer ? Il n'en savait rien. Mais les inconnus ne les avaient jamais défendus. Il se dit que la nature humaine était vraiment ridicule, juger quelqu'un à cause de ses différences, quelle cruauté ! Elle lui dit aussi son vrai nom, Syria. Un joli nom, même s'il n'avait jamais entendu un nom avec une telle consonance. Elle lui demanda son nom aussi, et il rougit. Il n'avait même pas pensé à se présenter … Quel manque de politesse. Par réflexe, il se leva, en douceur et se pencha légèrement en avant, un bras plié devant lui et l'autre dans son dos, plié aussi.

« Je me nomme Tetsu Dageki, et je suis ravi de faire ta connaissance Syria. »

Puis, il se remit à genoux, attentif à ses signes qu'il comprenait par la magie du lieux. Il apprit que Robin pouvait aller en cours, contrairement à elle. C'était une bonne chose pour ce Robin, quel dommage qu'elle ne puisse en faire de même. Elle expliqua aussi sa peur des hommes, qu'il avait compris par les pestes qui étaient passées pour essayer de l'éloigner d'elle. Elle n'avait pas du avoir de la chance dans la vie, en même temps, lui même n'avait jamais eu d'amis. Il appris aussi qu'avant, elle parlait, ce qui l'étonna un peu. Mais il ne le montra pas. Elle n'avait pas eu la chance d'avoir des amis pour l'aider, comme lui avait eu. Il voulait les présenter, lui montrer quels étaient ses amis, les dragons, mais il ne pouvait en appeler qu'un seul … Il remarqua aussi la lueur de bonheur quelle avait en lui demandant s'il avait des amis dragons, comme elle elle avait un dragon transparent et Robin un autre framboise. Mais ce qu'il se disait, c'était qu'elle n'était pas muette de naissance, il était peut-être possible de la refaire parler.

Il pu aussi voir son pouvoir, elle pouvait faire apparaître de la nourriture, était-ce là son vrai don ? Ou alors … Il ne pu penser plus, parce qu'elle lui expliqua qu'elle maniait le sucre et les vitamines. Il en prit un peu, l'observant toujours, elle tremblait un peu. Sa peur n'allait pas disparaître d'un coup non plus … C'était évident.

Il eut une idée, puisqu'elle semblait aimer les dragons, pourquoi ne pas appeler Umi, son dragon de l'eau. C'était la plus calme des quatre, même si Kaimetsu était calme lui aussi, mais il avait ses piques qui n'étaient pas toujours agréable. Umi était plus douce, plus gentille avec les gens, elle savait rassurer.

« Dis moi Syria, est ce que tu veux rencontrer un des dragons dont je suis ami ? Je suis sur que tu l'appréciera, elle est douce et très protectrice. Elle m'a beaucoup aidé. C'est même ma meilleure amie. Il n'y a qu'avec les dragons que je suis ami, et ils le rendent vraiment bien. Est ce que ça te dit ? »

Bien évidement, il attendrait sa réponse. Mais il était certain que ça l'aiderait à se familiariser avec lui. Après tout, c'est en voyant ses amis qu'on apprend à connaître les gens. Quand on est seul, c'est bien triste, et il voulait partager le plaisir des amis avec elle, il voulait qu'elle connaisse le bonheur d'avoir quelqu'un à ses côtés, qui ne fasse pas forcément parti de sa famille. Il fallait qu'elle sache qu'elle n'était pas seule, que certains étaient là pour l'aider. Et il voulait en faire partie. Elle était si douce, si fragile, vraiment, elle ressemblait à une fleur. Et pour grandir, chaque fleur a besoin d'amour et d'attention. Enfin, il pouvait lui apporter de l'attention, c'était déjà pas mal pour le moment.

« Elle s'appelle Umi, c'est un dragon élémentaire de l'eau. Elle est de couleur bleu pâle, et je peux lui donner la taille que je veux, enfin, si j'y arrive … Tu préférerais qu'elle ait quelle taille ? Plutôt grande pour pouvoir te protéger, ou plutôt petite, pour pouvoir jouer ? »
Revenir en haut Aller en bas
Féminin Messages : 15695
Points : 20049
Date d'inscription : 25/09/2009

Feuille de personnage
Pouvoir: Manipulation du sucre et autres vitamines. Communion totale avec la nature
Items:
Statut: Célibataire
avatar
Syria
MessageSujet: Re: Le noble et la muette (Privé avec Tetsu)   Ven 20 Fév - 20:44

L'incarnation de la douceur s'échappe délicatement de la petite fille aux yeux de diamant étincelant. Ses petites mains caressent tendrement le pelage des lapins venus se réfugier sans crainte à ses côtés. Aucune peur n'émane d'eux mais leur méfiance naturelle les pousse à ne pas s'approcher du jeune homme aux cheveux de jais.

Unique point d'horreur de cette scène aux semblants attendrissants, les cicatrices rougeâtres marquant ses bras frêles dans un dessin terrifiant. Les traces d'un simple accident ou pire encore, des blessures volontaires ? Traduite de façon aléatoire, sa langue des signes ne peut en dire plus sur ce mystère corporel, demeurant secrète et presque aussi silencieuse que les doigts dansants.

Par la suite, ils recommencent à se déplacer avec grâce dans l'atmosphère, peignant les mots avec hésitation et timidité. Après les explications sur ce que le jeune homme nomme une métaphore, l'enfant comprend mieux ses étranges expressions mais ne lui cache pas qu'ils ne parlent pas la même langues. Totalement étrangers à la culture de l'autre, ils ne pourraient jamais communiquer sans la présence de cette douce magie entourant le lieu.

Innocemment, elle lui explique que sa marraine, qu'elle nomme Masha Masha, lui a appris que la nature était d'une beauté rare et qu'elle se devait de la respecter en permanence. Elle lui avoue candidement que si les sons refusent de franchir l'obstacle de leurs lèvres, elle et son cousin Robin ont pu compenser par l'art de la danse. Malheureusement, leur mutisme s'est toujours confronté avec violence au mépris et à la haine. Les coups et les insultes n'ont fait que pleuvoir sur des petits dont le seul tord est d'être né finalement.  La fillette apprend à son interlocuteur son véritable prénom. Pour celui possédant une notion de la langue anglaise, il saurait qu'il s'agit du mot pour désigner le pays de la Syrie.  Un bien étrange phénomène pour une petite fille au regard translucide et à la chevelure de neige.

Avec toute l'innocence du monde retransmit dans ses doigts, elle lui demande son nom. Portés par l'étrange situation de leur rencontre, aucun des deux n'a pensé à se présenter, surtout pas l'enfant encore très loin d'être rassurée de se retrouver ici alors que son cœur bat à un rythme d'affolement et que la panique gagne toujours sur son âme.

La rougeur prend possession des joues du garçon et la petite fille n'en penche la tête sur le côté de plus belle en l'écoutant lui répondre, son esprit déchiffrant avec un léger décalage ses propos. Des points d'interrogation se dessinent dans ses pupilles de cristal lorsqu'il se lève pour doucement s'incliner, un bras plié devant lui et le second dans son dos.


-Je me nomme Tetsu Dageki, et je suis ravi de faire ta connaissance Syria.

S'agenouillant de nouveau, il lui offre généreusement son attention tandis que la fillette laisse ses doigts danser avec naturel. Sans qu'elle ne puisse le comprendre, ils semblent s'animer seuls comme si sa langue des signes était totalement dépendante de son âme et qu'elle ait le terrifiant pouvoir de prendre le dessus sur sa jeune propriétaire. Elle lui explique qu'à cause de sa phobie des hommes, elle ne peut se rendre en classe contrairement à son cousin qui bénéficie des différents enseignements.  Pour avoir droit à la même culture que lui, elle est contrainte de suivre des cours particuliers mais depuis qu'elle vit ici, personne ne peut se vanter d'avoir réussi à leur redonner la langue orale, perdue des années auparavant.

Il est vrai que dans leur toute petite enfance, ils ont su parler avant de plonger dans l'enfer du silence et du mutisme. Les médecins n'ont jamais caché leur pessimisme quant aux infimes chances de les réentendre parler un jour.


Lorsque le garçon évoque son pouvoir d'invocation des dragons, une brève lueur de joie innocente traverse les yeux de diamant de la fillette. De manière puérile, elle lui explique que dans son monde, elle a dû laisser un dragon de petite taillé qu'elle a nommé Liam, de teinte aussi transparente que ses belles pupilles de miroir. Son cousin possède également le sien, un magnifique dragon couleur framboise appelé Mann. N'obéissants exclusivement qu'à leurs jeunes maîtres ou à leur marraine, les deux animaux posent parfois problèmes autour d'eux mais la jeune femme nommée Masha les défend avec virulences, refusant que quiconque touche aux animaux de ses filleuls.


Ses petits doigts s'agitant dans l'air, des dizaines des plats et autres mets variés se matérialisent devant le jeune homme. Si  son corps ne dissimule pas les tremblements de peur qui l'assaillent, sa bonne éducation lui indique qu'elle doit inviter le garçon à se servir, ce qu'elle fait avec mille timidités.  Candidement, elle lui explique qu'elle est capable de manipuler tout ce qui est à base de sucre et autres vitamines. Autant dire qu'il est impossible qu'elle puisse mourir de faim, de soif, d'anémie voire même d'hémorragie interne vu que le sucre circule dans le sang et qu'elle serait potentiellement capable de le contrôler.

-Dis moi Syria, est ce que tu veux rencontrer un des dragons dont je suis ami ? Je suis sur que tu l'appréciera, elle est douce et très protectrice. Elle m'a beaucoup aidé. C'est même ma meilleure amie. Il n'y a qu'avec les dragons que je suis ami, et ils le rendent vraiment bien. Est ce que ça te dit ?

Le temps que la traduction pénètre en son esprit, la fillette ne peut réagir de suite. Les mots s'impriment les uns à la suite des autres dans ses pensées avant qu'une lueur d'innocence mêlée à de la pure joie naïve ne vienne briller au sein de ses yeux de miroir.


- Elle s'appelle Umi, c'est un dragon élémentaire de l'eau. Elle est de couleur bleu pâle, et je peux lui donner la taille que je veux, enfin, si j'y arrive … Tu préférerais qu'elle ait quelle taille ? Plutôt grande pour pouvoir te protéger, ou plutôt petite, pour pouvoir jouer ?


Si elle demeure à une certaine distance du garçon en raison de sa peur panique, il n'empêche que la petite fille s'agenouille et qu'un semblant de sourire puéril se dessine sur ses lèvres. Elle hoche rapidement la tête tel un enfant impatient de recevoir un cadeau promis tandis que ses doigts filent à la vitesse du vent pour peindre son désir candide.

-Sisi n'a veut bien...Sisi n'aime dwagons...Né veut nenlonler...U...Umi...la n'amie na...padon, Sisi né ché pas liwe navé doigt lé nom nasson...la n'amie n'a...Lesu...Sisi né veut bien...petite Umi...né voudwa bien...zouer navé Sisi ?  (Sisi veut bien...Sisi aime les dragons...Elle veut rencontrer..U...Umi...l'amie de...Pardon, Sisi ne sait pas dire le nom du garçon...l'amie de "Lesu" (Tetsu)...Sisi veut bien...de la petite Umi...est ce qu'elle voudra bien jouer avec Sisi ?)

Les yeux plus étincelants qu'à l'ordinaire, réfléchissant tout le paysage autour d'elle, la fillette incarnation de l'innocence ne cesse pas pour autant de trembler mais le garçon doit considérer l'effort infini qu'elle a eu d'offrir un sourire puéril. Voilà bien trop longtemps que ses lèvres ne s'étaient pas étirées ainsi.  Ses mains continuant de caresser les lapins, elle serait à la limite de gazouiller si seulement elle en avait la possibilité.

-Né wai...né la dame n'a lit n'a Sisi...Les zommes...né pas tous missants...Nasson né zentil...né n'aime dragons...et né va monnler n'a Sisi...Mama Masha n'a lit n'à Sisi...ni Sisi na lenconle nun nasson zentil...et si Sisi na...Lonfiance...né cha le mot ? Sisi né pouwwa...liwe nisloiwe Sisi...Mais Sisi n'aime pas...né mosse...ni le nasson né voudwa leu êle pas cwoiwe Sisi...(C'est vrai...ce que la dame a dit à Sisi...tous les hommes ne sont pas méchants...Le garçon est gentil...il aime les dragons et il va les montrer à Sisi...Mama Masha a dit à Sisi...que si Sisi rencontre un garçon gentil...et si elle a confiance...c'est bien ça le bon mot ? Bah, Sisi pourra...lui dire l'histoire de Sisi...Mais Sisi n'aime pas...c'est moche...Et le garçon ne voudra peut être pas croire Sisi.)

Naïveté et candeur semblent s'incarner à travers l'enfant à la chevelure enneigée. Nul doute que sa phobie court toujours sur son cœur meurtri mais étrangement, le garçon semble avoir trouvé la bonne attitude pour tenter de gagner sa puérile sympathie. Comme si ses doigts dansaient seuls, elle n'arrive plus à contrôler ses dires. Seuls ses proches connaissent parfaitement son passé et personne ne devrait le connaître, au risque de perdre la raison.

Sagement agenouillée, elle pose ses yeux de cristal sur les mains du garçon, comme attendant qu'il en sorte une incroyable magie venue la combler d'une joie qu'elle n'a pas connue depuis longtemps.

_________________

Merci pour les roses, Raphael, Arcaz, Lara, Shana, Angel, MayLyn, Yogi, April, Elena, Yogi, Akihito, Soudo, Zoldik, Shiruku, Rin et Alice ♥️


Merci pour les baisers, Aurore, Sirë, Lara, Hanabusa, Maylyn, Elena, Tensa, Leona, Yogi, Akihito, Shiruku, Zoldik, Rin, Miyuki et Aoi ♥️
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
MessageSujet: Re: Le noble et la muette (Privé avec Tetsu)   Sam 21 Fév - 10:00

Il la vit, cette lueur de joie qui passa dans son regard quand il évoqua l'idée d'appeler un de ses dragons. Elle même avait du laisser son ami dragon dans son monde, quelle cruauté pour lui qui devait s'être attaché à elle, mais il ne la jugeait pas, ce n'était certainement pas de sa faute. La pauvre avait du les laisser car ils n'obéissaient qu'à elle et sa Mama Masha. Mais là, elle était heureuse de pouvoir voir un autre dragon. Elle voulait le rencontrer, pouvoir jouer avec. Elle aimait les dragons, et celui là ne ferait pas exception, d'après le jeune homme bien sur. Umi serait ravie de rencontrer une personne avec qui Tetsu discutait. Après tout, elle était la première à lui dire de se faire des amis. Et puis, sa douceur correspondrait à la jeune fille. Elles pourraient discuter et s'amuser ensemble. Syria avait du mal à dire le nom de Tetsu, bah, ce n'était pas grave. Elle tremblait toujours, mais elle souriait, c'était déjà un bel effort, surtout quand on voyait sa réaction au début de leur rencontre.

Elle continua en expliquant qu'une dame lui avait dit que tous les hommes n'étaient pas méchants, et elle considérait le garçon comme gentil, et qu'elle pouvait lui raconter son histoire si elle avait confiance. Mais elle semblait ne pas vouloir, comme si c'était quelque chose de terrifiant. Et puis, elle disait qu'il ne le croirait peut-être pas. Et bien, autant qu'elle n'en parle pas pour le moment, il attendrait sagement qu'elle en ai envie.

« Si tu ne veux pas en parler, ce n'est pas important que je le sache. C'est à toi de choisir ce que tu veux dire, et pas aux autres. »

Puis, il remarqua qu'elle était en train de fixer ses mains. Ah oui, Umi, il l'avait presque oublié. Il resta assis, sans bouger ses mains, et ferma les yeux. Il récita une incantation et, semblant sortir de nulle par dans un pentacle qui se dessina dans les airs, un petit dragon de la taille d'un bras de la fillette sortit. Il était bleu pâle avec une intensité qui rappelait l'océan. Elle ne portait pas son nom pour rien, Umi, l'océan. Elle virevolta un peu, montrant qu'elle n'était pas comme tous ces dragons occidentaux, mais bien un dragon asiatique, tout en longueur avec des pattes à quatre doigs et un museau rectangulaire. Elle virevolta autour du jeune homme qui avait un sourire, chose rare chez lui vu sa droiture et son côté strict. Il leva une main et le dragon s'enroula autour de son bras, tel un serpent. Puis, elle regarda vers la jeune fille.

« Syria, je te présente Umi. Umi, voici Syria, c'est une jeune fille un peu craintive, mais elle adore les dragons et aimerait jouer avec toi. »

« Mais avec plaisir. »

La voix du dragon résonna dans le parc. Tetsu observa la réaction de la fillette. Après tout, ce n'était pas tous les jours qu'on pouvait voir un dragon qui parlait. En fait, c'était comme pour elle. Elle ne parlait pas, elle émettait juste des sons dragonaires que Tetsu connaissait bien au point de les comprendre, mais que la magie du lieu transformait en paroles. Sa voix était douce et claire, malgré son apparence. Le dragon se déroula du bras du jeune homme pour aller autour de la jeune fille, comme si elle planait sans ailes. Elle se posa devant la jeune enfant et la salua en penchant sa tête, signe de respect. Car pour que Tetsu s'intéresse à quelqu'un, c'était un miracle, aussi, elle respectait cette jeune fille qui semblait ne pas voir sa chance d'avoir Tetsu comme ami.

« ET bien, à quoi veux tu jouer, jeune fille ? »

Le dragon la regardait droit dans les yeux. Ses pupilles transparentes reflétaient celles de la dragonne qui étaient d'un bleu intense, bleu nuit. Comme ses moustaches et le bout de sa queue et de ses pattes. Tetsu lui, observait la scène. Il n'avait pas précisé que la jeune fille ne parlait pas, mais il savait que le dragon la comprendrait sans aucune difficulté.

Lui même vit les animaux rester auprès de la jeune fille malgré la présence de Umi. Il fallait le dire, cette dragonne était tout sauf inquiétante. Même quand il s'agissait de le défendre, on pouvait croire qu'elle était douce et attentionnée avec ses ennemis, alors qu'elle pouvait être redoutable, comme la mer qui se déchaîne quand la tempête approche. Il observa une fleur à côté de lui. Fragile mais en même temps robuste … Elle se pliait sous le vent et revenait à sa position d'origine. Le vent … Celui ci s’engouffrait dans la chemise du jeune homme et faisait danser ses cheveux au gré de celui ci. Il n'avait jamais prit attention à ce que le vent pouvait lui faire comme bien. Ah s'il avait sa flute sur lui, il aurait joué un morceau, mais malheureusement, elle était restée dans sa chambre, avec son manteau. Il la rangeait toujours dedans. Un air doux et mélodieux lui parvenait à ses oreilles, l'air du vent. Une ode à la nature, au calme, voilà ce qu'il entendait dans ses oreilles. C'était doux et agréable à la fois. Il ferma les yeux, laissant les deux êtres qui étaient à côté de lui jouer. C'était comme s'il avait à nouveau une sœur, une sœur qu'il n'avait jamais pu voir. Une sœur qui lui rendait joie et gaîté dans son cœur.

Puis, il rouvrit légèrement les yeux, observant avec attention les moindres faits et gestes des deux autres créatures et personnes qui se trouvaient devant lui. Il se souvenait en même temps d'avoir vu sa mère agir ainsi avec sa sœur, quand il l'avait observé en cachette alors que son père ne le souhaitait pas. C'était agréable comme sensation, avoir quelqu'un à protéger ...
Revenir en haut Aller en bas
Féminin Messages : 15695
Points : 20049
Date d'inscription : 25/09/2009

Feuille de personnage
Pouvoir: Manipulation du sucre et autres vitamines. Communion totale avec la nature
Items:
Statut: Célibataire
avatar
Syria
MessageSujet: Re: Le noble et la muette (Privé avec Tetsu)   Sam 21 Fév - 12:42

Une étincelle de joie puérile, pareille à celle d'un enfant attendant impatiemment ses cadeaux de Noël, brille dans les yeux de cristal de la fillette aux cheveux de neige. Par la force des choses, elle a dû se séparer de son dragon, une magnifique bête aux écailles aussi transparentes que le regard de sa propriétaire qu'elle a candidement nommé Liam, le mot désignant le diamant dans son monde.

S'ils peuvent être domestiqués, certaines dragons refusaient d'obéir aux ordres de quiconque en dehors de leur maître. Liam et son ami, le dragon couleur framboise appelé Mann, comptaient parmi les plus obstinés. Ils refusaient d'obéir à en dehors des deux enfants et de leur marraine, celle que la petite fille nomme Mama Masha.

Aujourd'hui, malgré ses tremblements de peur panique et la distance qu'elle conserve obligatoirement avec le garçon, elle a la possibilité de rencontrer un autre dragon. Avec sa langue des signes hésitante, traduite avec de nombreuses erreurs de prononciation et grammaticales, elle tente de faire comprendre qu'elle veut bien jouer avec le dragonne que le jeune homme nomme Ulmi. Même si elle savait émettre des sons, ses yeux brillants auraient parlés pour elle, traduisant son irrésistible envie enfantine de jouer.

Si son visage est celui d'une fillette, son corps est celui d'une jeune fille voire d'une femme avec sa poitrine généreuse se dissimulant sous sa robe et ses jambes fines. Néanmoins, le jeu semble vouloir s'insinuer en elle comme si elle en avait été privée pendant des années pour un ressentir un tel besoin alors qu'elle parait avoir dans les douze-treize années humaines.

Si sa danse ses doigts traduit partiellement ce qu'elle veut dire, le prénom du jeune homme ne passe pas, n'ayant pas d'équivalent dans sa langue maternelle si bien qu'il se transforme en "Lessu". Pour autant, il ne semble pas le prendre mal ce qui rassure la petite fille qui, inconsciemment, craignait qu'il ne rentre dans une colère noire avant de la frapper comme tous ses pairs, furieux d'entendre les mots ou leurs noms déformés à cause d'une langue des signes très mal travaillé lors de sa création, sa communauté répugnant de reconnaitre qu'il puisse exister des êtres en ayant besoin.

Avec toute la candeur du monde, elle tente de lui expliquer qu'une femme qu'elle connait lui a dit que contrairement à ce qu'elle croit depuis des années, tous les hommes ne sont pas plongés dans un excès de méchanceté. Il en existerait des gentils, des patients, des doux, des drôles, des souriants, des généreux, des romantiques et la liste est encore longue. Si elle tremble toujours autant, réflexe dont elle ne peut se débarrasser aussi facilement, elle le considère comme gentil et comme quelqu'un à qui elle pourrait raconter son passé si elle acquiert suffisamment de confiance. Néanmoins, elle semble terrifiée à cette idée et dans son esprit naïf, il est évident que le garçon ne pourra jamais la croire. Qui pourrait admettre un tel récit ? Même la plupart de ses pairs ont refusés d'y adhérer alors pourquoi un garçon lambda, aussi gentil peut-il être aux yeux de la fillette incarnation de l'innocence ?


- Si tu ne veux pas en parler, ce n'est pas important que je le sache. C'est à toi de choisir ce que tu veux dire, et pas aux autres.


L'enfant hoche naïvement la tête, une fois les propos traduits dans son esprit. Elle sait que seule elle peut prendre la décision de tout lui révéler ou non. Pour autant, à son arrivée ici, elle a dû tenir une promesse devant celle l'ayant amenée ici et le directeur comme quoi elle tenterait de raconter son passé à un homme si elle en rencontrait un et qu'elle arrive à lui accorder suffisamment confiance, tous deux lui ayant assurés que tous ne sont pas méchants.

Ils savent que ce qu'ils demandent semble incommensurable aux yeux de la fillette mais en dehors de ses proches, ils sont les deux seuls adultes à n'avoir exprimé aucune répulsion devant ses pupilles de miroir. Au contraire.

Elle se souvient que le jour de son arrivée, elle a été littéralement tétanisée de se retrouver dans le bureau du directeur de cette académie, un homme semblant n'avoir aucun corps matériel mais juste de la puissance à l'état brut. Phobique de la gente masculine, s'il y en avait un devant qui elle ne voulait pas se retrouver et montrer ses yeux de cristal, c'est bien lui ! Surtout que sa protectrice n'a même pas eu besoin de lui conter quoi que ce soit, il savait déjà tout de l'enfant et de son cousin aux cheveux framboise. Demeurant les yeux fermés pendant plus d'une heure, elle a dû céder aux demandes insistantes de la jeune femme, lui assurant qu'elle est maintenant officiellement inscrit ici et que ce ne sont certainement pas son regard qui effraierait un être aussi puissant. Effectivement, le nommé Ren n'a rien dit, se contentant d'observer son reflet dans les yeux de diamant de la nouvelle élève.  L'enfant en a été impressionnée, n'ayant jamais vu un homme demeurer aussi calme devant ses pupilles de miroir.

S'échappant de ses pensées, la petite fille reporte son attention sur les mains du garçon, attendant patiemment qu'il réalise ce qu'il lui a promis. Elle l'écoute réciter une incantation incompréhensible avant qu'un pentacle ne se matérialise dans l'atmosphère pour laisser sortir un dragon de petite taille.  Aussi bleu que l'océan, il s'étire tout en longueur et ses pattes se terminent par quatre semblants de doigts tandis que son museau dessine une forme rectangulaire. Un grand sourire innocent et captivé se peint sur les lèvres rosées de la fillette tandis que l'animal s'enroule instinctivement autour du bras de son maître avant que ce dernier ne lui adresse la parole.


- Syria, je te présente Umi. Umi, voici Syria, c'est une jeune fille un peu craintive, mais elle adore les dragons et aimerait jouer avec toi.  

Même sans la magie du lieu, l'enfant est quasiment certaine qu'elle aurait compris les propos de la dragonne. Les sons sortant de sa gueule ressemblent forts à ceux de son propre compagnon si bien qu'elle arrive à traduire que l'animal nommé Umi accepte de jouer avec elle. D'ailleurs, elle se détache de son propriétaire pour aller s'enrouler autour de la taille de guêpe de la petite fille avant de la saluer avec respect, la tête incliné en avant.

-Et bien, à quoi veux tu jouer, jeune fille ?


Le petit dragon la regarde sans sourciller, ses yeux bleu nuit se reflétant avec violence dans le regard de cristal de son interlocutrice. Admirative, la fillette l'observe quelques secondes sans bouger avant d'avancer lentement sa main et la poser sur l'écaille de l'animal pour le caresser avec tendresse. Lorsqu'elle ose s'adresser à elle en utilisant sa langue des signes, la dragonne n'exprime aucune surprise, se contentant d'écouter la traduction de ses propos de et de lui répondre.

Jouant et discutant sans complexes, l'enfant cesse petit à petit ses tremblements en présence du petit animal. Elle lui sourit avec naïveté, ses yeux brillants d'une joie qu'elle croyait définitivement perdue depuis des années. Se sentant comme inspirée par la venue du dragon, la danse des doigts se délit de nouveau, apportant des mots que la demoiselle n'aurait jamais cru possibles.


-Umi...né...nin-néllizente...né "Lessu" naussi...Sisi n'a pwomis...n'a peut navoi...lonfiance...né Umi ny Lessu...né nonnaissent...la...nomment non lit léza? Ah woui...La welizion ? (Umi...est...intelligente...et "Lessu" aussi...Siisi a promis...elle peut avoir...confiance...Est ce que  Umi et "Lessu"...connaissent...comment on dit déjà ? Ah oui...La religion ?)

Un étrange sujet de conversation, à la limite du débat philosophique, pour une petite fille de son âge, ne peut qu'égayer la curiosité. Tiraillée par sa promesse, elle fera tout son possible pour l'honorer. Un homme aimant les dragons autant qu'elle ne peut pas être foncièrement mauvais suivant sa logique d'enfant et vu son don, il est plus prédisposé à la croire que les autres. Après tout,  n'a t-elle pas révélé puérilement que son monde comprend des dragons comme animaux de compagnie ? Aussi loin que remonte sa mémoire, elle ne se souvient pas avoir entendu qu'il s'agit de faits courants ici bas.

Elle ne peut plus mentir sur son origine à partir du moment où elle a montré son enthousiasme à l'idée de voir un dragon et révélé en avoir un. Autant raconter la vérité à quelqu'un qui lui inspire un minimum de confiance bien que les tremblements reprennent si elle a le malheur d'approcher un peu trop près sa main de lui au cours de ses jeux avec le petit animal.

Le maître des dragons contre la demoiselle aux cheveux aussi blancs que neige et aux iris de miroir, une bien étrange combinaison mais qui sait ce que la destin réserve encore comme tours ?

_________________

Merci pour les roses, Raphael, Arcaz, Lara, Shana, Angel, MayLyn, Yogi, April, Elena, Yogi, Akihito, Soudo, Zoldik, Shiruku, Rin et Alice ♥️


Merci pour les baisers, Aurore, Sirë, Lara, Hanabusa, Maylyn, Elena, Tensa, Leona, Yogi, Akihito, Shiruku, Zoldik, Rin, Miyuki et Aoi ♥️
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
MessageSujet: Re: Le noble et la muette (Privé avec Tetsu)   Sam 21 Fév - 19:02

Il le voyait bien dans son regard, qu'elle avait envie de jouer avec son dragon. C'était agréable, ce n'était pas le genre de personne à en avoir peur, et ça lui plaisait. Il sentait que sa peur vis à vis de lui était toujours présente, mais pas celle pour le dragon. C'était une bonne chose quand il l'invoqua pour qu'elle puisse s'amuser un peu, et pour lui montrer qu'elle ne devait pas avoir peur de lui. C'était la seule manière qu'il avait de la rassurer puisqu'il se voyait mal la prendre dans ses bras. Pour plusieurs raisons. La première était qu'elle avait peur des hommes. La deuxième était qu'il avait du mal avec les contacts physiques, il n'en avait jamais eu vraiment. Ce n'était pas sa mère qui le rassurait mais ses dragons qui le serraient entre leurs corps et leur pattes. Il n'avait jamais eu de contact humain, quelle tristesse quand il y pensait. Mais le plus important était la jeune fille à présent. Il ne savait pas s'il voulait connaître son passé, était-ce essentiel ? Savoir le présent et anticiper le futur, voilà ce qu'il y avait de mieux. Le passé, il l'avait oublié, ou plutôt mis dans un coin de sa mémoire.

Il avait beau l'observer, il ne voyait que l'enfant en elle, même si elle avait des formes. Il n'arrivait pas à la voir comme une adulte, si pure et si innocente. Elle était trop fragile pour être une adulte à part entière. Il ne pouvait pas lui donner un âge, mais elle était jeune selon lui. Pourtant, elle semblait avoir un lourd passé, qu'il aurait aimé connaître, mais sans le connaître en même temps. Comme si ses pensées étaient contradictoires. Quand il dit qu'elle devait choisir par elle même, elle hocha simplement la tête. Il resta un moment les yeux fermés après avoir invoqué Umi, mais quand il les rouvrit, elle n'était plus seulement en train de la caresser, mais elles jouaient et discutaient. Umi aimait les personnes que Tetsu jugeait fragile et digne de protection. C'était étrange, mais elle sentait ce que le jeune homme sentait. Pour elle, cette enfant avait besoin d'aide, et Tetsu s'était porté garant de  protection et de sa bonne humeur. Du coup, Umi voulait en faire de même. C'était étrange peut-être, mais les deux êtres étaient si proches qu'il aurait été difficile d'en faire autrement. Tetsu aimait vraiment Umi pour cela, il n'avait pas besoin de lui parler pour qu'elle comprenne. Elle assimilait toutes les informations qu'il lui donnait, et elle savait être la douceur incarnée. D'ailleurs, quand il les observa, il vit la même chose.

Puis, les doigts de la jeune fille s'agitèrent de nouveau et les paroles parvinrent aux oreilles du jeune garçon. Le Dragon cessa de jouer et s'installa à côté de la jeune fille. Elle disait qu'ils étaient intelligents. Dans le cas présent, il aurait plutôt dit doux. Elle méritait une attention que les gens ne lui apportaient pas. Et il voulait lui donner de l'affection. Alors il eu un sourire quand elle dit qu'elle pouvait leur faire confiance. Elle lui demanda s'ils connaissaient la religion. C'était étrange comme question, surtout qu'il existait plusieurs religions, lui même en avait une, celle des esprits et de la réincarnation. Il ne croyait pas en un Dieu en particulier, pour lui, tout ce qui l'entourait était œuvre de la seule chose qu'on pouvait appeler divinité, que cela soit les hommes ou la nature, même si certains ne méritaient pas forcément qu'on les prenne pour des créations de divinité. Pour lui, chacun pouvait influer sur sa propre vie et sur celle des autres. Donc les dieux, c'était tout ce qui l'entourait.

« La religion est une chose bien vague. Il existe plusieurs religions. Chacun à la sienne, et certains se regroupent car ils ont les mêmes idées. Pour ma part, je ne me sens pas attiré par un de ces groupes, j'ai mes propres croyance, qui ont les esprits de la nature, comme l'hiver qui s'installe, ou simplement un arbre. Chacun a sa propre divinité en soit. C'est pas facile à expliquer ... »

« Ce que veut dire Tetsu, c'est qu'il existe autant de religion que de personnes, même ceux qui disent ne croire en rien ont une religion. C'est dans la nature de l'être humain. Mais même nous, créatures spirituelles, nous croyons en certaines choses. Dans notre monde, où nous vivons quand nous ne sommes pas appelés par ce jeune garçon, nous sommes nombreux, et chacun croit en une chose différente, mais pour nous, les vrais Dieux sont ceux qui nous invoquent. »

A cette réflexion, Tetsu se sentit rougir. Lui, un dieu ? C'était ridicule, s'il était un dieu, il aurait pu influencer sur les choix de son père. Cela dit, là n'était plus la question, il se reprit en détournant le regard. C'était sa croyance et il la respectait, mais c'était la première fois qu'il entendait cela. C'était un peu embarrassant quand on savait qu'il préférait rester simple et modeste. Il ne se voyait que comme un simple Invocateur, qui avait comme seul ami ses invocations, pour le moment, mais comme pour la petite, il pouvait trouver quelqu'un qui l'aiderait à s'ouvrir aux autres et à ne pas paraître comme étant ce personnage strict et sévère que la plupart voyaient.

« Je pense que nous pouvons dire que nous connaissons le principe des religions. Mais qu'est ce que tu veux nous dire vis à vis de cela ? »

Y avait-il un rapport avec ses cicatrices sur les bras ? Est ce que des gens qui croyaient en une religion leur ont fait du mal ? Les humains étaient bien cruels et sans cœur, simplement parce que quelqu'un était différent, il fallait le martyriser, quelle stupidité. Umi observa l'enfant et attendit qu'elle parle pour pouvoir faire une autre réflexion sur cela. Elle imaginait bien que l'enfant avait vécu bien pire que Tetsu qui avait été isolé pendant des années et qui n'avait plus de famille dans son cœur. Chacun avait sa propre histoire, c'était ainsi que chacun devenait ce qu'il était après tout. Tetsu était si froid parce que tout le monde autours de lui l'avait été, et pourtant, il gardait sa part d'humanité quand il était avec certaines rares personnes, comme la jeune fille.

Tetsu lui, il observait les yeux transparents de la jeune fille. Elle avait une lueur qu'il ne connaissait pas, cette lueur comme quand on avait quelque chose d'important à dire mais qui effrayait. Il n'avait jamais vu quelqu'un d'effrayé avant, mis à part quand il était tout petit, mais il ne se souvenait pas de grand chose, il avait été subjugué par son dragon qui était apparut pour la première fois, et pourtant, il n'avait que 5 ans.

Maintenant, c'était à elle de dire ce qu'elle voulait, mais elle semblait vouloir parler de quelque chose qui lui tenait à cœur. Elle ne voulait pas en parler avec d'autres apparemment, puisqu'elle disait avoir assez confiance en lui, ce qui n'était pas le cas du reste des personnes s'il avait bien compris. Il ne lui restait plus qu'à l'écouter, à voir ce qu'elle avait envie de dire, et si elle le voulait, dire quelles horreurs elle avait vécu.

Lui même se souvenait avec peine et dégoût de son passé, qu'il essayait maintes et maintes fois d'oublier. Il se souvenait de la solitude, de la haine qu'on avait vis à vis de lui, de la colère des parents et de la peur des enfants. Il avait été un monstre aux yeux des êtres ordinaires. Et à ses yeux, il n'était qu'un jeune garçon qui pouvait invoquer des dragons. Il avait entendu dire par certains qu'il était un maître dragon. Lui même se voyait comme leur ami et non leur maître. Mais là n'était pas la question.

Il voulait savoir finalement, savoir ce qu'elle avait vécu, ce qui avait provoqué son mutisme, pourquoi elle avait aussi peur des hommes. C'était étrange, mais c'était comme ça, il voulait savoir, pour mieux l'aider, pour la rassurer.
Revenir en haut Aller en bas
Féminin Messages : 15695
Points : 20049
Date d'inscription : 25/09/2009

Feuille de personnage
Pouvoir: Manipulation du sucre et autres vitamines. Communion totale avec la nature
Items:
Statut: Célibataire
avatar
Syria
MessageSujet: Re: Le noble et la muette (Privé avec Tetsu)   Sam 21 Fév - 21:13

Le regard aussi transparent que du diamant brille d'une irrésistible envie de jeu tandis que la fillette attend patiemment le cadeau tant promis par le jeune homme. Si son corps est incapable de mensonges, il ne peut que prouver sa peur face au jeune homme. Conservant une certaine distance, elle laisse les tremblements l'agiter sans qu'elle n'arrive à les contrôler. Pour autant, l'idée de rencontrer un dragon, un animal considéré aussi bien comme extraordinaire que mythique dans ce monde, ne lui procure aucune terreur. Au contraire, elle éclaire ses lèvres rosées d'un doux sourire et son regard pétille à la manière d'un ciel étoilé.

Le passé ne cessera jamais de la tourmenter, la noyant dans son effroyable gouffre d'horreur et de sordidité , lui arrachant toutes les joies de l'enfance et son innocence pour les déployer au dessus d'un enfer inimaginable.  Ses ailes brûlées ne sont qu'un infime monceau de cette tragédie en plusieurs actes que même les plus grands auteurs n'ont jamais osé écrire.  Certes, un grand nombre de personnes est bien plus durement touché qu'elle ne l'est mais qu'avait donc le destin à s'acharner sur une enfant aussi jeune pour la priver de toutes capacités sonores dès sa toute petite enfance ?


Ses formes généreuses sous le tissu de sa fine robe trahissent un âge adolescent tandis que son visage exprime toute la candeur de l'enfance.  Ses cheveux de neige, ses yeux de cristal et sa personnalité naïve la retiennent encore dans ce monde dont elle n'a été que trop longtemps privée. Pourtant, son cœur semble porter un passé si lourd qu'il a réussi à emprisonner son âme en empoisonnant toutes tentatives de relations sociales dites normales.  La fuite, la nausée, le rythme cardiaque qui s'accélère, des tremblements permanents, voilà tout ce qu'elle récolte pour son unique faute : avoir demander à être aimée.


Une incantation incompréhensibles à ses oreilles s'échappe des lèvres du jeune homme et un étrange pentacle se matérialise dans l'air. Un dragon bleu océan en sort avec une grâce incomparable, étirant son long corps. Après une rapide conversation avec son maître, elle s'accroche délicatement autour de la fillette qui l'observe avec mille et une admirations. Après un petit moment de timidité, sa petite main ose caresser les tendres écailles de l'animal. Les yeux bleu nuit se cognent contre le miroir de ses pupilles sans aucune peur ou appréhensions. Parfaitement consciente de son rôle, la jolie dragonne invite l'enfant à participer à son jeu.

De grands sourires éclairent son visage pour la première fois depuis bien des années. Si les sonorités pouvaient lui échapper, nul doute qu'elles auraient chantonné la délicieuse musique d'une hilarité candide, aussi belle que innocente. Devant les tours habiles du petit animal, elle applaudit en souriant, ses yeux de cristal encore plus brillants qu'à l'ordinaire.


Après de longs instants de bonheur à s'amuser et à discuter en se servant de sa langue des signes avec la dragonne, la petite fille pose tour à tour ses yeux de miroir sur l'animal et le jeune homme, alternant son regard tandis qu'en son esprit, l'hésitation fuse avec vivacité. Finalement, ses doigts se jettent à l'eau, ou est-ce dans les flammes de l'Enfer, pour elle, se déliant pour poser  la question la traversant depuis bien longtemps.

En premier lieu, elle leur explique puérilement qu'elle les considère comme des personnes intelligentes. Pour la première fois dans sa courte existence, des inconnus prennent la peine de lui parler, de l'écouter et de la voir autrement que comme une pestiférée dont le mutisme est une abomination sans noms.


Durant une brève seconde, un éclair de maturité adulte s'agite dans ses iris de miroir lorsque la danse de ses doigts évoque le terme ambigu de la religion. Pour les hommes, il peut être aussi bien un immense artifice qu'une façon de vivre. La majorité d'entre eux croyaient en l'existence d'un dit Dieu unique, surpuissant et omnipotent. D'autres prétendaient qu'il  aurait enfanté une femme vierge sans à avoir à la toucher et que son fils serait tout aussi adulé que lui, de par ses dons infinis. Certains pensent que la nature et tout ce qui l'entoure peuvent être considérés comme des divinités à part entière ou qu'il existe plusieurs puissances de ce type. Le reste refuse de croire en quoi que ce soit, se définissant dans la négation de toute puissance prétendue supérieure.

- La religion est une chose bien vague. Il existe plusieurs religions. Chacun à la sienne, et certains se regroupent car ils ont les mêmes idées. Pour ma part, je ne me sens pas attiré par un de ces groupes, j'ai mes propres croyance, qui ont les esprits de la nature, comme l'hiver qui s'installe, ou simplement un arbre. Chacun a sa propre divinité en soit. C'est pas facile à expliquer ...

Les oreilles de la fillette perçoivent un à un les étranges sons de cette langue dont elle ne connait pas un mot. Seule la magie permanente du lieu lui permet de bénéficier d'une traduction dans un langage connu que par de très rares élites. Elle tente de déchiffrer les propos du jeune homme tandis qu'une moue de chaton légèrement contrarié se dessine sur son visage durant un très court instant.

Ainsi, le garçon ferait plus partie du groupe considérant la nature et ses phénomènes comme des divinités immatérielles . Le convaincre risque de lui procurer bien plus de difficultés qu'elle ne l'aurait jamais prévu. Elle n'a pas le temps de laisser s'agiter ses doigts fins que déjà la belle dragonne s'interpose pour tenter d'expliquer le discours de son maître.

-Ce que veut dire Tetsu, c'est qu'il existe autant de religion que de personnes, même ceux qui disent ne croire en rien ont une religion. C'est dans la nature de l'être humain. Mais même nous, créatures spirituelles, nous croyons en certaines choses. Dans notre monde, où nous vivons quand nous ne sommes pas appelés par ce jeune garçon, nous sommes nombreux, et chacun croit en une chose différente, mais pour nous, les vrais Dieux sont ceux qui nous invoquent.


Légèrement emportés par le sujet, les deux êtres ont occulté un fait sans qu'ils ne s'en aperçoivent. Si elle a bien érigé le débat, leur interlocutrice est une fillette et lui rendre la compréhension accessible est loin d'être une chose aisée. Pour autant, son esprit analyse les mots du petit dragon et elle hoche doucement la tête. Peu surprise d'entendre que les dragons considèrent leur invocateur comme des dieux, elle en a elle-même la confirmation lorsque son propre dragon refuse d'obéir à quiconque d'autre que sa maitresse, son cousin et leur marraine.

-Je pense que nous pouvons dire que nous connaissons le principe des religions. Mais qu'est ce que tu veux nous dire vis à vis de cela ?

Sans répondre tout de suite, la petite fille semble plongée dans ses pensées durant quelques secondes, comme hésitante sur ses mots. Comment leur avouer l'impensable, l'inimaginable, surtout pour ceux ayant une conception si différente que celle qu'elle a toujours connue ?

Ses doigts se lèvent comme tendus à l'idée de dévoiler toute la vérité, toute cette horreur infinie dont elle a été la victime ?


-Si Sisi na pozé la nestion...né welizions...Sisi na voulé pawlé welizion...létienne...Mama Masha n'a lit n'a Sisi y Wobin...de wespeté toules welizions...Si Sisi na lit...Né Mama Masha...né n'un...
(Si Sisi a posé la question...des religions...c'est qu'elle voulait parler de la religion chrétienne...Mama Masha a toujoursq dit à Sisi et Robin...de respecter toutes les religions...Si Sisi le dit...que Mama Masha...)

La fillette n'a pas le temps de finir sa phrase, ses doigts arrêtent aussi vite qu'ils ont commencés leur danse. À cet instant, le son d'un objet filant à une vitesse infinie résonne durant quelques secondes avant qu'une flèche ne se plante violemment juste devant les ongles du jeune homme. Nul doute qu'à un millimètre près, sa peau aurait été empalée.

Un petit garçon de la même taille que la fillette s'approche de l'étrange groupe. Ses courts cheveux de teinte framboise se marient à merveille avec ses pupilles rosées. Portant un tee-shirt blanc avec une légère veste bleutée et un pantalon de toile, un pendentif représentant un croissant de lune doré orné d'ailes bleutées, le tour entourant un cœur aussi pur que de l'or brille à son. Le même bijou que celui que porte la petite fille à l'infime différente de la teinte des ailes. Il semble être un enfant comme les autres à l'exception près qu'un carquois de flèches est posé sur son dos. Entre ses mains fines, un arc armé est tendu à l'extrême avant qu'il ne baisse le tout sans pour autant relâcher son regard se voulant déterminé.


Si un semblant de flammes brûle dans ses pupilles fruitées, aucune once d'agressivité se dégage du jeune garçon. Il parait aussi innocent et puéril que l'enfant aux cheveux de neige. Ses doigts filent aussi vite qu'une danse et sans ouvrir les lèvres, il s'exprime sans hésitations tandis que les mots écorchés se suivent les uns à la suite des autres.

-Na pwochaine fois...né visewait mieux...Sisi n'a pas dwoit n'à liwe tout cha...né n'un sewet...
(La prochaine fois, je viserais mieux...Sisi n'a pas le droit de dire tout ça...c'est un secret)

Sa manière de parler suffit à le trahir quant à son identité. Aussi muet que la fillette et utilisant la même langue des signes, le jeune homme ne peut plus avoir de doutes sur son prénom. D'ailleurs, la petite fille le confirme, sa danse des doigts filant en direction du jeune archer de talent.


-Wobin...Sisi n'a ché...mais Mama Masha n'a lit...né Sisi n'a...lonfiance...né peut liwe...son niswoiwe...né Sisi et Wobin n'ont pwomis...n'a nu né ki...ni Monsieu Wen...(Robin...Sisi le sait...mais Mama Masha a dit...que si Sisi avait confiance...elle peut dire son histoire...et Sisi et Robin l'ont promis...à tu sais qui...et à Monsieur Ren...)

Sous l'impulsion de la langue des signes de sa cousine, le nommé Robin parait se calmer. S'il en avait la possibilité, il pousserait un léger soupir mais même ce son naturel lui est interdit de par son mutisme.

S'apercevant de la présence du petit dragon, ses lèvres dessinent une expression de candeur surprise tandis qu'une lueur de joie puérile s'allume dans ses yeux roses. Ses doigts dansent avec la même grâce que ceux de la fillette tandis que les propos innocents s'alignent sagement.

-N'un dwagon...Sisi né n'ami navé dwagon ? Lé beaaaaau...
(Un dragon...Sisi a un ami dragon ? Qu'est qu'il est beau)

L'enfant aux cheveux de neige lui sourit tendrement en hochant la tête tout en caressant délicatement les écailles du petit animal sous le regard admiratif du petit garçon roux.

Après quelques secondes, il tourne son regard vers le jeune homme et s'incline devant lui et le petit dragon, une expression sincèrement désolée et emplie de respect sur le visage. Il laisse ses doigts exprimer ses profonds regrets.

-Padon...Né voulé pa...fé peuw nou mal...mais si Sisi n'a lonfiance...nalow moi n'auchi...Né chui chincèwement lésolé...Népèwe nasson ni dwagon né voudwa lien palonner (Pardon...Je ne voulais pas...faire peur ou mal...mais si Sisi n'a confiance...alors moi aussi...Je suis sincèrement désolée...J'espère que le garçon et le dragon voudra bien pardonner)

Les joues rosies par son acte, le jeune archer n'ose pas immédiatement bouger, demeurant incliné. Seul l'effleurement de sa cousine sur son bras le sort de sa torpeur d'intense culpabilité. Ses yeux framboise ne mentent pas, il est sincère et son "attaque" n'avait rien d'agressif. Il respire tout autant l'innocence et la candeur que sa cousine. Posant son arc et son carquois non loin de lui, il s'assoit aux côtés de l'enfant aux iris cristallines. Celle ci relève les doigts et les laisse filer en une danse des plus gracieuses.


-Padon...Né Wobin...louzin Sisi...n'aime pas pawler cha...mais lui n'aussi n'a pwomis...Si Sisi né lit...né Mama Masha...né..n'un...n'un n'anze lawien ? Né cwoyé Sisi ? Sisi n'y Wobin né chavent né pas possile pou zumains...mais né peut menti...pale...Sisi n'y Wobin...n'en chont nochi...lé...Lé...n'anzes...(Pardon...C'est Robin, le cousin de Sisi...il n'aime pas parler de ça...mais lui aussi a promis...Si Sisi dit que...Mama Masha...est..un...un ange gardien...vous croyez Sisi ? Sisi ety Robin savent que ce n'est pas possible pour les êtres humains...mais ils ne peuvent pas mentir...parce que Sisi et Robin...en sont aussi...des...des anges...)

Une effroyable et inimaginable vérité s'immisce dans l'atmosphère tandis que la langue des signes s'éteint avec hésitations. Pour les terriens, les anges sont des êtes si parfaits qu'ils ne pourraient vivre dans leur monde tellement dénué de perfections.

Les mots sont tombés, aussi incroyables peuvent-ils être. Mais les corps ne peuvent proférer de mensonges. Les muscles sont tendus mais des étincelles brûlantes de véracité brillent dans les yeux de diamant et de framboise. Une telle origine pourrait-elle expliquer le physique tellement hors normes des deux enfants ?

Le recul ou la négation ne sont plus possibles. Il est bien trop tard pour se rétracter. Le vent devient plus glacial l'espace d'un instant comme s'il suivait toute la scène et réagissait violemment à ces révélations des plus fantastiques.

Spoiler:
 

_________________

Merci pour les roses, Raphael, Arcaz, Lara, Shana, Angel, MayLyn, Yogi, April, Elena, Yogi, Akihito, Soudo, Zoldik, Shiruku, Rin et Alice ♥️


Merci pour les baisers, Aurore, Sirë, Lara, Hanabusa, Maylyn, Elena, Tensa, Leona, Yogi, Akihito, Shiruku, Zoldik, Rin, Miyuki et Aoi ♥️


Dernière édition par Syria le Lun 2 Mar - 17:10, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
MessageSujet: Re: Le noble et la muette (Privé avec Tetsu)   Jeu 26 Fév - 9:12

La fillette jouait avec le dragon, c'était plaisant à voir, mais elle leur demanda s'ils connaissaient la religion. Ne sachant de quelle religion elle parlait, Tetsu lui expliqua ses croyances, mais cela ne voulait pas dire qu'il ne respectait pas celle des autres. Et puis, il avait appris la religion chrétienne que son père voulait lui inculquer. Mais loin de lui l'idée de l'avoir en lui, ce n'était pas ainsi qu'il croyait que le monde tournait. A la limite, les anges et démons, ok, mais un seul Dieu, et un fils qui était venu sur terre pour convertir les hommes, non, ça il n'y croyait pas. Et puis, il y a eu tant de crimes au nom de la chrétienté … Il pensait aux croisades, car oui, il avait la notion des croisades même s'il n'était pas européen. Par contre, il avait oublié un instant que les enfants et les adultes ne comprenaient pas de la même manière. Enfin, il ne se considérait pas comme un adulte, mais pas comme un enfant non plus. C'était étrange, il ne se voyait pas adolescent non plus. Comme s'il était à un intermédiaire. Mais il ne saurait donner un nom à cela.

La jeune fille semblait un peu perturbée, ce fut là qu'il compris qu'il avait parlé d'une manière quelque peu maladroite pour elle. Il avait parlé comme pour quelqu'un de son âge et non comme pour une enfant. Enfin, si Umi avait réussi à lui donner plus d'informations que lui, cela serait plus profitable. Il n'en savait pas plus que ça, et il voulait surtout pas la brusquer. Il savait que la fillette était peureuse et il ne voulait pas en plus l'embrouiller avec son discours. C'était une chose qu'il ne pouvait pas concevoir.

Elle commença à lui expliquer qu'elle parlait de la religion chrétienne, et Tetsu eu une lueur plus sombre dans son regard. Il respecte tout, mais ça lui rappelle de mauvais souvenir, le dragon alla d'ailleurs vers lui. C'était étrange qu'elle agisse ainsi, d'ordinaire, elle le laissait un peu quand il avait cette lueur. Mais les dragons avaient quelque chose de plus, un instinct que Tetsu n'avait pas. Mais rien que de parler de chrétienté, ça le mettait mal à l'aise. Son père était encore trop présent dans son esprit. Il le hantait encore et toujours. C'était une chose qu'il n'arrivait pas à s'en séparer. Elle ne devait pas le savoir, mais c'était une des religions qu'il avait le plus de difficulté à cause des horreurs qu'ils avaient vécu.

Mais sa Mama Masha lui disait de respecter toutes les religions, ce qu'il acceptait, puisqu'il était pareil. Il devait respecter tout, pour ne pas faire comme son père dans un premier temps, mais surtout parce qu'il avait appris par son isolement que les gens différents étaient trop souvent exclus, alors que chacun avait des qualités et des défauts, et chacun était différent après tout. Mais comment expliquer ça … Il ne voulait pas croire en un seul dieu.

Mais avant qu'elle ne puisse finir, il entendit un sifflement et une flèche atterrit à ses pieds, à quelques centimètres de lui. Il resta de marbre, redevenant strict et Umi se mit devant lui l'air sur la défensive. Comme s'il voulait grossir pour aller attaquer la personne qui voulait du mal à son ami et invocateur. Tetsu l'attrapa et la serra contre lui, il n'avait pas à se sentir en danger, après tout, il ne sentait pas de haine émaner de ce garçon. Il n'aurait pas tué, ni blesser quelqu'un. Il l'observa, il avait les cheveux framboises et des yeux rosés, sans savoir pourquoi, il compris que c'était le fameux Robin. Umi restait sur la défensive, même dans les bras de Tetsu. Il ne pouvait que la comprendre, elle était très protectrice et savoir qu'on avait essayer de lui faire du mal.

Voyant que le danger était écarté, Umi retourna auprès de la jeune fille. Elle surveillait quand même le garçon du coin de l’œil, mais la petite semblait le connaître. Et elle semblait être amie avec lui. C'était le garçon dont elle avait parlé avec son maître et ami. Il se pencha pour s'excuser après avoir remarqué le dragon. Tetsu eu un signe de tête pour dire que ses excuses étaient acceptées

Le garçon qui venait d'arriver baissa son arc et avait un carquois dans son dos, avec des flèches. Il remarqua qu'il avait un pendentif … Et constata qu'il ressemblait au même que celui que Syria, qu'il venait tout juste de remarquer. Peut-être que c'était parce qu'ils étaient de la même famille. Il ne pouvait le voir de près, il restait à distance de la jeune fille pour qu'elle ne tremble pas plus. Il resta à les regarder discuter entre eux. Alors elle n'avait pas le droit d'en parler. Il les laissa parler, sans prendre part à la conversation, et il détourna le regard un instant, ce qui fit qu'il ne voyait plus les doigts s'agiter. Et par conséquent, il faisait tout pour que la voix ne parvienne pas à ses oreilles. Umi, elle, ne quitta pas les enfants des yeux. Elle pu aussi savoir tout ce qui se disait. Quand il posa ses armes, elle se détendit et Tetsu le sentit, ce qui fit qu'il retourna le regard vers les enfants. Il vit Robin à côté de Syria. Celle ci le présenta rapidement. Elle lui demanda s'il croyait quand elle parla d'ange gardien pour sa marraine, il fut surpris. Mais était-ce si improbable ? Il n'en savait rien.

Mais ce qui l'étonna le plus, c'était que la jeune fille ajouta qu'elle ne pouvait pas mentir, ni Robin. Elle avoua avec timidité qu'ils étaient tous deux des anges. Sur le coup, il relâcha son étreinte sur Umi qui en profita pour se redresser et le regarder dans les yeux. Tetsu était perdu, il ne s'attendait pas à être face à un ange. Mais cela expliquait bien des choses. La peur que les humains ont d'elle, l'incompréhension de son caractère, et de son aura qui devait être différente. Elle ne mentait pas, il le savait, elle ne pouvait pas mentir, cela se voyait. Son regard, son sourire quand elle souriait, tout était candeur et innocence. Mais de là à savoir qu'ils étaient des anges … Est ce que sa religion allait changer en croyant à ces créatures ? Après tout, il se disait que chacun avait une part de divinité, alors pourquoi ne pas accepter une personne qui était un ange, ou plutôt deux personnes.

Il préféra suivre son instinct et sa sensation première. Elle pouvait être un ange, cela prouvait qu'il s'était trompé, mais il savait reconnaître les choses. Si elle disait la vérité … Oui, elle ne faisait que dire la vérité, et puis, si le garçon avait dit que c'était un secret … Il se sentait honoré de pouvoir être dans la confidence. Umi l'observait, il était rare qu'il garde le silence aussi longtemps après une telle révélation d'une personne qu'il avait pour affection. Aussi, ce fut le dragon qui prit la parole.

« Tetsu est un peu sous le choc. Il ne s'attendait pas à une telle révélation. Mais les anges sont comme les esprits, ils sont difficile à croire en leur existence. Mais à partir du moment où Tetsu en voit sous ses yeux, il ne peut que les croire. Surtout que nous savons que vous ne mentez pas, sinon vous ne seriez pas deux à être gênés à cette révélation. »

Tetsu acquiesça d'un signe de tête, et il prit Umi dans ses bras. Il ne trouvait pas les mots pour dire ce qu'il voulait dire. Le vent était plus froid que l'instant d'avant, et Tetsu eu un frisson en le sentant s'engouffrer dans sa chemise et caresser son corps. Cela lui remit les idées en place. Il pu dire ce qu'il voulait dire.

« Cela expliquerait bien des choses. Les anges sont des créatures pures selon les légendes, et vous ne dégager aucune once de colère ou de haine malgré ta peur Syria, et ta méfiance Robin. Je pense … Non je suis sur, que vous ne mentez pas. J'ai assez discuté avec Syria pour le savoir, elle est incapable de mensonge. Elle peut aussi approcher les animaux sans qu'ils ne la craigne. Mais je ne pense pas que cela changera quelque chose. Pour moi, Syria est une jeune fille qui a besoin d'être protégée. Et je vois que tu es là pour elle Robin. Vous êtes proches, cela se sent. »

Il n'en dit pas plus. Umi regardait le jeune homme. Il y avait longtemps qu'il n'avait pas prononcé ce genre de paroles. Il devait vraiment avoir pris la jeune fille pour affection pour penser ce genre de choses, car il disait toujours ce qu'il pensait. C'était son choix de ne pas mentir, contrairement à eux qui ne pouvaient pas, lui il ne voulait pas. C'était parce que son père lui a trop souvent menti, et qu'il aurait aimé savoir la réalité.

« Et puis, pour moi, que vous soyez des anges ou non, cela ne change rien, le plus important c'est ce que vous êtes à l'intérieur. »

Il avait fermé les yeux en parlant, avec un sourire sincère. Puis il rouvrit les yeux. Umi était repartie vers les deux enfants. Elle s'était posée entre les deux. Tetsu souriait, si Umi leur faisait confiance, alors lui aussi pouvait le faire. Après tout, elle était la plus sage de tous ses dragons. Elle s'allongea entre les deux et ferma les yeux.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Féminin Messages : 15695
Points : 20049
Date d'inscription : 25/09/2009

Feuille de personnage
Pouvoir: Manipulation du sucre et autres vitamines. Communion totale avec la nature
Items:
Statut: Célibataire
avatar
Syria
MessageSujet: Re: Le noble et la muette (Privé avec Tetsu)   Lun 2 Mar - 20:44

Les doigts fins caressent avec mille délicatesse les écailles du petit dragon avant de s'envoler pour dessiner diverses phrases signées dans l'atmosphère. Un sourire aussi doux que le miel se peint candidement sur son visage à la peau mate. Sa naïveté d'enfant contraste avec violence avec l'aspect presque philosophique de sa question. Interrogeant ses deux interlocuteurs sur leurs connaissances concernant la religion, la petite fille attend calmement leurs réponses bien que ses muscles tendus trahissent son état de nervosité extrême. Dans son esprit, les préceptes de la croyance chrétienne reviennent s'immiscer à la perfection. Comment aurait-elle pu les oublier, elle qui baigne littéralement dedans depuis le jour de sa naissance ? Si son âme pure en était capable, nul doute qu'elle aurait laissé un rictus ironique traverser ses lèvres comme pour signifier le ridicule de son éducation uniquement portée par ses origines acclamées comme parfaites. Il est dommage que la perfection ne peut exister, et ce dans tous les mondes, quoi que peuvent en dire les rétracteurs défenseurs de la tradition.

Les mots complexes s'embrouillent dans son esprit tandis qu'elle tente les déchiffrer. Si son visage tente de rester neutre, ses yeux de diamant ne peuvent mentir sur son impression d'être perdue au milieu d'un discours. Hélas pour elle, la jolie dragonne et le jeune homme ont vite compris que cette manière de parler ne convenait pas à une fillette aussi jeune bien qu'elle dispose d'un cumul impressionnant de connaissances pour son âge. Ce n'est pas tant les termes que la façon de les tenir qui la perturbe légèrement mais plutôt une traduction demeurant encore très moyenne. La magie l'entourant en permanence n'est que plus efficace si elle est en contact avec une langue que sa bénéficiaire connaît. Or, la petite fille n'a jamais appris un mot de cet étrange langage nommé français. Les renvois à la deuxième langue qu'elle maîtrise le mieux après sa natale sont loin d'être corrects. Néanmoins, elle écoute respectueusement et tente d'appréhender au mieux ce décalage linguistique.

Une fois les discours terminés, elle lève ses doigts avec timidité pour offrir le spectacle d'une naïve déclaration. En évoquant la religion chrétienne, ses yeux de cristal perçoivent l'espace d'un instant la sombre lueur s'allumant dans le regard du garçon. D'ailleurs, le comportement de la dragonne ne s'y trompe pas et instinctivement, elle se dirige vers son maître, relâchant son attention sur la fillette. Éduquée dans ces préceptes, l'enfant ne peut mentir et si elle refuse de croire qu'une croyance puisse supplanter celle des autres, elle ne peut nier celle de ses origines quoi que puissent en dire ses pairs, infiniment persuadés d'être perfection et supériorité. Pour son plus grand bonheur, une personne de son entourage a pu échapper à ce discours et lui a enseigné les joies du multiculturalisme.

Sa mémoire peint les traits délicats de sa marraine, ses longs cheveux blonds presque blancs et ses yeux d'azur pétillant d'amour sans oublier son merveilleux sourire lorsqu'elle enseignait les divers connaissances du monde à la petite fille et à son cousin, ses filleuls qu'elle chérissait. Désirant leur inculquer respect du monde et une infinie tolérance, elle n'a jamais failli à sa mission. Bien qu'eux-mêmes de discrimination, elle ne cessait jamais de les encourager à conserver espoir et gentillesse. Les qualités et les défauts n'ont pas à subir des critiques, ils sont propres à chacun et la diversité du monde n'en est que plus belle.

Alors que sa langue des signes s'éteint doucement avant de revenir avec hésitations, un long sifflement chante dans l'atmosphère avant qu'une flèche ne se plante avec précisions à environ un millimètres des doigts du jeune homme.

Une minuscule seconde ne s'écoule avant que le sublime dragon ne se place au devant de son invocateur tel un bouclier. Les écailles de son visage se plissent sévèrement durant un instant comme pour mieux s'ériger sur la défense. Ses yeux océan semblent presque se transformer en tempête. Resté étrangement calme malgré le danger auquel il vient d'échapper, le garçon l'attrape délicatement pour la serrer contre lui. Son regard sombre se pose sur la fine silhouette se dirigeant lentement vers le groupe.

D'une taille de guêpe, ses cheveux couleur framboise se marient à la perfection avec ses pupilles aussi roses que la plus belle des fleurs.  Son tee shirt aux étranges signes rouges est couvert par une fine veste bleu tandis qu'un simple pantalon de toile suffit à conférer une douce élégance à cet inconnu. Dans son dos, un carquois rempli de flèches semble prouver qu'il est un archer de rare talent pour arriver à planter son arme à seulement quelques millimètres de sa cible, bien qu'il est clairvoyant qu'il a volontairement truqué son geste afin de ne blesser personne. Malgré la précision de son attaque, nul doute qu'il s'agit d'un acte défensif, exécuté dans le vif de l'action. Aucuns ressentis de haine, vengeance ou méchanceté n'émanent de lui, au contraire. À l'instar de la fillette, le petit garçon respire l'innocence et la naïveté presque en paradoxe avec son carquois. Son doux regard pétille de volonté mais pourtant il ne divulgue rien qui puisse s'allier avec la violence ou la volonté de blesser de manière intentionnelle.

La mémoire du jeune homme ne le trahit pas en cet instant semblant s'être arrêté dans le temps. Sans bénéficier d'une quelconque confirmation, ses pupilles brillent sous la déduction opérée en son esprit. Pour lui, il ne plane aucun doute sur le fait que ce garçonnet roux n'est autre que le cousin de la fillette, celle qu'elle nomme « Wobin » dans son langage des signes écorché. Par ailleurs, celui ci ne peut attester de son identité lorsque ses doigts se lèvent pour danser avec la même grâce que ceux de l'enfant aux iris cristallins.

Le jeune duo échange un bref instant, le premier arguant que leur secret ne devait jamais être divulgué sinon auprès de très rares élus et la seconde rétorquant timidement que tous deux ont promis à la nommée « dame » et d'un homme transformé comme un certain « Wen » sous l'impulsion d'une langue des signes demeurant bancale dans ce lieu aussi puissant soit-il. L'espace d'une seconde, les pupilles roses s'écarquillent à l'évocation de ce souvenir.

Il lui est impossible d'oublier. Peu de temps auparavant, toute sa vie fut détruite à grands coups de haine et violence. Recueilli avec la fillette par une étrange femme dont il tait le nom, tous deux ont été amenés ici avant qu'ils ne rencontrent le directeur, un être semblant n'avoir aucune matérialité corporelle tant il transpire la puissance. Bien que n'éprouvant aucune panique à l'approche de ses pairs masculins, ses muscles se sont instinctivement tendus au premier regard échangé et un bref tremblement l'a traversé. Bien que cela ne paraît pas être son objectif, le fondateur de cette étrange école lui inspire peur et frisson.

Officiellement inscrits dans cet étrange établissement, les deux enfants ont dû établir une promesse des plus ambitieuses pour leurs jeunes vies. Devant le directeur et la jeune femme les ayant menés ici, ils ont promis de tenter de faire des efforts pour construire au mieux leur nouvelle vie, notamment sur le plan des relations sociales. Ils  ignorent ce sur quoi ils se basent mais ils semblent convaincus que le jeune duo puisse arriver à reparler alors qu'eux-mêmes n'y croient plus depuis des années.

Lentement, il hoche la tête en direction de la petite fille comme pour lui signifier qu'il accepte ses dires. Cette promesse les lie et ils ne peuvent y renoncer. Ses yeux framboise se posent doucement sur la jolie dragonne se rapprochant de l'enfant aux cheveux de neige. Son regard s'illumine d'admiration et ses doigts traduisent sa joie puérile. Candidement, il demande à la fillette si le petit animal est son ami et complimente ce dernier sur sa beauté avant de s'excuser pour son comportement. Il est évident qu'aucune once de méchanceté n'émane de lui, au contraire. La naïveté se dégage lui au même titre que sa comparse en langue des signes.

Baissant son arc et son carquois rempli de flèches, le garçonnet finit par s’asseoir aux côtés de la petite fille. Un pendentif similaire brille à leurs cous, tous deux représentant une lune dorée entourant un cœur de même teinte et des ailes ornent le tout avec délicatesse. L'unique différence subsistante est la couleur des ailes, bleues pour le jeune archer et rose pour l'enfant aux iris de cristal.

Timidement, cette dernière présente le petit garçon comme son cousin nommé Robin. Il faut croire que son destin est tout tracé vu son infini talent pour le tir à l'arc, à croire que ceux qui lui ont donné la vie aient pu deviner que leur fils deviendrait presque similaire au célèbre héros de la littérature anglaise.

Une lueur de peur mêlée à de la détermination éclate dans les yeux framboise et de diamant des deux enfants. Ils échangent un dernier regard avant que les doigts de la fillette ne plongent dans le feu ardent de l'enfer d'une effroyable vérité. Aussi bancale soit la traduction, nul doute que cette fois ci, elle n'est pas coupable des incroyables mots énoncés.

Avouer que leur marraine, qu'ils nomment affectueusement Mama Masha, est un ange gardien est un fait, révéler qu'eux-mêmes font partie de cette communauté prônant la pureté et la perfection en est un autre. Comment un être humain doué de raison et de logique pourrait-il croire à pareille histoire ? Même les plus fervents croyants de la religion chrétienne demeureraient interdits, certains hurleraient au scandale et à la sorcellerie, convaincus que des êtres aussi étranges au niveau du physique puissent être considérés comme proches du dit Seigneur.

Paradoxalement, le rose et le blanc sont des couleurs associées à ce lieu mythique où vivraient les prétendus ange, le dit Paradis. Pour autant, accepter qu'un garçonnet incarnation de la framboise et qu'une fillette représentation du diamant puissent être ces créatures admirées et louées dans diverses prières est difficile, voire insurmontable, à avaler.

Néanmoins, croiser leurs regards purs semble suffire à convaincre le garçon de leurs origines. Comme le voudrait leur nature, ils sont incapables de mensonge et cette effroyable révélation expliquerait des aspects étranges de leur comportement, notamment celui de la petite fille.

Le silence commence à s'éterniser. Le petit garçon roux jette un regard inquiet en direction de sa cousine et celle ci se mord légèrement ses lèvres rosées comme si elle regrettait ses propos. Aussi, lorsque le dragon prend la parole, le jeune archer ne peut s'empêcher de doucement sursauter tandis que la fillette ne bouge pas. Le nommé Robin regarde l'animal mythique avec une admiration sans failles. Son air candidement surpris semble prouver que dans leur monde, les dragons ne possèdent pas le don de parole.


- Tetsu est un peu sous le choc. Il ne s'attendait pas à une telle révélation. Mais les anges sont comme les esprits, ils sont difficile à croire en leur existence. Mais à partir du moment où Tetsu en voit sous ses yeux, il ne peut que les croire. Surtout que nous savons que vous ne mentez pas, sinon vous ne seriez pas deux à être gênés à cette révélation.

Comme fasciné par cette extraordinaire capacité, les doigts du garçonnet s'agitent et se meuvent avec grâce pour exprimer son ressenti enfantin, ses pensées se bousculant les unes à la suite des autres.

-Wouaaa...Dwagon...ni pale...Chez Sisi n'y moi...dwagons pale pas...mais n'ya zens ni nompwennent...lange dwagon...Sisi n'a lomprend le chien...ny moi né ché touzouw né veut liwe Mann...Dwagons pawali...né n'ichi...pas paweils...(Wouaaah...le dragon...il parle...Chez Sisi et moi...les dragons ne parlent pas...mais il y a des gens qui comprennent le langage des dragons...Sisi comprend le sien, Liam...et moi je sais toujours ce que Mann veut dire...Les dragons du Paradis et d'ici ne sont pas pareils)

Ses mots innocents sont chuchotés avec émerveillement, à peine perceptibles comme s'il parlait tout seul. Son regard rose ne se détache pas de la belle dragonne tandis que celle ci se réfugie dans les bras de son maître, toujours éternellement silencieux. Un courant de vent froid tombe brutalement dans l'atmosphère, paralysant un instant les petits muscles des enfants avant qu'il ne se calme soudainement lorsque la fillette lève ses yeux de miroir vers le ciel comme si elle commandait silencieusement la nature. Néanmoins, cet air glacial a pour effet de déclencher la réponse tant attendue du garçon, écoutée attentivement par les deux enfants.


- Cela expliquerait bien des choses. Les anges sont des créatures pures selon les légendes, et vous ne dégagez aucune once de colère ou de haine malgré ta peur Syria, et ta méfiance Robin. Je pense … Non je suis sûr, que vous ne mentez pas. J'ai assez discuté avec Syria pour le savoir, elle est incapable de mensonge. Elle peut aussi approcher les animaux sans qu'ils ne la craignent. Mais je ne pense pas que cela changera quelque chose. Pour moi, Syria est une jeune fille qui a besoin d'être protégée. Et je vois que tu es là pour elle Robin. Vous êtes proches, cela se sent.


Le jeune duo échange un regard, la framboise se cognant contre le diamant avec incrédulité. Le garçonnet roux laisse une légère grimace se peindre sur ses lèvres fines avant de hocher la tête en direction de sa cousine. Il est étrange que pour un être humain, il les croit aussi facilement alors qu'à leurs connaissances, leur race est considérée comme mythique et légendaire, voire totalement imaginaire pour certains.

-Et puis, pour moi, que vous soyez des anges ou non, cela ne change rien, le plus important c'est ce que vous êtes à l'intérieur.


Les yeux de cristal et de rose se croisent à nouveau. La demoiselle aux cheveux de neige dessine à son tour une délicate grimace à la manière d'un chaton mal réveillé. Les iris du petit garçon pétillent de fascination lorsque le dragonne revient se poser entre lui et sa confidente. Emplit de confiance, elle s'allonge avant de fermer les yeux comme bercée. La fillette laisse ses doigts s'envoler avec une grâce incommensurable afin d'exprimer son ressenti puéril aux différents propos énoncés.

-Lessu...pas n'a fait nézon...Zumains né woient...n'anges né...puwes...pas wai...n'ont  léfauts...n'eux n'aimaient pas...zyeux, cheveux ny loi n'a Sisi y Wobin...né lit chozes missantes...ny fwappent...ni né zumains né nomment « Lieu »...né pas zentil nomme n'ils le dizent...("Lessu" n'a pas tout à fait raison...Les êtres humains voient les anges comme purs...ce n'est pas vrai...ils ont des défauts...ils n'aiment pas les yeux, cheveux et les doigts de Sisi et Robin..ils disent des choses méchantes...et ils frappent...et celui que les humains nomment « Dieu » n'est pas aussi gentil qu'ils le disent...)

En dépit des terribles mots énoncés à l'égard de sa propre race, aucune once de colère ou haine ne s'échappe des deux enfants. Ils demeurent éternellement innocents. En fait, la pureté citée par le jeune homme semble s'incarner en eux, bien plus qu'à leurs pairs que la fillette critique candidement. Selon les clichés énoncés par les terriens, tout ange osant contredire leur perfection sera accusé de trahison et se retrouvera propulsé dans les flammes de l'Enfer. Beaucoup s'imaginent qu'une sorte d'éclair gigantesque brûlera le coupable sur place, sacrifié pour avoir eu l'audace de remettre en cause le dit Tout-Puissant et son monde. Pour autant, la demoiselle reste d'un calme olympien bien que ses muscles tremblent nerveusement sous l'effet de cette conversation engagée avec un représentant de sa phobie.

Le garçonnet se lève lentement avant de fermer les yeux. Une vive lueur éclate autour de lui, aveuglant le jeune homme assis à quelques mètres de là. Lorsque celui ci retrouve l'usage de sa vue, il peut constater qu'un époustouflant spectacle s'opère devant lui. L'archer roux flotte littéralement au sein d'une aura intensément lumineuse, une magnifique paire d'ailes de plumes d'un doux rose écartée sur son dos avec une grâce incomparable. Ses habits se sont teints en blanc comme par enchantement et une impression de pureté se dégage de lui, s'éparpillant dans le paysage pour ravir tous les arbres, plantes et animaux des alentours, touchés par la grâce.

Les pupilles framboise se rouvrent avant que son corps ne se laisse tomber avec lenteur. Ses pieds se posent délicatement sur le sol et à la seconde où un brin d'herbe entre en contact avec lui, l'aura étincelante s'éteint. La langue des signes revient sur le devant de la scène mais est presque occultée par la beauté des ailes célestes.


-Pou n'animaux...né pas pale Sisi né n'un n'anze...né chon...lon...lommuné navé...naluwe...Né peu pa liwe même chose né Sisi...né pas dwoit...N'anzes loivent...toujouw liwe...n'anzes péfaits...mais ni Sisi né peu liwe né la li...né Sisi né...n'un...n'un n'anze léchu...(Pour les animaux...ce n'est pas parce que Sisi est un ange...c'est son don...communier avec la nature...Je ne peux pas dire les mêmes choses que Sisi...Je n'en ai pas le droit...Les anges doivent toujours dire qu'ils sont parfaits..mais si Sisi peut dire ce qu'elle a dit...c'est qu'elle est...un...un ange déchu...)

Une révélation effroyable en suit une autre dans cette étrange conversation. Comme pour en rajouter dans le drame, un air glacial s’immisce de nouveau et un éclair foudroie le ciel dans un tonnerre assourdissant. Un simple coup d’œil de la demoiselle aux yeux de miroir suffit à calmer le jeu comme pour mieux prouver les dires du nommé Robin. Si la nature est indépendante et se permet des extravagances dans ce genre de contexte, elle obéit irrémédiablement à sa jeune maîtresse. L'air redevient d'un bleu azur et d'une pureté infinie.

D'après la légende, les anges déchus, à l'instar du tout premier nommé Lucifer, sont ceux ayant osés désobéir ou déplaire à leur Seigneur. Punis de la même manière que le Porteur de lumière, autrefois la plus belle et parfaite créature n'ayant jamais existé, leurs ailes sont arrachées et ils deviennent soit maudits, errants entre deux mondes, soit ils se transforment en démon, être haï par le Paradis. Il semblerait que la plus haute condamnation ait été épargnée à la fillette de par son très jeune âge mais nul doute qu'elle a perdu ce qui fait la fierté de son peuple, ses sublimes ailes.

Comment un être aussi dénué de mauvais sentiments, incarnation de l'innocence et de la pureté, ait pu tomber dans la déchéance au détriment de toute raison ?  

_________________

Merci pour les roses, Raphael, Arcaz, Lara, Shana, Angel, MayLyn, Yogi, April, Elena, Yogi, Akihito, Soudo, Zoldik, Shiruku, Rin et Alice ♥️


Merci pour les baisers, Aurore, Sirë, Lara, Hanabusa, Maylyn, Elena, Tensa, Leona, Yogi, Akihito, Shiruku, Zoldik, Rin, Miyuki et Aoi ♥️
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Le noble et la muette (Privé avec Tetsu)   

Revenir en haut Aller en bas
 

Le noble et la muette (Privé avec Tetsu)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Un rendez-vous important. (Privé avec Laetitia) TERMINE
» Succulente dégustation [privé avec Hélio]
» Batailles d' eau entre tagada à la cerise ( privé avec ma Jenny)
» [Terminé] Sois patient avec l'enfant aux yeux de diamant (Privé avec Loan)
» Des vigiles privé avec port d'arme ??

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Magical academy  :: Le Château :: Au dehors :: Le Parc et la Forêt-